Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

« Imbert Imbert : interview pour Viande d'amour | Page d'accueil | Nina Morato : interview pour son quatrième album »

21 juillet 2016

Lola Baï : interview pour l'EP La lueur et pour The Voice

lola baï,la lueur,shougashack,les instinctives,the voice,interview,mandr

(Autoportrait de Lola Baï)


lola baï,la lueur,shougashack,les instinctives,the voice,interview,mandrElle a le regard déterminé et la voix claire. Lola Baï (à gauche photo de Frank Loriou), 34 ans, est une professionnelle, grande habituée des scènes. Cela fait quelques années que je connais son existence professionnelle. Cela fait quelques années que je la suis, de loin, discrètement. Elle m’a toujours intéressé, mais je n’ai jamais fait le pas pour concrétiser ma curiosité envers elle. Je ne sais pas pourquoi. Attendre le bon moment, peut-être…

Et puis je l’ai vu dans The Voice. Un peu avant, je ne sais plus exactement pourquoi, nous nous étions contactés sur Facebook. Elle m’a envoyé la première partie de son EP La lueur et il m’a immédiatement conquis.

Bref, il fallait que nous nous rencontrions. Ce qui fut fait le 16 juin 2016, dans un bar du Sentier à Paris.

Quelques dates :

2004 : Premières compositions sur des textes de Thézame Doutreleau… Des concerts accompagnés de musiciens… Une résidence d’artistes loufoques et pluridisciplinaires aux portes de Venise… Des tremplins…Puis une rencontre avec Claude Lemesle qui souhaite suivre son travail.

2007 : Lola remporte  le tremplin « Visa Francophone »  et décroche une première partie à l’Olympia. Elle fait les "rencontres d'Astaffort" où elle croise un artiste québécois qui lui donne des envies d’ailleurs. Elle finance son voyage et part pour la première fois à la découverte du public québécois. A son retour en France, c’est le temps d’une remise en question artistique.

2008 : Elle passe l’année enfermée à écrire. Elle abandonne le côté  « chanson métissée », compose et travaille son piano avec une volonté : celle de s’accompagner seule sur scène. Une nouvelle rencontre d’importance la conduit vers un projet conséquent : celle de Serge Faubert qui lui propose de participer à la création de son premier disque.

2009 : Sortie de Sur la pointe des pieds. L’album, très pop, est composé de 12 titres largement inspirés de lola baï,la lueur,shougashack,les instinctives,the voice,interview,mandrsa propre vie. Suivent deux ans de concerts en solo à travers la France, au Québec et en Belgique où elle participe notamment à la version Belge du chantier des Francos.

2010 : Elle est programmée aux Francofolies de Montréal et de Spa (où elle rencontre Alexis HK) et les Francofolies de Spa et continue sa tournée en France en solo.

2012 : Elle s’entoure de musiciens Mickaël Gasche (Bugle/claviers) Éric Doboka (basse) et Alexandre Berton (batterie), ils font ensemble quelques dates en France et en Suisse, mais elle se consacre surtout à l’écriture. Ecriture du second album mais aussi d’une nouvelle page personnelle avec la naissance de sa fille.

2013 : Ecriture, toujours, elle rencontre David Berland (SLC- la comédie musicale, DISCO, et en musique indé : Nameless, Swann…) qui lui propose de travailler avec elle sur les arrangements et la réalisation du second album. Elle lola baï,la lueur,shougashack,les instinctives,the voice,interview,mandrmonte en parallèle un nouveau projet  The ShougaShack avec les artistes Clelia Vega et Nadia Simon.

2014 : Lola Baï enchaîne les allers/retours à Paris et enregistre dans le studio Audiotape de David Berland. 12 titres sont enregistrés dont un duo avec Alexis HK sur un texte de ce dernier et 2 chansons de Jérôme Attal. - En parallèle, l’aventure The ShougaShack  prend son envol, une quinzaine de concerts à travers la France réalisés et là aussi un projet d’EP.

2015 : Sortie de la première partie de l’EP 6 titres « La lueur » et sortie de l’EP de The ShougaShack.

2016 : Elle participe à l'émission The Voice et sortie de la 2 ème partie de l’Ep 6 titres « La lueur prévue pour octobre.

lola baï,la lueur,shougashack,les instinctives,the voice,interview,mandr

lola baï,la lueur,shougashack,les instinctives,the voice,interview,mandrInterview :

J’ai lu dans ta bio que la musique n’était pas très présente dans ton enfance, mais qu’à 5 ans, un vieux clavier Bontempi avait échoué dans ta chambre. Et là, c’est la révélation : « Je serai pianiste classique ».

C’est la pure vérité. Je ne sais toujours pas comment il a atterri dans ma chambre. Mes parents n’en savent rien non plus.  

Il faut interpréter ça comme un signe alors.

Exactement. On n’écoutait pas de musique à la maison. Donc, avec ce Bontempi, j’ai commencé à créer des musiques ou reproduire les petites mélodies que j’entendais à droite à gauche. Ça m’a donné l’envie folle de devenir pianiste. Plus tard, à 10 ans, je suis rentrée au conservatoire pour apprendre le solfège.

