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28 décembre 2016

Thierry Brun : Interview pour Les Rapaces

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Thierry Brun est un auteur de roman noir très poli et discret. On se demande d’ailleurs si c’est bien lui qui écrit les histoires qu’il raconte tant il laisse KO le lecteur. Ses héros sont sans pitié ni état d’âme. Dans son monde animal, c’est dur, puissant, sans concession. Quand on lit un livre de Brun, on a l’impression de recevoir de véritables coups de poing dans la tronche et dans le cœur. Les rapaces n’échappent pas à cette règle.

Le 6 octobre dernier, Thierry Brun est venu à l’agence pour une troisième mandorisation (voir la première ici, et la seconde là).

thierry brun,les rapaces,interview,mandorLa 4e de couverture :

Ancien bras droit du narcotrafiquant Arthus Graham, respectée de la profession, Alexandra Blaque, jeune femme qui a laissé derrière elle les trottoirs de Vitry-sur- Seine pour gravir les marches des palaces de Paris à Ibiza, purge aujourd’hui une longue peine de prison.

Appartements transformés en ateliers de production de pains de coke, caves et escaliers gangrenés par le deal, policiers désabusés, caïds hyperviolents à peine sortis de l’enfance… Même si la menace du gang la hante souvent, celle qui déclarait encore quelques années auparavant : « J’ai seize ans et la médiocrité me terrorise. Je sais menacer, mettre à exécution » a décidé de tirer un trait sur sa jeunesse de soldat pour commencer une nouvelle vie et aller vers le soleil.

Mais on ne trahit jamais impunément. Et à sa sortie de prison, Alexandra voit son passé ressurgir avec violence.

Avec l’aide d’une journaliste d’investigation farouchement déterminée à faire toute la lumière sur ce monde interlope, elle va affronter la vengeance des clans et tenter de retrouver Nicolas, celui qui lui a appris l’amour, le seul à qui elle n’a rien à cacher, le seul à être craint de tous. Ses vieux démons réveillés, Alexandra se lance dans cette quête dangereuse, entre amour, paradis perdus et vendettas fratricides, avec la détermination de celle qui n’a plus rien à perdre.

L’auteur :

Thierry Brun vit et travaille à Paris. Il est l’auteur de Surhumain (Plon, 2010), La Ligne de tir (Le Passage, 2012) et Les Rapaces (Le Passage, 2016).

thierry brun,les rapaces,interview,mandorInterview :

C’est en écoutant la chanson de Maissiat, « Le départ » que tu as eu l’envie de créer le couple Alexandra/Nicolas.

Dans ce livre, j’ai voulu écrire sur mon enfance, mon adolescence, les amis que j’ai pu côtoyer à Garges-lès-Gonesse, à Sarcelles et à Vitry, mais je voulais aussi un couple qui s’aime vraiment. Et effectivement, les paroles de cette chanson de Maissiat ont tout déclenché. Elles m’ont inspiré le sentiment d’abandon, de perte, d’envie de revivre… qui collait parfaitement à mes deux héros. J’ai tout de suite eu le scénario de ce couple séparé par les événements et qui endure la chienlit pour se reformer, contre vents et marées. Merci Maissiat !

Qui sont les Rapaces ?

Ce sont des criminels, des trafiquants, toujours en mouvement. Ils n’ont aucune excuse, ne s’en cherche pas. Ils avancent, font du fric, tombent (prison, blessures) et se relèvent. Entre deux coups de pression, ils essaient de s’aimer le mieux qu’ils peuvent; sans trop se blesser. Choisir le monde qui te verra grandir n’est pas donné à tout le monde. Ils auraient pu prendre une autre voie et ne se cachent pas derrière leur petit doigt. Ce ne sont pas des anges sous des airs menaçants. Ils dealent, menacent, et aucune de leurs actions ne vient les racheter.

Ce livre est très documenté !

Il y a eu beaucoup d’interviews, de recherches, de souvenirs personnels qu’il a fallu faire remonter à la surface… J’ai bien connu beaucoup de personnes et d’évènements dont je parle dans mon roman, mais j’ai repris aussi des histoires que l’on m’a racontées.

Gamin, tu aurais pu basculer du mauvais côté ?thierry brun,les rapaces,interview,mandor

Je n’ai pas fait ce que font les jeunes dans mon livre, mais j’ai eu des problèmes. C’était plus à cause de mon comportement avec les autorités. Je n’étais pas le garçon policé que je suis maintenant. J’étais un peu rebelle, un peu dingue, mais j’ai rencontré les bonnes personnes, dont un prof de musique et un flic. Le prof de musique m’avait dit un jour : « On se démet ou on se soumet, mais se soumettre, c’est un apprentissage. »

Dans tous tes livres, il y a cette part d’enfance que tu as vécue. Tu n’arrives pas à t’en détacher ?

J’ai eu une enfance nomade. Mon père était itinérant. Il vivait dans une caravane et travaillait sur les chantiers dans toute la France. Je pensais que je m’en étais bien affranchi quand  je suis devenu papa. Mais quand j’ai commencé à écrire, tout est revenu. C’était un ciment qui était beaucoup plus solide que je ne le pensais.

Tes personnages sont tous très forts. Même ceux qui ont moins d’importance que les autres.

En fait, je suis amoureux de tous mes personnages. Il n’y en a aucun que je considère anodin. Je tiens beaucoup à eux. Mais je ne voulais pas qu’ils soient sympathiques. Alexandra est une enfoirée, elle fait les choix les moins sympathiques et ses actions sont souvent cruelles. Mais, sans l’excuser, elle a des raisons d’être comme elle est.

thierry brun,les rapaces,interview,mandorDans le chaos le plus total, tu as écrit une histoire d’amour… et, du coup, on s’attache presque à Alexandra et Nicolas.

J’ai voulu montrer que même les plus pourris étaient capables d’amour. S’il ne reste plus qu’une chose, c’est l’amour.

Tes romans deviennent  de plus en plus noirs, je trouve.

Oui, et il y a de moins en moins d’espoir dans ce que j’écris. Ça doit venir de mon état d’esprit (rires).

Les Rapaces sort en poche. C’est une seconde vie pour ton livre.

Oui, c’est une bonne nouvelle. Quand un livre est acheté pour sortir en poche, on est rassuré sur sa qualité.

Dans tes livres, tu aimes bien jouer avec la psychologie de tes personnages.

C’est ce qui m’intéresse le plus. Rentrer dans la tête de mes héros et développer leur pensée et leurs actions.

Tu écris déjà ton prochain livre ?

Oui. Ce sera la suite des Rapaces, mais on pourra le lire indépendamment. Il y aura moins de personnages et je développerai la relation Alexandra et son père. Je considère que le passé nous rattrape tout le temps et je ne peux m’empêcher d’en faire un sujet récurrent dans mes romans.

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Après l'interview, le 6 octobre 2016.

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