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11 juin 2017

Igit : interview pour l'album Jouons

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Rappeler qu’Igit a été repéré grâce à l'émission The Voice saison 3 en 2014, n’est pas lui faire injure. Venant de la scène française, non pas « underground », mais peu médiatisée, cette mise en avant télévisuelle (et musicale) lui a certainement fait gagner du temps en ce qui concerne la visibilité. Nous avons été nombreux à apprécier Igit dès sa première apparition. Un timbre rauque, une identité vocale immédiate et une sympathie naturelle. Après un premier EP, Les Voiles, arrive l’album, Jouons. Il pousse encore plus loin son songwriting et l'immisce naturellement dans de nouvelles sonorités où folk, blues et electro offrent un écrin inédit à sa voix si particulière. Il chante les enfers de ses amours mortes ou en sursis avec une énergie contagieuse. On pense un peu à Stromae (oui, oui), Brel (houlà ! Comme j’y vais !), Bashung Igit, jouons, interview, grain de sel, mandormême… des influences assumées mais jamais copiées.

Le 13 juin 2017, Igit sera en concert à Paris, à La Nouvelle Seine.

J’ai rencontré ce génial auteur compositeur interprète le 13 mai dernier, dans l'espace réservé aux artistes lors du Festival Grain de Sel de Castelsarrasin.

Argumentaire officiel :

La voix est chaude, elle prend par la main. La mélodie est indélébile, sans attendre, elle ne quitte plus le cour de celui qui l'écoute. Pop, folk, électro, peu importe, Igit trace sa route loin des clichés, en toute liberté. Jouons, c'est le regard d'un songwriter élégant et aérien qui a tout écrit et qui préfère, à la peur qui dévore tout ces derniers temps, la poésie qui élève, celle qui refuse d'abdiquer. 13 titres dont un duo exceptionnel avec Catherine Deneuve.

Interview : Igit, jouons, interview, grain de sel, mandor

Nous sommes dans un festival. C’est différent d’un concert « normal » ?

D’habitude, je tourne en groupe et là, ce soir, pour la première fois, je joue seul sur scène. J’aurai pas mal de trucs avec moi, un lecteur vinyle, un toy piano, des diapositives… J’appréhende. Pour moi, c’est un peu quitte ou double parce que je raconte une histoire de A à Z et dans les festivals, les gens se déplacent, c’est donc un peu une mise en danger.

Tu t’es fait connaître par l’émission The Voice. Une notoriété si soudaine est-elle un handicap ou un avantage ?

Il y a quelques mois, je t’aurais dit que ce n’est que du positif parce que ça m’a permis de trouver très vite un entourage professionnel. J’ai désormais un tourneur, j’ai signé en édition, par ricochet, j’ai trouvé un manager, une maison de disque… je vis de ce métier aujourd’hui grâce à cette émission que je ne connaissais pas avant d’avoir été contacté par la production. J’ai habité à l’étranger lors des deux premières saisons de The Voice, je n’avais donc pas compris la folie que cela représentait. C’est plus difficile depuis que j’ai sorti un disque qui n’est pas dans les codes « grand public ». Il y a des chansons dites « populaires », mais aussi des chansons plus « indés ». Je sens qu’il y a un gros a priori envers moi dans les médias. Je revendique le côté auteur et j’ai l’impression qu’on ne me prend pas tout à fait au sérieux. De plus, The Voice représente TF1, du coup, les autres chaines sont, pour le moins, distantes avec moi. Ça m’ennuie, surtout pour les gens avec qui je travaille.

Le clip de "Joie".

Une notoriété soudaine, c’est déstabilisant ?

Ça devient déstabilisant quand tu surestimes ta notoriété. Moi, je n’ai pas changé et je n’ai rien changé à mes habitudes. Je continue à sortir beaucoup, à prendre le métro, à être disponible.

On te reconnait dans la rue ?

Souvent, on ne me calcule pas. Quand je chante, j’ai un look particulier et je porte un chapeau. Bien sûr qu’il y a des gens qui me reconnaissent, mais je ne suis pas une rock star. Pendant The Voice, quand je me promenais, les gens me situaient à peu près, mais ne savaient pas vraiment qui j’étais. Je me suis rendu compte souvent qu’ils ne connaissaient pas mon nom, qu’ils pensaient que je sortais de La Nouvelle Star… ça relativise les choses.

Clip de "Encre Marine".

S’imposer dans ce milieu s’apparente à un combat, non ?

C’est un combat avec soi-même parce que l’on essaie de faire les choses le mieux possible. Ce serait une erreur d’envisager ce métier comme un combat. J’estime que la réussite réside dans le fait d’arriver à combiner ses envies et d’être bien avec soi-même. Il n’y a aucune violence dans ce métier… c’est juste de la musique. Par contre, ce que je peux t’avouer, c’est que parfois, c’est décourageant et qu’il faut s’accrocher comme un dingue pour ne pas baisser les bras.

Le public, il faut aller le chercher, non ?

Oui, mais pas au forceps. Les gens t’écoutent quand tu ne chantes pas fort. Si tu essaies de crier plus fort que tout le monde, ça ne marche pas, tu rentres dans un espèce de conflit et les gens ne vont pas te suivre.

Duo avec Catherine Deneuve, "Noir er blanc".

Tu as le trac avant de monter sur scène ?

Oui, tout le temps, c’est terrible ! C’est parfois même extrêmement désagréable. Je suis d’une nature à douter. Il suffit que je saisisse un regard un peu ennuyé, ça me déstabilise complètement. J’essaie de me concentrer sur les gens qui ont l’air intéressé par le propos. On peut être sur  scène et être quelqu’un de timide, ce n’est pas incompatible. C‘est le paradoxe des artistes. Nous ressentons le besoin impérieux de nous dévoiler dans des chansons et de nous montrer devant des tas de gens qu’on ne connait pas, alors que la plupart d’entre nous sommes pudiques et timides.

A part le fait que tu ne chantes plus en anglais, ton album est la continuité musicale de tes EP précédents.

Ça me fait plaisir que tu dises ça parce que plein de gens m’ont dit le contraire. Il  y a une volonté de délivrer des messages aux gens qui m’écoutent, d’écrire des chansons plus profondes qu’elles en ont l’air. J’aime bien l’idée qu’on ne se méfie pas de mes textes.

Clip de "Des conséquences".

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Après l'interview, le 13 mai 2017.

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