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01 octobre 2016

Deborah Elina : interview pour la sortie de Les bruits du cœur

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(Gianni Soglia)

La première fois que j’ai vu Deborah Elina, je m’en souviens parfaitement, c’était le 19 mai 2016. J’étais dans le train Paris-Tarbes. Je me rendais au Pic d’Or. Elle aussi. La jeune femme comme artiste se présentant à ce tremplin, moi comme membre du jury. Me sustentant au bar TGV (déjà occupé par un groupe de « chanteurs amateurs » bien alcoolisé), je la vois arriver avec une guitare. Je me doutais que c’était une concurrente du Pic d’Or. Sa tête me rappelait quelque chose. Elle s’est mise à chanter. Et a calmé tout le monde. Je me suis fait la réflexion qu’elle avait une sacrée personnalité. Je l’ai observée quelques minutes et je suis retourné à ma place. Je l’ai donc revue le lendemain lors des auditions. Elle est arrivée jusqu'en finale, mais est repartie bredouille, certes, (le niveau de cette année était particulièrement élevé) mais a convaincu plusieurs membres du jury. Moi en particulier.

Elle m’a envoyé son premier album, Les bruits du cœur. Des chansons diablement efficaces, une bonne dose de sensualité, de jolies mélodies et une voix séduisante. Le 12 août dernier, Deborah Elina est venue à l’agence pour sa première mandorisation.

Biographie officielle (raccourcie) :

C’est un album de chanson française, aux sonorités pop, intenses et colorées, parfois mélancoliques, que Deborah Elina a écrit et composé. Mêlant force et douceur, profondeur mais légèreté, elle nous présente des chansons pleines de relief et d’émotions. Déjà reconnue pour son talent d’écriture et la singularité de sa voix douce, unique, qui a attiré plusieurs artistes (On peut l’entendre dans les albums de Marc Lavoine et Gérard Darmon), elle nous touche par la justesse de ses propos et la force de son interprétation. 

Le théâtre et le cinéma est aussi source d’inspiration. Formée à Londres puis aux cours Florent à Paris, elle découvre la richesse des différentes formes d’écritures et commence à écrire ses premières chansons.

Artiste incontestable, elle est sélectionnée par Voix du Sud en 2014, pour participer aux 39e rencontres d’Astaffort (Voix du Sud), sous la direction de Francis Cabrel.

Le titre « Laquelle est-ce » y est créé lors d’une séance de travail, avec Pierre Riess et Pierre Souchon pour déborah elina,les bruits du cœur,intervie,mandorla composition. Trois mois après, elle rencontre Greg Parys (qui a collaboré entre autre, avec Zaho, Willy William, DJ Assad, Davidson, Red One). L’entente est immédiate. Convaincu par sa différence et son talent, par le charme et l’authenticité de ses chansons, il décide de produire son album.

L’album :

Dix titres qui laissent parler le cœur et qui écoutent ses moindres bruits. Un album d’amour aux allures cinématographiques dans lequel chaque chanson éveille nos sens en plusieurs dimensions. A travers des thèmes forts qui lui sont chers, Deborah Elina nous livre un message d’amour charnel et sensuel. Elle dit avec élégance ce que les autres ne disent pas, et nous ouvre une porte vers le chemin du désir et de l’apaisement.

NB: Toutes les photos qui ornent cette mandorisation (sauf celles à l'agence) sont de Gianni Soglia.

Le visuel de l'album est signé Jean-Lionel Dias et Maïtéa Moraglia.

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déborah elina,les bruits du cœur,intervie,mandorInterview :

En quoi te démarques-tu de tes consœurs chanteuses ?

Difficile de répondre à cette question. J’ai juste envie de me ressembler. J’ai longtemps été dans une direction très acoustique. J’ai été inspirée par de grandes chanteuses telles que Piaf et Barbara. Ce sont des artistes qui mettent leur Etre au service de la musique. Avant, je n'arrivais pas à défendre mes chansons sur scène. Je sentais que ce n'était pas complètement moi et ne comprenais pas pourquoi. Je suis moins mélancolique qu'avant, j'avais besoin d'arrangements qui reflètent mon côté acoustique, mais qui traduisent également ma joie de vivre. Un directeur artistique m’a dit un jour : « c’est étrange parce que, quand on te voit dans la vie tu es quelqu’un d’hyper dynamique, souriant, drôle et quand on écoute tes chansons, tu n’es pas la même femme. J’ai compris avec le temps que cette personne avait raison.

Aujourd’hui, tu te sens plus en phase avec toi-même ?

Oui, c’est une question de temps et de rencontre. Mais je me suis fait violence pour aussi changer ma direction artistique.

Tu donnes tout de toi dans cet album ?

Je ne sais pas si l'on peut tout donner de soi, mais j'ai donné beaucoup pour cet album. Ca a été plus de 3 ans de travail. J'ai appris à mettre mes peurs de côté, mais je me souci des limites que je peux ou ne dois pas dépasser. Finalement, c’est quand même dans mes chansons que je me dévoile le plus.

Le premier clip officiel de l'album : "Les bruits du cœur" (avec la participation exceptionnelle de Michel Cymes). 

