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18 décembre 2017

MontparnassE: Interview pour (Des) Couleurs manifestes

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(Photo : Lo Bricard)

philippe montparnasse,(des) couleurs manifestes,cali,jean-patrick capdevielle,interview,mandorMontparnassE, je ne connaissais que de nom. Je savais que l’artiste existait, mais je ne l’avais jamais écouté/entendu. Récemment, son attachée de presse (amie de moi) me glisse son dernier disque, (Des) Couleurs manifestes, dans la main en m’indiquant que  je devrais aimer (je suis donc si prévisible que cela Anne Claire Galesne ?) Bon, elle avait raison. J’ai adoré dès la première écoute. Une voix Goldmanienne, des chansons Coldplayiennes et de magnifiques mélodies. Evidemment, j’ai souhaité rencontrer Philippe MontparnassE. Ainsi fut fait le 20 novembre dernier dans son QG parisien. Un sympathique bar à vin (dans lequel, raisonnablement, nous avons bu un café).

Biographie officielle :

La chronologie de MontparnassE est simple. Tout part du rock et y revient. En 2007 Jean-Patrick Capdevielle produit les premiers titres de Philippe Deyrieu, qui se produira désormais sous le nom d’emprunt de MontparnassE. Très vite un album destiné uniquement aux sorties de concerts verra le jour Pop Tasty, Philippe joue beaucoup sur scène et rôde déjà les chansons de demain. C’est tout naturellement que vient alors le premier vrai disque studio de l’artiste, Anachronique réalisé par Ken Ploquin (Bashung, Daho, Hugh Coltman). MontparnassE emmène cet album aux 4 coins de la France et bien au-delà, pour enfin s’arrêter à Londres où démarre la production de son second album, Studio d’Eux. C’est à Abbey Road que ce 2ème opus prendra racine, réalisé par Chris Bolster (Coldplay, Paul McCartney, Oasis) MontparnassE y enregistre les 12 titres d’un LP où se rencontrent les bienveillants fantômes des idoles Pop, des idoles rock, des années Never mind et Doc Martens.

Un single plus loin, ce sont des pages inattendues qui s’ouvrent : l’invitation un dimanche sur un célèbre canapé rouge, de Michel Drucker et Jean-Paul Belmondo, ému d’être cité dans son titre « Quand j’étais Jean-Paul Belmondo ».

En 2013 MontparnassE signe la BO du film Le Cœur des Hommes 3, et démarre une tournée d’où sera tiré Détours Live, le premier album live de l’artiste. Pour le mixage de ce dernier, Philippe fait appel à Vincent Perrot (arrangeur sur quelques titres d’Anachronique, 5 ans plus tôt). L’entente est comme au premier jour... Et l’idée de confier le tout nouveau titre fraîchement écrit intitulé « Another Strange day » à Vincent pour « essayer des choses » fait son chemin...L’envie d’insuffler un peu d’électro dans sa musique aussi... Le résultat est remarquable...

Fort de cette nouvelle collaboration, Philippe entame l’écriture et la composition des 10 autres chansons originales qui, associées à « Ma France » - superbe reprise de Ferrat - et à « Écoute moi jusqu’au bout » dont Cali signe le remarquable texte - forment aujourd’hui le 3ème album studio de MontparnassE.

philippe montparnasse,(des) couleurs manifestes,cali,jean-patrick capdevielle,interview,mandorLe disque :

MontparnassE nous livre un nouvel album aux sonorités pop, électroniques, qui sans que l'on s'en aperçoive, nous font battre du pied, bouger la tête, chanter, nous lever et danser. Pendant l'enregistrement, très vite s'est imposé l'envie de partager avec des artistes, amis de longue date et plus récents, cette jolie fête "manifestement colorée". Ainsi vous retrouverez sur cet album Cali (« Ecoute-moi jusqu'au bout »), Jean-Patrick Capdevielle (« Kiss Kiss ») et Noémie Alazard (« Quand tu m'entraines »). (Des) Couleurs manifestes est le 3ème album studio de MontparnassE. Arrangements et réalisations Vincent Perrot. Orchestre symphonique de Budapest dirigé par François Rousselot. Mixé par Vincent Perrot et masterisé par Benjamin Joubert.

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(Photo : Lo Bricard)

philippe montparnasse,(des) couleurs manifestes,cali,jean-patrick capdevielle,interview,mandorInterview : 

Ta passion de la musique vient-elle de ta famille ?

