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19 octobre 2018

Dani Terreur : interview pour Les portes du paradis

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(Photo : Julie Ona)

Dani Terreur est un futur grand qui avance palier par palier, tel un Bashung qui a su prendre son temps. Son rock romantico-mystique ne ressemble à rien d’autre qu’à du Dani Terreur. La marque des grands, je vous dis. Je ne vais pas m’attarder sur son passé, je l’ai fait en 2016 pour la sortie de son premier EP, Gri-Gri. Il m'en a déjà dit beaucoup dans cette première mandorisation qui explique bien qui est cet etrange et envoûtant artiste.

Le 4 octobre dernier, nous nous sommes réunis dans un café de la capitale pour qu’il nous explique en détail le changement de cap musical de son  premier album Les portes du paradis… et bien d'autres choses.

dany terreur,interview,mandor,les portes du paradisArgumentaire de presse officiel :

Ne vous fiez pas à sa gueule d’ange et à ses allures de dandy moqueur. Dani Terreur est un chaman. Un prophète des temps modernes qui, sans jamais se départir de son humour acerbe, vous entraine dans des contrées lointaines où la mer est émeraude, les corps fiévreux et le soleil liquide.

Musicien autodidacte et compositeur prolifique, Dani Terreur concocte en solitaire dans son homestudio des romances au vitriol et à la rose. Des invitations aux voyages où le cynisme des enfants des années 2000 côtoie sans complexe l’idéalisme des esthètes. En somme, de la chanson française néo-romantique fuselée aux sons électroniques et aux accords vintages adoubés par sa génération.

Avec son 1er album Les portes du Paradis, Dani Terreur pose un regard lucide et distancié sur une génération un brin désaxée, furieusement cita- dine et avide d’expériences, et l’invite à prendre de la hauteur, pour sublimer ses excès, avec désinvolture et élégance.

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(Photo : Maxime Gaudet)

dany terreur,interview,mandor,les portes du paradisInterview :

Il s’est passé deux ans depuis ta première mandorisation à l’occasion de la sortie de ton EP Gri-Gri. Tu n’as pas chômé puisque que tu as fait beaucoup de scènes. Et puis, surtout, tu joues désormais seul avec des machines.

Le son s’est affiné par rapport au premier EP. Quand j’ai fait Gri-Gri, j’essayais de mettre les mêmes arrangements sur chaque titre. Sur mon album, je suis plus tranché. On est plus dans la musique électronique, voire parfois psychédélique.

Tu m’en avais parlé lors de notre première interview. Tu as longtemps joué avec plein de  groupes différents. C’est la raison pour laquelle tu préfères être seul désormais ?

Je vais être franc avec toi, dans les groupes, j’avais des problèmes à partager le leadership. Et puis, quand tu commences dans la musique, c’est dur de s’entourer et de ne pas perdre sa liberté artistique. Je suis désormais prêt à la collaboration, mais plus tard, quand j’aurai fait mes preuves. Sans parler d’ego surdimensionné, j’ai besoin de me sentir respecté dans le métier. Pour le moment, on n’en est pas encore là.

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(Photo : Maxime Gaudet).

dany terreur,interview,mandor,les portes du paradisComment vas-tu faire pour le live ?

Je vais exporter ma manière de travailler dans mon home studio sur scène. C’est un projet extrêmement solitaire. Je t’assure, la première fois que j’ai fait un concert seul avec mes machines, j’ai su qu’il fallait que je garde cette direction-là. Je me sens 1000 fois mieux, car j’ai un sentiment de liberté totale.

Je t’ai vu sur scène avec tes machines. Se concentrer sur elles, ce n’est pas au détriment de la liberté dont tu parles ?

Je parle plus de liberté artistique. Pour les concerts à venir, je suis en train de travailler pour que je puisse être en connexion plus avec le public qu’avec mes machines. Je vais avoir des phases où je pourrai beaucoup communiquer avec les gens. L’idée c’est d’avoir un groupe de rock, mais qui soit des machines.

En concert, les titres seront proches du disque ?

