Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

« Sarah Toussaint-Léveillé : interview pour La mort est un jardin sauvage | Page d'accueil | Kiefer : interview pour Manifeste. »

02 mai 2018

Hervé Vilard : interview pour ses "dernières" à l'Olympia.

hervé vilard,dernières à l'olympia,chanteur populaire,interview,mandor

hervé vilard,dernières à l'olympia,chanteur populaire,interview,mandor"1965 résonne au son d'une mélodie devenue un succès interplanétaire. « Capri, c'est fini » révèle au public son jeune interprète, Hervé Vilard. Cette chanson le consacre star incontournable de la chanson française ad vitam aeternam. Après plus de 40 millions de disques vendus et 5 décennies à chanter sur les scènes du monde entier, son répertoire reste gravé dans l’inconscient collectif des français. « Nous », « Reviens », « Méditerranéenne », « Fais-la rire », « Mourir ou vivre », « Sayonara », « Rêverie »… "

Hervé Vilard veut clore un chapitre pour passer au suivant. Alors, il nous invite à ces dernières, à l'Olympia les 5 et 6 mai 2018, pour interpréter ses plus grands succès… un bel hommage à un public fidèle. Attention, il ne dit pas adieu à son public mais à ses chansons. Il  aura bel et bien une nouvelle vie avec des chansons plus pointues et d'autres mots, probablement littéraires et théâtrales.hervé vilard,dernières à l'olympia,chanteur populaire,interview,mandor

Après ces deux Olympia, une tournée suivra. A cette occasion, Hervé Vilard présente aussi Dernières, la compilation regroupant ses plus grandes chansons mais aussi 2 nouveaux titres exclusifs "Une vie de ouf" et "Hasta te que conoci".

Le 1er mars dernier, grâce à notre ami commun, le journaliste Patrice Demailly (merci à lui), Hervé Vilard m’a donné rendez-vous dans un restaurant du quartier latin, son fief. Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’artiste n’a pas la langue dans sa poche… pour mon plus grand plaisir.

hervé vilard,dernières à l'olympia,chanteur populaire,interview,mandor

hervé vilard,dernières à l'olympia,chanteur populaire,interview,mandorInterview :

Pourquoi faire ces « dernières » dans les jours prochains ?

Si un jour ma voix me lâche,  je vais me retrouver comme un con. Je préfère partir en complet état de marche. Avec les années, ma voix est devenue plus puissante. Je ne veux pas baisser les tonalités. Je quitte cette scène là avant de me retrouver devant le fait accompli. Je suis orgueilleux. Et puis, franchement, je ne peux plus chanter les chansons que j’interprétais quand j’étais encore « un prince charmant », comme « Ma vie sera la tienne, Méditerranéenne... » Ma vie fut, elle n’est plus. Ça devient ridicule que je continue à chanter des paroles comme ça. Il y a un moment, il faut savoir s’arrêter, se regarder et regarder la vie. Et puis, je vais vous dire, quand j’étais un môme disquaire, je vendais des disques de Mouloudji, de Gréco, de Félix Leclerc, de Marc Ogeret  et de bien d’autres artistes de cette trempe que je connais par cœur. Je me disais que si j’arrivais à devenir  un vieux chanteur, je les chanterai.

Dans votre carrière, vous avez essayé d’en placer de temps en temps entre deux tubes populaires ? hervé vilard,dernières à l'olympia,chanteur populaire,interview,mandor

Non parce qu’on me disait de ne pas le faire. Tout le monde considérait que j’étais trop jeune pour aborder ce répertoire. Je ne dis pas que ça me faisait souffrir, mais ça m’emmerdait un peu. Alors, comme revanche, et je n’aime pas ce mot, je me contenterais de les chanter, bien assis sur un tabouret, dans des cabarets de provinces, des petits théâtres… je vais arrêter de faire le beau. J’ai fait le tour du monde, j’ai chanté, c’était beau. J’ai fait mes dernières à Prague, à Buenos Aires, à Santiago, je vais faire deux soirées à l’Olympia. Je fais ça pour les mamans et les grands-mères qui m’aiment bien. Elles pourront chanter « Sayonara », « Capri, c’est fini », « Reviens », « Nous » et tout ça. Je le ferai avec bonheur, je ne renie rien de mon répertoire, mais il n’est plus de mon âge.