Je crois savoir que tu n’as pas trouvé cette expérience géniale.

Ce n’est pas ce que j’apprenais qui ne me plaisait pas, c’est le milieu qui me dégoutait. J’étais plus âgée que les autres et pas très à l’aise dans cette ambiance. J’étais trop jeune pour aller avec les adultes et trop vieille pour rester avec les autres gamins. Ca ne s’est donc pas bien passé. J’ai été victime d’une injustice trois ans plus tard. Ils ne m’ont pas fait passer dans la classe supérieure alors que ma voisine qui avait moins de point que moi si.

Clip de "La douleur", extrait de l'EP La lueur.

Quand as-tu remarqué que tu avais une voix ?lola baï,la lueur,shougashack,les instinctives,the voice,interview,mandr

C’est beaucoup plus tard. A l’adolescence, je n’avais pas du tout la même voix. J’étais tellement sensible, touchée par tout, que ma gorge était complètement nouée. J’ai mis presque 10 ans, jusqu’à mes 26 ans, avant de la dénouer complètement. Aujourd’hui, le timbre de ma voix est le plus naturel possible.

Tu as pris des cours de chants ?

Les profs de chant que j’ai rencontré n’arrivaient pas à m’aider, malgré beaucoup de travail.

Ton cas était désespéré ?

Mais oui (rires). C’était terrible pour moi. Là j’en ris, mais ça ne m’amusait pas du tout à l’époque. Il a fallu que je travaille toute seule. Du coup, quand j’y pense, j’ai tout fait seule, la guitare, le piano, le chant… je crois que la méthode scolaire ne me convenait pas.

Tu es passée par les Rencontres d’Astaffort et par les cours de Claude Lemesle, donc tu as essayé d’apprendre par d’autres biais.

J’ai rencontré Claude lors d’un tremplin. Il a été super gentil avec moi et depuis, nous avons gardé contact. Nous avons un profond respect l’un pour l’autre. Parfois, je lui envoie ce que je fais, il me conseille avec bienveillance. Je suis allée à son cours juste trois fois. J’ai constaté que là non plus, ce n’était pas pour moi. Je n’y arrive pas quand on essaie de m’instaurer des règles. Je me faisais du mal en y allant. Je me trouvais nulle parce que les autres « élèves »  parvenaient à bien travailler.

Clip de "Run Away", extrait de l'EP, La lueur.

lola baï,la lueur,shougashack,les instinctives,the voice,interview,mandrTon EP La lueur est bien produit et les chansons sont très efficaces. Je ne comprends pas pourquoi il n’a pas été repéré.

C’est l’éternelle question à laquelle on ne peut pas répondre. Rien n’est rationnel dans ce métier.

Dans cet EP, il y a une chanson de Jérôme Attal, mon auteur préféré.

Il m’a fait deux chansons. Je cherchais des auteurs et quelqu’un m’a conseillé de travailler avec lui. Je suis allée lire ses textes et je suis tombé sur qu’il a écrit pour Mareva Galanter. Je me suis surprise à envier cette écriture, j’ai trouvé ça si beau. Je l’ai contacté et il a accepté tout de suite de collaborer avec moi.

Tu as utilisé Kiss Kiss Bank Bank pour financer ton EP La lueur.

Si je n’étais pas passée par un site participatif, je n’aurais pas pu le sortir. Je n’ai jamais eu de label, ni d’éditeur. Je trouve le système de crowdfounding très intéressant, il permet de rester indépendant. Je ne dois des comptes à personne, hormis à mes souscripteurs.

La lueur (Jérôme Attal/ Lola Baï), capté au Magic Mirror de l'Abbaye de l'Epau, extrait de l'EP La lueur.

lola baï,la lueur,shougashack,les instinctives,the voice,interview,mandrParlons de The Voice. Je crois que tu as été repérée par un casteur.

On est venu me chercher l’année dernière pour The Voice de l’année dernière. Certes, ils viennent te chercher, mais à partir du moment où tu acceptes de participer, ils te mettent au même niveau que les autres. Tu dois faire les premières auditions, puis les auditions à l’aveugle etc… tu n’es pas privilégié. Au final, l’année dernière, ils m’ont dit qu’il n’y avait plus de place. Mais tant mieux. Je n’étais pas dans le même état d’esprit.

C’est-à-dire ?

Je comptais beaucoup sur cette émission. J’étais persuadée que ça allait me faire décoller, j’imaginais plein de trucs et ce n’était pas très sain. Cette année, j’étais plus zen, plus lucide. L’équipe de prod ne te fais aucune promesse et est très à l’écoute et respectueuse des artistes. A 35 ans, je savais que je ne pouvais pas aller très loin, mais je savais que je pouvais beaucoup m’amuser. J’avais très envie de vivre ce genre d’expérience au moins une fois dans ma vie.

The Voice 2016: Battle Lola Bai VS Louyena - Encore et Encore (Francis Cabrel)

Ces deux talents de la team Garou s'affrontent lors de la saison 5 de The Voice. Lola Baï est sauvée par son coach. Les Louyena sont éliminés.

