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24 juillet 2017

Roberdam : interview pour l'album Je rêve donc je suis

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(Photo : Yann Orhan)

La vie est difficile mais il faut garder espoir. Il faut lutter contre la douleur et la peine, et réagir.  Ne pas se laisser aller à un quelconque abattement. Rester vivant en restant soi-même… telle est la philosophie de vie de Roberdam et le leitmotiv des 12 titres « pop » de l’album Je rêve donc je suis. Dynamiques et débordantes de vie, ses chansons racontant le désir, l’amour, les petits soucis ou bonheurs du quotidien, sont enthousiasmantes. Elles font du bien, même. Mélancolique, mais optimiste, Roberdam nous propose de la bonne chanson française, moderne et efficace. De la chanson qu’on aimerait entendre plus souvent en 2017.

Le 9 juin dernier, nous nous sommes donné rendez-vous en terrasse d’un bar parisien pour une première mandorisation.

roberdam,je rêve donc je suis,interview,mandor,athomeArgumentaire officiel :

Il rêvait d’être acteur. Mais le sort en a décidé autrement.  Roberdam a choisi de jouer différemment, en passant par la  musique. À la sortie de son Ecole de musique (la M.A.I. à  Nancy), il fonde son premier groupe Ravid’Vour’Voir pour sept  années et trois disques de chanson française à tendance festive ; ensuite ce sera Les Garçons Trottoirs : un groupe de rue  avec lequel il va taquiner une folk sauvage, sur trois albums  et dans les Caf’Conc’ même les plus reculés de France. Puis en 2010, il s’est concentré sur ses affaires personnelles, menant  un projet improbable : la co-écriture d’un polar musical de 53 minutes mêlant ses chansons aux images de Frédéric Arnould. Roberdam est têtu. Il va aboutir son concept pour le  faire tourner sur les planches de France, pendant un an, dans  une folle aventure de projections-concerts…  Voilà pour ses années de jeunesse menées tambour  battant. En 2014, Roberdam a décidé d’arrêter de courir. Ou alors il courra tout seul, à son rythme. C’est dans  l’introspection qu’est née l’idée de ce premier recueil en  solo. Lentement, doucement, en structurant des textes et  des mélodies directrices au fil des humeurs et des rêveries. Il lui a fallu trois ans dans sa maison-bateau amarrée au  bassin de La Villette à Paris, pour composer quatre titres  d’abord, enregistrés et arrangés en tandem dans le « home  boat » de son voisin de péniche, le multi-instrumentiste  Quentin Bécognée. Un autre doux dingue. Tout est né là, sur l’eau, le regard pointé « Vers l’avant ». Tout ira très vite, dans l’action, de nouveau. Aux quatre  titres posés sur bande, s’en ajoutera une petite dizaine au  fil de la réflexion, puis mis en musique à l’instinct et dans  l’énergie au Studio Besco (dont il a essuyé les plâtres) avec le  batteur et claviériste Alexis Campet. Les voilà donc, regroupés  dans ce nouvel album solo, Je rêve donc je suis.

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(Photo  : Yann Orhan)

roberdam,je rêve donc je suis,interview,mandor,athomeInterview :

Tu es parti à 23 ans de Paris pour faire une école de musique à Nancy, mais avant cela, tu jouais déjà de la musique ?

J’avais monté des petits groupes dans la région parisienne. A partir de la terminale, je passais plus de temps à écrire des textes qu’à bosser mes cours. Très vite, j’ai eu des idées précises en tête.

Revenons à Nancy.

Je ne comptais pas y faire de vieux os, sauf que j’ai rencontré quelques musiciens et on a monté un premier groupe qui s’appelait Ravid’Vour’Voir. Très vite, on est parti sur les routes de France. C’était le début d’un métier. Comme on tournait énormément, nous sommes vite devenus intermittents du spectacle. Mine de rien, c’était il y a 17 ans et à ce moment-là, dans toutes les villes de France, il y avait au moins trois ou quatre bars où des jeunes groupes pouvaient jouer. Nous nous sommes retrouvés dans des cafés concerts au fin fond de l’Ardèche et c’était toujours blindé. On ne comprenait pas d’où venaient les gens. Ce qui était génial, c’est que l’on a joué dans des campings où il y avait cinq pelés comme dans un festival au Maroc où on a joué devant 12 000 personnes, dont la famille royale. Nous faisions souvent le grand écart, mais c’était hyper formateur. Pendant cette période, j’ai vraiment appris mon boulot de chanteur.

