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07 juillet 2016

Magali : interview pour L'amour des lamentations

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(Photo : Géraldine Sabina/wenty6)

12744086_963287413720082_2155707823714959576_n.jpgRien ne la prédestinait à devenir aussi populaire, mais aujourd'hui, elle est tout simplement incontournable : en quelques années, Magali, musicienne et choriste de N'oubliez pas les paroles, est devenue l'une des personnalités emblématiques de l’émission, grâce à sa fraîcheur et ses (très) nombreuses facéties. Mais Magali a bien d’autres cordes à son arc (voyez sa bio dans sa première mandorisation).

Elle vient de sortir son album solo, L’amour des lamentations, dont elle a écrit et composé la plupart des chansons. Son univers fantaisiste, parfois décalé, donne une tonalité pétillante à ses titres. Elle parvient à moderniser l’accordéon, son premier amour et l’intègre aux musiques actuelles. Magali vous charmera par sa personnalité électriquement naturelle, à la fois femme enfant, drôle et sensible, qui donne à son univers musical et à ses textes une couleur originale.

Le 26 avril dernier, Magali m’a rejoint à Webedia pour une seconde mandorisation.

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(Photo : Géraldine Sabina)

11391286_840814075967417_171635774845982966_n.jpgInterview :

Cet album, tu voulais déjà le faire lors de notre première rencontre, il y a trois ans. Tu te dis, « enfin, il est là ! » ?

J’avais envie de faire un album, mais je ne savais pas trop quelle direction musicale prendre. J’aime tellement de choses différentes et j’ai tant d’influences qu’il a donc fallu que je me canalise et que je sache vers où je voulais aller précisément. J’aime l’accordéon et à la fois j’aime les sonorités pop et rock. Je fais quoi avec tout ça ? Au début, on a commencé à faire ce disque, mais on mettait trois mois par titre, c’était trop laborieux. Du coup, un beau jour, je me suis mise derrière mon ordinateur, j’ai fait « play » et j’ai arrangé et réalisé moi-même mes chansons. J’ai fait basse, clavier, accordéon, mélodica…  Pour avoir une rythmique qui pulse et quelque chose d’un peu bétonnée, j’ai fait appel à mon compagnon, Antoine, qui est batteur et guitariste, mais également très bon programmateur et percussionniste. Il s’est chargé de toutes les formules rythmiques. Aujourd’hui, je vis avec cet album que j’assume et dont je suis très fière.  

C’est un disque que tu as conçu seule et sereinement ?

Oui et c’est pour moi la meilleure façon de travailler. Si cela m’apporte des doutes, en revanche, j’ai une entière liberté. Je peux explorer ce que je veux.

Mais ton compagnon et toi réussissez à être objectifs sur le travail effectué ?11188491_823113474404144_2231590350926403791_n.jpg

Cela peut paraître égoïste et prétentieux, mais je n’avais pas envie d’avoir l’avis de qui que ce soit. J’avais juste envie d’auto-valider mon dossier. En tant qu’artiste, on est confrontés à ses démons, ses peurs, ses fragilités, alors, arriver à se sentir en phase avec son travail et s’assumer, je trouve que c’est une victoire.

Tu as invité des amis musiciens à « opérer » sur tes chansons. Il a bien fallu qu’ils te donnent leur avis, non ?

Je leur ai demandé de ne pas le faire, parce que cela aurait pu m’influencer, me décontenancer  et m’ajouter de nouveaux doutes que je n’avais pas. Même l’ingénieur du son qui est une machine de guerre très productive a réussi à ne jamais me donner son avis, sauf quand je lui demandais. C’est ce qu’il me fallait. J’étais devant mon propre miroir tout le temps.

On ne se dit pas : « si je suis dans l’erreur, qui va me le dire ? »

Je ne me suis jamais posée cette question parce qu’avant de faire cet album, je me suis moi-même interrogée beaucoup de temps sur beaucoup de sujets. J’ai commencé ce disque quand j’étais sure de n’avoir rien à faire de ce qu’on allait me dire dessus. A partir du moment où moi, musicienne, j’étais satisfaite de mes réalisations techniques et théoriques, cela me suffisait.

12004938_897679630280861_2214730553947342097_n.jpgTes années de concerts (pour toi ou d’autres artistes) et de « N’oubliez pas les paroles » t’ont t’ils servi lors de la conception de ton album ?

Quand on est artiste musicien et que l’on accompagne d’autres artistes, on finit par comprendre ce pour quoi on nous appelle. Je sais les choses que je peux faire et celles que  je ne peux pas faire, cela permet de murir. Je me suis servie de cette maturité acquise pour me les intégrer pour ce projet. J’agis avec moi, comme si je travaillais avec un autre artiste. Je me mets au service de mes concerts et de mon projet comme je me mets au service de Charles Aznavour, par exemple.

