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20 mai 2018

Benjamin Conte : interview pour son premier album La bougeotte

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(Photo : Badrou Bedji)

benjamin conte,la bougeotte,intrview,mandorBenjamin Conte est un  nouveau venu dans le monde de la chanson. Il sort un premier album que je qualifierais de très intéressant, de "il y a un sacré potentiel chez cet artiste", La bougeotte (à écouter en intégralité ici. A mon sens, "Mademoiselle Covoiturage" est un tube en puissance). Malgré une voix pas encore tout à fait assurée et assumée, j’ai eu  un coup de cœur immédiat. Il possède un sens de la mélodie impressionnant et sait écrire des textes très efficaces. J’ai souhaité rencontrer Benjamin Conte pour comprendre qui se cachait derrière cet album. Ainsi fut fait le 14 avril dernier dans les locaux de l'agence.

Mini bio :benjamin conte,la bougeotte,intrview,mandor

Benjamin Conte est originaire de Montpellier et tombe amoureux de la chanson française à la suite de plusieurs concerts auxquels il assiste à Magny-le-Hongre, près de Disneyland Paris où il travaille. Il y incarne les personnages de la parade à l'âge de 20 ans, puis multiplie les expériences professionnelles desquelles naîtront ses premières chansons. C'est en Norvège, son pays adoptif, qu'il commence à écrire alors qu’il est guide touristique. En 2016 et 2017, il travaille sur son premier album La Bougeotte, et se produit entre autres en première partie de Philippe Katerine, Pauline Croze et Ben Mazué. Ce premier opus de 9 titres est disponible depuis le 11 décembre dernier.

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(Photo : Nicolas D'Andreano)

benjamin conte,la bougeotte,intrview,mandorInterview :

Tu es né à Montpellier, mais tu as eu la bougeotte (le titre de l’album) très vite.

J’ai vécu  20 ans à la Paillade, un quartier très difficile. J’ai 5 frères et sœurs et autant te dire que nous ne vivions pas dans l’opulence, même si nos parents faisaient tout pour nous faire plaisir. C’est la première cause de ma bougeotte. Dès ma majorité, j’ai voulu vivre des aventures à l’extérieur.

Très vite, tu as travaillé à Disneyland à Marne-la-Vallée.

Pendant deux ans, j’ai fait les personnages de la parade. J’étais dans les personnages grands et costauds comme Baloo, Jafar et Dingo. Mais mon personnage préféré était Sulli de Monstres et Cie parce que le costume était extrêmement volumineux, à l’intérieur, tu avais beaucoup d’espace.

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(Photo : Nicolas D'Andreano)

Artistiquement, cette expérience t’a apporté quelque chose ?

Il y a de tout à Disneyland. Des chanteurs, des danseurs, des rappeurs, des slameurs … j’ai rencontré beaucoup de vrais artistes. Certes, ce boulot n’avait rien à voir avec le chanteur que je voulais devenir… il fallait donc que je le quitte un jour.

C’est dans une salle à proximité de Disneyland, à Magny-le-Hongre, le File 7, que tu as vu tes premiers concerts de chanson française.

Cette salle était à 8 minutes à pied de chez moi. C’est là que j’ai découvert Cali. Ça a été un vrai choc. J’ai vu aussi Miossec, le groupe Dolly, Dominique A. J’ai pris conscience que la chanson française était un univers auquel je pourrais éventuellement avoir accès.

En 2007, tu es parti en Norvège.

Je me suis installé là-bas comme guide touristique. Je le suis toujours. Je passe la moitié du temps en France et l’autre en Norvège.

Clip officiel de "Je disparais".

Le clip de « Je disparais » a été tourné là-bas.

Je ne pouvais pas le tourner ailleurs. J’ai eu la confiance d’une équipe qui a travaillé avec Florent Pagny, Jenifer, Julien Doré et plusieurs autres artistes de variété pour beaucoup moins cher qu’habituellement car je connais tous les endroits et les gens qui pouvaient nous aider étaient nombreux là-bas.

En 2013, suite à une rupture sentimentale, tu prends la décision de chanter en français, donc tu quittes la Norvège pour revenir en France.

Je me suis retrouvé a chanter dans des endroits tout petits, des pubs, des bars, des restaurants…Parallèlement c'est cette année-là que j'ai trouvé un réel équilibre sur le plan professionnel en travaillant pour le tour opérateur Terra Nova. Par leur confiance et leur rémunération, sans rien faire, ils ont agi comme mon premier label.

