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06 septembre 2016

Dani Terreur : interview pour l'EP Gri-Gri

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(Photo : Severin)

La nouvelle idole des jeunes pourrait bien s’appeler Dani Terreur. Le Parisien joue de la pop à l’aide de synthétiseurs analogiques, guitares cristallines et quelques boîtes à rythme. Après avoir joué au sein (notamment) de la formation parisienne Yucca Veluxil s’émancipe en solo dans un premier EP, Gri-Gri. Ce jeune homme mélange habilement pop anglo-saxonne, musique électronique et chanson française, le tout sur des textes caustico-poétiques.

Le 5 septembre dernier, il est venu à l’agence (merci à son manager, Thierry Lecamp) pour une première mandorisation (qui ne sera sans doute pas la dernière).


dani terreur,gri-gri,interview,thierry lecamp,mandorBiographie officielle 
(un peu écourtée):

Magnétique et passionné sur scène, Dani Terreur se transforme en chasseur de sons en studio, traquant les mélodies fortes, les harmonies chaudes et électriques, en quête d’un groove qui oscille entre turbulences synthétiques et cristallines. Pour en arriver là, il s’est nourri dès l’enfance de mélodies pop anglo-saxonnes et de musique électronique. Pour les textes, Dani Terreur observe la vie, s’abreuve de littérature et de cinéma pour satisfaire son esprit assoiffé. C’est ainsi qu’il peint un monde qui déborde de sentiments exacerbés, de passion, de lutte intérieure entre le bien et le mal… On retrouve la vengeance dans « A bout de souffle », le plongeon vers l’inconnu dans « Fleuve », l’errance d’une génération dans « Paris », l’instinct animal dans « Amour Chienne » ou le vernis social qui explose définitivement dans « La Nuit du chasseur »…  Le résultat est à découvrir dans cet EP baptisé Gri-Gri : une première série de chansons talismans dans lesquelles Dani Terreur enferme une histoire, l’esprit d’un instant, à la recherche de l’étincelle pour atteindre le « sacré ». Des titres tendus sur le fil, habités par le spleen urbain, les tourbillons de l’âme, les rêves éveillés et le voyage introspectif.  Tapi dans la pénombre, il attrape tout ce qui passe à sa portée de jour comme de nuit, afin d’aller chercher dans des mélodies accrocheuses, habillées de sons électroniques et d’énergie électrique, cette magie qui vous attrape et ne nous quitte plus.

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dani terreur,gri-gri,interview,thierry lecamp,mandorInterview :

J’ai lu plusieurs fois que tu as un papa musicien. Il faisait quoi exactement ?

Il était compositeur pour un metteur en scène qui, par ailleurs, est mon oncle, Jérôme Savary. Parallèlement, il faisait de la variété. Il était musicien de studio pour des gens comme Jimmy Cliff ou Véronique Sanson. Comme il a plus de 60 ans, il est désormais à la retraite. Il continue à jouer pour lui parce que l’amour qu’il a pour la musique ne le quitte pas.

Ton père te soutient ?

Oui, ma mère aussi. Je ne fais pas écouter à mon père ce que je fais avant que ce soit terminé. Quand ça lui plait, je suis hyper content. Bon, cela dit, est-ce qu’un père est le plus objectif pour critiquer son fils ? Il apprécie et il est derrière moi, c’est le principal.

Tu as écouté beaucoup de pop, puis de la musique groovy et de la chanson française. Cela t’a influencé ?

J’essaie en tout cas de ne pas copier ceux que j’ai beaucoup écoutés. J’ai l’impression que je les intègre, mais que je les ressors après les avoir passé dans mon filtre, mon style personnel.

Clip de "A bout de souffle".

Si je dis que tu fais de la pop electro, j’ai bon ?dani terreur,gri-gri,interview,thierry lecamp,mandor

Oui, mais tout le monde fait de la pop électro maintenant, même dans la très grosse variété. Disons que je fais des chansons pop que l’on peut retenir et chanter, avec des arrangements electro.

J’ai lu que tu t’inspirais de certains livres et films lus ou vus pour écrire. C’est vrai ?

Je m’en sers comme un tremplin pour commencer la chanson. Il y a des films qui m’ont tellement marqué que quand je me mets à écrire, l’histoire me hante et j’ai envie de l’utiliser comme base. Ce n’est pas systématique, mais ça me rend souvent service. Recréer de la matière par rapport à un film ou à un livre est exaltant.

Tu y ajoutes des choses personnelles ?

« Paris » et « A bout de souffle » sont des moments de ma vie, en un peu plus romancés, sinon, ma vie serait bizarre.

Tu as fait partie de quelques groupes. Tu les as quittés car tu souhaitais chanter en français ?

