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10 mars 2018

Céline Lenfant : interview pour Etat : Dame

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(Photo : Xavier Excoffon)

céline lenfant,état dame,interview,mandor,le réservoirDans ce premier album Etat : Dame (qui sort le 23 mars), Céline Lenfant nous promène au cœur de la féminité avec un joli portrait d’une trentenaire d’aujourd’hui. Des textes empreints de poésie sur de la musique acoustique avec de discrètes touches d’électro. De la variété pop que vous pourrez aussi découvrir dans le cadre de la soirée de lancement du disque au Réservoir le 19 mars prochain.

Le 13 février dernier, nous nous sommes donné rendez-vous dans un bar de Trocadero, histoire d’évoquer son actualité chargé.

Biographie (par Céline Lenfant) :

Auteur-compositeur-interprète, je suis née à Toulouse et je vis en région parisienne depuis plusieurs années. J'ai commencé par chanter les chansons des autres sur les scènes françaises et à l'étranger, enregistré des chœurs pour des artistes comme Benjamin Biolay sur l’album Trash Yéyé.

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Au Réservoir, le 6 juin 2016.

Mais l'envie de partager mes mots, mes notes et mes émotions est devenue une évidence et aujourd’hui je me lance dans cette magnifique aventure de l’album solo !

Ce projet est né de l’envie. L'envie de raconter des histoires, des émotions, des sentiments, des situations et des rencontres. L’envie de créer des chansons à partir des mélodies qui me trottaient dans la tête et des paroles qui me venaient. L’envie de profiter du bonheur que procure cette créativité. L’envie d’enregistrer ma voix sur ces chansons. L’envie de collaborer avec d’autres artistes pour que ce projet soit beau, le plus abouti possible et qu’il devienne une fête pour tous ceux qui veulent y participer. L’envie de me sentir libre et de me sentir moi, sur un ton tour à tour intime, léger, piquant, sombre, mélancolique, sensuel...

Depuis trois ans, j’ai écrit et composé de nombreuses chansons au piano ou à la guitare, me nourrissant de mes rencontres d’écriture, comme à Astaffort, ou avec Claude Lemesle, et Ignatus… 

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Lors des 43e Rencontres d'Astaffort, le 23  septembre 2016, avec Francis Cabrel.

J’ai pu enregistrer des maquettes en autoproduction avec des réalisateurs de talent comme Manu Larrouy et Jean-Paul Gonnod.

A l'été 2015, j’ai décidé de me confronter au public. J’ai fait des concerts en solo et en groupe aux quatre coins de la France. L’accueil qui m’a été réservé m’a vraiment donné envie de poursuivre et d’enregistrer un album entier et de le partager sur scène.

céline lenfant,état dame,interview,mandor,le réservoirL’album (par Céline Lenfant) : 

J’ai la chance d’être accompagnée par d’excellents musiciens, pour les concerts live et pour l’enregistrement studio : Damien Dabey, claviers, programmations, Jocelyn Dupuis, guitare, Laurent Ovieve, basse, Fred Chapperin, batterie. 

 Dans un style variété-pop française, mes chansons, pour la plupart, cherchent à peindre le portrait d’une trentenaire d’aujourd’hui qui racontent ses relations aux autres, au couple et à elle-même. Vous allez le voir, il y a de la légèreté dans mes chansons de câlins sous la couette et dans mes espoirs, de la relativité dans mes désillusions, de la sensibilité dans mes histoires d’un soir… 

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(Photo : Xavier Excoffon)

céline lenfant,état dame,interview,mandor,le réservoirInterview :

Je crois que tu as été élevée dans une ambiance un peu artistique.

Mon grand-père était clown et acrobate, en plus d’être pompier. Du coup, mon père a fait des numéros de clown avec son papa. J’ai moi-même partagé un numéro avec lui quand j’avais 10 ans. Il faisait sauter une puce et moi j’étais sous la table avec le micro et je jouais le rôle de la puce. J’ai appris aussi très récemment que ma grand-mère paternelle chantait. L’artistique, on aime beaucoup dans la famille.

Tu n’es donc pas artiste par hasard.

On est tous construits de choses qui ne nous appartiennent pas et on ne sait pas pourquoi on fait les choses. J’ai découvert que ma grand-mère chantait après sa disparition. C’était un secret de famille dont j’ai fait une chanson qui n’existe pas sur disque, mais que je chanterai au Réservoir le 19 mars. Aujourd’hui, je sais pourquoi je suis devenu chanteuse.

