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13 octobre 2016

Scotch&Sofa : interview pour Ailleurs

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(Photo : Lisa Roze)

Formé il y a un peu plus de dix ans, le duo montpelliérain Scotch&Sofa publie un deuxième disque, Ailleurs. Romain Preuss (Scotch) et Chloé Monin (Sofa) ont clairement pris un chemin électro-pop. Pour les textes, le duo fait appel à des paroliers peu connus du grand public, comme Fabien Boeuf, Brazùk ou leur indispensable Céline Righi. Il est beaucoup question d'amour et de ses conséquences, mais rassurez-vous, ils sont très forts,  ils ne tombent jamais dans la guimauve. Il y a même beaucoup de profondeur. Sachez lire entre les lignes et découvrir les différentes strates textuelles et musicales.

Le 15 octobre, Scotch&Sofa seront au Divan du Monde pour la soirée de lancement de leur album.

Le 14 septembre dernier, j’ai reçu pour la seconde fois à l'agence (voir la première mandorisation là) ces deux artistes aussi talentueux que sympathiques.

scotch et sofa, ailleurs, romain preuss, chloé monin, interview, mandorBiographie officielle :

Après Par petits bouts, premier album raffiné qui posait les bases de leur univers, le duo Scotch&Sofa revient avec un disque aux allures d’invitation.

Invitation à découvrir ce genre de lieux qu’on aime garder précieusement secrets, autant qu’on souhaite les partager fièrement avec le plus grand nombre.

Réalisé par le duo et mixé par Yann Arnaud (Air, Syd Matters, Micky Green), Ailleurs se fraye de nouveau un chemin vers une pop élégante, luxuriante et immédiate.

Affranchi des formats traditionnels, le deuxième album de Scotch&Sofa ose les espaces instrumentaux épiques, et propose des textes explorateurs, aux niveaux de lecture multiples, ludiques ou poétiques, mais toujours touchants.

Producteur de ses albums, gourmand de rencontres avec le public (au travers notamment de passages répétés sur de grandes scènes : Muzik’elles de Meaux, Francofolies de la Rochelle, etc.), le duo montpelliérain est toujours resté attentif au sens de sa démarche musicale.scotch et sofa, ailleurs, romain preuss, chloé monin, interview, mandor

Il s’est également construit une famille artistique ; On y retrouve Ours, Ben Mazué, Pauline Croze, Fabien Boeuf ou encore Nathanaël Coste, réalisateur engagé du docu-phénomène En quête de sens (plus de 100.000 entrées du seul fait d’un bouche-à-oreille enthousiaste) dont la musique de Scotch&Sofa illumine la bande-son.

L’Ailleurs, titre de ce nouvel album, c’est la poésie, l’amour, ces choses fugitives et éphémères comme des petits paradis encore préservés, à une époque où tout s’achète et se vend.

Cet Ailleurs, c’est une suggestion et peut-être un repaire.

Et c’est surtout un album sincère et accessible, qui devrait permettre au duo Scotch&Sofa de toucher un très large public.

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scotch et sofa,ailleurs,romain preuss,chloé monin,interview,mandorInterview :

Nous nous sommes vus pour la première fois pour le premier album, il y a quatre ans.

Scotch : J’ai l’impression que nous n’avons pas chômé en quatre ans.

Sofa : Nous sommes souvent en tournée. Par moment, ça s’arrête, puis nous reprenons. Dans les moments creux, nous créons nos chansons, nous les pré-produisons, on les passe en studio, on les mixe, on les masterise, il faut qu’on trouve les gens qui fassent la pochette, le clip… bref, il faut bien toutes ces années entre deux albums.

Selon l’argumentaire de presse, vous avez 10 ans de carrière. Vous ne le fêtez pas ?

Scotch : Je pense que cela fait plus de 10 ans. Ca fait quelques années que l’on dit 10 ans. Une sorte de coquetterie.

