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02 mars 2017

Mountain Men (avec Denis Barthe et Olivier Mathios): interview pour Black Market Flowers.

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mountain men,mrmat,barefoot iano,denis barthe,noir désir,the hyènes,olivier mathios,interview,blacck market flowers,mandorDix-huit mois après l’intense Against The Wind qui marquait déjà une ouverture vers un versant plus électrique du duo, le chanteur-guitariste Mr Mat et l’harmoniciste australien Barefoot Iano, le duo impeccable de Mountain Men, reviennent (ma première mandorisation du duo est à lire ici). Mais magie des rencontres et des envies, ils se sont  associés à un autre duo, le bassiste, Olivier Mathios de The Hyènes et le batteur, Denis Barthe (ex-Noir Désir), lui aussi membre de The Hyènes. Un quartet qui s’est entouré d’autres pointures bordelaises comme Estelle Humeau (Eiffel), Hervé Toukour (The Very Big Small Orchestra) et Jean-Paul Roy (Noir Désir). Du beau monde pour un album marie émotion et riff parfois brutal. L’album Black Market Flowers compte treize morceaux dont deux en français. Une puissance décuplée, un blues profond. Impressionnant !

Le teaser de Black Market Flowers.

Le 18 janvier dernier, à la veille de leur concert mémorable au Café de la Danse, j’ai reçu à l’agence Mr Mat (Matthieu Guillou), Barefoot Iano (Ian Giddey), Olivier Mathios et Denis Barthe. Nous avons parlé de leur rencontre, de leur disque commun, des concerts et de l’industrie musicale actuelle. Aucune langue de bois à l’horizon…

Argumentaire de presse de l’album Black Market Flowers :mountain men,mrmat,barefoot iano,denis barthe,noir désir,the hyènes,olivier mathios,interview,blacck market flowers,mandor

Depuis leur 1er album Spring Time Coming, sorti en 2009, Mountain Men poursuit sa route, pavée de rock, de folk et de blues. Aucune limite artistique ne s’impose à eux, seules l’émotion et l’énergie priment. Leurs influences qui vont du rock à la chanson, de Metallica à Brassens en passant par Bob Dylan ou Tom Waits, font de Mountain Men un groupe à part et singulier alliant émotion et sens aigu du spectacle. Black Market Flowers ouvre une nouvelle page pour le groupe, paradoxalement encore plus personnelle. Il y est question de tempêtes intérieures, d'amis disparus, de colère et d'amour, de rock et d’énergie, toutes ces émotions qui font de Black Market Flowers un pur condensé de vie et à l'image de leur musique : Brute, simple, belle et universelle.

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(Photo: Vincent Assié)

mountain men,mrmat,barefoot iano,denis barthe,noir désir,the hyènes,olivier mathios,interview,blacck market flowers,mandorInterview :

Mr Mat et Barefoot Iano, comment s’est passée cette fusion  avec Denis et Olivier ?

Mr Mat : Nous cherchions un réalisateur qui pouvait réaliser notre disque sous une autre forme. On a donc fait une liste d’artistes avec lesquels nous aurions aimé bosser… dont Denis Barthe.

Denis Barthe : Nous avons été contactés par Mike, le producteur de Mountain Men. C’est un pote à moi, mais je n’avais jamais entendu parler de ce groupe. Je lui ai dit que je n’avais pas le temps, mais qu’il m’envoie quand même du son. Les titres reçus m’ont parlé immédiatement. Piqué par la curiosité, je suis allé voir sur Internet  et là, j’ai découvert deux mecs qui donnaient beaucoup sur scène, et donc qui recevaient beaucoup du public. Encore une fois, j’ai expliqué que je n’avais pas le  temps, mais que deux mecs punks qui faisaient du blues, ça m’intéressait beaucoup. Cela faisait longtemps que je n’avais pas vu ça. J’ai donc demandé à les rencontrer. MrMat est venu à la maison. Au bout d’un quart d’heure de conversation, j’avais l’impression de le connaître depuis des années. Nous étions sur la même longueur d’onde, aussi bien dans la vie que musicalement.