J’ai un grand-père qui était accordéoniste de bal, mais ça n’a rien à voir. Quand j’étais jeune, ma mère écoutait beaucoup de chansons françaises comme Ferrat et mon père était très Pink Floyd et Beatles. Moi j’aimais bien Goldman, Souchon et Cabrel. J’ai été bercé par ces différents  artistes pendant très longtemps. 

Et ton rapport avec un instrument de musique, il est venu comment la première fois ?

Très banalement. J’ai fait mes premiers accords basiques sur la plage pour draguer les filles, nous étions dans les années 90. C’est comme ça que j’ai commencé, mais après j’ai continué. Je ne faisais que des reprises.

Tu as eu l’idée d’écrire tes chansons rapidement ?

C’était à une époque où je travaillais dans un restaurant à Montparnasse. Avec le copain qui m’avait appris mes premiers accords, Vincent, on écrivait des chansons pour se marrer et se faire plaisir, sans penser en faire quelque chose de concret. Un jour, on a écrit une chanson qui s’appelle « Ce ne sont pas des anges ». Dans le restau où je travaillais, on avait comme voisin Jean-Patrick Capdevielle. Un jour, je suis allé lui demander si je pouvais lui donner une cassette avec quelques morceaux. Il accepte en me disant qu’il me donnera son retour. 15 jours après, je reçois un message sur mon répondeur. C’était lui qui me disait qu’il trouvait qu’il y avait quelque chose dans mes chansons. Du coup, d’une partie de rigolade, je commençais à vouloir que cela devienne un truc sérieux.

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Jean-Patrick Capdevielle et Philippe MontparnassE.

Ça a été un déclic ?philippe montparnasse,(des) couleurs manifestes,cali,jean-patrick capdevielle,interview,mandor

Oui, parce que pour  une fois j’avais l’avis d’un pro. Ma famille et mes amis adoraient ce que je faisais, mais j’avais besoin d’avis de personnes objectives. Depuis ce jour, toutes les chansons que j’écris, je lui envoie systématiquement. Il écoute et il me donne son avis.

Vous n’avez pourtant pas le même univers musical tous les deux.

C’est vrai. Jean-Patrick est un peu hostile à la chanson française et je crois que le fait qu’il aime mon projet et qu’il décide de le produire m’a beaucoup rassuré sur le chemin que je devais prendre.

Un jour tu lui envoies « M’enfermer dehors ».

Oui, et il change de discours. Il voudrait que l’on se parle parce qu’il souhaite me produire. Ce qu’il fera en 2007 avec l’album Anachronique.

A partir de là, tu te dis : « si j’en faisais un métier ? »

Disons que c’était un rêve qui commençait à devenir un peu une réalité. J’avais autour de moi des gens qui aimaient bien ce que je faisais, qui avaient l’air motivé, je jouais avec des types comme Christophe Deschamps qui était le batteur de Goldman, j’entends mes chansons dans des versions professionnelles... c’est sûr que ça me galvanisait pas mal et ça m’a incité à continuer à écrire de  nouvelles chansons. Tout d’un coup, les choses devenaient possibles.

Clip de "Couleurs manifestes".

Ta voix (que  j’adore) a-t-elle été influencée par tes ainés ?

Je ne sais pas. Pendant des années, j’ai chanté le répertoire des autres, il m’en reste peut-être quelque chose inconsciemment.

Ton disque sonne très actuel ?

Pour ce nouvel album, j’ai adapté le projet aux sons d’aujourd’hui, ce qui n’était pas le cas dans les précédents. J’ai procédé différemment  qu’avec les deux autres : J’ai écrit les musiques, on les a réarrangées et je me suis interdit d’écrire une ligne de texte. Avant j’écrivais paroles et musique en même temps, désormais je souhaite que les arrangements expriment un univers par lui-même.

Reprise de "Ma France" de Jean Ferrat. Une chanson importante pour la famille de Philippe MontparnassE.

philippe montparnasse,(des) couleurs manifestes,cali,jean-patrick capdevielle,interview,mandorParle-moi de ta collaboration avec Cali.

Nous nous sommes rencontrés aux Francofolies de Spa en Belgique. Je crois que l’on peut dire que nous sommes les deux artistes les plus programmés de ce festival. Au bout d’un moment, j’ai voulu faire la connaissance de cet artiste que j’aime beaucoup. On m’en parlait à chaque fois en bien. Je le confirme, c’est un type bien. Je lui ai proposé de chanter une chanson ensemble, il n’a pas dit non.

