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21 janvier 2017

Virgule : interview pour l'EP Maelstrom

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virgule,maelstrom,interview,mandorMaelstrom  est le titre du nouvel EP de Virgule. Six morceaux soutenus par 150 personnes via un financement participatif. Ce disque est aussi mélancolique que vertigineux. On se perd dans les méandres de l’âme humaine et on est secoué par la puissance de la poésie dégagée par cette artiste si sensible.

Déjà mandorisée en 2012 pour son premier EP, Les Précieuses, qui avait déjà « le goût du tragique et de la puissance ». Virgule y dressait le portrait sombre d’une réalité cruelle.

Elle est venue une seconde fois à l’agence pour me parler de ses nouvelles chansons. Notamment. C’était le 14 novembre dernier. Et c’était bien.

Biographie officielle (un peu écourtée) :

La musique de Virgule se déploie telle une broderie où se tissent les contrastes d’une vie de souffles et devirgule,maelstrom,interview,mandor silences. 

En français et accompagnée de musiciens aériens et modernes, elle s’engage cette fois-ci sur des chemins plus apaisés mais tout aussi conscients. Il y a chez Virgule ce fragile équilibre qui surplombe le vide. Toute en délicatesse et en sincérité, elle pose sur l’universel un regard particulier, mûri par des chemins parcourus seule, à deux ou dans la foule. 

La musique apparaît alors comme une aventure partagée : pour Maelstrom, la fine équipe a travaillé deux ans. De parties de campagne pour arranger les chansons au mixage à Paris, après avoir enregistré à Liège sous la direction d'Emmanuel DelcourtMaelstrom  s’est peaufiné au fil des kilomètres, devenant un projet riche de rencontres et d’éclosions. L’art de Virgule se conçoit avec maturation et effervescence, où se rencontrent l’impulsion des instruments et la maitrise littéraire. Les mots gravitent dans des effluves aux milles époques, aux milles textures, aux milles références. On y croise des cordes teintées de lyrisme, des trompettes feutrées, une section rythmique acide ou enflammée, des mouvements perpétuels aux machines et aux guitares. Et puis au bout du chemin, la gravité des chœurs de Dimanche. Virgule construit des chansons marquées par les expériences où le maitre mot est l’indépendance. Musicale. Poétique. Humaine.

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virgule,maelstrom,interview,mandorInterview :

Que s’est-il passé après ton premier EP, Les Précieuses ?

Beaucoup de scènes, notamment à Paris, dans l’est et en région bordelaise. Deux ans après, j’ai eu envie de partir sur un autre disque. Mes nouvelles chansons ont été écrites entre 2014 et 2016. J’en avais beaucoup, mais évidemment les conditions financières et le temps font que j’ai dû faire des choix. On a donc enregistré 6 chansons.

Tu as fait ton disque grâce à un financement participatif.

A la base, c’est un moyen que je voulais éviter. Mais au final, je me suis rendu compte que je ne volais personne. On ne force pas les gens à donner. Ceux qui le font le font avec plaisir, c’est très agréable. C’est une histoire de don et de contre don. Cela créé quelque chose de beaucoup plus intime avec ceux qui donnent. Je remercie à nouveau les 150 personnes qui m’ont aidé à faire Maelstrom.

J’ai l’impression que ce disque est plus posé que le précédent.

Pour Les précieuses, je sortais de l’adolescence. J’avais des choses à régler et à dire. Maelstrom est plus rond, mais il dit beaucoup plus qui je suis. Il me ressemble plus musicalement et personnellement. J’ai bossé avec un réalisateur qui était un ami de lycée. Avec les musiciens et lui, on a beaucoup travaillé. Je tenais à ce que la musique et les textes forment un bloc. Je trouve qu’à ce niveau-là, c’est beaucoup plus équilibré sur Maelstrom que sur Les précieuses.

Le clip de "Autel du Nord".

Vous avez enregistré le disque à Liège en Belgique.