10 tubes (en intégralité) d'Hervé Vilard : "Capri c'est fini", "Mourir ou vivre", "Fais-là rire", "Sayonara", "Elle était belle", "Rêveries", "Je l'aime tant", "Méditerranéenne", "Nous", "La vie est  belle, le monde est beau".

hervé vilard,dernières à l'olympia,chanteur populaire,interview,mandorDans votre répertoire personnel, il y a des chansons moins connues, voire pas connues, qui sont très profondes. Vous êtes un des rares à avoir parlé du Sida, de l’homosexualité…

Je crois que mon public ne voulait pas le savoir. Je crois que les gens de ce métier, les gens de radio, ne voulaient pas le savoir non plus. Tout le monde voulait me garder comme le petit frère, le beau gendre ou le gentil garçon qui chante des jolies chansons. J’étais cela et personne n’avait envie que je casse ce que je représentais en chantant des choses graves. Je le comprends. Je ne me suis pas sacrifié. Je ne renie rien, mais j’ai essayé d’aborder des thèmes comme Berger et Plamondon ont abordé avec excellence dans Starmania. Dans les années 70, puis dans les années 80, j’ai tenté de parler de la zone, des banlieues, des lames de rasoir… mais ça n’a jamais marché. Je n’ai donc jamais pu sortir du personnage que je représentais.

A propos de Berger, tout le monde croit qu’« Adieu Jolie Candy » est de Jean-François Michaël, mais en fait, c’est Berger qui l’a écrite pour vous.

C’est vrai. Comme il savait que c’était une chanson excessivement populaire, pas très rock’n’roll, il n’a pas signé Michel Berger.

Pour en revenir à ces fameuses chansons plus graves, qui n’ont pas marché, c’est une frustration hervé vilard,dernières à l'olympia,chanteur populaire,interview,mandorprofessionnelle pour vous ?

Non. C’est un échec, mais ce n’est pas de la frustration. Je ne me suis pas battu parce que  je voulais aller où le vent me portait. Comme j’ai eu la chance d’aller au bout du monde pour chanter mes romances, je me suis contenté de ça. A partir du moment où je pouvais voyager en chantant, j’étais le plus heureux des hommes. 

Vous ne voulez pas que l’on dise que vous faites vos adieux à l’Olympia. Pourquoi ?

Parce que ce ne sont pas mes adieux, ce sont mes dernières. Les dernières de « Méditerranéenne », de « Nous » et de « Reviens »… il y a une grosse différence.

Ça veut dire que vous bouclez une boucle et que vous allez passer à autre chose ?

Je ne veux pas me voir ridicule, c’est tout. Je chanterai autrement et autre chose. Ma copine Nicoletta  fait du Gospel. Elle continue à chanter « Mamy Blue », mais en gospel. Moi, je chanterai peut-être « Capri, c’est fini » au piano. Je l’ai déjà fait. 

hervé vilard,dernières à l'olympia,chanteur populaire,interview,mandor

Le dimanche 3 avril 2016. Avec Hervé Vilard et Nicoletta lors du 14e salon du livre et de la chanson de Randan.

hervé vilard,dernières à l'olympia,chanteur populaire,interview,mandorVous avez écrit deux livres qui sont devenus des best-sellers, vous avez eu de très nombreux tubes, vous avez beaucoup voyagé… vous avez l’impression qu’un ange s’est occupé de vous ?

