Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

« 16e salon du livre et de la chanson de Randan : Photos et commentaires | Page d'accueil | Adeline Dieudonné : interview pour La vraie vie »

24 septembre 2018

Elsa Kopf : interview pour La vie sauvage

elsa kopf,la vie sauvage,whoisix,interview,mandor

(Photo : Severin)

Elsa Kopf, en chiffres, c’est 5 millions d’écoutes en Chine (Xiami), plus de 500 000 vues sur YouTube, plus de 2000 followers sur Instagram, 800 publications #elsakopf. Mais ce n’est pas beau de parler d’un artiste par le biais de ses performances autres que vocales, textuelles et musicales. La bio officielle d’Elsa Kopf nous indique que ces douceurs entre folk et jazz sont le point de départ de son style, de ses premières compositions parues sur l’album Acoustic Joys (2011). En 2013, sur son deuxième album Marvelously Dangerous, son ami et producteur Pierre Faa (cf. Peppermoon) lui avaient offert un écrin d’arrangements subtils, où la guitare folk s’entremêlait à des volutes digitales. D’ailleurs, j’avais mandorisé Elsa Kopf à ce sujet. 

La voici de retour avec un troisième disque plus pop-electro entièrement produit par WHOISIX, La vie sauvage (déjà sorti).

Le 5 octobre prochain, vous allez pouvoir la découvrir sur la scène du Bus Palladium (en co-plateau avec Nicolas Vidal) avec ces nouvelles chansons. Un rendez-vous à ne pas manquer !  Pour parler de tout cela, j’ai interviewé Elsa Kopf  le 11 septembre dernier sur la terrasse d’un café parisien.

elsa kopf,la vie sauvage,whoisix,interview,mandorArgumentaire de presse officiel :

Après 6 tournées en Asie, 3 B.O en Corée du Sud, 5 millions d’écoutes en Chine et des milliers de fans de par le monde, Elsa Kopf revient en France, riche de nouveaux sons, de nouvelles images et d’un regard neuf sur la production musicale.

En 2015 lors d’une tournée-promo à Amsterdam, Elsa rencontre Marnix Dorrestein, le talentueux producteur aka Whoisix (Brisa Roché, Herman Van Veen). De la rencontre naitra un premier remix de « Cherry Blossom Rain » orienté électro minimal, qui  décide les deux artistes à prolonger la rencontre sur un EP.

Deux ans et quelques Paris-Amsterdam plus tard, voici La Vie Sauvage.

Enregistré dans un manoir hollandais, au milieu des paons et des biches, La Vie Sauvage marque un tournant dans la carrière d’Elsa, qui collabore actuellement sur de nombreux projets d’artistes de la nouvelle scène électro française comme Durantin ou encore Korgelt.

elsa kopf,la vie sauvage,whoisix,interview,mandor

(Photo : Severin)

elsa kopf,la vie sauvage,whoisix,interview,mandorInterview :

Depuis la dernière fois que je t’ai interviewé en 2013, il s’est passé beaucoup de choses. Notamment pas mal de concerts en Asie où tu es une star.

C’est magique ce qui m’arrive là-bas. Un jour, j’étais dans mon salon et celui avec lequel j’ai fait mon deuxième et mon troisième album, Pierre Faa, m’a appelé pour me dire qu’il avait deux bonnes nouvelles. La première, c’est qu’une chanson de mon premier album, « Larmes de caramel », avait accumulé plus de 200 00 écoutes en Chine et la deuxième, c’est que l’on allait partir en tournée dans toute l’Asie. J’étais très émue, je n’en revenais pas. On s’est vite rendu compte que mon nombre d’écoute des plateformes musicales chinoises augmentaient considérablement très rapidement.

Quand tu es là-bas, tu fais les plus grandes émissions ?

La dernière fois, on est passé en direct sur CCTV (la télévision centrale de Chine) pour une prestation live lors de la Coupe du Monde. On a enregistré plusieurs génériques de séries coréennes. En Corée, j’ai participé à l’émission musicale "EBS Space", à l’invitation de la chanteuse folk Siwa. J’ai aussi enregistré une chanson très remarquée "Days and Moons" pour la série My Beautiful Bride (OCN). Comme tout ceci est vu dans le monde entier, j’ai trouvé sur YouTube, des chansons de moi sous-titrés en arabe.

Comment expliques-tu le succès là-bas d’une artiste française pas très connue dans son pays ?

Les asiatiques aiment beaucoup la France. Ils sont très curieux et écoutent les chansons. Il y a peut-être dans mes albums une introspection, une sensibilité, une  nostalgie, une certaine poésie romantique qui leur plait. En Asie, les chansons un peu « dark » comme celles de Bashung sont moins comprises par les asiatiques.

En chine, tu as 5 millions de clics sur tes chansons en écoute.

C’est complètement dingue, mais ça fait un plaisir fou.

Mais, tu n’en as pas marre de ne pas avoir la même notoriété ici ?

Effectivement, même si c’est flatteur ce qu’il m’arrive en Asie, j’aimerais bien trouver mon public en France aussi. Le succès ça monte, ça descend, c’est des courbes. Il faut gérer sans se prendre la tête. Mon succès ailleurs me permet d’être un peu rassuré sur mon travail, même s’il faut en permanence en activité et surprendre le public en se surprenant soi-même.

Tu doutes de toi ?

Comme tous les artistes, mais ça veut dire qu’on est vivant et que l’on avance. Ce métier réserve plein de surprises. On ne sait jamais où on va être demain.