Sofa : En vrai, cela fait13 ans. On a commencé, j’avais 20 ans. J’en ai 33 aujourd’hui.

Le temps est vite passé ?

Scotch : Je me souviens de tout et de rien à la fois. Mais, j’ai l’impression qu’on est toujours dans la même humeur. On aime ce que l’on fait, on aime le faire et on a toujours cette niaque de groupe en développement… que nous sommes encore.

C’est difficile de sortir de cet état de « groupe en développement » ?scotch et sofa,ailleurs,romain preuss,chloé monin,interview,mandor

Sofa : On fait notre métier, même si nous n’avons pas le succès d’un Stromae  ou de Christine & The Queens. Depuis plus de dix ans, on ne fait que ça.

Scotch : On a beaucoup de chance. On joue de la musique toute la journée et c’est le projet que nous avons choisi. Je n’ai pas grand-chose de plus à vouloir.

Sofa : Je sais aussi qu’il y a plein de gens qui ne pourraient pas faire ce que l’on fait parce qu’on n’a pas la sécurité de l’emploi. Il y a un côté excitant à ne pas savoir de quoi demain sera fait.

Vous avez vécu plein d’expériences passionnantes et vous allez en vivre encore beaucoup.

Sofa : Grace au premier album, on avait pu rencontrer de nombreuses personnalités géniales du monde de la musique, quelques-unes que l’on écoutait à la radio ou à la télé. Rien que de faire la première partie de Pauline Croze, c’était déjà énorme. Rencontrer des gens comme Renan Luce, Oxmo Puccino, Ours et qui deviennent des amis après, c’est extraordinaire. Et que notre chanson « Je glisse » soit intégré au film documentaire « En quête de sens »  nous a permis de jouer au Cabaret Sauvage avec Mathieu Chédid, d’être en première partie de Zaz sur certains Zénith et à l’Olympia… A chaque fois qu’il se passe quelque chose d’important musicalement, nous sommes toujours surpris.

Quand vous jouez en première partie de stars françaises, vous ressentez quoi ?

Scotch : Depuis le temps, nous sommes habitués à ce grand huit. On peut jouer devant 6000 personnes un mardi et le mercredi devant 92. Moi, j’ai toujours plus peur de jouer devant mes potes ou en appartement que devant une foule énorme.

Sofa : Chaque version est enrichissante pour nous.

Vous apprenez des autres ?

Sofa : On apprend tout le temps et de chaque artiste. Ca ne s’arrête jamais. Je ne me lasserai jamais d’être invité pour faire des premières parties. C’est toujours enrichissant et nourrissant que ce soit musicalement ou humainement.

Scotch : On adore ce format. On joue 30 minutes. On est dans une situation d’outsider et il faut convaincre.

Sofa : On a  le challenge de se mettre le public dans la poche alors qu’il ne vient pas pour nous. Le public des autres et souvent bienveillant avec nous.  

Clip officiel de "Ca ne m'amuse pas", extrait de l'album Ailleurs.

Il y a une sacrée belle évolution musicale dans ce deuxième album. Vous allez désormais vers une pop électro très élégante.

Scotch : C’est un chemin prit naturellement en composant tous les deux et moi en arrangeant. Avant j’écoutais beaucoup de jazz soul hip-hop avec un peu de chanson. Aujourd’hui, c’est toujours un peu de chanson avec beaucoup de pop.

Sofa : Il y a nos nouvelles influences, mais il y avait aussi l’envie d’ouvrir  notre univers. On nous disait qu’il était très intimiste et on ne le sentait pas comme ça. Aujourd’hui, on a grandi, évolué, on a envie de plus se lâcher sur scène. Certaines de nos nouvelles chansons permettent de le faire. On s’est aperçu que le public peut désormais aussi danser lorsqu’il vient nous voir.

Scotch : Je crois véritablement que l’on ne choisit pas ce que l’on fait.

Extrait de "Je, tu, il" filmé par Lisa Roze, tiré de l'album Ailleurs.