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(Photo : Nicolas D'Andreano)

Aujourd’hui, tu  chantes dans des salles plus importantes.

Je suis déjà fier du travail accompli. Tant qu’il y a une progression dans ce que tu fais, quel que soit le domaine, que tu ne stagnes pas, tu te dis que ça ne fait qu’avancer.

Tu as fait 3 fois, la première partie de Philippe Katerine.

Je crois savoir que j’étais le seul artiste autoproduit à faire des dates sur sa tournée. En plus, la première a eu lieu dans mon quartier de la Paillade. C’était sacrément symbolique. De tous les artistes que j’ai rencontré jusqu’à présent, c’est Philippe Katerine qui m’a fait la plus forte impression. Il y a toujours une distance qui s’installe entre tête d’affiche et première partie, ce qui est normal. Elle a, elle aussi, beaucoup de pressions. C’est la tête d’affiche qui remplit la salle. Philippe Katerine a pris le temps de poser des questions, de savoir qui j’étais, de sourire. Il a tiré le rideau de scène avec moi tout en espionnant le public. Il m’a pris dans ses bras avant que je me produise.

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(Photo : Nicolas D'Andreano)

Je suis étonné par la qualité de production de ton premier disque.

J’ai commencé la musique à 30 ans, là j’en ai 34. Je suis arrivé en studio en sachant ce que je voulais et en étant bien préparé. Combien de fois j’ai « pourri » le technicien ? On a fini tous les deux exténués, mais on a produit un album tel que je le voulais. Ma grande force dans ce métier, c’est mon objectivité par rapport à ce que je fais. Il a fallu presque deux ans de travail pour que j’arrive à comprendre que cet album est de niveau acceptable et que son univers se tient.

J’ai l’impression que tu as pris la décision de devenir chanteur du jour au lendemain. Mais, on ne devient pas artiste comme ça, juste en décidant de le devenir…

J’ai « bouffé » énormément de chansons françaises, particulièrement dans les 6 années avant 2013. J’ai écouté en boucle toute la discographie de chanteurs comme Alain Souchon ou Dominique A. Après, à la guitare, j’ai tenté de reproduire, puis d’inventer. D’ailleurs, je trouve qu’on invente rien en musique, je sais juste que je suis capable de trouver des mélodies et de m’appliquer à écrire des textes.

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Tout ça, sans avoir appris la musique.

Je me dis que le type qui a passé 10 ans au conservatoire qui voit arriver un type comme moi surgit de nulle part, il peut ne pas comprendre. On reproche aux musiciens qui ont appris officiellement les bases d’être trop techniques. Moi, je les envie d’avoir cette rigueur technique.

Si je comprends bien, tu as appris en écoutant les autres ?

Oui. Ça permet de se formater, d’apprendre à structurer une chanson.

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(Photo : Nicolas D'Andreano)

Toi, tu as de l’inspiration facilement ?

Oui, c’est vraiment spontané. Une chanson, c’est une idée, une fulgurance. Il faut la travailler tout de suite. C’est ainsi que je procède.

De toute manière, il n’y a pas de règle en musique.

Tu as raison, c’est comme en amour. Un jour, Florent Marchet m’a demandé : « ne pensez-vous pas qu’il faille tout abandonner pour arriver à vos fins dans la musique ? » Je pense exactement tout l’inverse. J’ai beaucoup d’admiration pour cet artiste, alors ça m’a quand même bien fait réfléchir. Je me suis demandé s’il avait raison ou tort et j’en suis arrivé à la conclusion qu’il n’y a pas de règles. Chacun son parcours.  

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(Photo : Nicolas D'Andreano)

Te sens-tu légitime dans ce métier? benjamin conte,la bougeotte,intrview,mandor

Ce qui est légitime, c’est de faire ce métier-là. Tu en découds avec toi-même.

Je vais t’expliquer pourquoi tu vas réussir. Tu as eu une enfance un peu violente, tu es guide touristique en Norvège, c’est très physique comme métier... bref, il faut du mental. Je trouve que tu abordes ce métier de chanteur comme un sportif de haut niveau.

C’est marrant que tu me dises cela parce que quand j’entends des interviews de sportifs de haut niveau, je me dis souvent que je pourrais avoir le même discours. Je fais le même parallèle que toi car cela demande beaucoup de discipline.

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Après l'interview le 14 avril 2018.

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