Clip de "The glamour, the Glory".

Tu reviens en France avec un EP de 6 titres, La vie sauvage.elsa kopf,la vie sauvage,whoisix,interview,mandor

Là, je change complètement de style. Je ne sais pas si le public asiatique va être sensible à ça, mais j’avais envie de le faire.

Certaines chansons ont été écrites il y a un moment, non ?

Oui, depuis plus de deux ans, notamment une qui s’appelle « Ta révolution ». Le refrain très fédérateur dit : « en marche, en marche, ta révolution  est en marche ». C’est une catastrophe pour moi parce que j’aime beaucoup cette chanson qui évoque une révolution intérieure personnelle. Je la voyais comme le titre fort de l’EP. Et les élections sont arrivées…  et le parti d’Emmanuel Macron. Je ne peux plus chanter ce titre, les mots n’ont plus le même sens pour  moi. Ce qui est drôle, c’est que j’ai chanté cette chanson à un concert de soutien de Jean-Luc Mélanchon en  2013.

Dans cet EP, tu chantes en Allemand, en Anglais et en Français.

Il n’y a aucune volonté particulière à cela. Comme je suis quadrilingue, les chansons sortent dans la langue qu’elles souhaitent. Je ne contrôle pas ça. J’aimerais bien qu’elles sortent aussi en coréen ou en chinois, mais je parle encore très peu ces deux langues.

On chante de la même façon quand on change de langue ?

Non. Par exemple, l’allemand se prête plus à l’electro et au cabaret qu’à la bossa-nova (rire).

Ta chanson « Cinderella » démarre tranquillement, puis elle devient vite electro-techno.

C’est l’influence de mon  producteur hollandais, Whoisix. C’est quelqu’un que j’aime beaucoup. Il a une grande originalité, une folie dont j’avais très envie. Pendant un an, j’ai fait beaucoup d’aller-retour Paris-Amsterdam pour la production de ce disque. Je suis arrivé avec des morceaux dont la direction était déjà franche et claire, il a gardé mes idées. Pour celles qui étaient moins abouties, je lui ai donné carte blanche.

elsa kopf,la vie sauvage,whoisix,interview,mandorPierre Faa est un peu avec toi quand même puisqu’il t’a écrit « Dans la main de King Kong ».

Pierre me voit toujours en comédienne. Il m’invite à prendre des cours de théâtre depuis longtemps parce que j’ai quelque chose en moi d’assez multiple. Dans cette chanson, il me fait endosser pas mal de rôles différents.

Dans la plupart de tes chansons, tu es dans l’introspection.

J’ai toujours voulu exprimer mes sentiments et mes émotions. Je continue aujourd’hui mais, musicalement, de manière différente. J’ai évolué et j’ai envie d’essayer de nouvelles choses. J’ai l’impression d’avoir fait le tour de la question en ce moment donc, j’ai besoin d’aller vers d’autres instruments, ceux d’aujourd’hui.

Tu te sers de logiciels ?

Oui et du coup, ça m’emmène dans des directions complètement nouvelles. J’essaie d’ailleurs d’utiliser seule certains logiciels dont Ableton et je m’amuse comme une petite fille dans ma chambre à trouver de nouveaux sons, de nouvelles idées. A ce propos, hier, j’ai rencontré Boris Bergman. Il m’a cité une phrase d’Oscar Wilde : « une idée qui n’est pas dangereuse ne mérite pas de s’appeler une idée ». Ce qui est certain, c’est qu’avec mes nouvelles chansons, je me mets un peu en danger.

Clip de "La vie sauvage".

Il y a un clip de « La vie sauvage », aux couleurs très acidulées. elsa kopf,la vie sauvage,whoisix,interview,mandor

Je montre la partie de moi la plus pop. Il y a toutes les références visuelles que j’aime en ce moment. J’avais demandé à un collectif d’artistes de faire ce clip avec moi, mais les personnes n’avaient pas le temps. Du coup, j’ai trouvé mes idées moi-même et j’ai fait mon clip seule grâce au logiciel After Effects, après avoir pris des cours sur internet. Je n’attends plus rien des autres, je fais moi-même les choses, ça me fait gagner bien du temps.

Est-ce que la chanson t’aide à canaliser la multiplicité qui est en toi, dont nous parlions tout à l’heure ?

Je ne crois pas. Pour me canaliser, je fais plutôt de la méditation, je me pose, je prends du temps pour moi, ce que je n’ai pas beaucoup fait les dernières années. Tout ceci m’aide à continuer à suivre le rythme que je m’impose.

Je te sens plus sereine.

C’est parce que j’apprends à relativiser. Aujourd’hui, c’est plus important ici et maintenant d’être dans la joie que de me dire que je serai à l’Olympia dans deux ans.

Je suis sûr que tu fourmilles d’autres projets.

J’aimerais refaire un projet electro encore plus fou que je produirais et en faire un autre en piano-voix avec des chansons qui ressembleraient à ce que je faisais en 2011 dans mon premier album « Acoustic Joys ».

Je crois savoir qu’il y a un best of de toi qui est prévu pour l’Asie.

Oui, il sort au mois d'octobre à Taïwan. Il s’intitulera Sugar Roses. On va en profiter pour faire une grande tournée en Asie.

elsa kopf,la vie sauvage,whoisix,interview,mandor

Après l'interview, le 11 septembre 2018.

elsa kopf,la vie sauvage,whoisix,interview,mandor

Écrire un commentaire