Pas totalement. D’abord, ils seront plus longs ou plus courts, selon l’humeur du public. Je pourrai même changer des arrangements. Ce sera plus musclé, plus rock, car il y aura plus de guitares électriques.

Clip de "Etoile du Kashmir".

Tu es vraiment un solitaire. Sur l’album, tu as tout fait seul. La réalisation, les musiques, les dany terreur,interview,mandor,les portes du paradismachines, les arrangements, le mixage…

Non, le mixage, ce n’est pas moi. C’est l’excellent Perceval Carré qui s’y est collé. A ce stade de l’enregistrement, quand on ne s’appelle pas Prince, mon idole, on a besoin d’oreilles neuves. J’étais quand même là pendant le mixage. J’ai aussi lâché la prise son des voix. C’est Dominique Ledudal (Higelin, Rita Mitsouko) qui s’en est occupé.

En parlant de ta voix, elle a évolué. Ça vient de tes nombreux concerts ?

Ce sont les concerts, mais c’est aussi parce que j’assume plus ma voix et je crois plus en ce que je chante. Dominique Ledudal a su m'apporter une belle confiance.

Tes textes sont très beaux, très originaux.

Ce qui me plait, c’est que l’on commence à les comprendre totalement après plusieurs écoutes. Dans une chanson, le texte, ce n’est pas la première chose que j’écoute, alors la démarche que j’ai est peut-être inconsciente.

Clip  de "Colosse de Rhodes".

dany terreur,interview,mandor,les portes du paradisLa chanson « Colosse de Rhodes » est une chanson à tiroir, non ?

C’est le texte le plus fou de l’album et j’ai même du mal à expliquer ce que j’ai voulu exprimer. Il y a des chansons nettement plus accessibles textuellement parlant.

Tu parles beaucoup de l’amour et de la frustration qu’il peut engendrer.

Je parle de ça notamment dans « Les anonymes ». C’est un titre que j’ai écrit il y a longtemps, à un moment où je n’avais pas envie de me fixer dans une relation amoureuse. Aujourd’hui, ça va mieux (sourire).

Tu as poussé plus loin la superstition qu’il y avait dans Gri-Gri.

J’ai poussé plus loin la superstition parce que je suis passé de Gri-Gri aux portes du paradis. Il y a trois morceaux dans le disque, « Etoile du Kashmir », « Montagne sacrée » et  « Femme fortune », qui sont un peu les piliers d’un temple bouddhiste. Je ne suis pas bouddhiste, mais quand tu les écoutes à la suite, ça peut devenir un cheminement sacré ou mystique. Dans « Air Inter », le pilote a aussi des hallucinations mystiques dans son cockpit.

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Dans « Beau souvenir », tel un poète maudit, tu portes un regard un peu désabusé sur les choses, dany terreur,interview,mandor,les portes du paradismême celles qui sont jolies. Tu te sens un peu comme un poète maudit ?

Mais pas du tout. Moi, je suis quelqu’un d’optimiste. Un poète maudit reste dans sa chambre, déprime, pense que personne ne l’aime et que ça ne marchera jamais… et va s’ouvrir les veines. C’est l’opposé de moi. J’ai des amis, une femme que j’aime et qui m’aime, une famille. J’ai la chance de faire des concerts et de sortir un disque. Et je t'assure qu'il n'est pas fait par une personne se considérant comme un poète maudit. A 35 ans, je réviserai peut-être ma position.

Te sens-tu à ta place dans cette époque ?

Oui. Tout le monde à sa place. Cette époque est très large au niveau artistique. J’ai mon délire et je pense qu’il peut plaire. Le piège, quand on fait de la musique et de l’art, c’est de trop réfléchir à ce que l’on peut faire pour que cela marche. Je pense que je suis honnête et que je fais la musique que j’aime.

Je trouve que tu avances lentement, mais sûrement ?

Ce que je sais, c’est que je ne m’arrête pas. Je ne peux pas m’arrêter. 

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Après l'interview, le 4 octobre 2018.

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