Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

« Nicom : j'ai écrit la biographie de son premier EP, La route | Page d'accueil | David Assaraf : interview pour son premier EP »

18 juin 2018

Eddy la Gooyatsh : interview pour le livre-disque Pull Over

eddy la gooyatsh,pull over,livre-disque,lamao éditions,interview,mandor

(Photo : Jean Elliot Senior)

L'artiste nancéen Eddy la Gooyatsh, chanteur à guitare et à texte, réalisateur pour d’autres artistes comme Chet et Camille (entre autres) et créateur de spectacles jeunes publics (M le Méchant, Rio Clap Clap Clap...), vient de sortir un livre-disque comportant 13 titres inédits, Pull Over (LamaO Editions).

Vous pouvez l'écouter ici.

Tendre iconoclaste rêveur, Eddy la Gooyatsh, nous propose des textes animés par une verve habile et délicate. De la pop qui redore le paysage musical français dont la langue française est bien souvent mise de côté au profit de l’anglais plus mélodique.

Le 4 juin dernier, de passage à Paris pour jouer en première partie du groupe Ange au Café de la Danse, je l’ai mandorisé dans un bar à proximité de la salle.

eddy la gooyatsh,pull over,livre-disque,lamao éditions,interview,mandorArgumentaire officiel (par Olivier Bas), légèrement raccourci :

Quand on cherche un pull-over, on aimerait qu’il soit beau, doux, élégant, chic, rock, original, saillant. Il devrait être de qualité irréprochable et passer au lavage sans rétrécir ni pelucher. On souhaite pouvoir le porter en toute circonstance, qu’il nous tienne chaud les soirs d’hiver et qu’il soit léger les nuits d’été. Qu’il devienne notre pull-over préféré.

Le Pull Over d’Eddy La Gooyatsh est tout ça à la fois ! Doux, élégant, brillant, chaud, original et rock !

Un livre dans lequel on se plonge comme un enfant en s’émerveillant des illustrations et un Album qu’on passe et repasse en boucle, maille après maille, sans s’effilocher.

Eddy La Gooyatsh nous offre avec son 4ème album le pull-over idéal ! 

Ni miaulant, ni rugissant, Eddy la Gooyatsh est le carrefour de ses influences. Des Beatles à Chet Baker en passant par la musique surf, cubaine, hawaiienne, le post-rock ou la noise, cette voix qu’il pensait être un brin n’est pas à mettre au filet, bien au contraire.

Auteur-compositeur-interprète, avec déjà deux livre-disque à son actif pour les enfants, il se dévoile en chanson pour le plaisir des plus grands (mais pas que).

eddy la gooyatsh,pull over,livre-disque,lamao éditions,interview,mandor

eddy la gooyatsh,pull over,livre-disque,lamao éditions,interview,mandorInterview :

La question originale. Pourquoi ce livre-disque ?

J’en avais déjà fait deux pour les enfants, M le Méchant et Rio clap clap clap, chez LamaO Editions et j’ai bien aimé l’expérience. De plus,  je ne voulais plus faire de disques pour « adultes ». Mon précédent album, Beaurivage, avait été si compliqué à sortir que je n’avais pas le courage de recommencer une telle bataille. Sortir des disques dans des conditions difficiles, je trouve ça un peu vain. C’est donc mon éditrice, Fany Souville, qui m’a suggéré de faire un livre-disque. Au moment où elle m’en a parlé, je n’étais pas sûr d’avoir des choses à dire. Plus tard, nous en avons rediscuté et, à ce moment-là, j’étais en train de perdre quelqu’un de proche. J’avais de nouveau des choses à dire.

Pourquoi as-tu enregistré Pull Over très vite.

Je connaissais les thématiques que je souhaitais aborder, mais je ne voulais pas trop réfléchir à ce que j’allais écrire. Du coup, par soucis d’authenticité, d’honnêteté, de spontanéité et de justesse, j’ai écrit assez vite et on a enregistré dans la foulée dans des conditions live dans une vieille boite de nuit désaffectée.

eddy la gooyatsh,pull over,livre-disque,lamao éditions,interview,mandor

L’ambiance du décor est importante pour toi quand tu enregistres ?

Oui. J’ai fait exprès de choisir ce lieu. J’ai un studio chez moi, je pouvais donc très bien rester à la maison. J’ai déplacé mon studio là-bas pour que l’on puisse jouer tous ensemble. J’ai bien fait parce qu’il s’est passé quelque chose entre tous les musiciens.