C’est flippant de participer à The Voice ?lola baï,la lueur,shougashack,les instinctives,the voice,interview,mandr

Je n’ai jamais eu aussi peur de ma vie. J’en ai fait une conjonctivite. Je n’ai jamais fait de conjonctivite de ma vie (rires) ! Paradoxalement, je te dis, je me suis amusée à le faire et j’étais contente d’être là.

Cette expérience t’a apporté quoi ?

Je sais qu’être dans une sphère avec beaucoup de visibilité, ce n’est pas pour moi. Là, je suis arrivée à la limite de ce que je peux supporter en termes de notoriété. Désormais, on me reconnait dans la rue, mais raisonnablement. Quand je vois Slimane, qui est un type que je trouve génial et très généreux, qui est passé quasiment du jour au lendemain à une incroyable notoriété, je ne sais pas comment il gère. On lui en demande beaucoup et dans la rue, il n’est plus du tout tranquille. Ce n’est pas facile d’être toujours heureux et disponible pour les gens tout le temps…

Tous les artistes ont envie d’un succès populaire non ?

Oui, bien sûr. On a tous besoin d’amour et de reconnaissance. Moi, j’étais persuadée que j’avais envie et besoin de ça. Aujourd’hui, plus du tout.

Tu fais aussi partie d’un groupe, The ShougaShack.

Nous sommes en train d’enregistrer notre deuxième EP. Avec The ShougaShack, on a beaucoup de dates cet été. On est trois minettes sur scène et les gens ont l’air d’apprécier notre travail. Avec Clelia Vega et Nadia Simon, nous chantons en anglais. C’est folk, blues…  Nous sommes trois voix lead, donc nous portons l’aventure à trois. C’est très reposant. On vend beaucoup de disques à la fin des concerts. Non, vraiment, avec ce groupe, tout va bien. En plus, toutes les trois nous avons nos projets parallèles, il n’y a aucune rivalité.

The ShougaShack. Le clip de "Sugar Shack".

Tu arrives à vivre de ton métier ?

Ça fait 10 ans que je suis intermittente du spectacle et je gagne à peu près 1500 euros par mois. Tu vois, je te dis toute la vérité.

Mais tu es heureuse chaque matin quand tu te lèves pour faire le travail que tu aimes…

Exactement. Je me rends compte que j’ai une liberté que les autres n’ont pas. Je ne gagne pas beaucoup d’argent, mais je fais ce que j’ai envie de faire. Je n’ai pas de patron, j’ai une petite maison et tout va bien. Je prends conscience de ça depuis deux ans.

Tu es aussi à l’origine d’un jeu musical et visuel inspiré des cadavres exquis, Les Instinctives ?

« Une instinctive » est une œuvre musicale et visuelle de moins de 2 minutes réalisée instinctivement par plusieurs artistes dans un délai très court. Une fois la proposition faite, celle-ci ne peut être modifiée par quiconque (même pas par l’artiste dont elle est issue). Il ne peut plus agir sur la suite des évènements si ce n’est en acceptant ou non les nouvelles propositions dans leur intégralité. Le tout pour arriver à une œuvre commune, finie, instinctive, où chacun a eu la place de s’exprimer pleinement et librement.

LES INSTINCTIVES // 4 - "3 to 5"
Les joueurs sont :
Alexis Bardinet (Mastering) - http://www.globe-audio.com/
Quadrupède ( Musique et mixage) - https://qdrpd.bandcamp.com/
Lola Baï (Musique et vidéo) - http://www.lolabai.com

Tu peux me donner un exemple ?

Je propose une musique, je l’envoie à un autre artiste. Il n’accepte pas ma proposition, je peux la proposer à un autre artiste. Ce dernier l’accepte, il part de ma proposition sans la modifier et ajoute sa patte. Je n’accepte pas sa proposition, nous en restons là, l’œuvre ne sera pas une "instinctive". J’accepte sa proposition,  nous l’envoyons au mixage. L’ingé son n’en veut pas, nous pouvons la proposer à quelqu’un d’autre. L’ingé son l’accepte, il nous envoie sa proposition « finie ». Nous  n’acceptons pas, l’œuvre ne sera pas une "instinctive". Nous l’acceptons, on l’envoie au mastering…..puis à un vidéaste… Jusqu’à obtenir une œuvre complète  diffusée très rapidement sur un temps  très court. Moins d'un mois entre la création et la diffusion. Ça me fait un bien fou de faire ça et je sais que les artistes qui participent aussi. Le plus dur, c’est de convaincre les artistes.

Que fais-tu aujourd’hui ?

Je suis en train de composer de nouvelles chansons pour un nouvel EP que je vais sans doute réaliser, arranger et mixer seule. Ce sera une aventure pour moi de tout gérer de A à Z.

lola baï,la lueur,shougashack,les instinctives,the voice,interview,mandr

Après l'interview, le 16 juin 2016.

lola baï,la lueur,shougashack,les instinctives,the voice,interview,mandr

Commentaires

Un joli petit zèbre !

Écrit par : MERLIN | 21 juillet 2016

Les commentaires sont fermés.