Tu racontes des moments de ta vie intime, voire amoureuse. Mais avec une écriture très personnelle.déborah elina,les bruits du cœur,intervie,mandor

Ce que j’écris aujourd’hui est très différent de ce que j’écrivais au tout début. Je m‘autorise plus de choses. J'assume de raconter ce qui m'anime, mais j'essaye toujours de trouver un rapport équilibré entre l'intimité silencieuse et la parole publique. En ce qui concerne l'écriture, j'ai commencé par faire du théâtre. J’ai pris conscience de l’écriture grâce aux auteurs de théâtre. J’ai lu tous les auteurs français. Il y a une richesse d’écriture impressionnante. J’étais évidemment complexée, mais grâce aux artistes comme Keren Ann, je me suis dit que c’était possible.

Je t’ai connu au Pic d’Or. Fais-tu souvent des tremplins ?

Très peu. Mais ce projet est une renaissance artistique pour moi. C’est le premier avec lequel je me sens bien, avec moi, dans mon temps. J’ai su que je pouvais me présenter avec ces chansons, car elles me représentent parfaitement. Elles sont comme je suis. Avant je n’étais pas prête à encaisser des réflexions qui pouvaient éventuellement me faire du mal. Je voulais déjà faire le Pic d’Or l’année d’avant, mais je n’avais pas osé. Cette année, je me suis bousculée.

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Deborah Elina au Pic d'Or 2016 (photo Nöt)

déborah elina,les bruits du cœur,intervie,mandorPourquoi ce tremplin-là ?

Parce qu’il m’a semblé qu’il y avait un côté « famille ». Les artistes sont ensemble plusieurs jours au même endroit. Cela crée des liens et c’est quelque chose de rassurant.

Tu es aussi passée par les Rencontres d’Astaffort.

C'est une très belle expérience. Très enrichissante et aussi très troublante. Il faut accepter les mots des autres, accepter d’aller dans des endroits de soi vers lesquels je ne serais pas allée seule. Je n’avais pas l’habitude de travailler avec les autres. C’était une première de co-composer et coécrire. J’en ai gardé une chanson, « Laquelle est-ce ? » C’est comme dans la vie, il faut s’aimer soi-même pour pouvoir aimer les autres, il faut être bien avec soi pour être bien avec les autres… artistiquement, c’est la même chose.

Tu connais bien les hôpitaux… pour des raisons professionnelles que je ne vais pas développer ici. Mais, toi, es-tu dans l’urgence professionnelle?

Je suis dans l’urgence, mais je ne suis pas pressée. Etre dans l’urgence signifie avoir du sang froid, prendre des décisions  immédiates et avoir un certain bon sens. Quand tu es pressée, tu te disperses, tu fais tout et n’importe quoi. C’est moins précis et moins concis.

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Pendant l''interview...

Je trouve que tu vas loin dans tes chansons… surtout quand tu parles d’amour.déborah elina,les bruits du cœur,intervie,mandor

J’ai toujours parlé d’amour dans mes chansons. Je n’ai plus envie de parler des choses de manière aseptisée. Dans la vie, je suis quelqu’un qui dit les choses. Je ne veux plus me cacher. Ne pas oser dire, ce sont des peurs.

J’ai rarement écouté un disque où il était autant question de désir.

Je suis quelqu’un de vivant, de tous mes sens. Le désir est le thème fort de l'album en effet, mais toujours avec un sujet différent, parfois plus léger, parfois plus dur. Le mot Désir est un mot magnifique et vivant. A trop l'enfouir, on ne le ressent plus.

Reprise de Barbara : "Gare de Lyon" par Deborah Elina.

déborah elina,les bruits du cœur,intervie,mandorIl y a un duo avec un artiste que j’aime beaucoup : Bertrand Louis (mandorisé là).

Ce texte de Baudelaire qui traite du désir était déjà présent dans mon premier projet. Un jour, je tombe sur un article de Bertrand qui parle de son futur projet d’album. Il va mettre en musique et interpréter des textes Baudelaire. Tout de suite, ça me parle. Je l’ai contacté sur Facebook. Nous nous sommes rencontrés. Il était assez agréablement surpris de cette démarche, et curieux. Il voulait savoir de quel poème il s’agissait. Il m’a répondu qu’il acceptait ce duo s’il se retrouvait dans la mélodie que j’allais composer. Je suis très heureuse de cette collaboration.

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Pendant l'interview (2).

Tes chansons sont, mélodiquement, d’une redoutable efficacité.

J'ai toujours été très à l'écoute des autres et de la nature. Je fais attention au temps qui passe, à l’environnement musical, à l’attente des gens (le public ou les professionnels). J’ai essayé de tout prendre en considération. Si je n’avais pas eu cette écoute, certaines chansons auraient différentes. J’ai essayé de répondre à toutes les exigences tout en étant fidèle à moi-même.

Ton disque est-il féministe ?

Non. Je ne suis pas dans la revendication. Pour moi, c’est un album féminin, mais pour les femmes et pour les hommes.

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Après l'interview, le 12 août 2016.

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