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10 avril 2018

Fred Blondin : Interview pour Pas de vie sans blues

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(Photo : Philip Corsant-Colat)

fred blondin,pas de vie sans blues,casino de paris,interview,mandorFred Blondin sera au Casino de Paris ce samedi 14 avril 2018 pour fêter ses 30 ans de carrière. En attendant le grand soir, vous pouvez vous plonger dans son huitième album, Pas de vie sans blues, comprenant treize titres fortement marqués par sa voix chaude, puissante, rauque et rock. Taillé sur mesure pour le blues, Fred Blondin est un grand artiste français, trop peu médiatisé. C’est injuste.

Rendez-vous dans un café parisien, pour une première mandorisation, le 2 mars dernier.

Biographie officielle :

Des paroles plus que jamais d’actualité et toujours des bougies pour fêter les 30 ans de carrière de Fred Blondin. Une carrière démarrée en 1988 avec le groupe Glen Murdock dont il est le leader. Très vite, il se fait remarquer par un producteur indépendant qui reconnait en lui un artiste en devenir. Son 1er single « Paris au bord des larmes » fera découvrir sa voix chaude et puissante au grand public et le propulsera aux Victoires de la Musique dans la catégorie révélation masculine. Suivront ensuite une dizaine d’albums et une seconde nomination aux Victoires de la musique pour l’album Je voudrais voir les iles. Fred nous fait partager tout au long de sa partition ses influences musicales allant du blues à la pop en passant par le rock. A travers ses rencontres artistiques, il composera également pour de nombreux artistes tels que Johnny Hallyday, Patricia Kaas, Yannick Noah, Michel Sardou, Julio Iglesias. Sa personnalité vocale séduira de grands noms de la chanson française qui lui offriront à leur tour des chansons (Calogero, CharlÉlie Couture). La scène faisant partie intégrante de son hygiène de vie, il préfèrera sillonner les routes et défendre la chanson française plutôt que d’arpenter les fred blondin,pas de vie sans blues,casino de paris,interview,mandorplateaux télé aseptisés. Toujours en recherche du contact avec son public, il naviguera à travers la France et inventera le Péniche Tour. De toutes ces dates où il a disséminé ses chansons, sa proximité, ses mots et sa voix lui ont permis d’acquérir un public nombreux et fidèle et d’en faire aujourd’hui l’un des piliers de la chanson française.

L’album :

Pas de vie sans blues est une rencontre artistique entre Fred Blondin et des artistes qu’il apprécie et qui lui ont écrit des chansons qui lui ressemblent… Daran sur « Pas de vie sans blues », Cali pour « Notre amour foutu » et « On rentre à la maison » et Grand Corp Malade pour « J’ai vu le blues ».

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fred blondin,pas de vie sans blues,casino de paris,interview,mandorInterview :

30 ans de carrière, ce n’est pas rien.

Ce sont des amis qui m’ont fait remarquer qu’on en arrivait à ce chiffre symbolique. Je ne suis tellement pas tourné vers le passé que je n’avais pas fait attention à cette date anniversaire. Je suis plutôt vers le présent… même pas vers le futur. Plus je vieillis, plus je suis dans l’instant parce que je ne sais pas si je vais me réveiller demain. Personne ne sait. Je vis chaque journée comme si c’était la dernière. J’ai cette philosophie depuis longtemps.

Avant 1988, qu’est-ce qui t’a amené à la musique ?

J’ai eu la chance d’avoir des parents qui m’ont écouté et qui m’ont fait confiance. Quand je leur ai dit que je voulais faire de la musique, ils m’ont acheté une guitare. Même s’ils n’étaient pas rassurés parce que « musicien n’est pas un métier », ils ont bien vu que j’étais très motivé. Comme on est tous têtus dans la famille, j’aurais fait ce métier de toute manière.

C’est en seconde que tu as commencé à jouer dans un groupe.

Le premier jour de la rentrée scolaire, je me suis retrouvé tout au fond de la classe avec un chevelu. Il jouait de la guitare électrique. Ça m’a fasciné. Il m’a donc proposé de rejoindre son groupe. Je suis devenu leur guitariste. Ça m’a donné envie de devenir Guitar Héro. J’ai appris la guitare en autodidacte… en écoutant des artistes comme Éric Clapton.

