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22 novembre 2016

Minou : interview pour l'album Vesperal

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Minou est un nouveau duo electro pop. Je l'ai découvert sur scène lors de la dernière édition d’Alors Chante. Sonorité eighties, chant aérien, textes ciselés et sensibles. Sous le charme…

Un peu plus tard, j’ai reçu leur premier disque, Vesperal. Sous le charme (bis)…

Le 21 octobre, je suis allé à la rencontre de Sabine Stenkors et Pierre Simon dans les locaux de leur label, Cinq7 pour essayer de comprendre qui se cachait derrière ce duo.

minou, vesperal, interview, point éphémère, mandorBiographie officielle (un peu écourtée):

Minou est un groupe, un duo qui ne fait qu’un, complice et complexe, qui donne naissance ou renaissance à une chanson pop-électro décomplexée. Tellement décomplexée que cet album, chanté tout en français, n’a rien à envier dans ses sonorités à nos amis Anglo-Saxons. Minou nous rappelle la new wave des années 80, l’indie d’outre-atlantique mais aussi ce que la pop française a de meilleur. Minou s’écoute, Minou se danse. C’est normal car leurs Rolling Stones à eux s’appellent les Daft Punk, première claque reçue, premières envies, émotions. Territoires nouveaux à explorer, la magie d’un monde à réinventer pour une génération qui a grandi et s’est libérée sur les textes de Daho ou la musique de MGMT. Ce nouveau langage, Pierre Simon et Sabine Stenkors le précise depuis leur rencontre au lycée. Plusieurs groupes et bientôt 10 ans plus tard, ce langage est devenu commun, mélange de leurs expériences et collaborations issues de cette période. Un mélange savant aussi bien organique qu’électronique, décoction curieuse et ambitieuse des genres et deux voix qui n’en font qu’une. Sonorités rêveuses, fausse naïveté et refrains tenaces, voilà une partie des éléments qui composent l’élixir de Minou et nous obligent à tomber immédiatement sous leur charme. Minou c’est un vaisseau spatial piloté, mixé, réalisé par Julien Delfaud (Phoenix, Superdiscount, Benjamin Biolay, Woodkid) qui atterrit en douceur sur un volcan synthétique cracheur de riffs, d’amour et d’espoirs. France Inter ne s’y est pas trompé en les sélectionnant pour « La Relève », prix dont Minou furent les heureux gagnants en 2015.

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minou,vesperal,interview,point éphémère,mandorInterview :

Vous venez de familles de musiciens ?

Pierre : On n’a pas de parent musicien, mais il y avait beaucoup de musiques chez moi ou chez Sabine, c’est ce qui a constitué notre culture musicale et notre première approche à la musique. Par contre nous n’avons pas été éduqués musicalement de la même manière. En tout cas, tous les deux, nous avons des parents assez intelligents pour nous avoir laissé persévérer dans ce domaine.

Je ne peux pas ne pas vous demander comment vous vous êtes connus ?

Sabine : Tout simplement au lycée. Il y avait une salle qui était dédiée à la musique et nous y passions beaucoup de temps. Nous avions 16 ans, on écoutait du rock comme les Smashing Pumpkins.

Pierre : Moi, je te filais des CDs de truc zarbis, du rock electro progressif. Soit j’écoutais du punk rock, soit de la new wave ou des musiques expérimentales électroniques. J’ai eu une approche de la musique électronique très jeune. Mes premiers CDs étaient ceux de Queen, Alan Parson Project et Daft Punk. Quand j’étais môme, je les mettais dans mon baladeur et j’allais à l’école en écoutant ça. J’étais en décalage avec mes potes qui, eux, écoutaient tout le mouvement rap et hip-hop de ces années-là.

Clip de "Hélicoptères".

Quand vous vous êtes réunis pour faire de la musique, vous avez commencé par quel genre ?

Pierre : On a pas mal tâtonné. Sabine est bassiste, moi je suis guitariste, en plus, on a commencé avec un batteur, ça faisait plutôt un combo rock. Petit à petit, on a commencé à inclure des synthés… On a appris de nouvelles façons de composer avec de nouveaux outils. Aujourd’hui, on se sert autant de nos instruments de prédilections que des machines. Sur scène, aujourd’hui, je fais moitié clavier, moitié guitare.

Il y a un côté bidouille, sampling dans votre musique.

Pierre : Dans les machines, il y a déjà de la musique. Quand on branche un synthé, on peut avoir immédiatement une atmosphère, on peut inventer plus de choses. Aujourd’hui, pour nos chansons, on part d’une compo d’arrangement de clavier et les guitares arrivent après.

Quel est le rôle de chacun ?

Sabine : Généralement Pierre écrit les textes et nous nous occupons de la musique ensemble.

Pierre : On fonctionne un peu en ping-pong. Sabine peut être plus inspirée sur un titre et moi sur un autre… et quand ça plait à tous les deux, on garde.

Clip de "Alphalove".

Quand avez-vous décidé de vous lancer dans la musique sérieusement ?

