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26 juin 2018

Wladimir Anselme : interview pour L'esclandre

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(Photo: Frank Loriou)

wladimir anselme,l'esclandre,interview,mandorQuel plaisir de retrouver Wladimir Anselme ! Il nous avait offert un album exceptionnel en 2011, Les heures courtes, (mandorisé ici pour l’occasion), le voici de retour avec le tout aussi somptueux L’esclandre, un album folk tinté de sonorités rock aux douces harmonies. En écoutant ses chansons fortes et puissante, on s’interrogerait presque sur le sens de la vie.

L’homme aux multiples autres activités artistiques n’a pas chômé entre ses deux albums. Nous nous sommes donné rendez-vous le 11 juin 2018 pour faire le point sur ces 7 dernières années et pour évoquer cet album essentiel.

Biographie officielle :wladimir anselme,l'esclandre,interview,mandor

Wladimir Anselme est un songwriter impétueux et délicat, qui gravite dans le paysage musical, en tête brûlée, en doux excessif. Il nous délivre ses romances sauvages, à la mélancolie frondeuse et à la grâce désarmée, aux mélodies superbes qui cherchent autant du côté des interprétations lumineuses du brésilien Caetano Veloso que des gumbos rock déglingués de The Red Krayola.

Le nouvel album est enregistré en prenant son temps, et en famille – œuvre à la fois d’un franc-tireur et d’un groupe soudé. Où l’on retrouve ce mélange si singulier de poésie chantée et de rock débraillé, de tropicalisme doux et de folk indé, qui, depuis Les Heures Courtes, nourri par la scène et les aventures, a gagné en puissance et en sérénité.

Le précédent album reçoit un très bel accueil des médias (FIP, France Inter…) et le coup de cœur Chanson de l’Académie Charles Cros 2012 !

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(Photo : Frank Loriou)

wladimir anselme,l'esclandre,interview,mandorInterview :

Tu es auteur-compositeur-interprète, mais également dessinateur, vidéaste et feuilletoniste.

Je fais aussi des sites internet si tu veux tout savoir. Ça m’amuse de faire tout ça. J’ai fait des études de math, du coup, j’aime bien faire un peu de codes, mais ce n’est pas ce que je mets en avant.

Une chanson, c’est mathématique ?

Il y a beaucoup de gens qui font de la musique en utilisant les mathématiques, mais moi, je ne crois pas le faire. Ou alors, très inconsciemment, mais pas tant que ça. Ce que j’avais gardé des mathématiques, c’était le vocabulaire. « Une démonstration par l’absurde », j’aime bien cette phrase par exemple.

Si je précise tes autres activités, c’est parce que j’aimerais savoir si elles nourrissent consciemment ou inconsciemment tes chansons.

Oui, bien sûr, il y a des va-et-vient entre tout ce que j’écris. J’ai toujours cherché des formes de narrations très diverses, mais ces derniers temps, j’ai surtout écrit des feuilletons « fictionnels » pour France Culture ou Arte radio. Evidemment, ça s’interpénètre avec mes chansons métaphoriques, du moins un peu codées. Il y en a plusieurs inspirées par certaines fictions. Contrairement à mes albums précédents qui exploraient plus les sentiments, dans celui-ci, la plupart des chansons sont des mises en scène et n’ont rien d’autobiographiques. A chaque fois, même si je l’assume en employant le « je », c’est un héros qui vient d’ailleurs.

Teaser 1 de l'album L'esclandre.

Le texte de « Trois bécasses » peut avoir plein de significations… c’est ça la magie d’une chanson.

C’est surtout la magie d’un certain type de chanson. J’aime bien aussi une chanson réaliste avec un début, un  milieu et une fin. J’ai juste un peu de mal quand  il y a une chute. Ça  m’arrive d’en écrire quand je le fais pour une comédie musicale, mais ce n’est pas ce qui me plait le plus quand je chante moi.

Tu as quelques chansons courtes dans cet album. Il y en a deux qui ne dépassent pas les deux minutes…

Quand elles sont courtes, c’est parce que je n’arrive pas à faire plus long. Ce n’est pas calculé.

Tu as commencé cet album deux ans après Les heures courtes et il n’arrive que maintenant. Pourquoi ?

J’ai passé beaucoup de temps à écrire des arrangements de cordes, à essayer de réunir les musiciens pour les enregistrer. Parfois, je prenais conscience que ce que je voulais faire ne fonctionnait pas. J’ai souvent recommencé pour finalement tout virer. J’ai fait les voix plusieurs fois, refait pas mal de textes, bref, je te passe les détails, mais comme je n’avais pas de deadline, j’ai pris mon temps. Trop peut-être.

Tes chansons, tu les essayes sur scène avant de les enregistrer ?

Oui. Dès qu’elles existent, je les ajoute à mon répertoire. Je n’attends pas spécialement de les enregistrer. Quelques-unes ne franchissent pas le cap de l’enregistrement. Par contre, certaines prennent du poids quand on les enregistre, grâce aux arrangements, je suppose.

"Planetarium", version audio.

Tu as gardé les mêmes musiciens que pour Les heures courtes.

Je suis très heureux de cette fidélité mutuelle. On a fait pas mal de scènes ensemble, mais pas seulement. On est parti vers d’autres projets comme, par exemple, le disque-livre, sorte de space-opera pour enfant, « Les Cromosaures de l’Espace » (Actes Sud Junior), illustré par Brecht Evens.

J’adore avoir des expériences avec d’autres musiciens, mais j’aime par-dessus tout travailler avec les miens (Csaba Palotaï (guitares), Boris Boublil (orgues, piano, basse) et Marion Grandjean (batterie)). J’ai appris beaucoup de choses avec eux en enregistrant le premier disque. Ils m’ont incité à me recentrer sur la chanson en guitare-voix et à lui trouver un habillage pertinent. Maintenant, je connais parfaitement leur son, leur façon de jouer… il y a tout un échange entre nous qui est très beau.

Dans Les heures courtes, il me semble que c’était un chouia plus pop.

Même si ce n’était pas évident à le constater. J’avais envie que ce soit expérimental et avant-gardiste, mais je ne voulais pas que cela se voit. C’est paradoxal, je sais.

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Pendant l'interview...

Et dans L’esclandre ?

Je souhaitais que ça donne des chansons agréables à écouter et que ça ait l’air simple. Une fois le disque fini, je me suis rendu compte que s’il y avait des leitmotivs, il n’y avait pas un refrain, ni des mélodies évidentes. Malgré cela, L’esclandre  a été bien accueilli par les médias.

Tu préfères quoi dans ce métier, la scène ou le studio ?

Sans conteste, le studio. C’est vraiment là où la création est à son summum. On a du temps et on peut inventer ce que l’on veut.

Tu te sens comme un laborantin ?

Pas forcément comme un laborantin. Je cherche juste à faire de la musique. Quand elle commence à exister et qu’elle devient vivante et humaine, qu’elle prend un chemin que je n’aurais pas imaginé, c’est jubilatoire. Je suis juste à la recherche de chansons pertinentes et précises. On s’arrête quand on est en deçà de notre niveau d’exigence, mais c’est ça qui est beau aussi parce que c’est humain. 

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Après l'interview, le 11 juin 2018.

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