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11 décembre 2016

Doc Seven : interview pour Le tour du monde des infos insolites

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Né en Guyane, William Van de Walle, 24 ans, est désormais connu sous le nom de Doc Seven. Titulaire d'un master de cinéma, curieux de nature, passionné par les voyages et fan du chiffre 7, il a lancé sa chaîne éducative sur Youtube en 2015, se proposant de présenter des listes ( 7 lieux, 7 choses ou 7 personnages sur des thèmes variés (économie, histoire, géographie,  technologie...) de façon à promouvoir la culture encyclopédique tout en restant décontracté dans le ton. Très éducatif, très bien réalisé et sérieusement documenté. Doc Seven se consacre désormais à plein temps à sa chaîne qui réunit dorénavant près d’1 210 000 abonnés.

Il vient de sortir un livre intitulé Le tour du monde des infos insolites

Comme Doc Seven travaille dans le même bureau que le mien, je ne lui ai pas donné rendez-vous pour évoquer son livre, j’ai juste sorti mon enregistreur et je l'ai obligé de me répondre. Pas le choix. Je suis comme ça. :)

C’était le 8 novembre dernier.

doc seven,william van de walle,le tour du monde des infos insolites.Argumentaire officiel :

Doc Seven aime les 7, apprendre des choses et voyager à travers le monde. Et comme il aime encore plus partager ce qu'il aime, voici une invitation au voyage et à la curiosité à travers son carnet de bord ! Découvrez des tops 7 aussi divers et variés que drôles et décalés :
Connaissez-vous les 7 lieux les plus hantés du monde ?
Sauriez-vous citer 7 objets cultes des années 1990 ?
Saviez-vous qu'il existait une école pour apprendre à embrasser aux États-Unis ?
Ou encore que le Viagra a été inventé par hasard par des chercheurs en quête d'un remède contre l'angine de poitrine ?
Histoire, sciences, technologie, géographie, arts, société...
Faites le tour du monde des infos insolites !

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doc seven,william van de walle,le tour du monde des infos insolites.Interview :

Tu es né en Guyane, à Saint-Laurent du Maroni. A ton adolescence, tu as décidé de quitter ce département. Pourquoi ?

A cette époque-là, j’avais l’idée bien ancrée en moi que je voulais devenir réalisateur de films à Hollywood. C’était mon rêve absolu.

Hollywood, carrément !

Ça ne sert à rien d’avoir un rêve s’il n’est pas à fond ! Je me suis dit qu’il fallait connaître le cinéma et apprendre l’anglais. J’ai trouvé un lycée français à Sidney en Australie (j’ai trouvé un article intéressant, voire surprenant, sur la présence de William en Australie). Je suis parti un an en famille d’accueil. J’ai appris l’anglais et ensuite, je suis allé à Paris pour suivre des études de cinéma pendant 5 ans.

Comment en es-tu arrivé à devenir YouTuber ?

En sortant de l’école, j’avais quelques contacts. J’ai réussi à travailler pendant six mois en stage pour la série Versailles sur Canal+. J’étais assistant réalisateur. Ça m’a appris plus qu’en cinq ans d’étude. C’était dur, je bossais du matin au soir très tard pour des clopinettes. C’est pendant cette période que j’ai rencontré Chris, plus connu aujourd’hui sous le nom de Poisson Fécond. C’est un YouTuber qui a lui aussi, aujourd’hui, plus d’un million d’abonnés. Quand nous nous sommes connus, il avait déjà une certaine notoriété sur YouTube. Nous avons vraiment beaucoup sympathisé. Il m’a expliqué qu’il vivait de ses vidéos. J’ai donc fait un deal avec mes parents qui me soutenaient encore financièrement. Ils m’ont permis de tenter l’aventure YouTube durant 6 mois pour constater ou non si je pouvais en vivre. En 3 mois, j’ai pu commencer à en vivre.

C’est hyper rapide, je trouve.doc seven,william van de walle,le tour du monde des infos insolites.