Tu es vite parti de l’école parce que tu n’étais pas fait pour ça. L’autorité t’exaspérait. Tu en as fred blondin,pas de vie sans blues,casino de paris,interview,mandorprofité pour te perfectionner à la guitare et, un jour, monter ton premier groupe, le power trio Glen Murdock. Là, nous sommes en 1988.

C’est le premier groupe que j’ai créé moi-même. Je faisais les chansons, je chantais et jouais de la guitare. Mes premières armes…

Ensuite, arrive tes débuts en solo. La chanson « Paris au bord des larmes », en 1990, est la première chanson que j’ai entendue de toi.

C’était mon premier single. C’était assez violent, parce que je suis passé de petits groupes de rock de banlieue à une exposition médiatique intense. J’ai fait de la télé, des radios. Ça m’a un peu déstabilisé parce que c’était un autre monde. Il fallait que je chante en playback, que je regarde telle ou telle caméra. Pour moi, le showbiz, c’était un autre métier. Et puis soudain, j’ai fait la connaissance de ce qu’on appelle la pression. Je n’étais pas à l’aise. Je suis un ex super timide, souvent dans ma bulle. Encore aujourd’hui, je peux être là, sans être là. La guitare a beaucoup amoindri ce côté-là de moi. J’ai pu exister et dire des choses sans être obligé de parler.

Pourquoi considères-tu que ton vrai premier album est Pour une poussière d’ange en 1992 et non Blondin en 1990?

Parce que Pour une poussière d’ange est celui que j’ai complètement maitrisé. Je n’avais plus de producteur/manager, j’ai donc fait ce que je voulais. Je ne me voyais plus interpréter des chansons que je n’avais pas vraiment envie de défendre.

"Elle allume des bougies", extrait du DVD "SEPT À SÈTE live" (Charlélie) ©Blondinland Music 2015

Dans le troisième album, J’voudrais voir des îles, en 1996, il y a eu un gros tube, « Elle allume des bougies », une chanson de CharlElie Couture. On découvre une voix que tu n’exploitais pas de la même façon dans les deux premiers albums.

Blondin, je ne peux plus l’écouter. J’ai l’impression que je gueule du début à la fin. C’est insupportable pour moi. Au bout du troisième, j’avais déjà plus d’expérience et j’ai fait des rencontres bénéfiques. On avait enregistré ce disque dans de bonnes conditions à Toulouse. J’en garde un merveilleux souvenir.

Après, tu as toujours été actif, mais on te voyait moins. Tu continuais à faire de la scène et à sortir des disques.

J’avais un peu marre de ce métier. Je ne trouvais plus ma place. Du coup, j’ai beaucoup composé et écrit pour des grands artistes (voir bio plus haut) et je gagnais beaucoup mieux ma vie, tout en restant chez moi dans mon home studio. J’ai l’impression d’avoir eu 15 ans de vacances.

Pourquoi es-tu ressorti de ta tanière en 2011 alors ?

Parce que la scène me manquait. Et puis, j’avais un album dans mes tiroirs que j’avais fait en Allemagne en 2005, du coup, je l’ai sorti. Il s’appelle Même pas mal.

En 2014, tu as sorti Tiroir Songs.

C’est un disque de chansons que j’avais faites pour d’autres, mais qu’ils n’ont pas voulu. Je les ai donc chanté moi-même.

Clip de "Je partirai demain" extrait de l'album Pas de vie sans blues.

Quand on travaille pour les autres, on épouse leur style ou on essaye de faire complètement autre chose ?

C’est un mélange des deux. Si c’est identique à ce qu’ils font, les artistes n’aiment pas parce qu’ils ont besoin de se renouveler. Si c’est trop nouveau, ils n’aiment pas parce que ce n’est plus leur style. Tu vois la difficulté de l’exercice ?

C’est quoi la formule magique alors ?

Je crois que c’est faire une bonne chanson. C’est la base. Après, tout est une question d’arrangement. « La mer » de Charles Trenet, tu peux la faire en punk, en reggae, en disco, en valse, elle restera toujours une bonne chanson.

