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08 octobre 2018

Adeline Dieudonné : interview pour La vraie vie

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Tous les médias spécialisés en littérature (et les autres également) le disent avec force conviction : le premier livre d’Adeline Dieudonné est un bijou finement ciselé. Qu’il provoque toutes sortes adeline dieudonné,la vraie vie,interview l'iconoclaste,mandor,fnacd’émotions oscillant entre peur, rire, tristesse…et espoir. La Vraie Vie touche tout le monde sans exception. Perso, je suis resté scotché du début à la fin. Coup de poing au cœur et à l'âme. Ce roman est un petit miracle comme on en fait peu.

J’ai interviewé Adeline Dieudonné pour le catalogue de Noël 2018 de la FNAC (voir photo à droite). Je vous propose l'article placé dans le contexte, à la fin de l'interview complète. Par souci d’honnêteté, je précise que nous avons échangé par mail, l’auteure étant en promotion (vrai tourbillon médiatique, devrais-je dire) dans toute la France, nous ne sommes pas parvenus à caler un tête à tête avant ma deadline (date à laquelle je dois rendre mon interview à ma rédaction).

adeline dieudonné, la vraie vie, interview l'iconoclaste, mandor, fnacArgumentaire de presse :

LA CONDITION PAVILLONNAIRE

Chez eux, il y a quatre chambres. Celle du frère, la sienne, celle des parents. Et celle des cadavres. Le père est chasseur de gros gibier. Un prédateur en puissance. La mère est transparente, amibe craintive, soumise à ses humeurs.

Avec son frère, Gilles, elle tente de déjouer ce quotidien saumâtre. Ils jouent dans les carcasses des voitures de la casse en attendant la petite musique qui annoncera l’arrivée du marchand de glaces. Mais un jour, un violent accident vient faire bégayer le présent. Et rien ne sera plus jamais comme avant.

LA POÉTIQUE DU CAUCHEMAR

La Vraie Vie est un roman initiatique détonant où le réel vacille. De la plume drôle, acide et sans concession d’Adeline Dieudonné jaillissent des fulgurances. Elle campe des adeline dieudonné,la vraie vie,interview l'iconoclaste,mandor,fnacpersonnages sauvages, entiers. Un univers à la fois sombre et sensuel dont on ne sort pas indemne.

L’auteure (photo à droite : Jean-François Robert):

Adeline Dieudonné est née en 1982. Elle habite Bruxelles. Dramaturge et nouvelliste, elle a remporté grâce à sa première nouvelle, Amarula, le Grand Prix du concours de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Elle a publié une nouvelle, Seule dans le noir aux éditions Lamiroy, et une pièce de théâtre, Bonobo Moussaka, en 2017. La Vraie Vie est son premier roman.

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(Photo : Stéphane Remael)

adeline dieudonné, la vraie vie, interview l'iconoclaste, mandor, fnacInterview :

On suit votre héroïne de 10 à 15 ans. Pourquoi avoir écrit sur la perte de l’innocence d’une jeune fille en construction ?

Je ne sais pas trop. Cette histoire est née toute seule, je n’avais pas de volonté de parler d’un sujet en particulier. Mais l’adolescence est une période qui me fascine, c’est le moment des grandes métamorphoses, des émotions brûlantes…

Peut-on dire que votre roman est une fable sur la violence et la maltraitance ?

