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29 avril 2016

Claire Favan : interview pour Serre moi fort.

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Claire Favan, de livre en livre, devient notre Stephen King à nous. Elle ne se contente pas d’écrire des thrillers d’une efficacité redoutable, elle prend un malin plaisir à nous terroriser. Elle l’assume, comme elle me le disait dans sa deuxième mandorisation : « Je pense toujours à ma mère qui, un jour, a refermé un livre de Stephen King en disant : « C’est génial ! C’est l’histoire d’un tueur en série. Je n’avais jamais lu un livre comme ça ! ». Ce jour-là, elle m’a donné une deuxième naissance. » 

(La première mandorisation (où elle n'était pas toute seule) est .)

Dans ce 5e roman, Serre moi fortClaire Favan nous raconte l’enquête du policier Adam Gibson sur un charnier où toutes les victimes sont des femmes. Une fois de plus, Claire ballade le lecteur dans tous les sens. Son nouveau thriller est d'une noirceur à vous couper le souffle. Le 15 mars dernier, je suis allé la rejoindre dans un bar parisien pour évoquer ce nouveau livre (notamment).

claire favan,serre moi fort,interview,mandor4e de couverture :

« Serre-moi fort. » Cela pourrait être un appel au secours désespéré.
Du jeune Nick, d'abord. Marqué par la disparition inexpliquée de sa sœur, il est contraint de vivre dans un foyer brisé par l'incertitude et l'absence. Obsédés par leur quête de vérité, ses parents sont sur les traces de l'Origamiste, un tueur en série qui sévit depuis des années en toute impunité.
Du lieutenant Adam Gibson, ensuite. Chargé de diriger l'enquête sur la découverte d'un effroyable charnier dans l'Alabama, il doit rendre leur identité à chacune des femmes assassinées pour espérer remonter la piste du tueur. Mais Adam prend le risque de trop, celui qui va inverser le sens de la traque. Commence alors, entre le policier et le meurtrier, un affrontement psycho logique d'une rare violence...

Ce qu’ils en disent :

« Monstrueusement magistral, horriblement bon ! » Bruno Lamarque, Librairie de la Renaissance, Toulouse.
« Intime, violente, déroutante, l'intrigue de Claire Favan s'enroule autour du lecteur tel un serpent. » Olivier Norek, auteur de Code 93,de Territoires et Surtensions.claire favan,serre moi fort,interview,mandor
« Une des grandes du polar français ! » Gérard Collard, librairie La Griffe noire, Saint-Maur.

L’auteure :

Née à Paris en 1976, Claire Favan travaille dans la finance et écrit sur son temps libre. Son premier thriller, Le Tueur intime, a reçu le Prix VSD du Polar 2010, le Prix Sang pour Sang Polar en 2011 et la Plume d'or 2014 catégorie nouvelle plume sur le site Plume Libre. Son second volet, Le Tueur de l'ombre, clôt ce diptyque désormais culte centré sur le tueur en série Will Edwards. Elle a également participé aux recueils de nouvelles du Collectif des auteurs du noir : Santé !, Les Aventures du concierge masqué et Irradié. Après les succès remarqués d'Apnée noire et de Miettes de sang, Claire Favan nous revient avec un thriller d'une noirceur absolue : Serre-moi fort.

claire favan,serre moi fort,interview,mandorInterview :

Par rapport à notre précédente rencontre, les choses ont évolué pour toi. Tu commences à te forger une belle réputation. Comment vis-tu cette nouvelle notoriété ?

Je le vis raisonnablement parce que je sais que rien n’est gagné et qu’on ne peut pas plaire à tout le monde. Je prends les bonnes choses comme elles arrivent, mais je reste prudente et je ne me relâche pas. La notoriété t’apporte aussi des regards moins bienveillants, je suis en train de le remarquer.

Je trouve que ça va très vite pour toi. Est-ce que ce qui t’arrive te donne confiance en toi ?

Chaque livre est un nouveau pari. Une fois que ton plus récent roman est cautionné, tu n’as plus qu’à recommencer sur le suivant. Ça donne confiance, certes, mais il y a quand même toujours une part de frissons.  

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claire favan,serre moi fort,interview,mandorEn lisant tes thrillers, j’ai remarqué que tu prends un malin plaisir à manipuler les lecteurs.

C’est le travail d’un auteur de polar. J’écris sur les tueurs en série et, à priori, tout a déjà été écrit sur eux. Quand j’écris je me demande jusqu’où je peux aller pour sortir des sentiers battus. Ma priorité est d’écrire des livres qui parviennent à me surprendre moi-même. Je ne veux pas de sentiments de « déjà lu ».

Pourquoi mets-tu en scène toujours des tueurs en série ?

Ça fait partie un peu de mon image désormais. Et puis, je ne pourrais pas écrire une histoire policière basique… Je n’ai pas fait d’études ou de recherches dans ce domaine, je ne suis pas tueuse en série, mais ces criminels m’intéressent beaucoup, je ne sais pas pourquoi. A chaque livre, je trouve un angle différent pour expliquer le pourquoi du comment des actes commis.

Je sais que tu as rencontré le spécialiste mondial des tueurs en série, Stéphane Bourgoin. Lui as-tu poséclaire favan,serre moi fort,interview,mandor des questions sur ce qu’il y a dans la tête de ce genre de tueur ?

Non, parce que lui est vraiment dans la vérité, moi dans la fiction. Je ne prétends pas être autre chose qu’une romancière, mais je tente de faire en sorte que mes explications tiennent la route psychologiquement parlant. Je fais tout pour être crédible.

Il y a quelques scènes très émouvantes dans ton livre. Notamment quand le fils de la famille s’occupe de ses parents qui se laissent dépérir après la disparition de leur fille.

Stephen King, notre maître à tous, prend toujours des gens dans le quotidien pour tout bouleverser de manière fantastique. Il raconte un peu leur vie, cela permet que tous les lecteurs se sentent concernés. C’est ce que je fais également. Il faut que l’on soit touché par le sort des uns et des autres, que l’on soit presque dans l’empathie.

Mais, tu aimes bien, aussi, traumatiser le lecteur.

Je ne veux pas le traumatiser, mais l’idée de le secouer ne me dérange pas (rire).

Comment vis-tu la phase de création ?

Je ne la vis pas dans la sérénité, ça se rapproche même de la souffrance. Avant, quand j’avais le temps, j’écrivais des livres soupapes non publiés pour me libérer l’esprit. Aujourd’hui, je n’ai plus le temps.

claire favan,serre moi fort,interview,mandorLes histoires qui sont dans ta tête, ne parasitent-elles pas ton quotidien ?

Il y a des auteurs qui disent que quand ils écrivent, ils ne peuvent pas lire. Moi, je peux. Ce que je lis ne va pas m’influencer. La journée, je suis responsable, j’encadre des gens, je construis des dossiers, il faut que je sois concentrée. Le soir je rentre, il faut que je sois disponible pour ma famille. J’ai une bonne faculté à compartimenter. J’arrive devant mon ordinateur, je sais que c’est pour bosser, donc je bosse.

Tu es toujours dans la banque. Il n’y a pas un moment où tu vas devoir faire un choix entre la littérature et la finance ?

Je ne le souhaite pas. Le doute fait partie de mon travail, mais si je n’avais que du doute, j’imploserais en vol. Et puis, pour être sincère, actuellement, je ne vends pas suffisamment pour me le permettre. Je ne me plains pas, mais là, c’est encore un peu tôt (rire).

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Le 15 mars 2016, après l'interview.

Bonus :

La chronique de Gérard Collard sur Serre moi fort.

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