Et vous, Mr Mat et Barefoot Iano, pourquoi le choix de Denis Barthe ?

Mr Mat : Parce que l’on connaissait son travail pour d’autres groupes, comme les Têtes Raides et Les Suprêmes Dindes, par exemple… et aussi parce que, quand même, Noir Désir…

Denis Barthe : Je travaille aussi pour des petits groupes. Je fonctionne au coup de cœur. Que les gens soient connus ou pas, qu’il y ait une boite de pro ou pas, je m’en fous. Il faut que ça me plaise. C’est mon seul critère.

Et toi, Olivier Mathios, tu es arrivé comment ?

Olivier Mathios : Comme une fleur (rires). Je joue avec Denis dans The Hyènes depuis 10 ans. Il m’a fait part de sa nouvelle passion pour Mountain Men. J’écoute et comme il m’avait dit, je découvre que, vraiment, « ça déboite ». Denis me demande si je veux bien faire deux, trois basses. J’accepte avec plaisir. Dès que nous nous sommes serrés la main avec MrMat et Barefoot Iano, on a compris qu’il se passait un truc. Quand nous avons commencé à jouer ensemble, il y a eu une osmose totale, une parfaite alchimie. Au fur et à mesure que l’album avançait, je prenais conscience que ce que nous faisions était énorme.

Mr Mat : J’ai pris un plaisir incroyable à faire cet album. Rester tous les quatre en studio, à presque faire exprès de prendre notre temps parce qu’on était bien, c’est un souvenir inoubliable pour moi. Ca faisait longtemps que je n’avais pas pris autant de plaisir à faire de la musique. Avant cet album, les sessions de studio étaient des moments douloureux pour moi. Là, on a travaillé énormément, on a fait de grosses journées, mais dans une superbe ambiance et dans un plaisir fou.

Clip de "Dog Eye" tiré de l'album Black Market Flowers.

Vous jouiez en live dans le studio ?

Denis Barthe : Oui. La prod, je l’assimile à de la cuisine. Je n’ai pas de recette. Le groupe m’amène des aliments. C’est posé sur la table et il y a des choses à faire avec. On n’est jamais sûr de rien. On ne sait pas si ça va être bon. Quand on trouve la recette miracle, quelle satisfaction ! Et pour cet album, on a souvent trouvé la recette miracle.

Olivier Mathios : On a joué de manière assez instinctive. C’est ça qui donne la fraîcheur de l’enregistrement.

Mr Mat : Avec Barefoot Iano, on a toujours joué de manière instinctive. L’album est très basé sur l’instinct et l’instant T.

Barefoot Iano : La seule attente que nous avions, c’est que Denis et Olivier apportent quelque chose à table. Puisqu’on parle cuisine, nous ne voulions pas « manger » la même chose que d’habitude. On ne savait pas où on allait, mais on était prêt à aller n’importe où pourvu que ça sonne et que ça nous amène ailleurs.

Barefoot Iano, comment tu as vécu l’arrivé de Denis et Olivier dans l’aventure Mountain Men ?

Barefoot Iano : J’étais très confiant. Comme d’habitude, je n’avais pas préparé mes parties d’harmonica. Mes préparations sont techniques. J’essaie d’être capable de faire ce que l’on me demande,  je bosse à fond et je tente d’intégrer au mieux mon instrument dans les compositions déjà enregistrées. Denis a manœuvré le bateau avec une délicatesse et une gentillesse qui m’ont beaucoup plu.

Clip de "Still in the race", tiré de l'album Black Market Flowers.

Mr Mat et Barefoot Iano, vous attendiez quoi de Denis et d’Olivier ?

Mr Mat : Travailler avec un réalisateur, c’est souhaiter ouvrir une porte et aller se balader dans des chemins auxquels nous n’aurions pas pensé. C’était aussi une manière de mettre nos ego au placard. Je suis toujours très intransigeant quand nous enregistrons un disque, ça peut être pénible pour l’autre. Là, je me suis un peu laisser conduire et ça fait un bien fou.