C’est quoi une bonne chanson ?

Une chanson simple, à la mélodie efficace. Il faut que qu’elle rentre dans la tête des gens et qu’elle parvienne à s’imprimer. Il faut aussi qu’elle parle à tout le monde.

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Fred Blondin et Johnny Hallyday.

Quand tu entendais Johnny chanter tes chansons, ça te faisait quoi ?

Ce n’était plus mes chansons. J’ai toujours considéré que, comme les artistes s’approprient les arrangements, ça devient une autre chanson. La première écoute est toujours spéciale. A part avec Johnny où je suis venu en studio, généralement, on envoie la maquette aux artistes et ils en font ce qu’ils veulent. C’est la surprise à chaque fois.

Dans ce nouveau disque, Pas de vie sans blues, il y a des collaborations. Il y en a une qui me parait évidente, c’est avec Daran. Vous avez quasiment la même voix.

Moi aussi, ça me paraissait évident. Nous sommes dans la même catégorie d’artiste et nous avons le même point de vue sur la façon de conduire sa carrière. On a commencé en même temps et nous nous sommes retrouvés en Louisiane, au Canada… on se connait depuis longtemps. C’était le bon moment pour que l’on se retrouve. Il m’a envoyé une chanson sublime, « Pas de vie sans blues ».

Clip de "Pas de vie sans blues", extrait de l'album Pas de vie sans blues.

Cali non plus, je ne sais pas pourquoi, ça ne m’étonne pas non plus.

Je ne le connaissais pas personnellement. On s’est rencontrés et le lien s’est fait immédiatement. Au début, il m’a fait un texte, « Notre amour foutu ». Je l’ai maquetté très vite. Je l’ai retrouvé aux Déferlantes à Argelès-sur-Mer. Je lui ai fait écouter. Il a tellement apprécié qu’il m’a proposé d’en faire une autre. Ça a donné, « On rentre à la maison ».

Et Grand Corps Malade ? Je trouve cela plus surprenant.

Ça s’est fait par l’intermédiaire de Jacques Veneruso qui est un ami et qui a fait la musique de « J’ai vu le blues ». Je ne savais même pas que le texte était signé Grand Corps Malade, je pensais que Jacques en était l’auteur. Je l’ai su seulement quand il a fallu écrire les crédits dans le livret du disque. Ce n’est pas un choix marketing.

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Pendant l'interview...

Pourquoi prends-tu des compositions et des textes des autres alors que tu es toi-même auteur compositeur ?

Je vais te répondre franchement, au bout de 30 ans, je n’arrive plus à m’étonner. Et si on ne s’étonne pas soi-même, on n’étonnera pas le public. Désormais, je fais donc confiance à d’autres qui, eux, sauront m’emmener ailleurs. Avec cet album, j’avais envie de prendre d’autres chemins. Je suis tellement content du résultat.

Dans le métier, tu as la réputation d’un artiste rare et talentueux.

Ça m’épate d’entendre ça, parce que je ne sais pas du tout ce que l’on pense de moi. C’est vrai que j’avais disparu de la circulation, pourtant, quand j’ai demandé des chansons aux uns et aux autres, ils ont tous répondu présent. Je suis super flatté de ça.

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Au Casino de Paris, il y a aura toutes tes nouvelles chansons ?

Non. Le concept est de fêter les 30 ans. Il y aura des chansons de tous mes albums, mes « tubes », mais pas forcément les chansons que j’ai l’habitude de chanter sur scène… histoire  de surprendre les habitués de mes concerts. Ce sera donc un tour d’horizon de mon répertoire.

Il y aura des guests ?

Oui. Notamment Cali, Daran, Art Mengo et CharlElie Couture…

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Après l'interview, le 2 mars 2018.

Bonus mandorien:

Entre 1992  et 1994, j'étais animateur de Top Music (radio leader du Bas-Rhin) et je présentais la majeure partie des interviews concerts qui avaient lieu à la Fnac de Strasbourg. Le 28 mai 1993, Fred Blondin est venu présenter son nouveau disque, Pour une poussière d'ange... voici quelques clichés. 

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