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24 avril 2018

Hiver Pool : interview pour Turbulences

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hiver pool,delphine fargier,martial seonsut,turbulences,interview« Hiver Pool est un duo auvergnat qui a créé un univers poétique où pop indé et folk, arrangements fouillés et minimalistes, mélodies soyeuses et rythmiques entêtantes, douceur raffinée des consonances anglaises et dynamisme élégant de la langue française se croisent, se mêlent et s’harmonisent ». Ainsi sont présentés les deux artistes sur leur page Bandcamp.

Et comme l’indique le site Indiepoprock, «Turbulences s’annonce comme une nouvelle pépite de la chanson française, qui devrait faire chavirer tous les orphelins de Gainsbourg et de Bashung… Univers qualifié par la formation elle-même de “léger”, on y voit aussi un charme vénéneux et lancinant. »

Enregistré avec du matériel vintage, ils ont utilisé des reverbs à ressorts ou encore du micro à ruban. L'idée était de donner un son pur. Il l’est. Il n’en reste pas moins que ce charmant duo proposent des chansons intemporelles et universelles. Elles touchent tout le monde.

J’ai rencontré les (très) sympathiques Hiver Pool, le 14 mars dernier à une terrasse d’un bistrot de la capitale.

Biographie officielle par Hervé Deffontis (Chargé de communication / La coopérative de Mai)hiver pool,delphine fargier,martial seonsut,turbulences,interview

Delphine Fargier et Martial Semonsut ont construit une œuvre ultrasensible et poétique, enluminée et mystérieuse, livrée à l’art délicat du tout analogique, au creux du studio Kerwax.

Entre les mains de Christophe Chavanon, co-réalisateur, clé de voûte d’un duo en marge des tendances faciles, les neuf titres de ce premier album respirent d’un souffle épique et charnel, un rêve éveillé où des guitares claires et espiègles jouent entre les lampes, les rubans et les claviers d’une pop à l’ancienne, parfaitement apprivoisée, et pourtant libre comme l’air. D’une balade en sous-bois, d’un baiser sur la mousse, d’une envolée joyeuse ou d’une ombre légère entrevue derrière les fûts, l’ampleur et la brillante simplicité de chaque titre dévoilent une écriture peu commune, lyrique et envoûtante.

Le complice des Fersen et autres Rover, qui n’a plus grand-chose à apprendre en termes de pop d’orfèvre, a plongé tête la première dans l’aventure, donnant à la dimension poétique du propos la légèreté des sixties, les battements de cœur et le parfum sucré des chansons bien troussées, et entre chaque ligne, partout, la sensualité malicieuse des égéries gainsbouriennes.

Il faudra attendre l’hiver, aux clair-obscurs et aux ombres grandissantes, pour tomber amoureux du premier album d’Hiver Pool. En attendant, rachetez-vous une platine vinyle, vous en aurez besoin.

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hiver pool,delphine fargier,martial seonsut,turbulences,interviewInterview :

Avant Hiver Pool, je crois que vous travailliez ensemble.

Delphine Fargier : J’écrivais les textes des chansons de l’ancien projet de Martial, Snowy Owl. C’était tout en anglais.

Martial Semonsut : Avec ce groupe, on faisait de la pop atmosphérique. J’ai arrêté ce projet parce que j’avais un accent anglais qui n’était pas terrible. Nous sommes allés jusqu’aux sélections du Printemps de Bourges, nous représentions la région Auvergne, et je n’avais pas été pris à cause de cet accent. C’était un peu vexant de s’entendre dire cela, mais ma décision d’arrêter a été radicale. Etant assez perfectionniste, deux choix s’offraient à moi : soit je partais deux ans vivre à Londres pour travailler la langue, soit je montais un autre projet. C’est ainsi que j’ai créé Hiver Pool.

Delphine, tu étais aussi chanteuse avant Hiver Pool ?

Delphine : Pas du tout. Je n’avais pas d’expérience de scène. J’étais passionnée par l’art, mais plus par l’écriture et la peinture. Un jour, nous sommes partis tous les deux en Irlande et quand j’ai commencé à écrire les textes, nous nous sommes mis à chanter ensemble. Ça a été une évidence, alors que nous n’avions pas prévu une telle chose.

Martial : Nous sommes allés tester les chansons dans une église, on adore le son des églises. On a filmé une prestation et en la regardant un soir, dans notre chambre d’hôtel, on a compris qu’il fallait que nous ayons un projet en commun. On est rentrés en France avec la motivation de créer ce nouveau projet.

Delphine : Nous nous sommes attaqués à la création des chansons. Pour moi, écrire en français était nouveau.

Martial : L’avantage, c’est que j’ai un home studio à la maison. Delphine a écrit les textes et j’ai composé la musique. Il y a eu un an d’écriture avant de faire notre première scène en 2014. En 4 ans d’existence, nous avons sorti deux EP et cet album.

Clip de "Avalanches de lumières".

Votre musique est un peu seventies, mais moderne. hiver pool,delphine fargier,martial seonsut,turbulences,interview

Martial : On n’a pas décidé de faire une musique particulière. Ce qui est intéressant, c’est ce qui sort des tripes. On marche beaucoup à l’émotion tous les deux.

Tu pars toujours des textes de Delphine pour composer ?

Martial : Oui. J’adore ses mots et ses textes m’inspirent.

Delphine : Quand j’ai écrit un texte et que j’écoute ce que Martial en a fait, à chaque fois, j’ai une grande émotion. Découvrir la chanson terminée nous émeut beaucoup.

Tu écris comment Delphine ?

