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05 janvier 2016

Selim (Joseph Chédid) : interview pour son album Maison Rock et l'album familial des Chédid

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Selim se prénomme en fait Joseph. Il est le cadet de la famille Chédid.  Le fils de Louis, frère de Matthieu (-M-) et d’Anne (Nach) est un multi-instrumentiste que l’on a entendu aux côtés d'Arthur H, Thierry Stremler, Chat, Luce ou encore de Mathieu Boogaerts… puis on l’a beaucoup remarqué lors de la récente tournée familiale Chédidienne. Une famille, un nom, une vie musicale : un héritage comme un trésor, mais pas seulement, une obligation d’exigence aussi, et de différence. Il ne manquait plus qu'à Joseph Chedid de sortir son propre disque. C’est ce qu’il vient de faire sous le nom de Selim, son deuxième prénom avec Maison Rock. Un original premier album teinté de house rock, d’électro et d’ambiances psychédéliques inspirées des seventies.  

Le 15 octobre, en plein MaMA, le rendez-vous incontournable des pros de l'industrie musicale, nous nous sommes arrêtés un moment pour faire le point sur la sortie de son disque, celle de la Chédid family et sur sa vision de la musique.

joseph chédid,selim,maison rock,interview,mama,mandorBiographie officielle, mais écourtée :

Lorsqu’on lui demande de décrire son style, Selim répond « rock pour l’énergie, psychédélique pour la rêverie poétique, électronique pour la technologie, pop pour les Beatles, français pour les racines… »

Au commencement de son projet et de ses arrangements, tiraillé entre le rock et la house, Selim décide de composer avec les deux. Son premier album devait s’appeler House Rock. Il sera, en fin de compte, baptisé Maison Rock. Parce qu’en français, « Maison » parle d’autres choses encore, dont sont aussi faites ce disque : un enregistrement réalisé à la campagne, d’un seul trait. Comme un torrent, c’est tout un univers intérieur qui se décide à éclore dans ce premier opus. Il joue de presque tous les instruments et choisit de garder les prises dans leur intégralité. Aucune coupe de montage ni sur les instruments ni sur les voix ne sera faite pour ce premier album. Il opte pour une boulimie de directions : guitare, clavier, batterie, chœur, chansons, arrangements, production…« tout ou rien » grâce auquel sa couleur musicale se distingue. Chaque prise est unique et cette fragilité qui laisse passer les failles et les imperfections fait de Selim un artiste unique et libre surtout.

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(Photo : Edouard Burgeat) 

joseph chédid,selim,maison rock,interview,mama,mandorInterview :

Je t’ai vu à l’Olympia avec toute ta famille. C’est unique et dingue comme expérience à vivre, non ?

Ça fait partie des choses assez magiques qui peuvent arriver dans une vie.

Vous n’êtes pas nombreux à pouvoir vivre ce genre d'aventure musicale.

C’était une expérience incroyable et j’ai toujours du mal à en parler. Ce que nous avons vécus est tellement vaste et riche. Vivre une tournée avec sa famille, j’ai conscience du caractère exceptionnelle de la chose, surtout quand on est, comme moi, en plein apprentissage. Je suis en début de carrière solo, ça m’a appris plein de choses et j’ai pu accéder à des salles que je n’aurais jamais pu occuper si tôt. J’ai pu chanter mes propres chansons devant des salles combles. Je ne te parle même pas du ressenti vécu et du renvoi des émotions du public. C’était proprement inouï. Je me suis retrouvé dans des états incroyables... et très agréables.

F.O.R.T. premier single extrait de l'album studio de Louis, Matthieu, Joseph et Anna CHEDID (sortie le 23 octobre 2015)

Vous avez tous une cote de sympathie énorme de la part du public. Tous les quatre, vous avez été traités de la même façon, sans discernement. J’ai trouvé ça beau.

Je pense que c’est parce que nous allons tous dans le même sens. Ce n’était pas un coup marketing et le public l’a senti. C’est parti d’une sincérité, d’une impulsion, d’une envie irrépressible. Ce qui est surréaliste, c’est de se dire : « ça pourrait être génial de chanter ensemble et partir sur les routes ». Se permettre de le faire dans d’excellentes conditions et qu’en plus, les gens se déplacent et apprécient, c’est jubilatoire !

Je connaissais ta sœur, ton frère et ton père. Tu étais le seul dont je ne savais pas grand-chose. Après l’Olympia, ça m’a donné envie d’aller voir sur Internet ce que tu faisais. Cette tournée familiale est un bon coup de projecteur.

J’ai la chance d’avoir cette famille composée d’artistes talentueux, ouverts et dans le partage. Il est clair que j’en ai bénéficié. Pour le public, j’étais celui que l’on connaissait le moins, mais le public a été extrêmement bienveillant envers moi. Mon album s’appelle Maison Rock, c’était ma maison rock tout ça ! Le centre de Maison Rock, ça a été cette tournée, en fait.

Selim : clip officiel de "Les Sirènes".

Si tu avais enregistré cet album après la tournée des Chédid, il aurait été différent ?

Non, je ne pense pas. Mais je suis très content de l’avoir enregistré avant. C’était une photographie de ce que j’étais à ce moment-là, avant cette sublime expérience. Maintenant que j’ai appris beaucoup de choses, j’ai très envie d’enregistrer un autre album. Ça va être intéressant de voir l’évolution entre les deux. Ce premier disque est vraiment un disque sans concession, je me demande bien comment je vais aborder le suivant.

joseph chédid,selim,maison rock,interview,mama,mandorTu as fait cet album complètement seul, dans le studio de ta maison à la campagne.