Sabine : Je faisais des études de graphisme, mais je ne me voyais pas faire ce métier, passer ma vie dans un bureau devant un ordinateur. J’ai arrêté, puis j’ai fait des petits boulots pour me payer mes premiers instruments.

Pierre : Pour tout jeune artiste, c’est un espèce  de Graal de signer dans un label et d’être accompagné dans l’enregistrement d’un album. Avant Minou, on était déjà dans un groupe, à Tours, avec deux autres personnes. On a fait pas mal de concerts, on a récupéré un peu d’argent et on a enregistré un 6 titres.

Sabine : Ce qui était le plus important pour nous, c’était de faire de la scène. On a beaucoup bossé le live.

Quand vous avez créé Minou, du coup, vous deviez déjà avoir un réseau.

Pierre : Oui, et on l’a bien utilisé. On a pu faire des concerts tout de suite. Dès la première année, on faisait des premières parties dans des Zénith, le lendemain, on se retrouvait dans un bar. Cela dit, parfois, on passe un excellent concert devant 30 personnes qui sont là pour nous et parfois, dans une première partie devant énormément de monde, ça peut être très froid, rien ne se passe. Il n’y a pas de règles. C’est important de continuer à jouer dans les petits lieux. On est là pour donner notre musique, peu importe combien de gens la reçoive.

Live de "Montréal" à la Flèche d'Or.

On apprend en faisant des premières parties ?

Pierre : Beaucoup. C’est un peu comme quand tu fais un show case à Paris devant des pros. On ne peut pas juste prendre et s’imprégner de la musique, il faut aussi analyser ce que l’on fait. On apprend par exemple à gérer une set list le plus intelligemment possible.

Vous êtes chez Cinq7 aujourd’hui. Vous connaissiez ce label ?

Oui, et nous voulions vraiment que ce soit ce label qui nous signe. On adore leurs artistes et on trouve qu’ils les développent super bien.

Ils vous ont repéré comment ?

Pierre : Grâce au concours « La relève » de France Inter. Quand on a gagné ce tremplin, j’ai pleuré. Je n’ai pas pu me contrôler. J’étais persuadé que ce n’était pas pour nous tant les artistes qui étaient présents étaient talentueux.

Sabine : Je crois qu’ils ont aimé notre sens des mélodies et de la ritournelle.

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Si le son est très années 80, il y a derrière une modernité.

Pierre : Le son très moderne provient du travail de Sabine.

Sabine : C’est vrai que si je t’écoutais, nous ferions du 100% années 80 (rires).

Pierre : Je l’assume complètement. Mais c’est aussi pour cela que nous avons choisi Julien Delfaud comme réalisateur. C’est quelqu’un qui a l’habitude de travailler avec « des groupes à synthés », mais de manière très moderne. C’est fou comme il sait tirer la musique vers le haut!

La musique est plutôt « enjouée » et les textes assez sombres.

Pierre : Ce sont des chansons qui peuvent évoquer des choses tristes, mais il y a toujours beaucoup d’espoir. Effectivement, la musique permet d’amoindrir le côté noir du propos

Comment vivez-vous cette période où le public découvre votre disque ?

Sabine : C’est très flippant et excitant. C’est vraiment l’ascenseur émotionnel.

Pierre : Ça fait 12 ans que nous jouons ensemble avec Sabine et on avait toujours en tête de sortir un album. Il est là aujourd’hui. C’est à la fois une sensation bizarre et effrayante. Je suis fier de cet album. Je suis content des chansons, de la manière dont elles sonnent, mais je ne sûr de rien et encore moins de comment l’album va  être accueilli.

J’ai l’impression qu’il y a une nouvelle vague de groupes qui se remettent à faire de la musique pop électronique comme celle des années 80.

Pierre : C’est vrai, mais personne n’essaie de faire du Daho ou du Niagara 2016, car on a digéré ces artistes… et ça ressort d’une autre manière. On aime bien Fishbach et Minuit par exemple. Je trouve qu’il y a une vraie effervescence autour de la pop française.

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Pendant l'interview...

Le concert du 22 novembre prochain au Point Ephémère sera un peu particulier.

Pierre : C’est le concert de présentation de l’album. Nous allons le jouer en intégralité et c’est la première fois. On a préparé des trucs sympas, vous verrez.

Pour finir, Pierre, qu’admires-tu chez Sabine ?

Pierre : J’admire son immédiateté et son sens de l’arrangement. Elle a une vision qui est plus moderne que la mienne et ça me fait du bien de travailler avec elle. Elle est plus courageuse que moi aussi.

Comment cela ?

Pierre : Moi, je suis optimiste et Sabine est courageuse. Dans le doute, elle fonce quand même.

Et toi Sabine, qu’admires-tu chez Pierre ?

Sabine : Sa capacité à écrire des textes rapidement. Cela m’aide à avancer. Je suis pessimiste et il me rassure tout le temps. Il est patient avec moi. Je ne pourrais pas être avec quelqu’un comme moi (rires).

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A la fin de l'interview, le 21 octobre 2016.

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