Delphine : Ca ne vient pas vite, il faut que je travaille et retravaille les textes. J’écoute en boucle une musique qui va me suivre tout au long du texte. J’ai besoin de ça. Les sujets me viennent en voyageant, en rencontrant les gens.

Vous ne travaillez pas ensemble, je crois.

Martial : Delphine écrit de son côté, puis elle me livre le texte et ensuite je compose. Après, nous nous retrouvons et, s’il y a un mot qui ne colle pas ou si une mélodie ne convient pas, on en discute et nous modifions. Le but, c’est que nous soyons contents tous les deux. Si on ne l’est pas, on ne garde pas. Pas de concession. Notre but est de surprendre l’auditeur. On aime ajouter dans nos chansons des côtés imprévisibles et des effets de surprise.

hiver pool,delphine fargier,martial seonsut,turbulences,interviewC’est parfois un peu de la musique progressive ?

Martial : Oui, parce qu’il y a du changement et des cassures.

Il y a aussi un côté psychédélique dans votre musique.

Martial : La musique, c’est un peu comme la cuisine. On rajoute quelques ingrédients, quelques épices… mais par contre,  on ne regarde pas si notre musique est actuelle ou vintage. Je suis incapable de la qualifier d’ailleurs.

J’ai l’impression que les paysages que vous avez traversés lors de la création des chansons ont influencé vos musiques ?

Martial : Cet album a été composé entre terre et mer. Il y a le côté paysage très vert de l’Auvergne où l’on vit et le paysage de mer de Bretagne, où nous avons enregistré le disque.

Delphine : On pourrait aussi intercaler des images d’Irlande.

Parlons de la pochette du disque. C’est une magnifique peinture. Je sais qu’elle est de toi Delphine !

Martial : Il faut savoir que Delphine est une surdouée. Elle peint magnifiquement. Elle m’impressionne.

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En studio...

Il y a un troisième membre dans Hiver Pool,  il s’agit de Christophe Chavanon, le co-réalisateur.

Martial : Cette rencontre est très importante. Cette oreille externe était primordiale pour nous. Il a fallu une tierce personne pour nous permettre d’avoir un peu de recul sur notre travail. Il adore le projet et nous avons passé des moments formidables ensemble.

Dans la bio de votre disque, il est question de Thomas Fersen.

Delphine : On jouait le même soir que lui à Aurillac, en Auvergne. Il est venu nous voir dans le bar où on se produisait, c’était presque la fin du set.

Martial : Il nous a accostés quand on a commencé à ranger notre matériel. Ça nous a touchés parce que nous, nous sommes très timides.

Delphine : Il nous a demandé où on en était du projet. A ce moment-là, on cherchait quelqu’un pour mixer. C’est lui qui nous a conseillé d’aller mixer au studio Kerwax.

Martial : On lui a dit que nous voulions un son organique, un peu vintage, je l’avoue (rires). C’est là qu’il nous a conseillé réellement Christophe Chavanon.

Thomas Fersen fait partie de vos références ?

Martial : Il a un talent fou et a apporté beaucoup à la chanson, mais je suis plus amateur de Dominique A. D’ailleurs, j’évite d’écouter parce que mes premières compositions ressemblaient trop à son style. C’est Delphine qui me l’a fait remarquer. Gainsbourg et Bashung m’ont aussi beaucoup influencé.

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Hiver Pool fêtera la sortie de son premier album "Turbulences" lors d'une Release Party à la salle LE TREMPLIN - Musiques actuelles - Beaumont le 26 Avril. Avec Alain Bonnefont pour ouvrir la soirée! 

Dans un morceau, il me semble avoir reconnu un son de basse comme dans l’album Histoire de hiver pool,delphine fargier,martial seonsut,turbulences,interviewMelody Nelson.

Martial : Exactement. C’est volontaire. C’est ce qu’on appelle une basse carton. J’ai eu un réel plaisir à jouer cette basse.

Vous écoutez aussi David Bowie ?

Martial : Oui. Certains sentent qu’on est aussi influencé par lui.

Vous avez un public qui vous suit depuis 4 ans ?

Delphine : Oui, pour le moment au niveau régional.

Martial : On n’a pas encore un grand public, parce que nous ne sommes pas mis en avant par les médias.

Vous avez les mêmes goûts en matière de musique ?

Delphine : Globalement oui. On aime bien faire découvrir tel ou tel artiste à l’autre.

Martial : Tous les matins, on écoute Deezer. On aime découvrir les nouveautés.

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Pendant l'interview...

Qu’est-ce qu’il vous manque professionnellement ?

Martial : Un tourneur. Pour le moment, c’est moi qui m’occupe du booking. Je n’ai pas encore un grand réseau… Pour ne pas être en attente, on est même prêt à collaborer avec un tourneur tout en continuant à chercher des dates. Aujourd’hui, un artiste  ne doit pas être en attente. Il faut aller de l’avant.

Pourquoi ce disque sort-il aussi en vinyle ?

Martial : Un album qui sort de chez Kerwax se doit d’être en vinyle (note de Mandor : pour voir qui a enregistré dans ce mythique studio, c’est ici).

Pardonnez cette question, je ne demande jamais la signification d’un nom de groupe, mais j’aimerais savoir si Hiver Pool a un rapport avec Liverpool… est-ce un clin d’œil aux Beatles ?

Martial : Quand on s’est connus avec Delphine, on adorait les Beatles… il y a donc un léger clin d’œil.

Delphine : On aime aussi beaucoup le groupe Bon Iver. Clin d’œil là aussi.

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Après l'interview, le mars 2018.