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09 juillet 2017

Pause Guitare (3) : Interview de Wallace pour leur premier album

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(Photo : Pierre Wetzel)

Logo-Decouverte-Chanson.jpg.pngA Pause Guitare, il y a une scène « découvertes ». Sans cesse à la recherche de la « perle rare », Arpèges & Trémolos milite et agit de façon concrète depuis de nombreuses années en faveur de la découverte dans le domaine de la chanson. Membre actif de plusieurs réseaux professionnels à échelles différentes, et de portées différentes, l’association effectue aussi un travail auprès des professionnels de la musique. Le tremplin « Découverte Chanson » est organisé à chaque édition du festival, principalement par Dominique Janin. Le jury se compose de professionnels du spectacle et du grand public, sensibilisé aux enjeux de la scène française actuelle. Deux raisons à cette exposition médiatique pour eux : la présence de professionnels du spectacle sur le tremplin « Jeunes Talents », et l’adhésion du public au spectacle proposé.

En ce samedi 8 juillet 2017, sur la scène de l’Athanor, j’ai été ravi de retrouver quelques artistes que je connaissais, Clio et Makja et d’autres que je découvrais comme Les Idiots, Dalton Télégramme et Wallace.

C’est ce groupe composé de R1 Wallace au chant et à la guitare (Les Hurlements d'Léo), de Bertille Fraisse (Kebous, Daguerre, The Neighborhood) (déjà mandorisée ici) au violon et au chant, de Nicolas Grosso (Zazous Zélés) aux guitares et de Lois Eichelbrenner (The Neighborhood) à la basse que j’ai choisi de mettre en avant. A l’issue de leur prestation, R1 Wallace et Bertille Fraisse sont venus à ma rencontre.

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(Photo : Eric Morere)

Wallace-Visu.jpgArgumentaire officiel (mais écourtée) par Esteban di Marco :

Si pour certains la vie est, ou n’est pas un petit grand fleuve tranquille, la vie de R1 Wallace (Erwan Naour pour l'état civil) est un long canal plein d’écluses…

Après s’être brûlé sur les planches de très nombreuses scènes, le cofondateur du groupe Les Hurlements d’Léo nous revient toujours avec le poing fermé, mais cette fois-ci sur un médiator. Après X années de concerts en France, en Europe et dans un monde presque entier, il est de retour avec un nouveau projet baptisé Wallace.
Sa rencontre avec Bertille Fraisse lors d'une collaboration musicale en 2013 sera déterminante
dans l'élaboration de ce projet. Celle-ci l'encourage dans sa volonté de monter un répertoire plus personnel ou ses mots et sa voix trouveront en écho une ambiance filiale de musique de chambre. Pour cela, elle lui présente son frangin de conservatoire Nicolas Grosso, brillant guitariste nourri à Brian Setzer et tenant Django Reinhardt pour Maître. R1 leur amène, à eux instrumentistes hors pairs, sa poésie brute de coffre. Et le mariage est réussi. Un grain de voix qui ferait passer le papier de verre et la toile émeri pour du velours ou de la soie, tout en laissant une place à chacun, chacune de ces textures.
« Je supplie la lame qu’elle soit bien tranchante cette fois... »
Ce premier album de Wallace, commence comme finit l’Etranger de CamusCamus l’homme de la révolte et de l’absurde. Un album de chanson française puisqu’on y parle la langue de Rabelais, « Mon cul » ou celle de Prévert « C’était toi » et bien d’autres. De Villon à Brassens... De la chanson française avec une couleur sonore inimitable, quelques grammes de rage, de tendresse, du violon, des guitares manouches ou énervées, des synthétiseurs, Wallace a de la gueule et du chien. Vous prendrez du coup, ce premier opus en plein museau… Wallace ne rêve que d’une seule chose, vous embarquer avec eux.

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13669676_1818971645004849_4084188757367450110_n.jpgInterview : 

Jouer dans ces conditions, juste 30 minutes, c’est agréable ?

R1 Wallace : On a fait le mieux que l’on pouvait par rapport à ce que l’on sait faire. J’ai l’impression qu’on a rempli notre mission. On a pris beaucoup de plaisir en tout cas et j’espère qu’on a réussi à en donner un peu.

Bertille Fraisse : Et le public était hyper réceptif. Nous l’avons ressenti.

Erwan, ta carrière avec Les Hurlements de Léo a débuté en 1996. Ce n’est pas bizarre de se présenter devant un jury de pros après plus de 20 ans de concerts et de succès ?

R1 : Il est normal que les gens ne trouvent pas acquis tout ce que je fais parce que je viens d’un groupe qui a eu une vie et qui a beaucoup tourné. Se remettre de temps en temps en question fait partie du jeu. Wallace est différent de mon travail avec Les Hurlement de Léo, il faut donc que je reparte au charbon pour convaincre ceux qui m’écoutent. Je trouve cela naturel.

Bertille : On a tous quelques heures de vol dans le métier, mais ce que l’on joue est tout neuf. C’est comme si nous repartions à zéro, en tout cas en terme de notoriété.

R1 : Wallace a pris une direction qu’aucun de nous quatre n’avaient emprunté. On a refait des bistrots, des petites salles, comme quand on a débuté. Repartir à la base, c’était important pour moi.