Et ensuite ?

Un jour, de passage à Paris, il m’appelle pour  me dire qu’il est en studio et que si je le souhaite, on peut se voir. Je lui fais écouter les chansons du nouvel album, il semble adorer tout et me complimente sur ma voix. Après il repart en tournée, je lui envoie des musiques, dont celle d’ « Ecoute-moi jusqu’au bout ». Un peu plus tard, il me fait un texte dessus. On se retrouve ensemble de nouveau à Paris et il tient à me le faire découvrir devant moi pour me jauger pendant que je l’écoute. Il était vraiment au service du projet et d’une humilité totale, parce que je ne suis personne. Il n’avait pas de précautions particulières à prendre avec moi et pourtant, il en a pris. Le texte était magnifique et je ne pouvais rien lui apporté de plus, alors on a décidé de l’enregistrer.

Clip de "Another Strange Day".

Je suis impressionné par la production de ton album.

Je le dois à Vincent Perrot. Pas l’animateur d’RTL, hein ! Il a arrangé et réalisé tous les titres. Il a fait un travail formidable. Avec nous, nous avons eu l’orchestre philarmonique de Budapest… et puis, on a enregistré dans de très bons studios. Ce n’est pas un album d’appartement (rires).

C’est quoi le style MontparnassE ?

Je ne sais pas. Je pense que c’est de la chanson française avec une connotation pop anglaise. Il y a des références qui s’installent derrière, toutes proportions gardées bien sûr. Parfois un peu de Coldplay, parfois un peu de Beatles… c’est parce que j’écoute beaucoup ces artistes. Je ne crois pas plagier quiconque, mais j’aime ces sons-là.

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Pendant l'interview...

Il y a eu du financement participatif ?

Avec KissKissBankBank, c’est devenu une aventure incroyable et collective. J’ai tout expliqué au fur et à mesure de l’avancement du disque à ceux qui ont participé. Certains contributeurs ont fait les chœurs de certaines chansons. Beaucoup sont venus écouter dans un studio la première mouture du disque… bref, je les ai impliqués. Beaucoup  de liens entre nous se sont créés. C’est devenu leur disque. Bon, il faut aussi que je précise qu’après, il a fallu que j’ajoute de l’argent parce que la machine s’est emballée (rires).

philippe montparnasse,(des) couleurs manifestes,cali,jean-patrick capdevielle,interview,mandorTu as fait la BO du film Le cœur des hommes 3. Comment es-tu arrivé sur ce projet énorme ?

C’est encore une histoire de rencontre. Dans ma vie musicale, ce n’est que ça. Il n’y a pas de choses forcées en fait. Avec le réalisateur du film, Marc Esposito, nous avons une amie comédienne en commun, Albane Duterc. Elle est venue me voir en concert accompagnée de Zoé Félix et Marc Esposito. Il semblerait que ce dernier ait beaucoup aimé ce qu’il a vu et entendu. Comme il  y avait un after après le concert dans un bar, avec Marc, nous avons sympathisé jusqu’à 4 heures du mat. On s’est revus pour diner ensemble la semaine suivante, ça s’est terminé encore jusqu’à 4 heures du mat. Bref, on est devenu potes, mais on ne parlait jamais musique. Notre relation était telle que je m’interdisais de lui demander quoi que ce soit de professionnel de peur qu’il pense que tous nos moments passés ensemble étaient intéressés. Un jour, il part tourner son film « Le cœur des hommes 3 » en juillet et août et moi je pars en vacances. En septembre, il m’envoie un mail m’expliquant que tout s’est bien passé. Il me demande si je veux faire des essais de musique pour le film. Evidemment,  j’accepte. Je m’enferme pendant une semaine et je lui écris une douzaine de titres. Je lui envoie un vendredi soir, le samedi matin, il me répondait. Il a adoré. Après on a affiné et peaufiné par rapport aux différentes séquences. 

Tu avais vu les deux premiers ?

Oui et j’en étais fan. Ce qui a facilité la création des musiques… quand on connait parfaitement les personnages et l’univers dans lequel ils évoluent, on est plus inspiré.

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A la fin de l'interview, le 20 novembre 2017.

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