Denis, il  faut ressentir l’âme du groupe pour lequel tu travailles ?

Denis Barthe : Oui. Inévitablement, il faut se fondre, trouver sa place sans pour autant bousculer l’équilibre. Il faut rentrer dans la cuisine du duo, sans casser la vaisselle.

Ça s’est tellement bien passé entre vous, que l’aventure continue sur scène.

Denis Barthe : Ce n’était pas prévu du tout. A la fin des enregistrements en studio, nous nous sommes quittés, heureux du devoir accompli, mais point barre. Un jour, Mat m’appelle pour me demander si nous acceptions de jouer pour le Café de la Danse. Pour une date, c’était possible. Très rapidement, on s’est dit que nos calendriers étaient compatibles pour en faire un peu plus. Et la machine s’est mise en route, comme une évidence.

Olivier Mathios : Et pour être clair, et je vais placer l’ego là où il ne faut pas, il était hors questions qu’il y ait un autre batteur et autre bassiste que nous deux… d’autres auraient forcément souillés cette œuvre (rires).

Mr Mat : Pour nous, c’était trop évident qu’il fallait que ce soit eux qui nous accompagnent. On a fait 600 concerts à deux, notre public était donc un peu inquiet de ce qu’allait donner Mountain Men à quatre… et, visiblement, ils ont adoré. Parce qu’avec cette formule, nos chansons sont magnifiées et ont pris de l’ampleur.

Olivier Mathios : Le tout premier concert, c’était l’épreuve du feu. Nous étions dans le bar où Mr Mat et Barefoot Iano se sont rencontrés. Ça s’est super bien passé et nous avons eu la sensation d’avoir été accepté par la « famille ».

Le 19 janvier 2017, le lendemain de l'interview, Mountain Men au Café de la Danse. Un aperçu de l'énergie et l'ambiance de folie qu'ils transmettent. A voir absolument!

mountain men,mrmat,barefoot iano,denis barthe,noir désir,the hyènes,olivier mathios,interview,blacck market flowers,mandorC’est jubilatoire pour vous deux de redécouvrir vos chansons habillées différemment ?

Mr Mat : Mais carrément. Nous ne repartons pas à zéro, mais nous repartons avec quelque chose de tout neuf. En 2015, je me suis rendu compte que j’étais nostalgique du tout début. Quand il y avait tout à faire, tout à prouver… on collait nos affiches nous-mêmes la nuit. En ce moment, j’ai l’impression de revivre tout ça.

Barrefoot Iano : Sauf qu’on ne colle plus nous-même les affiches. Moi, voilà l’image que j’ai de ce qu’il se passe. Au début, avec Mat, nous sommes rentrés dans un tunnel, bien éclairé, et là, nous sommes en train de sortir de l’autre côté et on voit un grand panneau qui indique : vous êtes en train de quitter la puberté. Il y a dans nos chansons, une vraie puissance qu’il n’y avait pas avant.

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(Photo : Vincent Assié).

Denis, rétrospectivement, tu ne te demandes pas comment l’existence de ce duo t’avait échappé ?

Denis Barthe : C’est surtout parce qu’ils n’ont presque jamais joué dans le grand sud-ouest. Il n’en reste pas moins que, depuis longtemps, je n’avais pas entendu un groupe qui joue de manière si artisanale. Avec eux, on a envie de mettre les mains dans la terre. Ce que fait Mountain Men est pensé, senti et paradoxalement, pas prémédité ni élaboré. Ça m’a beaucoup plu.

Olivier Mathios : Quand j’ai découvert ce duo, je me suis demandé d’où il sortait. J’ai trouvé leur musique mortelle. Je n’avais pas regardé leur vidéo sur internet, je les ai pris en studio direct. J’ai trouvé ça monstrueux. Je me suis demandé ce qu’étaient ces mecs qui nous fracassaient la gueule… à domicile, en plus.

