Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

« Louis Ville : interview pour Le bal des fous | Page d'accueil | Lisa Portelli : interview pour l'album La nébuleuse »

17 septembre 2017

Rosie Marie : interview pour l'album Minuit

rosie marie,minuit,interview,mandor

rosie marie,minuit,interview,mandorCe que j’aime chez Rosie Marie, c’est sa dualité. Je l’ai découverte seule au piano,  instrument de musique qu’elle maîtrise parfaitement, avec des chansons originales, mais que je considérais « classiques » et elle nous sort de sa besace un album pop rock electro de très belle facture, avec des textes malicieux et percutants. Pas de doute, la jeune femme a le sens des notes et des mots. Elle a tout chanté dans sa vie : variété, jazz, rock, funk, soulses capacités vocales sont étendues. J’apprécie les artistes qui n’hésitent pas à se renouveler en prenant des chemins de traverse. Après un premier Ep : Appelle Moi Joe (sorti seulement en digital en janvier 2015), voici donc son premier album, Minuit. Avec ce disque, Rosie Marie assume, voire revendique, sans conteste l’idée d’une musique populaire francophone. C’est rare. Et appréciable.

Le 1er aout dernier, je lui ai demandé de me rejoindre sur une terrasse de Trocadero, histoire d’en découvrir plus sur elle. (Et pour être le plus honnête possible, je l’avais mandorisé à l’agence le 7 février 2017, mais l’interview se trouvait dans un IPhone que l’on m’a volé. C’était donc un bis repetita).

Biographie officielle :rosie marie,minuit,interview,mandor

Rosie Marie, c’est l’histoire même de la dualité, du monde qui s’écroule à celui qui s’arrache avec puissance, entre pétillance festive et clairvoyance acide.
Son premier album “Minuit” est lâché, réalisé par Meivelyan Jacquot (Sébastien Tellier, Brisa Roché...).
Rosie Marie matérialise ses obsessions, l'inexorable course contre le temps, l'usure de l'amour, les préjugés, la sincérité nue, au creux d’une électro pop qui rappelle autant celle d’Annie Lennox, Elton John ou Kate Bush que l’esprit de Nach, Véronique Sanson, Sophie Maurin...
Tout juste sorti en plein jour, c’est une épopée chorale acoustico-électrisante qui se cogne à la nature humaine.
Pianiste et chanteuse de formation, Rosie Marie s’est construite entre le Conservatoire de Paris et la Bill Evans Académie. Elle a très tôt composé et écrit des chansons qui seraient à l’image de son regard sur le monde. Baignée autant dans les courants du jazz que de la chanson en passant par le rock, la disco et le funk, c’est depuis la scène que Rosie Marie fait ses armes ( Le Sentier des Halles, Le China, La Scène du Canal, La Péniche Antipode...). Elle reçoit les Prix Sacem, du Public et deuxième Prix du Jury à la Truffe D’Argent, termine demi-finaliste au Pic D’or en 2015, est sélectionnée pour les Labos Chansons D’Astaffort et rejoint le Collectif “les Beaux Esprits” en 2014.
Sur scène, Rosie y impulse une fougue poivrée que Marie agrémente de dentelle et d’envolées lyriques.
Et si Rosie Marie nous faisait oublier demain pour partir au bout du monde ?

rosie marie,minuit,interview,mandor

rosie marie,minuit,interview,mandorInterview :

Quand tu étais enfant, ton papa écoutait du rock et du jazz, ta maman, elle, était plus variété. Ce n’est pas anodin. Si on rajoute un peu de pop, ce que tu fais est un mélange de tout cela, non ?

Tout à fait. Ma mère adore Serge Lama, Jacques Brel, Barbara. A la maison, elle a toujours mis ce genre de musique à la maison, mais aussi de la musique irlandaise, les Carpenters et Jimmy Sommerville. Mon père lui, adore Soft Machine, les Pink Floyd, Bryan Ferry, Genesis, mais aussi Olivier Messiaen. Mes oreilles ont donc été éduquées avec tout ce mélange. A l’adolescence, je passais beaucoup de temps à la médiathèque et j’adorais prendre un peu de tout sans nuance. J’écoutais du punk, du rock, du rap américain, les grands comme Michael Jackson, Prince… et même Mylène Farmer.

Au début, et c’est paradoxal, tu voulais devenir comédienne.

Quand j’étais jeune, j’ai commencé à jouer du piano. Ma prof m’a donné le numéro de téléphone d’un homme qui accompagne les chanteurs et chanteuses. Il tenait un bar dans lequel il y avait un piano. J’ai donc fait un peu de piano bar. Quand tu es ado, tu vas aussi beaucoup au cinéma, ça m’a donné envie de devenir comédienne. J’ai pris des cours de théâtre, tout en continuant à prendre des cours de chant et de piano. Je me suis vite rendu compte que je n’étais pas très bonne comédienne, j’ai donc décidé de me consacrer uniquement à la musique. Il faut essayer plein de choses pour savoir ce que l’on aime et où l’on souhaite aller.

