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27 décembre 2017

Gervaise : interview pour l'EP Humeur Vive

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(Photo : Julie Michelet)

« Serais-tu du genre à juger sur les apparences ? Une blonde, avec un nom pareil... Ça en inspire des choses. A croire que j'aime me distinguer. Peut-être. J'aime surtout à parler de la femme, des femmes, de moi et d'elles, et des hommes aussi. Je chante ce qu'ils m'ont fait et ce que j'aimerais qu'ils me fassent. Femme singulière qui décline les aventures au pluriel, fille aventureuse qui cherche l'amour au singulier, je navigue entre chanson et pop, entre paroles et paillettes. Sur ma bouche, il y a du rouge et des cocktails tendres ou explosifs, selon mon humeur. Pour peu que l'on se soit croisé, ton parfum embaume encore ces vers. Peut-être t'y reconnaîtras-tu... » Ainsi Gervaise présente son deuxième EP, Humeur Vive.

Teaser de Humeur Vive.

Comme elle le précise elle-même, son truc à elle c'est de parler de la femme, des femmes...et des hommes aussi. Sur sa bouche il y a du rouge et des cocktails, explosifs ou doux selon son humeur. Elle navigue entre chanson et pop, entre paroles et paillettes. Joueuse, assurément. Il n’en reste pas moins que les chansons de Gervaise sont originales, modernes et fraîches. Ça fait du bien par les temps qui courent. Une rencontre mandorienne s’imposait. Ainsi fut fait le 11 décembre 2017 dans un bar de la capitale.

gervaise,humeur vive,beaux esprits,interview,mandorBiographie officielle :

Gervaise ne s'est jamais vue faire autre chose que chanter, et son caractère étant ce qu’il est, elle n‘a jamais transigé là-dessus. Alors Gervaise chante et compose, depuis maintenant cinq ans. Accompagnée de sa guitare, elle assiste pendant quatre ans (2012-2016) aux Ateliers de Claude Lemesle et tape dans l‘œil Cabaret l’Escale de sa Bourgogne natale en 2013. Celui-ci développe à son endroit un dispositif  (concerts, résidences, aide à la promotion) lui permettant de consolider et développer son projet artistique.

Gervaise passe alors aux choses sérieuses avec la sortie en autoproduction de son premier EP, Femme gervaise,humeur vive,beaux esprits,interview,mandorMystère (octobre 2015), dans lequel elle s’amuse à multiplier les robes comme d’autres les casquettes. Tour à tour fille et femme, mère et maîtresse. Paradoxalement, ce disque permettra à la « femme mystère » de se dévoiler au public en multipliant scènes et tremplins, parmi lesquels les premières parties de Michel Fugain et Sanseverino ou encore le Prix Georges Moustaki (demi-finaliste en 2015). Cette même année, elle reçoit l’aide à l’autoproduction de la Sacem.

2016: Gervaise découvre l’univers de l’effeuillage burlesque ; la « femme mystère » se mue alors en « femme fatale », en poupée pop et platine, sensuelle. Son nouvel EP, Humeur vive, témoigne de ce virage. L’ambiance se paillette, s’électrise en même temps que la guitare ; Gervaise s’habille de la lumière des néons et des flammes. L’automne sera chaud.

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(Photo : Julie Michelet)

gervaise,humeur vive,beaux esprits,interview,mandorInterview :

Raconte-moi ta rencontre avec la musique ?

Je chante depuis toute petite et à la maison il y avait tout le temps de la musique. Ma mère écoutait beaucoup de chansons françaises et de musiques du monde. Papa, lui, écoutait plutôt du rock’n’roll. Il me réveillait le matin avec « Hells Bells » d’AC/DC (rires). Du coup, j’ai une culture musicale très diversifiée.

Ta mère est dans le spectacle, je crois.

Elle est metteur en scène et comédienne, donc, j’ai chopé la fibre artistique très tôt. Elle donnait des cours de théâtre, alors j’y assistais. Je suis montée sur ma première scène à l’âge de 8 ans et j’ai compris tout de suite que ça m’attirait terriblement.

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A quel âge as-tu commencé la guitare ?

A 15 ans. Quand j’ai commencé à aligner deux trois accords, j’en ai profité pour écrire des petits textes, qui sont devenus des petites chansons.

Tu racontais quoi à 15 ans ?

Je racontais des histoires pas forcément de mon âge. Au début, je n’écrivais pas de chansons autobiographiques, c’était des histoires imaginées ou vues dans des films. A 16 ans, j’ai écrit « Maladie mélodie » et « La femme que l’on déteste », deux chansons qui figurent sur mon EP La femme mystère. Ça me faisait du bien d’écrire et, à 17 ans, je commençais à me dire que je pouvais en faire un métier.

Et à cet âge-là, on fait quoi pour accélérer le processus ?

Autant j’ai su rapidement que je voulais devenir  auteure-compositeur-interprète, autant j’ai mis du temps à l’assumer dans ma tête.

Premier clip tiré du deuxième EP de GervaiseHumeur Vive.

Avant de faire de la scène régulièrement, tu as fait des études.

J’ai fait une licence de musicologie à Dijon. J’avais besoin de me légitimer un peu. Ça m’a ouvert sur plein de genres musicaux que je n’écoutais pas forcément comme le jazz ou la musique classique. Après, j’ai passé un master qui m’a permis d’apprendre l’organisation et la gestion d’évènements culturels. Aujourd’hui, en tant qu’artiste, je sais parfaitement comment les choses fonctionnent. Ce qui est amusant dans tout ça, c’est qu’à l’inverse des autres parents, ma mère ne comprenait pas pourquoi je perdais du temps à faire des études. Elle m’incitait plutôt à foncer dans la chanson.

