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29 août 2017

NiLem : interview pour l'EP Un abri dans l'incendie

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(Photo : Emilie Arfeuil)

Après une vie de réalisateur, d’arrangeur, de multi-instrumentiste sous son vrai patronyme, Clément Simounet, pour de très (beaux) projets (voir dans la biographie ci-dessous) et après une campagne de financement sur la plateforme de Crowfunding Kiss Kiss Bank Bank en avril 2016, NiLem a sorti au début de l’été un nouvel EP 6 titres (enregistré dans le Studio Garage - Paris Ménilmontant et le studio Mahel), Un abri dans l'incendie (publié chez Shamone Productions / Hedwige Denain & Clément Simounet et que vous pouvez écouter en intégralité ). Comme l’indique très justement le blog AIETV, il s’agit là d’« un instantané sur les turpitudes de l’âme humaine et du monde moderne, le temps qui passe inexorablement, et aussi une invitation à une réflexion nécessaire sur la condition humaine, sur les doutes et les tourments irraisonnés de l’homme sur son propre futur ».  Excellente analyse ! AIETV étaye encore plus ici.

J’ai déjà reçu NiLem, il y a 4 ans, à l’occasion de la sortie de son premier EP, Planter le décor. Cette fois-ci, je suis allé à sa rencontre, le 5 juillet dernier, par un bel après-midi ensoleillé, sur une terrasse d’un bar de Belleville.

clément simounet,nilem,un abri dans l'incendie,interview,mandorBiographie officielle : 

NiLem est un trio puissant dans lequel dialoguent guitare, violoncelle et batterie, hissés par une voix profonde et rocailleuse invitant à des réflexions sur la condition humaine. Entre douceur et intensité, la musique de NiLem démontre que la pop folk en français a trouvé ses grands espaces.

Dans la vie ou sur scène, Nilem a donné à sa guitare la dimension d'un véritable compagnon de route. Elle est l'arbre à six cordes qui cache une forêt de savoir-faire car ce guitariste talentueux est également un compositeur, arrangeur, réalisateur, multi-instrumentiste qui a su placer tous ses talents au service de nombreuses collaborations : Ben Mazué, Carmen Maria Vega, Luciole, NeeskensMadjo, Duberman, You & You, Kid with no eyes (Clément Verzi), Gaby Moreno, Jeff Brodnax, Lisa Portelli, Garance...

NiLem c’est une voix puissante, rugueuse, veloutée, pudique et tout en nuance qui convoque tout le continent Nord-Américain, qui peut nous surprendre à penser à Peter Gabriel, Cat Stevens, Ray LaMontagne ou Eddy Vedder. Un univers musical généreux, qu’il façonne avec tous les courants qui l’ont traversé depuis des années, nous transportant d’un climat Pop Folk Rock à une ambiance cinématographique qui nous rappelle aussi Fink ou Ben Howard.
NiLem aime jouer avec nos émotions, il nous caresse tout autant qu’il nous bouscule.

Depuis 2012 NiLem c'est près de 80 concerts en solo, duo ou trio de la France au Québec.

En 2014, après avoir parcouru les routes seul avec sa guitare et son Iooper, NiLem fait naitre le duo clément simounet,nilem,un abri dans l'incendie,interview,mandoravec Octavio Angarita (Babet, Hugh Coltman, Namasté) au violoncelle. En 2016 la batterie de Gaëtan Allard (Souleyman Diamanka, Perfect Line, Ulrich Forman, Alex Hepburn, Balinger) rejoint le projet. Un trio qui ne laisse pas insensible, où la voix se faufile entre les peaux et cordes tendues et nous plonge dans des émotions aussi riches les unes que les autres, tantôt lyrique tantôt énergique. Le frisson devient notre meilleur ami lors de ces moments suspendus.

Argumentaire officiel d’Un abri dans l’incendie :

Après 4 ans de tournée dans toutes la France, NiLem (Clément Simounet) décide enfin d’enregistrer un nouvel EP intitulé Un abri dans l’incendie. Six titres portés par une voix puissante, profonde, rugueuse, veloutée, tout en nuances invitant à des réflexions sur la condition humain.

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clément simounet,nilem,un abri dans l'incendie,interview,mandorInterview :

Pourquoi autant de temps entre ton EP Planter le décor et celui-ci ?

Parce que j’accompagne beaucoup d’artistes. Mais j’ai bien conscience que ça étire dans le temps mon projet NiLem. Il est pourtant très important pour moi car il m’oblige à me laisser du temps afin de proposer et défendre mon univers, d’écrire et composer mon propre répertoire, de chanter et d’être un peu plus sur le devant de la scène. C’est devenu un besoin vital. Aujourd’hui, je crois avoir trouvé un certain équilibre entre ma vie d’accompagnateur et le temps passé pour NiLem.

Quand on travaille pour quelqu’un, on se met à 100% à son service.