Non. Les anges sont au ciel. Ils ne nous fréquentent pas vous savez. Les terriens sont des gens atroces (rires).

Je sais que vous avez la curiosité des autres. Je vous ai vu plusieurs fois dans des concerts de nouveaux artistes que personne ne connait, notamment au Festival Pause Guitare pendant 3  jours. Nous  nous sommes croisés aux 3 Baudets récemment. Vous êtes à l’affut des nouveaux artistes ?

J’ai fait ça toute ma vie parce que je n’aime pas la ségrégation. Je connais Gilbert Lafaille ou Henri Tachan sur le bout des ongles, j’aime aussi Simone Langlois et Francesca Solleville… et j’ai notre ami commun, Patrice Demailly, qui me fait découvrir plein d’artistes d’aujourd’hui. J’aime tout connaitre, alors je me documente, je m’intéresse. Quand j’étais disquaire, à 15 ans, j’étais pareil. J’ai lancé Adamo avec « Tombe la neige ». J’ai tout fait pour vendre la totalité du stock que j’avais. 3 mois après, cette chanson est devenue un tube. 

hervé vilard,dernières à l'olympia,chanteur populaire,interview,mandor

Avec Hervé Vilard, au Festival Pause Guitare, le 7 juillet 2017 à Pratgraussals.

hervé vilard,dernières à l'olympia,chanteur populaire,interview,mandor

Avec Hervé Vilard et Stéphanie Berrebi (FrancoFans), au Festival Pause Guitare, le 8 juillet 2017 à l'Athanor.

Vous dites qu’il n’y a rien de plus beau qu’être un chanteur populaire.hervé vilard,dernières à l'olympia,chanteur populaire,interview,mandor

Etre sur une scène et rassembler des gens de gauche, de droite, des culs-de-jatte, des cocus et les autres. Les cocus pleurent beaucoup dans mes chansons d’amour, c’est pour ça que j’ai bien gagné ma vie (rires). Toutes les chansons d’amour sont des chansons de cocus, plus ou moins bien écrites. Ce qui est intéressant dans tout ça, c’est l’écriture.

Vous avez de sacrés goûts éclectiques

J’aime bien Vianney, Maître Gims aussi. Je n’aime pas les faux Gainsbourg, je tairai leurs noms, j’aimais beaucoup Bashung. Pour moi, ce n’est pas Gainsbourg le maître, c’est Bashung. Quant à Biolay, il n’a rien inventé. Je n’ai rien contre lui, mais il n’a rien inventé.

hervé vilard,dernières à l'olympia,chanteur populaire,interview,mandorVous aimez aussi beaucoup Camille, je crois.

Vous faites bien de m’en parler. Je suis allé la voir à Pleyel récemment. Cette salle est d’une tristesse… on se croirait dans les pays de l’est. Je plaignais le pauvre public de Camille qui est une immense artiste. Je la vénère. Elle chante et bouge comme personne. Mais ce public est tellement coincé, étriqué, se retenait tellement… on se serait cru à Saint-Nicolas du Chardonnet avec les vieux chignons et les jupes plissées. Je me suis dit en voyant ça que j’ai eu de la chance d’avoir un autre public plus large. Ce que je trouvais beau dans les années que les chanteurs populaires comme Sardou, Dassin, Dave ou moi avons traversées, c’est que tout le monde se rassemblait sans discernement sur les places publiques. Pour moi, un pays qui ne chante pas à l’unisson, ce n’est pas un pays. Actuellement, nous ne sommes plus un pays. Nous ne chantons plus à l’unisson, mais de manière compartimentée.

hervé vilard,dernières à l'olympia,chanteur populaire,interview,mandor

Dans les années 70, Hervé Vilard et quelques chanteurs "populaires"...

La chanson réaliste à une place à part dans votre cœur, je le sais. Quand vous faites des concerts avec ce genre-là de chansons, il y a du monde qui vient ?

