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04 janvier 2018

Thomas Caruso : première interview avant la sortie de son premier album

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(Photo : Piergab Pichon)

Thomas Caruso est auteur compositeur interprète de grand talent. Nous commençons à être nombreux à le savoir. Cela fait longtemps qu’il chante, mais c’est seulement en 2016 qu’il se fait repérer. D’abord dans La Nouvelle Star, où sa version du tube de Booba, ”Scarface”, impressionne JoeyStarr, les autres membres du jury et le public.

Quelques mois après, il devient Pic d’argent au Pic d’Or 2016 (cliquez sur la photo à droite). Des thomas caruso,la nouvelle star,pic d'or,interview,mandorlabels commencent à l’approcher, à lui faire de l’oeil, à lui proposer des projets qui ne lui  correspondent pas... pour au final, lui faire des propositions concrètes. Merci Barclay!

L’homme est un faiseur de tubes, le dernier en date étant le single de Louane, ”On était beau”, mais pléthore d’autres chansons pour d’autres artistes ne vont pas tarder à sortir. Mais quand je dis que c’est un faiseur de tubes, je parle aussi pour lui. Il y a quelques mois, Thomas Caruso est venu à l’agence me faire écouter 5 titres qui figureront sur son premier album à venir. 5 chansons, 5 tubes en puissance. Impressionnant. Ce n’était pas les versions finales (en plus). Voix singulière, sens de la mélodie et des arrangements musicaux époustouflants, cet artiste a une forte chance de casser la baraque dans le monde de la ”belle” variété française. Il va falloir compter sur lui, j’en suis sûr. Le jour de sa visite (à la fin de l’été dernier), j’en ai profité pour lui poser quelques questions. Seules les deux dernières questions ont été ajoutées hier.

En attendant de découvrir ses nouvelles chansons, cette mandorisation sera embellie de quelques reprises de morceaux de rap qu’il publie régulièrement sur sa chaîne YouTube. Il adore ça.

Notez que toutes les photos professionnelles sont signées par l'excellent Piergab Pichon

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(Photo : Piergab Pichon)

thomas caruso, la nouvelle star, pic d'or, interview, mandorInterview:

Etre signé chez Barclay, c’est un rêve ?

C’est complètement fou. Moi, déjà, jadore Barclay. C’était le label de Jacques Brel, Noir Désir, Léo Ferré, Alain Bashung, et maintenant celui de Gaëtan Roussel, Benjamin Biolay… toutes mes idoles. Il y a quelques années, je suis allé chez Universal amener ma demo de l’époque. A l’accueil, on avait refusé de la prendre. Et je me souviens que je m’acharnais sur la nana de l’accueil en lui disant « mais alors comment je peux faire pour que des gens de chez Barclay écoutent ma musique ? ». La personne m’avait expliqué qu’il fallait que j’envoie mon cd par la poste, mais qu’il y avait très peu de chance qu’il soit écouté car ils en recevaient des caisses entières tous les jours. Je me suis retrouvé dehors, tout seul sur le trottoir et désespéré de ne pas pouvoir accéder aux directeurs artistiques du label. Et puis environ dix minutes après, je vois des gens sortir pour fumer leur clop. La clef était là. Pour trouver des passeurs à ma démo, il fallait attendre la pause clop ! Jai parlé à trois femmes qui étaient là et elles ont fini par me proposer de déposer ma maquette chez Barclay. Bon, ça n’a rien donné à ce moment-là, mais quelque part c’était le début de l’histoire.

Le nom Barclay et l’histoire qu’il y a autour de ce label, ça fait flipper ?

Un peu, c’est vrai. Mais il ne faut pas trop penser au passé ou au palmarès, moi, j’essaie de rester concentré sur ma musique et sur rien d’autre.

Tu as écrit et co-composé le premier single du deuxième album de Louane, « On était beau ». Le texte n’est pas aussi léger qu’il n’y parait.