J’ai fait le disque que j’avais envie de faire. C’était important pour moi de ne pas filtrer parce qu’on est dans une époque très marketée et calibrée. Je n’ai pas cherché à me démarquer, encore moins de mon frère. On chante tous les deux dans les aigus et on n’y peut rien. On peut faire le lien entre nos physiques et nos deux voix, je le comprends, mais je m’en moque. Mon but n’est pas de prouver que je suis quelqu’un d’autre que mon frère. Pour moi, c’est une évidence.

Une évidence, vraiment ?

Après, je ne dis pas que ça n’a pas été un long travail pour le comprendre, pour le digérer et l’ancrer en soi. Avec le regard des autres et le jugement, c’est un sacré travail, je t’assure (rires). L’idée, c’était d’être sincère. J’avais quelque chose en moi qu’il fallait que je sorte. Cela faisait 27 ans que je mûrissais des sons, des chansons, alors, à un moment, j’ai décidé d’expérimenter mes idées… j’ai fait ce premier album. Instinctivement et sans me poser de question, j’ai essayé de traduire une époque de ma vie. Cette grande époque de ma vie se résume en 10 chansons et 35 minutes.

Selim : clip officiel de "Paranoïa". 

Quel regard portes-tu sur cette « Maison Rock » ?

Je dois t’avouer que j’en suis assez fier. J’ai l’impression que cet album est assez personnel.

Si on écoute l’album de Selim, connait-on Joseph Chédid ?

On a pas mal de clés, mais les choses sont un peu dans le désordre. Le concert Maison Rock est un peu là pour remettre l’histoire dans l’ordre, ce qui permet de comprendre mieux qui je suis.

La création d’un disque, c’est un puzzle ?

Plus que ça. C’est architectural! Là, je vais faire une grande palissade très fine et soudain, une montagne, après je remets du gravier, ensuite, une montagne. La montagne, ça pourrait être le refrain. Après, on repart sur une pente descendante très longue, puis un mur de brique.

Louis, Matthieu, Joseph et Anna Chedid interprètent en live le titre "Egomane" issu de leur album commun dans Le Grand Studio RTL. Une émission présentée par Eric Jean Jean.

En ce moment, tu fais la promo à la fois de ton disque personnel et de celui avec ta famille. Il y a un côté schizo dans ta vie ?

Ça me dynamise. J’ai besoin d’être en action et de ne jamais faire la même chose. Je ne joue pas le même rôle quand je suis avec mon père, ma sœur et mon frère. Je suis plus exposé. Ce n’est pas toujours facile, mais j’ai gagné énormément de terrain avec cette tournée familiale. Je crois qu’il faut profiter de la vie.

Ton disque est sorti il y a un an sur internet en édition limité.

Oui, j’en ai vendu 550 moi-même. Il est sorti dans une maison de disque le 4 septembre 2015 et aujourd’hui, il est dans les magasins. Beaucoup de gens du métier n’y croyaient pas, certains m’ont dit de tout refaire parce qu’il n’était pas suffisamment radiophonique…

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Ta musique est moins abordable que celle de Matthieu, non ?

Je crois plutôt que c’est une histoire de porte d’entrée. On rentre dans un univers quand on a les clés de la maison, ensuite, on s’amuse. Là, j’en suis à un stade où les gens ne savent pas par quelle porte rentrer dans la maison.

Ta sœur Nach, elle, a très rapidement identifiée son style.

Elle a ouvert la porte plus que moi et, en tant que femme, elle se définie directement. Elle se dissocie, alors que moi, je suis frère, je suis fils… ce n’est pas pareil. Ce qui est génial, c’est que ça fait partie du parcours et de la construction. Si on ne s’affranchit pas de ses choses-là, il ne faut pas se lancer dans ce métier parce que ce n’est pas vivable.

Ça y est, tu t’es affranchi ?

J’ai envie de te dire vraiment oui, mais c’est encore un sujet qui touche ma sensibilité. Disons que je suis affranchi de tout ça à 90%. Ça me permet de vivre très bien, mais il reste une petite marge de fragilité parce que je suis en train de me construire et parce qu’il y a beaucoup de choses qui se passent actuellement.

"On ne dit jamais assez aux gens qu'on aime qu'on les aime ", extrait de l'album studio de Louis, Matthieu, Jospeh et Anna CHEDID.

Quand j’ai vu le concert, j’ai pensé à ta grand-mère, Andrée Chédid, que je connaissais un peu. Elle me parlait de ton frère et de son fils avec une grande admiration artistique. Ta sœur et toi ne chantaient pas professionnellement à l’époque. J’ai imaginé qu’elle puisse vous voir tous les quatre réunis.

Il faut voir les croyances de chacun, mais elle doit bien en profiter de là-haut. Tous, nous avons bien senti qu’elle n’était pas loin. Ce sont des énergies tout ça.

Chanter, c’est aussi donner de l’énergie. 

Quand je chante, j’ai envie que les gens soient touchés au cœur, qu’ils soient enveloppés dans une émotion et que ça leur donne de l’énergie pour construire plus beau le monde de demain. C’est mon objectif.

Le propre des artistes est de donner du bonheur aux gens, de les faire rêver. C’est ce que vous avez parfaitement réussi tous les quatre.

Il faut continuer à toucher les gens, à s’engager, mais s’engager, prendre parti intelligemment et constructivement. Il faut faire quelque chose pour que ce monde change. Il faut inverser la vapeur en distillant de l’énergie positive. Je souhaite plus de conscience, de confiance, de savoir, de transmission, de partage. Nous avons tous des choses à apprendre les uns des autres. Il y a une richesse tellement incroyable en nous, que je ne comprends pas pourquoi l’homme est ainsi. Ce monde nous dépasse.  

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Le 15 octobre 2015, selfie prise par Selim à l'issue de l'interview. 

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