Oui dans un super studio. J’ai laissé mixer le réalisateur et l’ingénieur du son et quand je suis arrivée pour écouter les premiers mix, je n’ai pas reconnu les chansons. Ça a été très déroutant. Du coup, j’ai souhaité qu’il y ait un second mixage, auquel à participer Emmanuel Delcourt, le réalisateur. J’ai voulu garder la main sur mon disque et nous sommes arrivés à un compromis.

Un compromis ?

Oui, c’est mon projet, c’est moi qui le porte, mais je travaille avec des gens et parfois ils ne sont pas d’accord avec ce que je veux faire. Si tout le monde dit oui sauf moi, c’est qu’il y a une raison. Je ne travaille qu’avec des gens en qui j’ai confiance donc on arrive toujours à trouver une solution.

Tu écris facilement ?

En tout cas,  j’écris sans me poser aucune question. Ça vient ou ça ne vient pas. Souvent, le sens me vient après l’écriture et c’est souvent un sens précis. Au bout d’un moment, je finis par savoir exactement de quoi parlent toutes mes chansons. J’écris quand même de manière à ne pas perdre les gens. Il y a une vraie démarche de sincérité dans la musique et dans les paroles. Mais j’ai conscience d’avoir une écriture peut-être à plusieurs couches. La majorité des textes ne sont pas lisibles comme moi je les entends, mais ça, ce n’est pas grave.

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(Photo : Martin Tronquart).

Tu écris comment ?

J’écris toujours en même temps que je compose. La musique ne va pas sans le texte. Les deux viennent en même temps. En général, vient un début de chanson, couplet-refrain, par exemple, et après je décline. Il y a toujours une brèche qui s’ouvre dans laquelle je peux m’engouffrer. Si le voyage vaut le coup, j’y vais et ça fait une chanson.

Arrives-tu à t’écouter facilement ?

De plus en plus. Je suis plus libérée aujourd’hui. J’ai vraiment hâte de la suite parce que je sais que je progresse et que c’est constant.

Tu parles de toi dans tes chansons ?

Oui. Même si j’essaie de dire les choses avec pudeur, en vrai, ce sont des choses très impudiques que je dis.

Qu’est-ce qui anime ta vie ?

Les concerts, le studio, les répétitions, l’écriture, la musique, les compositions… il y a un an, j’ai quitté mon boulot pour vivre ça le plus intensément possible.

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Les avis semblent plutôt positifs, c’est bon signe.

Oui, mais avec ma situation personnelle actuelle, défendre ce disque sera un peu délicat. L’année qui arrive sera un peu différente que ce que j’avais imaginé.

Tu as accepté d’évoquer ton cancer du sein.

Quelque part, ça fait partie de la vie et il va falloir que je compose avec ça. Comme je ne sais pas du tout comment va se passer la suite pour moi, je ne peux pas me permettre de chercher des dates de concert, de me projeter dans un quelconque plan promo. C’est une sortie de disque vraiment étrange.

Quand tu as écrit tes textes, savais-tu que tu avais cette maladie ?

Non, le disque est sorti le 22 septembre et j’ai appris que j’avais un cancer le 4 octobre. J’ai dû annuler un concert et des interviews…

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Pendant l'interview...

Face à ta maladie, tu arrives tout de même à te concentrer pour créer ?

Pour l’instant, non. L’écriture d’une chanson va chercher trop loin. Je me laisse un peu de temps. J’ai plein d’autres envies. Je ne sais pas si elles aboutiront mais avoir des envies et des idées, ça me fait du bien. J’écrirais bien un livre.

Un recueil de nouvelles, un roman ?

Un livre pour raconter ce qu’il se passe pour moi en ce moment. Je vais en avoir besoin et d’ailleurs, ça commence à s’écrire dans ma tête. Je me découvre dans cette épreuve. Je ne pensais pas que j’aimais autant la vie.

Je trouve ça fou que ton album s’appelle Maelstrom, étant donné ce que tu vis.

Oui, je traverse au moins un tourbillon. C’était quasi prémonitoire.

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Après l'interview, le 14 novembre 2016.

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