Il y a un propos et une vraie profondeur, mine de rien. Parler d’amour permet de mettre en évidence plein d’aspects de la personnalité. Au départ, je l’avais pensée assez crue cette chanson, avec une urgence évidente, un côté écorché. Je la voyais bien revenir avec un titre fort, très direct. Du coup, ça a donné l’angle de la chanson.

Clip de Louane, "On était beau".

Ecrire pour Louane, c’est gratifiant ?thomas caruso,la nouvelle star,pic d'or,interview,mandor

A fond. Elle est au sommet en ce moment, c’est une vraie star et elle va le rester ad vitam aeternam. Et puis c’est vraiment une chouette nana, il y a quelque chose qui me touche chez elle. Pour moi, c’est la nouvelle Vanessa  Paradis. C’est une très grosse référence. J’étais content d’être dans le dernier carré pour lui écrire des chansons. C’était quand même impressionnant, en face de moi, je n’avais quasiment que des gens connus.

Tu as eu des contacts avec Capitol et Warner avant de signer chez Barclay.

J’ai eu plusieurs rendez-vous chez eux oui. A l’époque, il n’y avait que Capitol qui se positionnait, alors on avait échangé avec un DA (directeur artistique) mais le projet que l’on me proposait ne me correspondait pas tellement. Ensuite, j’ai beaucoup échangé avec Warner. Il y avait un DA que je connaissais depuis plusieurs années et que j’appréciais beaucoup alors j’ai vraiment failli partir avec eux. Mais au fond,  je continuais à fantasmer sur Barclay. Et puis il y a eu une concordance hallucinante entre le moment où on a pris contact avec Barclay et l’avancement des négociations avec Warner.

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Après la signature, avec toute l'équipe du label Barclay.

thomas caruso,la nouvelle star,pic d'or,interview,mandorLe destin a bien fait les choses.

Exactement. Je te passe les détails, mais un jour mon co-éditeur va voir Barclay et fait écouter quelques morceaux. Je ne pouvais pas être présent au rendez-vous car je jouais au théâtre à Toulouse ce soir-là. Et le lendemain, je rencontrais un directeur artistique directement à Toulouse, Antonin Roméas. Dès que je l’ai vu et écouté, j’ai senti une concordance évidente. Il y a eu une harmonie immédiate entre nous. On avait une énergie commune, une envie de bouffer la vie. Et puis aucun de nous deux ne pensait détenir la vérité, du coup on a immédiatement eu un rapport extrêmement fluide. J’ai vu chez lui la même fougue et la même détermination que je peux ressentir en moi. On est tous les deux jeunes, on commence en bas de l’échelle, sans prétention et avec une furieuse envie d’expérimenter et d’apprendre… et on sait que l’on a tout à faire. C’est comme ça que ce DA est devenu le mien aujourd’hui.

Il y a un côté mainstream dans ta musique, on ne peut pas le nier.

Il n’est d’ailleurs pas question de le nier ! Parce que j’aime ça. Je ne fais pas de la musique juste pour moi, dans mon coin. Le côté « grand public », je l’assume pleinement. C’est précisément ce que j’aime dans les chansons, leur côté fédérateur et rassembleur. Si demain, je peux être à la fois un artiste populaire et qualitatif, alors j’aurai rempli ma mission. Je travaille dur pour prendre cette place-là, pour faire une musique soignée dans la composition et dans l’écriture et en même temps accessible et fédératrice. Moi, j’aimerais réhabituer les gens à écouter les textes. Il y a tellement de flux à la radio qu’on oublie progressivement d’accorder de l’importance à ce que l’artiste veut nous dire.

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(3 photos lors de l'écoute privée de 5 chansons à l'agence Mixicom, fin de l'été 2017).

Aujourd’hui, tu es donc un homme heureux?