"Le sang des baleines".

Les Hurlements de Léo, tu en avais marre ?18199322_1978417375726941_6392629008244511599_n.jpg

R1 : J’ai du mal à en parler de manière simple, alors que la situation l’est. J’avais juste envie d’autre chose. J’aime mes copains des Hurlements, mais il fallait que j’aille voir ailleurs. Et cela faisait longtemps que j’en avais envie. Il a fallu que je rencontre Bertille sur une collaboration musicale pour qu’elle me donne l’idée de tenter une nouvelle aventure. Elle a été la petite étincelle qui m’a permis de switcher.

L’âge aidant, on a envie de varier les plaisirs, non ?

R1 : Mais, tu ne crois pas si bien dire. Cette  nouvelle aventure correspond à une espèce de crise de la quarantaine, qu’elle soit professionnelle ou dans ma vie perso. J’avais besoin de tout repeindre en bleu.

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Wallace à Pause Guitare le 8 juillet 2017 lors de la scène "découverte".

(Photo : Marylène Eytier - Aubondeclic)

Bertille, tu te sens bien dans ce groupe ?

Bertille : Oui, très bien. Avec Erwan, on commence à bien se connaître, Nico, le guitariste, est un ami de longue date, nous sommes tous les deux originaires de Sète.

R1 : Pour que je fasse sa connaissance, Bertille a organisé un petit apéro. Au bout de 10 minutes, nous nous sommes donnés rendez-vous pour jouer ensemble.

Bertille : Wallace, c’est très « famille ».

R1 : Les Hurlements, c’était génial, mais on était une bande de fous, une équipe de foot survoltée, une meute incontrôlable. On a commencé, nous avions 22 ans. Nous n’avons pas toujours eu une bonne réputation, mais c’était justifié. Nous nous sommes comportés, et moi le premier, un peu comme des enfants gâtés. Ça a très bien marché, nous jouions partout, il y avait du monde à tous nos concerts. Il arrivait que l’on en fasse 120 en une année. Bref, ça a fait chaud dans la tête, du coup je me suis permis des choses dont je ne suis pas fier. Je peux dire qu’il m’est arrivé de me perdre. Aujourd’hui, je n’envisage plus la musique comme une équipe de foot, mais comme une famille. En famille, on s’engueule, mais c’est quand même la famille.

"C'était toi"

La sagesse est en toi, Erwan?

R1 : Non. J’y travaille.

Il faut garder un grain de folie ?

Oui. Il faut rester fou. La sagesse est un long chemin, pas un état.  

Une présence féminine, ça apaise un groupe ?

R1 : Pour moi, ça ne change rien, je crois.

Bertille : Peut-être que cela apaise la musique. Les femmes et les hommes n’envisagent pas tout à fait l’émotion de la même façon, du coup, forcément dans le jeu et la créativité, c’est un peu différent.

R1 : En terme de sensibilité, Nico, à la guitare, à lui aussi une sensibilité féminine. Il est capable également de jouer comme un bourrin, c’est ça qui est génial chez lui. Il est magnifique dans les deux cas. Pour en revenir à Bertille, elle aussi sait être rockeuse et être carrément mâle. Je n’ai pas eu l’occasion de le dire, mais je considère que je suis extrêmement chanceux d’avoir ces personnes à mes côtés. On parle le même langage, eux avec leur instrument et moi avec mes mots. Nous allons tous dans la même direction et c’est un immense plaisir.

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Pendant l'interview...

(Photo : Jérémie Boulon)

J’ai l’impression qu’avec Wallace, tu ne chantes pas de la même façon qu’avec les Hurlements de Léo.

R1 : Clairement pas. C’est parce que je bois moins (rires). Non, quand tu joues à huit avec une section cuivre et un batteur de rock, il faut un peu brailler. Aujourd’hui, j’assume mieux de chanter calmement. Je n’avais pas compris que l’on pouvait faire passer des messages très forts en chantant plus doucement. Pour le deuxième album j’ai bien l’intention de proposer vocalement autre chose encore.

Déjà un deuxième album ?

Bertille : C’est marrant parce qu’avant de commencer l’enregistrement du premier album, Erwan nous a prévenu qu’on allait n’en faire qu’un. Il n’était pas question de faire une carrière « Wallace ». Comme l’aventure est géniale, que les concerts s’enchainement et que cela se passe bien, naturellement, on se projette sur un deuxième album… à l’automne 2018.

Avec ton comparse de toujours, Laurent Kebous (mandorisés là), tout va bien ?

R1 : Oui. Si j’ai un frangin dans le métier, c’est bien lui. Nous nous sommes rencontrés à l’âge de 10 ans, on a monté Les Hurlements ensemble, on a tout connu. C’est vraiment lui qui a tenu la baraque pendant toutes ces années, j’ai beaucoup d’estime et d’affection pour lui. On avait juste besoin de prendre un peu d’air, mais tout va bien entre nous.

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Avec Bertille Fraisse et R1 Wallace à l'issue de l'interview, le 8 juillet 2017 à Albi.

(Photo : Jérémie Boulon)

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