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24 octobre 2017

Sophie Le Cam : interview pour l'EP Les gens gentils

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(Photo : Béatrice Cruveiller)

sophie le cam,les gens gentils,interview,mandor« Chanson désenchantée, candide et impertinente ». C’est ainsi qu’est décrite Sophie Le Cam sur son site. Pas mieux. Dans son premier EP, Les gens gentils, elle interprète des textes poignants et légers. Ses chansons sont pleines d’autodérision, de mélancolie et de tendresse.

Le 4 septembre 2017, nous nous sommes retrouvés à une terrasse d’un café parisien, histoire d’en savoir plus sur son parcours.

(Toutes les photos studios sont de Béatrice Cruveiller)

Biographie officielle :

Installée depuis dix ans à Paris, Sophie Le Cam a grandi en Picardie. Nourrie dès le berceau de chanson française, elle prend des cours de piano et apprend la guitare, le ukulélé et l’harmonica en autodidacte.

Après des études de Lettres et arts, elle entre au conservatoire d’art dramatique à Paris et devient sophie le cam,les gens gentils,interview,mandorcomédienne. Le texte, la scène.

L’année 2014 voit naitre l’écriture de chansons. Sophie se produit alors dans différents lieux: à plusieurs reprises sur le bateau El Alamein, à La Manufacture et aux Trois baudets à Paris, au festival Off Courts à Trouville, à l’El Camino à Caen, etc.

Après avoir remporté le 2ème prix du tremplin interprète Le Mans Cité Chanson, elle est programmée en première partie de Loïc Lantoine pour la 28ème édition du Festi’val de Marne et réalise sa première expérience radio sur France Inter dans l’émission de Pascale Clark A’Live.

En janvier 2016, son premier EP « Les gens gentils », composé de 5 titres (maquettes), voit le jour. Il est sélectionné parmi les albums du mois de janvier du magazine Longueur d’ondes.

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sophie le cam,les gens gentils,interview,mandorInterview :

Tu as baigné dans la musique « populaire » dès ton plus jeune âge.

Mon père écoutait beaucoup Charles Trenet, c’était un fan. Le top 5 de ce qu’on écoutait dans la voiture, c’était Charles Trenet, Starmania, Polnareff, les Beatles et Supertramp.

Polnareff est devenu un de tes chanteurs préférés.

« Holidays », « Le bal des Lazes », « Qui a tué Grand-maman », ça me fout les poils. Beaucoup disent que Polnareff, c’est de la variétoche. Dans la grande famille de la chanson française, il y en a plein qui trouvent son œuvre hyper kitsch et qui ne perçoivent pas du tout la poésie de ses chansons. Il y a un snobisme sur Polnareff et sur Berger qui m’énerve.

Tu as pris des cours de piano de 14 à 18 ans.

Je me débrouille pas mal techniquement, mais j’estime ne pas avoir été bien formée. Je suis capable de jouer des morceaux que j’apprends avec des partitions, mais je suis incapable de composer parce que  je ne connais pas le solfège.

Par contre, tu sais composer à la guitare.

Oui, alors que j’ai appris la guitare toute seule. Cela dit, la composition, ce n’est pas le domaine dans lequel je suis la plus à l’aise.

Clip de "Les gens gentils".

Quand as-tu ressenti l’envie d’être chanteuse ?sophie le cam,les gens gentils,interview,mandor

A l'âge de 10 ans. Mais, je me suis autocensurée jusqu’à il y a 5 ans. J’ai osé franchir ce cap il y a peu de temps.

Avant la chanson, tu es passée par le théâtre.

Je suis née en Picardie, j’ai grandi là-bas jusqu’à 18 ans. Après le bac, je suis allée à Paris pour faire une licence de Lettres et Arts. En parallèle, je prenais des cours de théâtre amateur. Quand j’ai validé ma licence, je suis rentrée au Conservatoire d’Art dramatique du 9e arrondissement de Paris. Ensuite, j’ai tourné dans des courts-métrages et  j’ai joué au théâtre.

Aujourd’hui, tu te sers de cette expérience pour communiquer avec ton public entre deux chansons ?

Je ne sais pas si je m’en sers, mais j’aime faire marrer les gens entre deux chansons. Il m’arrive aussi de dire un texte issu du répertoire théâtral, un monologue que j’aime bien qui va avec une chanson que je chante ensuite…

Avoir lu et joué des grands textes, cela a provoqué une exigence sur tes propres textes ?