Oui, je n’en revenais pas. A la base, ce n’était pas pour en vivre. Pour être réalisateur tu as trois options : soit tu grimpes les échelons, mais ça peut prendre trente ans, soit tu as des pistons, ce qui n’est pas mon cas, soit tu arrives à apporter un truc en plus. Moi, je me suis dit que si j’arrivais à faire une audience d’un million de personnes en 3 ans sur YouTube, je pouvais aller voir un producteur en lui disant que je lui garantissais 500 000 entrées et, donc, qu’il pouvait produire mon film sans risque. J’envisageais ma participation à YouTube juste pour accumuler une audience, rien de plus. Au final, plus je fais des vidéos sur YouTube, plus je me dis que c’est un média à part entière.

Ta pensée a évolué avec l’expérience.

Ça marche tellement bien que, même si je veux toujours faire des films, concevoir des vidéos est aujourd’hui mon activité principale.

Ça n’a pourtant rien à voir avec des films !

Détrompe-toi. Avant, je voulais faire des films pour raconter des histoires. J’ai toujours été attiré par les documentaires. Que ce soit fictif ou pas, je veux avoir une histoire à dire et à transmettre d’une façon audiovisuelle.

Comment as-tu eu l’idée de décliner un sujet en sept points ?

Poisson Fécond était mon seul repère. Il était dans «  l’éducation divertissante ». Je voulais pouvoir changer de sujet d’une vidéo à l’autre. Il y a des chaines purement scientifiques ou historiques et ça, ça ne m’intéressais pas. Je n’ai pas trouvé mieux qu’un système de top liste pour être éclectique.

Tu as commencé quand ?

Le 21 janvier 2015.

Une des premières vidéos de Doc Seven, le 13 février 2015 (elle totalise 2 804 339 vues).

doc seven,william van de walle,le tour du monde des infos insolites.Avant que tu te lances là-dedans les tops existaient déjà je crois.

En Anglais, oui. Je l’ai toujours dit, je me suis pas mal inspiré d’eux, mais j’ai essayé de trouver des sujets très originaux. En France, quatre mois avant moi, il y avait déjà Taupe 10. Nous n’avons été que tous les deux pendants quelques mois et c’est quand Doc Seven a explosé que d’autres ont fait des tops.

Quelle est ta différence par rapport aux autres ?

C’est difficile à expliquer. Techniquement, j’ai essayé d’apporter la plus-value de mes études. Tout ce que je raconte est écrit, il n’y a aucune improvisation. J’essaie de choisir des sujets qui sont rares et intéressants.

Au départ, Doc Seven ne se montrait absolument pas.

Nous sommes peu nombreux de YouTubers à plus d’un million d’abonnés à avoir un pseudo et à peu se montrer.

J’imagine que cela a ses bons et ses mauvais côtés ?

Les bons côtés, c’est que je suis tranquille dans la rue, ce qui n’est pas le cas de beaucoup de YouTubers… et que je suis sûr que les gens qui viennent voir mes vidéos s’intéressent au contenu et à rien d’autre. Beaucoup sont connus parce qu’ils sont eux-mêmes et les gens les aiment parce qu’ils se présentent tels qu’ils sont.

Et le mauvais côté ?

Si je fais un bouquin, comme c’est le cas justement, je vais faire moins de ventes que si j’étais une star du net identifiable. On n’est pas dans le people, mais dans la connaissance.

La vidéo la plus récente de Doc Seven, le 27 novembre 2016.

Ton écriture a évolué en presque deux ans ?doc seven,william van de walle,le tour du monde des infos insolites.

Clairement. J’en suis même arrivé à écrire mes hésitations. Tout est écrit noir sur blanc. Pas mal de personnes m’ont dit qu’en lisant mon livre, ils entendaient ma voix. Ce n’est pas de l’écriture conventionnelle. J’ai une certaine marque de fabrique et c’est impératif pour être identifiable.

Tu mets plus d’humour aujourd’hui, non ?

Oui. Au début, j’étais parti dans un délire un peu mystérieux. Je parlais des mythologies Grecques, les centaures, des trucs un peu mystiques… en chuchotant. Après, j’ai trouvé ça relou. Ça me bloquait sur plein de sujets. Très vite, j’ai impliqué l’audience. Pour que la personne se sente impliquée dans ma vidéo, j’ai expliqué mon sujet comme si je parlais à un pote. J’ai compris que c’était la règle absolue.

Tu es parfois sarcastique.

