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11 mai 2016

Julien Jouanneau : interview pour La dictature du bien

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Si le nouveau livre de Julien Jouanneau, La dictature du bien, était signé Guillaume Musso, il serait immédiatement numéro 1 des ventes (et ce serait mérité). Cette histoire de deux hommes que tout oppose, Antoine et Madji, qui deviennent des justiciers qui œuvrent pour le bien est absolument jouissive. Jouanneau part du postulat simple que l’homme fait plus souvent le mal que le bien. Il a donc mis en scène deux héros qui n’ont plus rien à perdre et souhaitent remettre dans le droit chemin ceux qui sèment le mal sur leurs passages.

Belle idée, belle histoire. Sa dictature, on s’y soumet avec un immense plaisir.

Le 30 mars dernier, Julien Jouanneau est venu à Webedia pour une troisième mandorisation (lire la première ici et la seconde ).

1507-1.jpgRésumé :

C’est à l’hôpital que les destins de ces deux hommes se croisent. L’un est condamné. L’autre est ­convaincu de l’être.

Parce qu’ils n’ont plus rien à attendre, ils ­s’interrogent sur la meilleure façon d’utiliser le temps dont ils disposent. Le romancier nous questionne : que ­ferions-nous si nous étions voués à ne plus rien espérer pour nous-mêmes ?

Antoine et Madji tergiversent peu : ils vont faire le Bien. Démarre ainsi une quête peu ­banale, qui consiste à ­offrir une victoire aux victimes et aux perdants de la vie. Chaque nuit, ils « empruntent » une ambu­lance et partent à l’assaut de la misère, de l’injus­tice et de la vilenie : donner une leçon au type valide qui se gare sur une place réservée aux handi­capés, exaucer le dernier vœu d’un mourant, retrouver un amour Photo Jouanneau 5 couleurs Crédit Pascal Mary.jpgperdu…

Plus rien à perdre ! est leur mantra. On a envie de leur ­répondre Tout à gagner à lire ce livre, qui évoque une  solidarité collective, éclairée et joyeuse.

L’auteur :

Julien Jouanneau est né en 1980. Passionné de cinéma et de télévision, journaliste et écrivain, il est chef des infos du site de L'Express.

Il a publié plusieurs ouvrages, dont le plus récent s’intitule L’effet postillon et autres poisons quotidiens, paru chez Rivages en 2014.

P1000645.JPGInterview :

Tes deux héros veulent faire le bien, mais parfois en faisant du mal. Ce n’est pas un peu paradoxal ?

Quand tout va mal, il faut bien agir, quitte à utiliser des méthodes extrêmes. Et de manière générale, faire le mal est plus facile que faire le bien. En dépit de toutes les tentatives de faire des choses positives, on arrive toujours à une impasse, finalement. J’ai essayé de montrer que dans certaines situations, on peut faire le bien facilement et dans d’autres, moins facilement, dans d’autres encore, plus difficilement. Mais à chaque fois, on peut le faire. Plus généralement, le mal, le bien, ça dépend sous quel angle on se place.

Antoine et Madji, ils sont extrêmes quand même !

Oui, mais extrêmes originaux. J’ai voulu rendre hommage aux « vigilante movies » (films qui mettent en scène unjulien jouanneau,la dictature du bien,interview,mandor ou plusieurs personnages qui vont se substituer à la loi d'un état où pays, et vont juger, condamner et faire appliquer la peine aux criminels hors de tout cadre légal.) J’aime les films de justiciers. On a tous le fantasme de se faire justice soi-même. Je crois que mes lecteurs vont se placer derrière la philosophie de mes deux héros. On a tous en nous une petite étincelle sombre.

Que voulais-tu démontrer ?

Qu’il y a des gagnants parfois, mais qu'il y a toujours des perdants. Est-ce que c’est le mal ou le bien qui triomphe à la fin? 

Ton livre a failli s’appeler Les états généreux. C’est une référence aux états généraux de 1789 ?

Oui, exactement. Il y a dans ce livre beaucoup de discrètes références à la Révolution Française. Le peuple est avec mes deux héros. Il les suivent avec une confiance absolue. Quand l’un d’eux monte sur la table, c’est ce qu’a fait Camille Desmoulins. (Note de Mandor : se promenant dans les jardins du Palais-Royal, apprenant le renvoi de Necker, Desmoulins monte sur une table et, oubliant ses difficultés d'élocution, se met à haranguer la foule, lui donne pour signe de ralliement une feuille verte cueillie sur les arbres et lance l'idée de prendre la Bastille). 

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Je verrais bien ce livre devenir un film.

Une série pour la télé, ce serait pas mal. A chaque épisode, mes deux héros justiciers seraient chargés de régler un problème. Cette histoire est déclinable à souhait.

Il y a un peu de Kubrick dans ton livre.

C’est bien que tu aies vu ça. Le lion, le clown, en effet, c’est très Kubrickien. J’ai distillé plein de références cinématographiques. Mon livre, c’est un mélange de La ligne verte, Terminator et des Valseuses.

julien jouanneau,la dictature du bien,interview,mandorIl y a aussi des références un peu littéraires. J’y ai vu du Vian. Comme lui, tu ajoutes du merveilleux dans le quotidien.

Merci de remarquer cela. C’est tout à fait cela et j’ai souvent pensé à lui.

Que souhaites-tu en tant qu’auteur. Etre reconnu ?

Etre lu serait déjà pas mal. Ce n’est pas un souhait énorme. J’ai envie de faire rêver, d’émouvoir et de captiver mes lecteurs.

J’ai lu tous tes livres et aucun ne ressemble à un autre.

Je cherche mon style, ma voie/voix. J’essaie tout, je tâtonne.

Considères-tu que La dictature du bien est ton meilleur livre ?

Non. Je serai encore plus fier du prochain.

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Le 30 mars 2016, après l'interview.

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