Tu as commencé avec quel art ?

J’ai fait de la danse à l’âge de 5 ans, du théâtre à 9 ans. Dans le même temps, j’ai pris des cours de piano et j’ai trouvé que c’était l’enfer. C’était trop dur pour moi et j’ai arrêté au grand dam de ma prof de piano. En tout cas, cette base-là m’a permis de refaire du piano quelques années plus tard.

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(Photo : Xavier Excoffon)

Sur ton site, tu expliques que tu écris depuis toujours. céline lenfant,état dame,interview,mandor,le réservoir

J’ai toujours écrit des poèmes. C’est la façon d’écrire la plus carrée et scolaire Il faut faire des rimes, il faut aussi que ce soit cadré par le nombre de pieds. J’étais très bonne en math et je trouve que c’est très mathématique d’écrire des poèmes. Il y a un côté logique. En classe, quand on faisait des rédactions, à chaque fois les profs me disaient qu’il y avait quelque chose d’intéressant dans ma façon d’écrire, même si ce que j’écrivais était un peu barré.

Ensuite, tu es passée à l’écriture de chansons ?

J’ai commencé à écrire les premières quand j’avais 15-16 ans. Il y a une différence entre écrire de la poésie et des textes de chansons. Les textes de chansons doivent sonner avec la mélodie, c’est donc beaucoup plus compliqué.

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(Photo : Xavier Excoffon)

céline lenfant,état dame,interview,mandor,le réservoirCe qui implique que tu écris sur la musique, alors ?

Ce n’est pas si simple que cela. J’écris beaucoup en marchant, comme Claude Lemesle avec qui je travaille depuis trois ans en atelier d’écriture. Le rythme des pas fait venir des mots et des mélodies en même temps. Souvent, je sors mon dictaphone de ma poche et je chante. C’est très rare que j’écoute une mélodie pour coller des mots dessus. Mes débuts de textes viennent d’une petite flamme, d’une sensation, d’un sentiment, d’un mot… c’est comme un fil que tu attrapes et qui se déroule.

Que t’inculquent Claude Lemesles ou Ignatus, avec qui tu fais aussi des ateliers d’écriture.

Les deux n’ont pas la même façon de travailler et c’est ce que je trouve intéressant. Les ateliers ne se passent pas du tout de la même façon. Avec Ignatus, on travaille plus sur des choses personnelles. Il nous donne une musique et là, il faut construire en fonction des pieds, mettre des mots qui deviennent un texte, pour aboutir à une chanson. Claude Lemesle, lui, il te donne un thème avec comme contraintes des mots imposés. J’aime bien aussi cette façon de faire car cela permet d’aller vers des thèmes que tu n’aurais pas exploré de toi-même.

Extrait de la chanson "Innocent Teen".

Et aux Rencontres d’Astaffort, initié par Francis Cabrel?céline lenfant,état dame,interview,mandor,le réservoir

Ce n’est pas vraiment un travail d’écriture, mais de collaboration. Pour ma session, j’ai eu la chance d’avoir comme maître de stage Jean Fauque. Quand ce géant de l’écriture te dit qu’il est satisfait d’un texte, tu es contente (rires).

Du coup, tu travailles comment ?

Plus à la Lemesle. Je pars d’un thème et d’une sensation. Dans l’album, il y a des chansons qui viennent des thèmes proposés par son atelier. Pour « A la fenêtre », le thème proposé était : Plus s’allonge les jours. Pour « Innocent Teen », le thème était : Chateaubriand. J’ai transposé un de ses poèmes à notre époque actuelle. Enfin pour « Dire que demain », le thème était : dire que demain je t’aimais. D’ailleurs, pour l’anecdote, quand à l’atelier j’ai fait écouter à Claude Lemesle le résultat de ma chanson, il m’a dit « C’est la première fois que je comprends le sens que je donne à un thème ». (Rires)

Tu as fait tes premiers concerts en 2015. Les choses sérieuses ont commencé à ce moment-là ?