C’était un groupe comme Les hurlements de Léo, c’est ça ?

Voilà. C’était festif dans la réalisation musicale, dans l’énergie dégagée sur scène,  mais pas du tout dans les textes. C’était plutôt dans le genre « réaliste ».

Le nouveau clip de Roberdam, "Un été sous la pluie", extrait de l'album Je rêve donc je suis.

Tu es passé aussi par le groupe Les Garçons Trottoirs.roberdam,je rêve donc je suis,interview,mandor,athome

C’est un groupe qu’on avait monté avec Bruno, le bassiste de Ravid’Vour’Voir. On en avait marre de  notre  groupe dans le sens où c’était devenu un projet assez lourd avec des amplis, guitares, machins et tout… Nous étions fatigués de tourner énormément. On a contacté un pote à nous, Paul, qui était jeune et talentueux à la guitare et au chant et on a décidé de monter un groupe, le plus simple et acoustique possible. C’est parti comme ça. A cela, s’est greffé le frère de Bruno, le premier accordéoniste, Marco… de fil en aiguille, nous nous sommes retrouvés à 6. Les deux premières années, on a joué dans la rue et dans les festivals en plein air. Il y avait une énergie humaine incroyable. Ca a bien fonctionné. On a fait un premier disque super roots, mais super authentique, à la La Rue Ketanou.

Au bout de 4 ans, tu es parti. Pourquoi ?

Le système de groupe me lassait. Je ne m’y retrouvais plus et j’ai eu besoin de faire quelque chose tout seul.

Tu as co-écrit un polar musical, Je voudrais être une star,  avec lequel tu as fait des scènes.

C’était mon premier projet solo, mais accompagné de musiciens, sous le nom Roberdam. Ça m’a fait du bien de ne pas partager avec les autres. Ne plus se justifier sur chaque décision que je prenais devenait primordial. J’avais une soif incommensurable de liberté. J’ai rencontré un réalisateur de clip, Frédéric Arnould, et j’ai flashé immédiatement sur lui. Un jour, il vient me voir dans  mon camping-car pour me dire qu’il a écouté mes maquettes et qu’il est bien embêté parce qu’il voulait faire un clip d’une chanson précise, mais que finalement, il souhaite faire des clips pour chacune. De fil en aiguille nous avons décidé de toutes les cliper. Du coup, il a fallu inventer un lien entre elles. Ca a donné naissance à un vrai scénario et un polar musical de 53 mn. Nous sommes partis 3 semaines en tournage dans la campagne nancéenne avec 35 comédiens. Il y avait aussi le cirque Gones avec nous.

Le premier clip de l'album Je rêve donc je suis, "Vers l'avant".

roberdam,je rêve donc je suis,interview,mandor,athomeTu réalisais un de tes rêves de gamin ?

J’ai toujours rêvé d’être comédien. Frédéric Arnould m’a offert ce rêve. Un album est né de cette aventure. Pour les maisons de disques, le projet était trop compliqué, un disque et un film, ça faisait peur, donc, je n’ai pu le développer nulle part. On a pu montrer le film dans certains cinémas de l’est et j’ai pu ensuite faire une tournée de projections-concerts.

Mais ce n’était pas fatiguant ?

Si, énormément. C’était de l’autoproduction pure et dure. Il fallait que je fasse tout et, en plus, je ne gagnais pas bien ma vie. A un moment, j’en ai eu marre, alors j’ai voulu revenir à des choses plus simples. J’ai pris la décision de tourner seul en guitare-chant. Je me suis aussi promis que je ne sortirais pas de disque sans une prod derrière. Les groupes et l’autoproduction… ras le bol !

"Est-ce que tu m'aimes quand même?" (audio)

Tu as écris les premières chansons de cet album sur ton voilier.roberdam,je rêve donc je suis,interview,mandor,athome

J’étais heureux comme un pape lors de la conception de ce disque. Un soir, je faisais la fête avec des potes sur mon bateau. Un autre vient s’installer sur la place libre d’à côté. Un de mes potes reconnait un copain à lui, Quentin. Il nous apprend qu’il vient s’installer là, du coup, il est venu faire la fête avec nous. La rencontre avec Quentin Bécognée s’est faite ainsi. C’est aujourd’hui la plus belle rencontre musicale de ma vie.

Il avait son studio dans son bateau ?

Oui, c’est dingue !  On est resté trois jours dans ce studio pour enregistrer une vingtaine de titres en guitare-chant. De fil en aiguille, on a fait un premier EP 4 titres. On en était hyper content.