(Rires général)

Mr Mat et Barefoot Iano, vous commenciez à vous lasser de cette vie musicale à deux ?

Mr Mat : L’envie première de faire un album comme Black Market Flowers, c’était justement pour éviter que cela arrive. Je déteste la routine dans tout ce que je fais. Quand une routine ou un certain confort s’installe, ça se délite. En 2015, on a fait à peu près 110 dates. Ça a été aussi une année très compliquée humainement au sein du groupe. Il y a eu des histoires intérieures et extérieures dont nous nous serions bien passés. Ça a été très difficile émotionnellement par rapport à nos vies respectives. Cette année compliquée est d’ailleurs ce que raconte notre disque. Pour exorciser beaucoup de choses, je voulais du neuf bien pimenté.

Barefoot Iano : Je ne peux rien ajouter de plus.

"Passe dans cette vallée", tiré de l'album Black Market Flowers, live filmé par France 3 Auvergne-Rhones-Alpes pour l'émission Le Backstage.

mountain men,mrmat,barefoot iano,denis barthe,noir désir,the hyènes,olivier mathios,interview,blacck market flowers,mandorDepuis que je vous suis, je me demande pourquoi Mountain Men n’est pas plus populaire.

Mr Mat : J’essaie de ne plus me poser cette question, car elle m’a travaillé souvent. On a toujours eu que des retours dithyrambiques sur tous nos albums. Les gens, en sortant de nos concerts ne cessent de nous demander pourquoi on ne nous entend pas plus. J’avoue que cette situation m’a rendu aigri très longtemps. Je n’ai plus envie de me prendre la tête avec ça. Je me contente de suivre notre chemin en jouant la musique que l’on a envie de faire. On se considère comme des artisans et on essaie de faire vivre le spectacle vivant. On fait le plus possible avec nos petits moyens. Au moment, où on nous bassine depuis des mois avec les élections, il faut faire gaffe à la culture. Il n’y a aucun candidat qui n’a prononcé le mot culture. C’est symptomatique de notre époque.

Denis Barthe : Pourtant la culture rapporte en France plus que l’industrie automobile. On vit une époque où le business et les médias, sont plus fermés qu’avant. Il y a des portes qui sont dures à pousser. Ce qu’on entend venant d’une radio ou d’un programmateur, c’est : « Ça rentre pas dans ma grille de programme ». C’est stupide. Une grille des programmes est là pour être ouverte. Qu’est-ce qu’on risque à programmer un disque qui a plu ? Au mieux, qu’il plaise aussi aux auditeurs ou aux spectateurs, au pire, rien.

Mr Mat : Si on ne prend pas garde, dans dix ans, il ne restera plus que cinq gros festivals en France. Il y aura cinq artistes du moment, ceux qui vendent le plus de disques. Tout le reste sera mort.

Denis Barthe : On est dans un fonctionnement dinosauresque. Les maisons de disque, les organisateurs de festival… tout est dinosauresque. Les cachetons pour certains groupes sont indécents, on dirait qu’ils font du football. On aurait besoin d’un mouvement musical qui vienne balayer tout ça, qui ouvrent les fenêtres et qui vienne distiller du sang neuf.

Mr Mat : Denis, je ne sais pas ce que tu en penses, mais un groupe comme Noir Désir qui arriverait mountain men,mrmat,barefoot iano,denis barthe,noir désir,the hyènes,olivier mathios,interview,blacck market flowers,mandormaintenant, il ne signerait pas.

Denis Barthe : Surtout avec la maquette qu’on a présenté à l’époque. Il n’y aurait pas non plus de Têtes Raides, d’Alain Bashung, de Stéphan Eicher, de Mano Negra, de Gainsbourg, de Ferré, de Brassens, de La Tordue. Tous ces artistes, y compris Noir Désir, étaient dans des maisons qui ont perdu des ronds avec leurs premiers disques.

Olivier Mathios : Il y avait la notion de carrière, mais elle n’existe plus aujourd’hui. Maintenant, tout le monde est jetable.