Oui, il y a de ça. J’aime bien l’aspect fable ou conte, ça permet de prendre du recul sur la violence, tout en la restituant avec beaucoup d’intensité. Mais de nouveau, ce sont des sujets qui se sont imposés à moi, je n’ai pas prémédité l’écriture…

Le père qui a trois passions (la chasse, la télé et le Whisky) lui propose deux alternatives dans la vie: adeline dieudonné,la vraie vie,interview l'iconoclaste,mandor,fnacêtre prédatrice ou une proie. Où trouve-t-elle la force de s’opposer à cette vision binaire ? (Photo de droite : Gael Maleux)

C’est une bonne question. Probablement dans l’amour qu’elle ressent pour son petit frère. Peut-être aussi qu’il y a une forme d’instinct de survie là-dedans. Et puis elle a le modèle de sa mère, auquel elle ne veut surtout pas ressemble. Son amie Monica arrive au bon moment avec la figure de Marie Curie, qui fait mouche. Avec Marie Curie ma jeune héroïne comprend que rien n’est joué d’avance, que ce sera certainement plus compliqué pour elle parce qu’elle est une fille mais qu’elle a la possibilité d’échapper au déterminisme de son père.

La narratrice aime son frère avec la tendresse d’une mère. Pourquoi se sent elle obligée de tout faire pour le sauver du traumatisme dont il fait l’objet ?

Parce que leurs parents font défaut. Et qu’elle sait que le petit ne peut compter que sur elle. Elle a peur de la solitude. Si elle perd son petit frère, elle sera complètement seule dans cette famille. Socialement, il est tout ce qu’elle a. Du moins au début de l’histoire…

adeline dieudonné,la vraie vie,interview l'iconoclaste,mandor,fnacL’accident du glacier est à la fois épouvantable et presque drôle. Il fallait envisager l’humour pour décrire l’horreur ? (Photo de gauche : Gael Meleux.)

Oui, je crois que c’est indispensable. En tout cas, je ne pouvais pas imaginer raconter cette scène autrement. C’est tellement atroce que sans humour, on tombait vite dans le pathos. Et puis j’aime bien mélanger les émotions, c’est là que le travail d’écriture devient intéressant.  Jusqu’où des mélanges atypiques peuvent rester harmonieux? C’est un peu comme en cuisine…

Tout le monde s’accorde à dire que votre écriture est au scalpel. « Il n’y a pas un mot en trop et pas un mot qui manque ». C’est difficile de trouver l’efficacité immédiate ?

Ça n’est pas difficile mais ça m’oblige à être extrêmement connectée à mes émotions. Et puis c’est aussi du travail de réécriture, je dois repasser sur le texte et le nettoyer de tout ce qui est superflu.

François Busnel a dit que ce roman était à ranger entre Stephen King et Amélie Nothomb. Ce sont deux références qui vous conviennent ?

Oui et elles sont extrêmement flatteuses! Mais j’ajouterais Thomas Gunzig, qui m’influence aussi énormément. Si on parle du mélange d’émotions, de l’étrangeté, du ton grinçant, de la jubilation dans la noirceur, ce sont des choses que j’ai puisées dans son écriture.

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Adeline Dieudonné a reçu son prix des mains de Daniel Pennac, invité d'honneur du 3e salon Fnac Livres, lors de l’inauguration de la manifestation le 14 septembre à Paris à la Halle des Blancs-Manteaux.

adeline dieudonné, la vraie vie, interview l'iconoclaste, mandor, fnacQu’avez-vous ressenti en apprenant que vous aviez remporté le prix du roman Fnac ?

Tout d’abord l’incrédulité. J’avoue que je n’avais pas envisagé cette possibilité. Puis j’ai pleuré comme une gamine avec mon éditrice… C’est incroyable d’être choisie par des libraires et des lecteurs, dans un contexte extrêmement démocratique et ce, parmi d’autres romans exceptionnels. Avec toute l’équipe de l’Iconoclaste, on est sur un petit nuage…

Vous êtes nommés pour de nombreux prix donc les prix Goncourt et Renaudot. Vous en revenez ?

Non. Pas du tout. Au mois de mai, quand mon éditrice m’a dit qu’elle allait envoyer La Vraie Vie pour les prix littéraires, j’ai rigolé. Je n’aurais jamais imaginé que les jurys de ces grands prix puissent se pencher sur mon petit roman.

Voici donc l'interview telle qu'elle est parue dans le catalogue de Noël 2018 de la FNAC.

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