Avec ce ton-là, j’arrive à faire passer beaucoup de choses. L’humour permet de tout dire. Et puis, curieusement, plus mon audience grossit, moins je mets de barrière.

Avoir une chaine « éducative » implique une certaine responsabilité, non ?

Je n’ai jamais eu la prétention de faire apprendre des choses, le but est d’éveiller la curiosité. Je suis heureux de prouver que tous les sujets peuvent être intéressants.

Tu trouves facilement tes sujets ?

Oui, c’est très simple. Tout le monde m’en propose tout le temps, principalement dans les commentaires de mes vidéos. Quand j’en vois un qui m’intéresse, je le développe. J’ai quatre pages de sujets…

doc seven,william van de walle,le tour du monde des infos insolites.Une fois le sujet choisi, tu opères comment ?

Je commence toujours par Wikipédia. Ça m’aiguille dans pas mal de directions. Après, je vérifie les informations données. Je crois n’avoir jamais dit quelque chose de faux. J’ai parfois de petites approximations sur des petites conneries, mais rien de grave. Par contre, sur YouTube, il faut savoir que l’on se fait souvent allumer pour pas grand-chose. Il y a même des gens qui sont abonnés à toi parce qu’ils ne t’aiment pas. Ils « dislike » à peine la nouvelle vidéo publiée. Moi, aujourd’hui, je m’en fous, mais il y a plein de jeunes YouTubers qui arrêtent parce qu’ils se font harceler continuellement. Moi, je me protège à mort.

Tu te sens intégré dans le milieu des YouTubers ?

Oui, mais comme dans chaque milieu, il y a des clans. Des groupes qui s’aiment bien, d’autres qui ne s’aiment pas. A terme, mon but n’est pas de rester YouTuber. Tu vois, là j’ai le bouquin, j’ai envie de faire des films, de créer et d’être même entrepreneur s’il le faut.

Avant chacune de tes vidéos, tu mets un jeune YouTuber en avant.

Je me souviens du moment où quand j’avais 300 abonnés, Poisson Fécond a parlé de moi sur Twitter, j’ai pris 700 abonnés directement. 1000 abonnés je trouvais ça fou à l’époque. Quand d’un seul coup, tu sens qu’il y a du monde sur ta chaine, c’est une sensation indescriptible. Pour moi, ça a été plus émouvant que quand j’ai dépassé le million. Certains des YouTubers que j’ai présentés ont pris 150 000 abonnés dans la foulée.

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Pendant l'interview...

Regardes-tu tes stats régulièrement, voire tout le temps, comme tout bon YouTuber ?

Oui et c’est normal. Comme tout bon chef d’entreprise, on regarde les chiffres.

Tous les YouTubers sortent des livres. C’est la mode. Tu n’échappes donc pas à cette règle.

Qui n’a pas envie d’écrire un livre ? Pour moi, c’est un rêve de gosse. En plus, mon format s’adaptait directement en bouquin. Il y a 70 Top 7.

Du coup, tu rencontres ton public dans les séances de dédicaces… c’est plaisant ?

C’est là que l’on se rend compte que derrière les chiffres des stats, il y a de vraies personnes. Quand j’arrive dans une Fnac et qu’il y a une queue de malade, c’est vertigineux. Mais j’ai un public super cool. Il n’y a pas de hurlement, ils sont tranquilles et bien organisés.

Doc Seven parle de son livre.

Dans la vie, tu m’as l’air toujours en retrait. Tu n’aimes pas le star system. Un jour, je t’ai presque obligé à faire des selfies avec des enfants qui sont venus ici.

Je n’aime pas ça. Je ne comprends pas que l’on soit fan pour être fan. Ce n’est pas intéressant. Moi quand je suis fan de quelqu’un, je suis fan de son travail, pas de la personne. Cela dit, quand Cyprien passe à l’agence, je fais un peu mon fan boy… Bon, Cyprien, c’est devenu une icône.

Doc Seven devient presque une marque, j’ai l’impression.

C’est que je tente de faire. Je ne sais pas ce qu’il adviendra de moi dans 5 ans sur YouTube. Le public peut s’essouffler… ou moi d’ailleurs. Il faut donc que je capitalise mon nom…

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Après l'interview, le 8 novembre 2016.

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