Depuis que j’écris des livres, un autre public vient me voir.

Un public « intellectuel » ?

Vous allez m’énerver là ! Intellectuel, ce n’est pas un mot gentil. Les intellectuels sont de pauvres gens, cher ami. Ils sont enfermés dans une case. Il n’y a rien de pire pour un chanteur populaire que d’être enfermé, parce que le rôle d’un chanteur populaire, c’est d’être rassembleur. Chez certains intellectuels, il y a un manque de générosité et d’ouverture. Ils ont des certitudes.

En tout cas, beaucoup vous ont regardé autrement après ces deux livres. hervé vilard,dernières à l'olympia,chanteur populaire,interview,mandor

Il était temps ! J’étais l’ami de Marguerite Duras, vous savez.

Je le sais. Vous étiez présent quand elle a écrit L’amant.

J’étais là et je l’entendais lire à haute voix certains passages. Elle me demandait si tel ou tel passage allait.

Elle aimait ce que vous chantiez ?

Quelques chansons, pas tout. Je sais qu’elle a adoré « Capri, c’est fini ». Vous savez, j’ai croisé des écrivains illustres, des gens magnifiques, qui chantaient des chansonnettes comme « Siffler sur la colline », avec un ravissement adorable.

Pour vous, c’est une mission de défendre aussi la chanson réaliste ?

Maintenant oui. Je dirais plutôt que c’est une vocation. Quand on chante Maurice Fanon ou Colette Magny, c’est pour ne pas les laisser mourir. Je suis absolument outré qu’il n’existe pas à Paris, comme il existe La Comédie Française, la Maison de la Chanson Française.

On y ferait quoi ?

On pourrait monter chaque année un répertoire avec des chanteurs, par exemple, de The Voice ou de La Nouvelle Star et qui n’ont pas de boulot. On les ferait chanter devant des touristes des classiques de la chanson. Les japonais sont fous de ça. Ils connaissent « Les feuilles mortes » mieux que nous. Que le Ministère de la Culture n’ait pas encore ouvert les portes de la chanson française à tout le monde est scandaleux. Ils attendent quoi ? Que tout meurt ? Il faut que nous soyons des passeurs. J’espère qu’il y en aura beaucoup.

C’est le contraire qui se passe. Plein de petites salles qui défendent la chanson française sont en train de fermer. Ça aussi, c’est scandaleux.

Je sais bien. Le Lapin Agile est en train d’être vendu. Que vont-ils en faire ? Bruant, Giono, Scotto et les autres ont écrit des chansons sublimes qu’il ne faut surtout pas laisser mourir. 

Vous avez tenté de faire quelque chose de concret vous-même ?

J’ai envoyé des dossiers au Ministère de la Culture, je n’ai jamais eu de réponse. Je ne suis qu’un chanteur populaire, rue de Valois, on ne me parle pas.

hervé vilard,dernières à l'olympia,chanteur populaire,interview,mandor

Piaf, Damia et Fréhel.

Quel regard vous avez sur le monde de la culture en France ?

Ce que je regrette, c’est que la culture en France est étatisée. C’est l’état qui décide. On décide dans les ministères de ce qui sera à l’opéra, combien on va mettre de budget…etc. Wagner pas trop, parce que ça fait extrême-droite, Mozart, c’est bien, ça plait à tout le monde. Il faut proposer un peu de tout pour que les gens aient le choix. En règle générale, la culture doit naitre de la rue et non dans les ministères. Fréhel et Piaf sont nées dans la rue. Piaf et Fréhel, c’est la culture. Je connais beaucoup d’artistes, jeunes, qui souffrent et qui ne vivent pas de leur art. Ils sont obligés d’aller travailler chez Mac Do pour vivre. Pendant ce temps-là, vous avez des peintres entretenus par des ministres qui passent et repassent.

Que pensez-vous de la Fête de la Musique ?