Mr Mat : En cinq ans la musique est devenue un produit de consommation comme un autre. Le téléchargement, le streaming n’ont pas aidé… C’est un vaste sujet.

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(Photo : Vincent Assié).

Denis Barthe : Les maisons de disques ont menti aux gens. On te permet de télécharger du MP3, qui est quand même une qualité de merde, du coup, la maison de disques n’a pas à fabriquer de supports physiques, c’est-à-dire de pochettes, de boitiers, il n’y a pas à payer de livreurs pour faire parvenir les disques, pas de personnel pour mettre en place dans les magasins. C’est tout bénéf’ pour les maisons de disque au détriment de la qualité. Aujourd’hui, les gens qui ont les moyens d’écouter de la musique dans de bonnes conditions, ce sont des gens qui ont des moyens financiers conséquents.

Mr Mat : Nous, malgré le fait que nous ayons vendu 50 000 albums et fait 600 concerts, pour gagner notre vie, nous sommes condamnés à tourner en permanence. Sur Deezer, je schématise, mais on est pas loin de la vérité, on est rémunéré 0, 00008 centimes par clic. Mountain Men est rémunéré par une unité de mesure qui n’existe pas. Je ne sais pas si tu te rends compte, mais, en gros, il faut que le morceau soit lu 10 000 fois pour que nous touchions 8 centimes. Et dans tout ça, nous ne sommes pas sûr d’avoir notre statut d’intermittent à la fin de l’année, ni que l’on puisse continuer à faire perdurer le groupe.

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Je ne comprends pas pourquoi les festivals de l’été ne font pas appel à vous.

Mr Mat : C’est très facilement explicable. Je n’ai rien contre les Insus par exemple, ni contre Renaud ou Vianney… ça parle aux gens. Le problème n’est pas là. Mais sur tous les gros festivals, on ne verra quasiment qu’eux. Ils sont payés des cachets astronomiques. Conséquence : les organisateurs n’ont plus rien à donner au groupe comme Mountain Men.

Denis Barthe : Je ne sais pas quel autre métier pourrait supporter cela. Admettons que demain, avec des imprimantes 3D, on puisse imprimer chez soi la baguette de pain. Vous vous imaginez que les boulangers vont accepter de vendre leur baguette 0, 00008 centimes. Quand allons-nous cesser de tout tirer vers le bas ? Il faut que les choses soient acceptables pour tout le monde.

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Pendant l'interview...

Vous pensez qu’un jour, les choses se rétabliront dans le bon sens ?

Mr Mat : Socialement, si ça ne change pas, ça va devenir violent.

Denis Barthe : Il ne faut pas combattre. Dans un combat, il n’y a jamais vraiment de gagnant. On risque de tout perdre face aux puissants de ce monde, les financiers en particulier Il vaut mieux créer quelque chose à côté, que ce soit en social, en politique, en musique, en ce que l’on veut… et faire en sorte que la chose qui te fait suer devienne une coquille vide. Il faut proposer un nouveau modèle qui concurrence en mieux la proposition des puissants.

Avant, les stars de la musique c’était, par exemple Noir Désir, aujourd’hui c’est Jul ou Black M… que s’est-il passé pour qu’on en arrive là ?

Mr Mat : Sans parler de ceux que tu cites, je ne sais même pas ce qu’ils font, je me rends compte en tout cas que depuis quelques années on maintient les gens dans la médiocrité, qu’elle soit musicale, intellectuelle ou politicienne. C’est devenu une unité de mesure.

Denis Barthe : Ça a commencé quand les directeurs artistiques des maisons de disques sont devenus des « chefs de produit ». Tout est dit dans cette appellation. On a introduit la notion de rentabilité à tout prix. Les financiers se sont emparés de la création. Plus généralement, aujourd’hui, on ne peut plus rien dire, on ne peut plus rien faire. Tous les jours on t’éteint une petite liberté.

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Le 18 janvier 2017, à l'agence, à l'agence. De gauche à droite, Denis Barthe, Olivier Mathios, Barefoot Iano et Mr Mat.  

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