Il y a dans Pull Over des images, des illustrations, des  collages, des photos…  

J’ai demandé à des artistes que j’aime bien de travailler autour de mes nouvelles chansons. Ensuite, je leur ai proposé de m’envoyer une image pour illustrer celle qu’ils préféraient. J’ai tout gardé, je n’ai rien eu à rediscuter avec quiconque. Pour moi, tout était parfait. J’ai laissé toute liberté à chacun, car j’avais l’impression d’avoir suffisamment donné de moi-même dans chaque chanson.

Dans les studios de France Bleu Lorraine, Eddy La Gooyatsh interprète une version acoustique de " Trompe la mort ", un titre issu de Pull over.

Tu as fait la couverture et quelques dessins à l’intérieur.

(Rires) Je n’ai pas été très courageux. J’en ai fait moins que ce que j’envisageais au départ.

Quand tu étais plus jeune, tu voulais être illustrateur.

Oui, jusqu’à l’âge de 20 ans. A la base, je voulais faire de la bande dessinée. J’ai suivi des études dans un collège spécialisé en art plastique. Finalement, ça ne s’est pas passé comme ça, je suis devenu musicien. Je suis très content de l’être. Cela dit, depuis l’adolescence je faisais aussi de la musique. J’avais des groupes, j’écrivais des chansons. Mais vraiment, je n’avais pas envisagé que musicien devienne mon métier principal.

eddy la gooyatsh,pull over,livre-disque,lamao éditions,interview,mandor

Eddy la Gooyatsh au Café de la Danse, une heure après l'interview.

(Photo : Mandor avec son iPhone)

Dans ce livre-disque,  je pensais qu’il y aurait un fil conducteur. En fait, non. Il y a plein de petites histoires indépendantes.

L’album tourne autour du souvenir et de ce que l’on en fait. Plus précisément, que fait-on de la disparition de quelqu’un ? Est-ce que quand les gens ne sont plus là, il n’y a que les bons souvenirs qui restent ? Est-ce qu’au bout d’un moment, cela devient des souvenirs douloureux ? J’ai voulu montrer qu’il faut garder les bons souvenirs comme quelque chose de réconfortant, comme un vêtement qui tient chaud. D’où le nom de l’album, Pull Over.

Il y a évidemment une gravité sous-jacente, mais ce n’est pas un album « grave ».

Je n’ai pas fait des ritournelles pour rigoler, c’est sûr, mais je n’étais pas dans l’état d’esprit de me perdre dans un état de tristesse stérile. Bien sûr, c’est triste de perdre des gens, mais ce que l’on garde, je le répète, il faut que cela soit réconfortant.

eddy la gooyatsh,pull over,livre-disque,lamao éditions,interview,mandor

Pendant l'interview... (photo : Fany Souville).

eddy la gooyatsh,pull over,livre-disque,lamao éditions,interview,mandorEcrire, ça aide à supporter les choses ?

Ce livre-disque est ce que j’ai fait de plus personnel depuis le début de ma « carrière ». Ça m’a obligé à réfléchir, à me poser des questions. Concernant l’écriture, je ne pars jamais forcément avec un projet hyper structuré. Je pars toujours en écriture comme je pars me balader, sans trop savoir où je vais. Il m’arrive de découvrir des choses de moi-même par le biais de mes textes.

Tu aimes prendre des risques dans la musique ? Chacun de tes albums est différent.

Disons que j’aime me renouveler. Je ne veux pas refaire éternellement ce que je sais faire et qui fonctionnent. C’est ennuyeux. Je me suis toujours dis que j’allais faire chaque disque comme j’en ai envie, en  ne me souciant pas des conseils des uns et des autres.

Tu es venu à la chanson par le biais de la littérature.

Oui, et pas du tout par celui de la chanson française. Ma culture musicale, c’est la pop, la musique instrumentale de toutes sortes comme le jazz ou la world music… J’ai découvert la chanson française en travaillant avec des chanteurs français. C’est ainsi que je me suis forgé ma culture dans ce domaine. J’ai découvert Brel, Brassens, Ferré, Gainsbourg hyper tard. Pour te dire la vérité, l’influence que j'aurais pu avoir de la chanson francophone, elle aurait pu venir plus de Goldman ou de France Gall, mais il me semble que ça ne s'entend pas dans ma création . Ma mère écoutait ce genre de 45 tours, mais au final, ça ne m'a pas beaucoup influencé.

eddy la gooyatsh,pull over,livre-disque,lamao éditions,interview,mandor

(Le 4 juin 2018, à l'issue de l'interview)

(Photo : Fany Souville).

Écrire un commentaire