C’est aussi pour cela que l’on fait appel à moi. Je m’adapte le mieux possible aux gens. Je sais m’immiscer dans un projet en apportant mon savoir-faire et mes connaissances. Je me mets entièrement au service de l’artiste qui fait appel à moi en me demandant ce que je peux lui apporter et de quelle manière on peut y arriver. C’est le contraire de mon projet. Là, ce sont les gens qui bossent pour moi et qui vont dans la direction que je souhaite. 

NiLem fait quoi comme musique ?

J’ai du mal à te le décrire. Il y a forcément du folk, de la pop aussi, parfois un peu post rock et même rock. Il y a de la douceur, mais il y a aussi de la colère. J’aime quand les choses explosent. En tout cas, je sais que je ne fais pas de la musique à la mode et que je ne suis pas « mainstream ». Par contre, j’ai travaillé avec des gens qui le sont plus que moi.

Comment on fait pour durer dans ce métier alors ?

C’est une question que je ne me pose pas. Avoir beaucoup d’activités musicales me permet de ne pas avoir de la pression par rapport à NiLem et de poursuivre ce projet sereinement. Je vis de la musique, ça me permet de rester moi-même sans concession. Je n’ai pas besoin de mentir et de faire ce que je n’aime pas. Je sais très bien où je n’irai pas et où je n’ai pas du tout envie d’aller.

"La discorde" (audio).

Quand j’écoute tes chansons, je trouve que ta musique parle d’elle-même.

Ça vient de mes influences. J’écoute beaucoup de musiques instrumentales et de musiques de films. J’en compose d’ailleurs moi-même. Les notes procurent des émotions. On n’a pas toujours besoin des mots pour raconter une histoire. Je considère que la musique a un langage plus universel que le texte. Les mots sont là pour ajouter du sens et pour appuyer un peu plus une émotion.

Quand je te vois sur scène avec Lisa Portelli (à droite) ou avec Garance, qui ne font pas la même chanson clément simounet,nilem,un abri dans l'incendie,interview,mandorfrançaise, tu as l’air de prendre autant de plaisir avec l’une qu’avec l’autre.

J’ai du plaisir à faire de la musique tout court. Tu sais, j’ai fait du dub, de l’electro, du jazz, de la world music… je suis passé par plein de styles différents. Tant que j’ai un instrument, je créé des notes et de la musique. Même quand je joue pour des styles qui ne sont pas forcément ma tasse de thé initiale, je peux prendre beaucoup de plaisir sur scène. J’ai la chance de travailler avec des artistes talentueux, chacun dans leur style, et qui sont merveilleux humainement.

NiLem sur scène, c’est extrêmement varié.

Je n’ai pas envie de proposer mes chansons banalement. Je veux aller plus loin et bousculer le spectateur. Mes concerts ne sont pas linéaires. C’est un peu une machine à laver émotionnelle. Avec ce que l’on fait sur scène, soit les gens  m’écoutent religieusement, soit ils bougent et dansent. Je passe de la douceur aux rythmes plus électrisants.

Tu te considères comme un chanteur à textes ?

C’est un sujet épineux que tu veux aborder (rires). Je ne viens pas du tout de la chanson francophone, j’ai plus une culture nord-américaine, soul, anglo-saxonne. Je n’ai pas la prétention de dire que je fais de la chanson à textes parce que, pour moi, le texte n’est pas prédominant. Je mets la mélodie, l’arrangement et le son avant lui. Je dis souvent que je fais de la pop folk francophone. C’est chanté en français, mais ma musique est hors frontière.

Comme tu viens du rock, pourquoi ne fais-tu pas des chansons plus rock dans tes EP ?

Parce que peut-être que la musique que je joue en tant que NiLem est la mienne. Quand j’enregistre une chanson, c’est le fruit de ce que je suis et ce que je ressens. Le NiLem rock, comme je te le disais tout à l’heure, tu peux l’entendre un peu plus sur scène. Mais je ne suis pas à  l’abri de changer aussi les choses sur disque, de prendre de nouvelles directions.

Session acoustique de "Retour à l'envoyeur".

Es-tu heureux de comment les choses se passent pour toi professionnellement ?

J’aimerais bien accélérer ma vitesse de croisière. Mais je m’estime déjà heureux de vivre de ma passion. Je passe beaucoup de temps à imaginer la suite, ce qui permet de continuer à avancer d’année en année.

Tu es un artiste plein de surprises et je sais que tu as beaucoup de capacités. Je reste persuadé que tu ne nous as pas tout montré.

Il ne faut pas tout montrer et  utiliser toutes ses cartouches d’un coup (rires). Il faut toujours créer, ne pas s’arrêter, aller dans des directions qu’on n’a pas encore exploré, voire essayer d’aller dans des directions que personne n’a exploré. C’est une gageure extrêmement difficile à relever.

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Après l'interview, le 5 juillet 2017.

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