Clip de "Le bout du monde". Réalisation : Cécilia Conan.

La chanson t’apporte quoi ?rosie marie,minuit,interview,mandor

J’aime tous les gens, j’aime aussi plein de métiers. La chanson me permet de me mettre dans la peau des autres. Cela incite à farfouiller partout pour t’inspirer et te remplir, ensuite tu le ressors pour donner des chansons aux univers bien précis.

Tu as fait plein de tremplins. Tu aimes ça ?

Je trouve que c’est très intéressant, parce que tu as en face de toi des gens qui ont un autre regard sur ton travail. Que tu sois pris ou pas, ce n’est pas grave, ce qui est important, c’est de se présenter devant des gens que tu ne connais pas, des professionnels et de tout donner sur deux morceaux. Ça passe ou ça casse, mais après, tu peux discuter avec les jurés. Mine de rien, j’ai rencontré beaucoup de personnes en faisant des tremplins. Au Pic d’Or, par exemple, j’ai rencontré pas mal de pros et des artistes  que je vois toujours depuis. A chaque concours, je rencontre quelqu’un avec qui j’avance et je travaille. Au Pic d’Or, c’est toi, Claude Fèvre (Chanter, c’est lancer des balles), Mick de Toulouse (Hexagone), à La Truffe de Périgueux, c’est Olivier Bas. C’est génial, après on garde des liens solides.

Teaser de ROSIE MARIE en concert à "l'Auguste Théâtre" pour la sortie de "MINUIT" .  
Vidéo : Pauline Pénicaud.

rosie marie,minuit,interview,mandorTu sais que pour moi, avant cet album, je te rangeais dans la case « chanson traditionnelle ». Ce n’est plus le cas. Ton album est moderne et on sent que tu veux casser un peu les codes de la chanson.

En fait, cet album reflète ce que j’aime. J’y ai mis toutes les influences que j’ai, que j’aime et qui me font vibrer. Après être allée dans pas mal de directions, il fallait que j’apporte enfin la carte d’identité de la vraie Rosie Marie. Ma musique est de la pop chanson française.

Variété, c’est un mot péjoratif ?

Il l’est devenu. Mais, moi, ça ne me dérange pas que l’on dise cela de ma musique. Je suis aussi influencée par Michel Berger et Véronique Sanson. Ce que j’aime avec ces artistes, c’est qu’ils n’avaient pas peur du changement. Gainsbourg, par exemple, il  n’en avait rien à faire de changer de registre. Il faisait ce qu’il aimait. Point. Moi, sans me comparer à lui, j’ai décidé de faire pareil.

rosie marie,minuit,interview,mandor

Lors de la première interview, à l'agence, le 7 février 2017.

Tu trouves que la chanson française actuelle est cloisonnée ?rosie marie,minuit,interview,mandor

Oui, parce que quand tu fais un album, les gens te cataloguent immédiatement et considèrent que tu dois rester dans ce que tu as fait une première fois. Je suis désolée, mais si j’ai envie de collaborer avec un rappeur ou une chanteuse lyrique, je le ferai. Je n’ai aucun frein à quoi que ce soit.

C’est bien que tu te lances dans des musiques modernes. Je trouve qu’il y a beaucoup de guitare-voix ou de piano-voix en ce moment.

Les gens sont friands de musique acoustique. J’ai l’impression qu’ils reviennent à ça parce qu’ils en ont marre de l’électronique. Le souci en guitare-voix et piano-voix, c’est qu’on a tendance à faire du Brassens ou du Barbara. Ils ont vécu, il faut que nous, nous avancions. Je veux avancer, découvrir des nouveaux artistes inspirants. Marvin Juno, Juliette Armanet, Katel, Robi, Alice Animal, Camille Feist, par exemple, sont des artistes qui m’intéressent beaucoup. J’ai envie de tendre vers cette mouvance.

Clip de "Minuit". Réalisation: Pauline Pénicaud. Danseur : Guillaume Peach. Chorégraphie : Emy.

rosie marie,minuit,interview,mandorTu fais pas mal de clips. Tu peux aussi jouer la comédie, du coup.

Le clip est ce qui me caractérise le plus. Il y a la comédie, l’image et la musique.

Ce métier est dur ?

Pui, mais je le vis bien. Je fais ma musique et je joue pour d’autres, comme Sîan Pottok, par exemple, pour Sophie Le Cam aussi et pour plein de potes qui en ont besoin. Comme je fais les ateliers de Claude Lemesle, je compose. Et je propose mes compositions à ceux qui pourraient être intéressés.

Si je peux me permette, je te verrai bien encore plus provoc dans tes textes.

Tu as touché dans le mille. Les prochaines chansons, il va falloir s’accrocher. Elles devraient bousculer les gens, parfois en ajoutant du sourire. Je veux montrer mon côté rebelle, avec gentillesse et honnêteté  et évoquer des thèmes qui me touchent vraiment. J’ai donné l’image d’une jeune femme classique, il faut que j’assume mon côté un peu fou.

rosie marie,minuit,interview,mandor

Après l'interview le 1er août 2017.

Écrire un commentaire