Sofa, tu t’es essayée aux textes pour la première fois.

Sofa : J’ai co-écrit avec Céline Righi certaines chansons. Je pense que je m’y mettrai encore plus pour les suivants.

Fabien Bœuf fait un duo avec vous, « Tu es le roi » et a écrit des textes.

Sofa : Cela fait huit ans qu’on le connait. Dans les auteurs français, je n’avais pas beaucoup de coups de cœur, il en a fait partie, même s’il n’est pas très connu du grand public. Et puis, humainement, nous sommes sur la même longueur d’onde.

Scotch : J’aime la manière dont il mène sa carrière. Il habite à la campagne, il est simple et sympathique. C’est marrant, je pensais à lui et je me disais que c’était un garçon qui ne se regarde pas écrire. Il ne va jamais chercher un effet. Ce n’est pas prétentieux. Il n’y a pas de narcisse dans son écriture. Il va droit au but.

Clip officiel de "Qui fait ça?", extrait de l'album Ailleurs.

Dans ce deuxième album, on sent déjà qu’il y a une patte Scotch&Sofa.

Sofa : Ce nouveau disque est différent et, en même temps, il reste nous, même si je le trouve plus abouti.

Scotch : J’ai l’impression que ce qui nous a aidé à faire ce disque, c’est de se détacher du bizness de la musique au moment où on le faisait. Ça m’a fait du bien de mettre le milieu de la musique un peu de côté.

Vous savez quand une chanson est terminée ?

Scotch : On n’y arrive jamais, mais j’ai l’impression qu’on y arrive de plus en plus.

Sofa : C’est un peu moins douloureux pour moi que pour Romain de dire « là, c’est bon, stop, c’est fini, on n’en fait pas une énième version ».

Scotch : Je me suis calmé par rapport à avant.

Sofa : Oui, c’est vrai. Il lâche du lest. Sur le premier, j’étais obligé de prendre la décision d’arrêter sinon, on pouvait y rester 15 ans et demi.

Scotch : Pour le premier disque, on y a passé 7 ans (rires). Sur celui-là, tout est allé dans le même et bon sens. On avait de la pression, mais on la mise de côté. On a enregistré à la campagne dans un très joli endroit avec des amis. Un truc un peu famille, calme, lumière du jour, cool.

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Pendant l''interview...

Le lieu influe vraiment l’ambiance dans laquelle on travaille ?

Sofa : Je le ressens. On l’a vécu.

Scotch : Je l’ai senti physiquement. On a eu beaucoup de préparation, il a fallu « timé » plein de choses, pousser les pré-productions à fond pour essayer de perdre le moins de temps possible en studio donc j’étais très tendu des mois avant. Je suis arrivé en studio, mon dos s’est débloqué en une heure.

Sofa : Avec Romain, je sais qu’il faut se ménager de vraies pauses. Donc, on cuisinait pour se faire plaisir. On mangeait de bonnes choses. On pouvait aussi faire des petites marches dehors…

Scotch : On a fait un album de babas-cool en fait (rires).

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(Photo : Lisa Roze)

Quel a été le rôle de Yann Arnaud sur cet album ?

Scotch : Il a mixé le disque. On l’a sollicité pour avoir une lecture supplémentaire quand le disque était fini. Il a « lu » ce disque de façon merveilleuse. Je l’ai encore appelé récemment pour le remercier tant nous sommes ravis de son travail. Il sait faire de la pop un peu chic. Lui et son matériel sont impressionnants.

Sofa : Moi, au début, j’étais fermée. J’avais la peur du changement. J’ai fini par comprendre qu’il fallait que je m’ouvre et je ne le regrette pas. Yann avait raison très souvent. C’est sain d’avoir un regard extérieur.

Ce deuxième disque est-il pop comme « populaire » ?

Sofa : On ne sait pas, mais si les gens considèrent qu’il l’est tant mieux. Peut-être que nous allons élargir notre auditoire.

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Le 14 septembre 2016, après l'interview.

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