A quel âge as-tu fait ton premier concert ?

A 18 ans. Tout s’est accéléré quand je suis arrivée à Paris, après mon master. J’ai commencé à chanter dans les bars et à me rapprocher du réseau « chanson » parisien. J’ai fait L’atelier de Cédric et les ateliers de Claude Lemesle. J’aurais dû faire encore plus de choses comme La Manufacture Chanson ou le Studio des Variétés.

gervaise,humeur vive,beaux esprits,interview,mandorTrès vite, tu as sorti ton premier EP, Femme Mystère.

C’était un pot-pourri des premières chansons que j’ai écrites. C’était un disque plus classique et conventionnel que le nouveau. J’avais moins de moyen et je me cherchais encore musicalement. Je n’avais pas encore mon identité et mon son. J’étais pressée d’enregistrer un premier disque. Je trouvais ça cool, mais du coup, je n’étais sans doute pas encore assez exigeante. A l’époque, ça m’a permis de faire des tremplins et d’être en demi-finale du Prix Georges Moustaki. Je le suis encore cette année avec ce deuxième EP.

Tu as aussi intégré le groupe d’artistes Les Beaux Esprits.

J’en avais entendu parler via Garance et Rosie Marie. J’ai trouvé que tout était simple et sain avec ce collectif. Le créateur des beaux Esprits, Bruno Barrier, est quelqu’un qui aime les artistes et qui les respecte profondément… et il n’y a aucun problème d’ego chez personne. C’est un peu cliché de dire cela, mais c’est comme une petite famille. Cela dit, on n’est pas accepté tout de suite. Il y a une période d’observation. Tout le monde vient te voir, t’écoute… ensuite, ils en parlent entre eux. Tu n’as pas le tampon Beaux Esprits immédiatement (rires).

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Avec les Beaux Esprits.

Tu es passée par la case Nouvelle Star. Belle expérience ?

Je suis allée jusqu’à la première épreuve au théâtre. Ensuite, je me suis demandé ce que je faisais là. C’était la première fois que je faisais un casting, de plus, en chantant les chansons des autres. Quand tu fais ce genre d’émission, soit tu joues le jeu de la télé, soit tu ne le joues pas. Je n’ai pas dû assez jouer.

Casting de Gervaise à la Nouvelle Star.

Ce deuxième EP, Humeur Vive est super bien produit.

C’est grâce à Denis Piednoir et Matthieu Seignez qui ont notamment arrangé et réalisé les chansons. Ils ont su apporter un nouveau son… plus moderne. Je n’écoute pas que de la chanson française, j’écoute aussi beaucoup de musiques anglo-saxonnes, je voulais donc éviter les arrangements poussiéreux. Ce qu’ils ont su faire était exactement le tournant musical que je souhaitais. Je viens de la chanson et je ne veux pas renier ça, juste, je voulais que cela sonne actuel.

Il est pas mal question de femmes libérées dans tes chansons. Dans « Sans anesthésie » par exemple, une femme fait en sorte que l’homme accepte l’acte sexuel.

Elle prend l’initiative parce qu’elle assume sa sensualité et son désir. Il y a deux ans, j’ai fait la rencontre d’un art que j’adore, l’effeuillage burlesque. Il y a un côté vintage qui m’attirait. Ces femmes qui s’effeuillent sur scène de manière forte et hyper assumée, j’ai trouvé ça génial. J’ai un peu évolué dans ce milieu-là ces derniers temps et ça a dû influencer certains textes de mes chansons (rires).

"Je vous laisse", extrait de l'EP Humeur Vive. Captation live au Cabaret l'Escale (décembre 2016).

Il y a un peu de féminisme dans tes chansons.

Oui, mais pas forcément militant. Mais, tu as raison, le féminisme est là dans ma façon d’aborder les thèmes.

« Le silence des femmes » incite les femmes à arrêter de s’autocensurer, incite aussi à prendre un peu plus de pouvoir… Au regard de ce qu’il se passe en ce moment, quelle résonnance !  

Dans cette chanson, je parle du silence des femmes de manière générale, aussi bien dans le harcèlement de rue que dans la violence. J’ai écrit cette chanson avant toutes les affaires récentes et les ashtags #balancetonporc ou #metoo. Je pense qu’aujourd’hui les femmes en ont ras le bol. Les premières ont commencé à parler, les autres se sont engouffrées dans la brèche et c’est tant mieux. Personnellement, je ne milite pas, mais je suis abonnée à des pages Facebook qui parlent des femmes comme La fondation des femmes ou Les Glorieuses.

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Pendant l'interview...

J'aime beaucoup « Flirt avec l’orage ». C'est une chanson qui dit qu’il faut vivre sa vie le plus intensément, car elle peut-être courte.

Dans ma vie, il y a eu des évènements qui ont fait que j’ai eu une sorte de réveil. Un réveil qui m’a incité à vivre vraiment, sans concessions. On peut changer sa façon de vivre du jour au lendemain à cause d’épreuves traversées.  

Tu fais en sorte que tes chansons soient universelles ou tu n’y penses pas quand tu les écris ?

Evidemment, j’ai envie que mes chansons parlent aux gens, après je ne m’empêche pas d’écrire des choses très personnelles. Au-delà du sujet d’une chanson, je crois qu’en choisissant bien ses mots, tout le monde peut s’y retrouver quelque part.

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Gervaise à la fin de l'interview, le 11 décembre 2017.

Commentaires

Superbe interview : très bonnes questions, avec des réponses "vraies" (ou "sincères") ! Merci, Martine LaMarzina.

Écrit par : Martine | 18 février 2018

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