Jack Lang, c’est un faux ministre. Un jour, je suis allé chanter à Cuba. Je leur ai parlé de la Fête de la musique. Ils m’ont répondu : « Parce que vous ne fêtez la musique qu’une fois par an chez vous ? »

hervé vilard,dernières à l'olympia,chanteur populaire,interview,mandor

Pendant l'interview...

Pour conclure, ce qui peut nous rassembler, c’est la culture, c’est la chanson ?

Exactement. Par exemple, quand on va dans le 93, personne ne sait qui est Juliette Gréco ou Jean Gabin, ça m’attriste. On donne du budget pour financer des groupes de rap ou de raï, mais pas pour des gens qui font de la chanson. Récemment, je suis allé à Saint-Denis visiter la cathédrale. J’ai voulu voir nos chers rois et leurs tombeaux. Ensuite, je suis allé en terrasse. J’étais avec des amis. J’ai vu des musulmans passer devant la cathédrale et saluer le cœur de la cathédrale. C’est ça qu’il faut leur montrer aux gens, pas ce qu’il y a de négatif. On pourrait demander à des gens talentueux comme Vincent Delerm d’aller à Saint-Denis pour faire découvrir ce qu’est de la bonne chanson. Je suis sûr que les Dyonisiens vont venir. J’en ai marre que tout soit cloisonné. Je n’ai pas l’intention de refaire le monde, mais moi, ce qui m’intéresse, c’est de chanter un bon répertoire de chansons à droite, à gauche. Je vous garantis que je vais aller à Saint-Denis chanter Aragon.

Dans votre prochain livre, vous parlerez de tout ça ?

Bien sûr, je suis d’ailleurs en plein dedans, c’est pour cela que je vous dis tout ça.

Vous pouvez tout dire aujourd’hui, il ne peut plus rien vous arriver…

C’est ça. Je n’ai plus rien à prouver. Je m’en fous de déplaire. 

hervé vilard,dernières à l'olympia,chanteur populaire,interview,mandor

Après l'interview, le 1er mars 2018.

Entrée libre avant ses deux "dernières" à l'Olympia.

hervé vilard,dernières à l'olympia,chanteur populaire,interview,mandor

Commentaires

Gracias sr. Herve Vilard por regalarme un rayo de Sol, sus canciones me dieron una gran riqueza,riqueza de sabiduria, riqueza espiritual. Sus canciones demuestran que usd es un sr.con una gran calidad humana Bravo. Los Venezolanos lo amamos. yo adoro sus canciones pero la que me bate contra el piso es la que se titula con el nombre Reviens es una cancion que fue creada con una inspiracion total del amor y con el Corazon.Si algundia voy a Paris y por una gran casualidad de la vida me lo encuentro, ese dia para mi sera de un lado el Rayo de Sol, y del otro lado tendre la lluvia en mis ojos porque llorare de la emocion.

Gracias por su linda musica que nos trajo alegria y felicidad en nuestras vidas.

Luisa. con amor verdadero.

Écrit par : Bontemps | 12 octobre 2018

Gracias sr. Herve Vilard por regalarme un rayo de Sol, sus canciones me dieron una gran riqueza,riqueza de sabiduria, riqueza espiritual. Sus canciones demuestran que usd es un sr.con una gran calidad humana Bravo. Los Venezolanos lo amamos. yo adoro sus canciones pero la que me bate contra el piso es la que se titula con el nombre Reviens es una cancion que fue creada con una inspiracion total del amor y con el Corazon.Si algundia voy a Paris y por una gran casualidad de la vida me lo encuentro, ese dia para mi sera de un lado el Rayo de Sol, y del otro lado tendre la lluvia en mis ojos porque llorare de la emocion.

Gracias por su linda musica que nos trajo alegria y felicidad en nuestras vidas.

Luisa. con amor verdadero.

Écrit par : Bontemps | 12 octobre 2018

Les commentaires sont fermés.