Avec le groupe Canyon Cosmos, je chantais en anglais parce que j’avais peur de chanter vraiment. Ne pas chanter dans sa langue, c’est se planquer. A un moment, je ne pouvais plus le faire, j’avais l’impression d’être un charlatan. Pour faire ce métier, ça devenait essentiel de montrer comment je pouvais écrire, de montrer que je pouvais appuyer le texte sur la mélodie pour que tout soit bien intelligible. Je ne vois pas comment on peut chanter des choses si on n’y croit pas, s’il n’y a aucune incarnation.

Il faut impérativement croire en ce que l’on chante ?

Il faut un minimum d’implication et être touché par ce que l’on raconte, d’une manière ou d’une autre. Une chanson n’est pas une récitation. Il faut capter celui qui t’écoute.

dani terreur,gri-gri,interview,thierry lecamp,mandorA quelle famille te sens-tu le plus proche dans le milieu de la chanson ?

Quelqu’un comme Christophe me plait beaucoup. Je sens des points communs, même si je n’ai pas son talent et que nous ne sommes pas de la même époque. Chez les jeunes, il y a pas mal d’artistes qui recommencent à chanter en français. On est tous plus ou moins dans la même veine, avec un discours similaire.

Tu penses à des groupes comme Feu ! Chatterton ou Radio Elvis ?

Oui, j’aime bien ces deux groupes. Mais plus récemment encore, des types comme Adrien Soleiman ou Flavien Berger. On ne fait pas la même musique, mais je me sens proche de ces artistes-là.

Ton EP est très bien accueilli. Tu le ressens comment ?

Il y a du frémissement. J’espère que ça va continuer et s’amplifier. J’aimerais surtout que cela frétille au niveau du public.

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Je parle très peu des pochettes habituellement, mais celle-ci mérite quelques explications.dani terreur,gri-gri,interview,thierry lecamp,mandor

Elle est surtout esthétique. Chez une amie, j’ai vu des images de bondieuseries avec la Vierge ainsi représentée. Elle avait le même genre d’image avec Elvis Presley et j’ai trouvé ça amusant. Comme mon EP s’appelle Gri-Gri, comme quelque chose de sacré et de superstitieux, je me suis dit qu’il y avait un sens avec les propos du disque.

Et toi, tu es superstitieux ?

Oui. Je ne suis pas croyant, mais il y a des trucs qui me font flipper, comme la magie ou des trucs qui nous dépassent.

Tu fais un métier où il y a un gros mystère. Celui de  la création.

Moi, je m’exerce à écrire des chansons. Je me force souvent. Je jette 70% de ce que je fais. Dans l’écriture, il y a toujours cette part de magie et de sacrée. J'ai remarqué que mes meilleures chansons naissent quand elles me tombent dessus... et là, il y a une part de mystère. C’est à la fois insaisissable et très agréable.

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Est-ce qu’il t’arrive de ne pas comprendre parfaitement ce que tu as écrit ?

Ça m’est arrivé, mais après, je peux toujours y trouver un sens. Dans la chanson « Paris », il y a des images que je n’ai pas comprises directement. La journaliste des Inrocks qui m’a interviewé (lire là) était persuadée qu’elle avait été écrite après les attentats, ce qui n’était pas le cas. Après coup, en réécoutant la chanson, effectivement, on pourrait croire que cela  raconte ce qu’il s’est passé.

Tu aimes préciser ce que tu as voulu dire dans tes textes ?

Je préfère garder un halo de mystère autour de mes chansons.

Comment vis-tu ta vie d’artiste ?

C’est un combat et une lutte, mais j’essaie de ne pas le ressentir ainsi. Il faut faire ce métier sans se dire que c’est difficile, sinon on commence à se plaindre et c’est là le danger. Je sais qu’il y a des gens qui sont fait pour ça, mais qui abandonnent parce qu’ils sont découragés. Je me concentre sur le positif de ce métier. Ce sont surtout les professionnels de la musique qui souffrent, du coup, ça déteint sur les artistes.

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Tu as fait ce disque seul. C’était par souci économique ou parce que tu préfères la solitude dans la création ?

Il y a quelque chose qui me fascine chez les gens qui font tout tout seul. Je suis admiratif de Prince, mais aussi de Daft Punk, Air, par exemple… j’aime transposer cette manière de travailler au monde de la pop.

L’idéale d’une carrière pour toi, c’est quoi ?

C’est qu’elle soit longue et très diversifiée. Le renouvellement permanent est essentiel. Un peu comme Christophe. Il a traversé les années en se renouvelant, en accumulant les tubes et sans céder à aucun diktat du métier. Ces derniers albums sont carrément sans concession. Chez les anglo-saxons, Prince a eu la carrière idéale.

Es-tu confiant en l’avenir ?

Oui, ça va. Il ne faut pas trop y réfléchir, mais je me dis que tant que je fais de la musique et que j’ai de l’inspiration, tout va bien.

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Après l'interview, le 5 septembre 2016 (guest star : Thierry Lecamp, son manager).

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