Tu es plus dans la performance pour toi ou pour les autres ?

Si on parle de performance d’instrumentiste, je suis plus dans la peau d’un performer quand je suis derrière mon accordéon ou derrière Charles Aznavour que quand je suis sur mes chansons. Sur mes chansons, je ne fais pas de prouesses, je suis même plutôt sage par rapport à d’habitude. Je reste simple. Je pense à mon écoute pour pouvoir divulguer mes chansons au public dans toute leur simplicité.

Clip de "L'amour des lamentations".

Tu as l’air de t’être bien éclatée à tourner le clip de « L’amour des lamentations ».20024_823113511070807_8926457406516641779_n.jpg

Je me suis bien amusé, c’est certain. Je suis ravie que cela se voit.

Tu n’es pas toujours glamour dedans.

Evidemment, dans la vraie vie, je suis à l’opposé de cette nana (rires). Comme pour mon disque, je me suis octroyée l’autorisation de faire ce que  je voulais. L’idée de démarrer le clip en me montrant avec de la crème et des concombres sur la figure est arrivée, je l’ai fait. Non seulement, le réalisateur m’a suivi dans tous mes délires sans jamais me freiner, mais en plus, il m’en a proposé des nouveaux. A un moment donné, on s’est dit que l’on commençait à être dans la surenchère. Nous nous sommes calmés (rires).

Sur le dossier de presse, il y a indiqué : « la fofolle de n’oubliez pas les paroles ». C’est une présentation un peu succincte de ce que tu es vraiment.

C’est un peu ce qui est dominant chez moi. Je ne suis pas que ça, mais je suis beaucoup ça. J’aimerais bien que les gens repartent de mon concert, comme s’ils avaient passé une super soirée entre amis où on se change les idées. Ce que l’on me dit souvent, c’est que l’on s’amuse tellement qu’on ne voit pas du tout le temps passer. C’est évidemment le plus beau des compliments.

Dans N'oubliez pas les paroles, Nagui demande à Magali de chanter sa propre chanson, "J'aime pas ta chanson".

valérie cuscito.jpgEnvisages-tu ce métier comme une mission. La mission de divertir, donner du bonheur aux gens.

J’ai effectivement envie de donner du bonheur aux gens, mais aussi de prouver que l’on peut exister par soi-même sans rester dans des cases bien catégorisées.

J’ai aussi l’impression que tu as envie de prouver aussi que l’accordéon n’est pas un instrument ringard. Je me trompe ?

Non, complètement. Je le sors des sentiers battus. J’essaie de montrer toute la modernité de cet instrument.

C’est quoi ta musique, finalement ?

De la chanson française pop rigolote, mais pas seulement.

Es-tu déjà dans la création du prochain ?

Oui, je n’arrête pas de noter des brides de chansons, des titres, des thèmes. J’ai des esquisses de textes, des passages mélodiques et harmoniques sont déjà enregistrés. J’ai déjà une petite ossature sur laquelle je compte me pencher cet été. J’aurai le temps de laisser libre court à cette création-là.

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Malgré ta petite notoriété, c’est difficile de s’imposer dans ce monde de la chanson, non ?11072061_830870413628450_681632984693923750_n.jpg

C’est un travail de titan et rien n’est jamais gagné. Tout reste à faire tout le temps. A aucun moment, je n’ai cru que, parce que j’étais visible dans une émission de télé, on allait me dérouler un tapis rouge en me disant qu’on attendait mon album avec impatience. Cela dit, je n’avais pas mesuré le travail que ça allait nécessiter. Je veux prouver que je suis une artiste en développement au même titre que plein d’autres artistes. J’ai cette chance d’être visible en tant que musicienne dans une émission quotidienne, mais je suis obligée de reconnaître que c’est handicapant auprès des médias qui ne me considère que comme la nana de N’oubliez pas les paroles. Avec mon attachée de presse, Valérie Motté, on essaie de prouver que je suis aussi une artiste avec son répertoire et sa personnalité. Il faut déplacer des montagnes.

photo géraldine sabina.jpgLe succès doit venir quand il doit venir.

Oui, mais j’évite de me rentrer ce genre de discours dans la tête parce que ça peut faire perdre du temps. Il ne faut pas attendre. Il faut être réceptif à tout pour ne pas perdre une occasion d’avancer et de faire découvrir ta musique.


Tu es optimiste pour l’avenir ?

Oui. J’ai la pêche. Quand je me retourne et que je regarde mon petit parcours, je trouve que c’est déjà pas mal… ce qui ne m'empêche pas de me donner les moyens d’aller plus loin. J’ai de grandes ambitions, mais je ne veux pas être esclave d’elles.  

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Le 26 avril 2016 à Webedia.

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