Tu sais, ça fait 15 ans que je fais de la musique et j’ai vécu beaucoup d’échecs. On peut même dire que j’ai survécu à beaucoup d’échecs ! Ces échecs, j’ai essayé de ne les prendre que comme des expériences constructives et jamais comme quelque chose de freinant… alors aujourd’hui, je ne peux qu’être heureux. Heureux de pouvoir vraiment commencer à travailler parce qu’à partir de maintenant, il y a tout à faire.

La raprise de Caruso : "Dommage" de Bigflo et Oli.

Tu n’as pas de manager ?thomas caruso,la nouvelle star,pic d'or,interview,mandor

Non, je me gère tout seul. J’aime bien avoir un rapport direct avec mes collaborateurs, sans intermédiaire. Et puis ça fait partie de moi, je suis quelqu’un de très frontal. Du coup, il y a une fluidité incroyable avec tous les gens avec qui je bosse et ça me va très bien.

En studio, tu es comment ?

Je dois reconnaitre que je suis quelqu’un d’un peu chiant, d’assez dur… Même de très dur en fait, je suis très directif. Enfin, je ne suis pas dur avec les gens qui me sont lointains. Mais je suis plus exigeant avec les très proches. Jai un côté psychorigide. J’ai besoin de tout quadriller, de comprendre comment tout marche pour faire le meilleur choix stratégique tout en gardant une part énorme de liberté. En fait, c’est toujours pour avoir beaucoup de liberté dans ce que je fais que je cadre beaucoup les choses, assez paradoxalement d’ailleurs.

Tu as un studio à disposition ?

Oui. Dans mon contrat d’édition, j’ai la chance d’avoir droit à un studio H 24, 7 jours sur 7. Comme j’écris beaucoup pour les autres, ça me permet de travailler dans de bonnes conditions. J’essaie de travailler au maximum avec mon équipe, celle que j’avais choisie avant de signer et que j’ai gardée précieusement : mon guitariste et mon réalisateur, que j’adore. On est souvent tous les trois en studio même si plus j’avance plus l’équipe s’agrandit avec toujours cette même unité entre nous.

La raprise de Caruso : "Macarena" de Damso.

Les gens de chez Barclay assistent aux séances d’enregistrement ?

Oui, souvent. Il y a plus qu’un dialogue entre nous, il y a un vrai soutien. C’est la première fois que je vois des gens qui travaillent dans la musique qui parlent vraiment de musique et pas uniquement de stratégie, de marketing ou d’image. Vraiment, je suis reconnaissant envers les gens qui travaillent avec moi. Sur tous les secteurs, le label, l’édition, aussi bien l’équipe encadrante, technique et tous les musiciens desquels je m’entoure en songwriting et sur mon album. On a un équilibre que j’adore. Le rapport est incroyable, je ne savais même pas que cela existait. Maintenant, il faut qu’on veille à préserver tout ça, pour que cet équilibre perdure et qu’on continue à bien travailler. C’est comme en amour, il ne faut jamais considérer que c’est acquis.

Quand pourra-t-on découvrir le premier single, voire le clip ?

Le premier single sortira en février, avec un clip au même moment. Je ne peux pas encore trop en parler mais j’en dirai plus très bientôt.

Et l’album, une date est choisie ?

Pas encore. Chaque chose en son temps. Je prends les étapes les unes après les autres, avec précaution. Là, je termine l’album, sereinement, sans projection. Immédiatement après, on va travailler sur le clip et essayer de faire un joli truc. Ensuite je défendrai le single, et je reprendrai la scène progressivement, j’ai vraiment hâte de reprendre les concerts, tu n’as pas idée ! Et ensuite on verra arriver l’album tranquillement. Après toutes ces années à travailler dans l’ombre, sans vraiment pouvoir m’exprimer, je ne suis plus pressé. Ou plutôt si, j’ai toujours cette même urgence en moi mais j’ai appris à la gérer pour savourer chaque instant. Ça doit ressembler à ça, « l’expérience ».

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Avec Thomas Caruso, début juillet 2017, au Festival Pause Guitare à Albi.