Tu travailles comment ?

Les textes viennent d’abord. Les mots donnent l’ossature  de la musique, le rythme, le relief, une ligne de chant. Le travail d’arrangements est plus difficile pour moi. J’ai eu  besoin de partager et d’échanger avec Quentin sur les musiques et leurs couleurs.

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(Photo  : Yann Orhan)

roberdam,je rêve donc je suis,interview,mandor,athomeTu crois au destin ?

La vie est comme ça. Moi, j’ai appris à regarder.

Les signes ?

Oui.

Ta musique, c’est quoi ?

C’est de la pop à la française. Le fait de jouer de la musique plutôt enjouée sur des textes pas très légers, c’est le reflet de ce que je suis. J’ai appris à tout prendre bien. J’ai été élevé ainsi. Quand j’ai un coup de mou, très très vite, je rebondis. J’ai eu un père qui a été malade assez tôt dans ma vie, il en est décédé. Je me suis construit avec ça, mais du coup, je relativise tout. Je peux tout voir avec des lunettes roses. Ça ne veut pas dire que je ne vois pas les choses mauvaises qui existent.

Dans ton disque, tu parles de séparation, du bouleversement du schéma familial qui est compliqué à mettre en place…

Parce que j’ai bien connu tout ça. Mais je retire les avantages de ce genre de situations. J’ai décidé de vivre, alors j’avance et je mène ma vie en essayant d’être le plus libre possible. On n’est pas sur terre pour se prendre la tête. C’est aussi ce que je raconte dans mes chansons.

"Tes dessous" (audio)

Quand je t’ai vu sur scène, la première chose que j’ai remarqué c’est que tu dégages du positif et une aura de sympathie.

La scène, c’est le reflet de la vie et des relations humaines puissance 20. Si tu arrives avec le « smile » sur scène, évidemment, les gens vont avoir le sourire et il y a une forte probabilité que l’on passe un bon moment ensemble, qu’ils adhèrent ou pas à ma musique. Cela dit, je fais tout pour qu’ils adhèrent aussi à ma musique.

Comment fait-on pour voir la vie du  bon côté ?

Personnellement, j’ai vu pas mal de psychiatres et psychologues (rires). Depuis 6 ans, je me suis retourné vers les thérapies brèves.

C’est à dire la sophrologie, l’hypnose ?

Voilà, tout ça. La programmation neurolinguistique m’intéresse aussi beaucoup. La pensée positive, c’est absolument génial. On dégage tous quelque chose, donc on interagit directement sur l’autre.

A travers ton métier, c’est une mission de donner du bonheur aux gens ?

Complètement. En ce moment, ça va même encore plus loin dans ma vie. Je commence en septembre une formation de sophrologue. En parallèle de la musique, j’aimerais être sophrologue ou hypnothérapeuthe. En musique, s’il y a bien un message que j’ai envie de faire passer, c’est : « soyons heureux et respectueux tous ensemble quoi qu’il arrive ». J’ai une vie jonchée de pas mal de galères, que j’ai moi-même créé parfois. Je ne me facilite pas toujours la vie, mais ça ne m’empêche pas d’être heureux coûte que coûte.

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Pendant l'interview...

Tu espères quoi en musique ?

J’aimerais que quelques chansons passent en radio et que la réussite de mon disque soit suffisamment importante pour ne pas avoir besoin de faire 100 concerts par an.

C’est-à-dire ?

J’aime le fait d’avoir du temps pour moi, pour mes enfants, pour vivre, pour développer une deuxième activité professionnelle, celle dont je viens de te parler. Quand ça fonctionne moyennement en musique, tu es obligé d’aller sur la route pour avoir plus d’heures qu’il n’en faut pour réussir à dégager un petite 1450 euros par mois, tout compris. Du coup, c’est fatiguant. J’aimerais que cela fonctionne assez pour faire des concerts qui remplissent et pouvoir faire la fine gueule. Pouvoir choisir les dates. Je veux avoir le confort de vie pour tourner moins que d’habitude.

Tu es optimiste ?

Oui. Je crois que c’est un bel album, que je fais de la musique « grand public » et que je suis bien accompagné. J’ai un bon tourneur et de supers manageurs… Je ne suis pas dans une niche, mes chansons peuvent plaire à tout le monde. Après, je ne suis plus maître de grand-chose. Aujourd’hui, j’avance marche après marche.

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Après l'interview, le 9 juin 2017.

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