Je n’ai pas eu besoin de ça pour rechercher l’exigence. J’avais déjà une culture "chanson à texte" et un goût pour la langue. Je ne conçois pas une chanson avec un texte pas intéressant.

Teaser live. 

sophie le cam,les gens gentils,interview,mandorTu as deux côtés dans ton répertoire. La tendresse et l’absurde.

Je suis comme ça dans la vie. Un jour, un professionnel, à l’issue d’une première partie, m’a dit que mes chansons étaient trop différentes. Ça m’a fait me poser beaucoup de questions, mais en même temps, je ne me voyais pas faire que de la chanson mélancolique ou que de la chanson un peu drôle. Si j’enlevais une de ces parties, je serais malheureuse.

« Chanson désenchanté, candide et impertinente », lit-on sur ton site. Ça te ressemble tellement !

Merci. Je suis un peu aussi désillusionné sur le monde.

« Vu d’en haut » n’est pas une chanson très positive par exemple.

Elle est même trash. Je crois qu’il n’y a rien après la mort. Ça m’angoisse. A partir du moment où l’on sait que l’on va mourir, tout devient absurde. C’est une chanson qui questionne sur la vacuité de l’existence.

Il y a une chanson sur André Manoukian. C’est de la provoc’ ?

C’est  une chanson très ironique. Je trouvais ça marrant de faire une chanson d’amour too much et, du coup, d’aller au bout du concept en chantant sans chemise. En vrai, j’aime beaucoup André Manoukian, mais je ne sais plus comment est partie cette chanson interprétée par une femme un peu nymphomane.

Il l’a entendu ?

Oui. C’est Olivier Bas qui a eu la gentillesse de lui envoyer le morceau pour moi. Il a répondu « un grand bleu pour moi », tu sais, comme le système de notation de la Nouvelle Star.

Clip de "Pique-niquer".

Et dans « Pique-niquer », la fille est aussi un peu nymphomane, non ?sophie le cam,les gens gentils,interview,mandor

Oui (rires).

Une chanson à double sens.

Oui, j’adore ça. De manière générale, je suis une adepte du second degré et du décalé.

Dans « La maison au toit rouge », on entend une résonance avec la maison bleue de Le Forestier.

Je ne prétends pas arriver au niveau de Le Forestier, mais effectivement, c’est ma maison bleue à moi. Souvent, dans mes chansons, j’aime glisser des références cachées. J’ai une autre chanson dans laquelle je fais référence à Trenet. J’aime bien caser entre deux vers, un qui ne m’appartient pas. C’est à la fois une façon de rendre hommage et de jouer avec l’auditeur. Va-t-il reconnaitre ou pas ?

Clip de "La mmaison au toit rouge".

sophie le cam,les gens gentils,interview,mandor« On a les boules » est une chanson particulièrement nostalgique.

C’est un peu l’histoire du désenchantement que je ressens. C’est un peu l’enfance comme paradis perdu. Je le ressens un peu trop profondément. Renaud dit : « après l’enfance, c’est quasiment fini ». Je pense comme lui.

D’ailleurs, parfois, on dit de toi que tu es une Renaud au féminin.

Certainement à cause de mon côté brut de décoffrage. Je prends cela comme un sacré compliment. Je ne cherche pas à faire comme Renaud, mais si on me dit que ce que je fais ressemble à ce que fait un chanteur que j’admire, je suis contente. Je suis bien consciente d’avoir des influences qui se retrouvent dans mes chansons.

Ton EP est sorti il y a plus d’un an et demi (je ne suis pas en avance). Qu’as-tu fais depuis ?

J’ai sorti cet EP en totale candeur. Je débarquais dans un milieu que je ne connaissais pas du tout. Cette année m’a aidé à comprendre ce que je faisais, ce que c’était de faire de la musique. J’ai fait des scènes et j’ai creusé le réseau chanson parisien. J’ai fait un stage au Studio des Variétés qui m’a permis de mieux appréhender le métier. Aujourd’hui, j’ai une meilleure connaissance du secteur professionnel dans lequel j’évolue. Du coup, tout me parait très compliqué pour sortir un deuxième EP aujourd’hui. Je mets du temps parce que je me pose trop de questions, j’ai tellement envie de bien faire.

Tu aurais peut-être besoin d’être plus entourée professionnellement.

Oui, j’ai besoin de trouver les bonnes personnes pour travailler avec moi. Des personnes qui comprennent le chemin que j’emprunte et qui soient capable de me faire aller plus loin.

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Après l'interview, le 4 septembre 2017.

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