J’ai fait une première maquette qui a été écoutée par des copains, comme le guitariste de Bénabar et le chanteur d’Astonvilla. Ils ont été très encourageants. Ils m’ont fortement conseillé de me lancer. Après j’ai fait un stage de structuration de projet aux Studios des Variétés. J’ai adoré. Ça m’a vraiment boosté et j’ai enfin pris ce projet à bras le corps. Ça m’a incité à partir sur les routes avec mon piano et ma sono chez les particuliers pour tester mes chansons.

Clip de "Un peu". 

céline lenfant,état dame,interview,mandor,le réservoirComment en es-tu arrivée à faire les chœurs dans le disque de Benjamin Biolay, « Trash Yéyé » ?

En 2005, j’ai fait une école de musique actuelle, Atla. Il y avait un chef de chœur, mon prof de chant Guillaume Coignard, qui m’a dit qu’il avait besoin d’une mezzo pour faire les chœurs de Benjamin Biolay. J’ai évidemment accepté immédiatement. On a enregistré au studio Labomatic. On s’est retrouvé à quatre : un ténor, un barython, une mezzo et une soprane.

Tu as pris des cours de chant ?

J’ai commencé à chanter dans des orchestres de variétés. J’interprétais les chansons des autres pendant quatre heures non-stop. J’ai chopé des petits nodules que j’ai dû corriger par de la rééducation. On m’a donc obligé à prendre des cours de chant pour mieux placer ma voix et pour que mes cordes vocales soient plus solide.

Clip de "Toi, moi".

Dans ton album, il y a de très belles chansons. En revanche, je suis moins client de ton premier singlecéline lenfant,état dame,interview,mandor,le réservoir « Toi, moi » qui est très léger textuellement.

Ignatus me l’a dit aussi. Il sait comment j’écris et a été surpris de ce premier single. Sortir « Toi, moi » en premier était une stratégie que l’on a eue avec mon attaché de presse. Le truc c’est que je ne suis pas produite, je n’ai pas de label, le seul moyen qu’on avait de se faire remarquer par les médias, c’était de sortir un titre un peu « mainstream » et qu’il passe à la radio. Du coup, je me suis laissé convaincre de sortir cette chanson. Chanson que j’aime beaucoup quand même. Elle est fraiche et elle plait à un large public.

Au final, la stratégie a fonctionné ?

Les radios l’ont bien accueilli, elle a été diffusée sur France Bleue et une soixantaine de webradios. Quelques radios nous ont répondu qu'elles ne diffusaient pas d'artistes inconnus.

Clip de "Celles". 

céline lenfant,état dame,interview,mandor,le réservoirLà, tu sors ton troisième single, « Celles », une chanson poignante.

Je voulais contrebalancer avec le côté léger des deux premiers titres, « Toi, moi » et « Un peu ». On vient de sortir un clip réalisé par quelqu’un que j’adore, Dorothée Pierson. Elle m’a trouvé une quinzaine de bombes avec des gueules, des caractères, des personnages. La chanson est très forte, percutante.

Comment vis-tu les critiques ?

Je sais entendre les critiques quand elles sont constructives. Je sais que c’est un premier album, que j’ai autoproduit, que j’ai auto-réalisé avec des supers partenaires et collaborateurs que j’ai choisi. Il n’a peut-être pas le formatage de ce que l’on peut entendre à la radio, mais c’est l’album que je voulais faire à l’instant T. 

Peut-on dire qu’en écoutant cet album, on connait Céline Lenfant ?

Cet album est hyper personnel. Il y a 80% de mon histoire. C’est plus ou moins romancé, car je pars d’une idée de base et je brode autour.

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Pendant l'interview...

J’aime beaucoup « Son chemin ». Que fait-on sur Terre ? Pourquoi sommes-nous là ? Quelle est notre destinée ?

J’ai écrit cette chanson en janvier 2015. C’était un soir de neige. Je n’avais pas le moral. Je me suis regardé dans un miroir et je me suis demandé où j’en étais dans ma vie.

Ça fait du bien d’écrire ?

Ce n’est pas tant thérapeutique, c’est plutôt la jouissance et la magie de la création.

Tu as déjà écrit des nouvelles chansons.

Beaucoup. J’espère avoir la possibilité financière de pouvoir enregistrer un nouveau disque. Mon écriture a évolué. J’ai envie qu’un EP sorte à la rentrée prochaine. Chaque chose en son temps, je sais. Mon premier album n’est même pas encore sorti…

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Après l'interview, le 13 février 2018.

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