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07 octobre 2015

Hippocampe Fou : interview pour la sortie de ☆ CÉLESTE ☆

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Hippocampe Fou, fine et inventive plume du rap français, revient avec l’album CÉLESTE . L’artiste extrêmement doué se surpasse techniquement et s'accompagne de textes aérés et de refrains aériens. Voyages, vie quotidienne, expériences personnelles, désillusions, religion, sont quelques-uns des thèmes traités sans ego trip ni vulgarité avec subtilité, poésie et créativité. C’est finalement assez rare pour que ce « détail » soit signalé.

Le 29 juillet, Hippocampe pas si Fou que ça est passé à l’agence pour une mandorisation en règle.

hippocampe fou,celeste,interview,mandor,video rapBiographie officielle (très raccourcie) :

Après avoir exploré les fonds marins avec °°AQUATRIP°°, rencontré un public nombreux et enthousiaste, ce grand enfant d’Hippocampe Fou, toujours dans la lune refuse de quitter son pays imaginaire et nous invite à un voyage insolite et surréaliste, à la recherche de l'extase, avec son nouvel album ☆ CÉLESTE ☆. Accompagné de productions musicales redoutables, Hippo manie flows, jeux de mots et story-telling avec une dextérité surprenante. Sa langue affûtée bouscule l'imagination et suscitent la réflexion en visitant un nouvel espace : le Ciel. Suivi de très près sur le net (avec 5 millions de vues sur sa chaîne YouTube), Hippo livre un album pétillant qui revient avec humour et profondeur aux sources du rap français.

Amoureux des images et des mots, avide d'évasion, dans ce nouvel opus Hippo déroule ses chansons comme des courts-métrages. Ce conteur moderne explore une multitude de style : mélancolique ("Las Estrellas"), romantique ("Mes échecs"), introspectif ("Si j'étais..."), onirique ("Presque rien"), burlesque ("La grande évasion"), historique ("Chasse aux sorcières"), grotesque ("Chorale des orphelins à la langue coupée"), autobiographique ("Arbuste généalogique »)... Artiste protéiforme, il soigne le fond et la forme.

Reconnu pour son flow fluide au débit ultra rapide, sa technique qui oscille entre slam et rap, il hippocampe fou,celeste,interview,mandor,video rappeut se vanter de réussir à rapper sur tout type de rythme et de bpm. Classé 2ème sur la liste des rappeurs français possédant le vocabulaire le plus large, selon le Huffington Post, Hippo maîtrise assonances, allitérations et métaphores percutantes, ce qui en fait un MC complet.

Dans ce nouvel album, des oreilles curieuses pourront croiser, entre autres, les métaphores du sage Gaël Faye, le flow inimitable des Américains The Procussions, les chœurs des sirènes Mary May & EMJI (qui a remporté l'édition 2015 de la Nouvelle Star), la flûte traversière enchanteresse de Marine Thibault (Cat's Eyes), l'harmonica du virtuose Greg Zlap et même un refrain chanté par le père d'Hippo : Francisco Gonzalez.

Avec ☆ CÉLESTE , l'homme derrière le cheval de mer se réinvente. Il a grandi, déterré ses émotions et s'aventure dans les sombres recoins de notre existence. À la manière d'un Charlie Chaplin, Hippo y défend un rire empreint d'émotion. Son style populaire, intemporel est toujours à la recherche de l'inédit. Créer l'extraordinaire en détournant l'ordinaire.

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hippocampe fou,celeste,interview,mandor,video rapInterview :

Tu vis de ta musique, ce n’est pas donné à tout le monde.

Depuis quelques années, je suis intermittent du spectacle. Entre les concerts et les ateliers, j’arrive à vivre de mon art.

Tu as fait des webs séries sur YouTube. Cela a largement contribué à ta notoriété.

C’est partie d’une envie de m’amuser avec mes proches dans un premier temps et avec les gens, par la suite. La web-série « Video rap » a bien plu. En 2009, ça a fait pas mal de bruit, notamment grâce au réalisateur de la web série, Le visiteur du futur », François Descraques. Il a partagé sur son blog quelques épisodes, ce qui a eu pour effet de me ramener beaucoup de gens, dont certains sont restés fidèles. Je suis passé de 300 vues à 10.000. A partir de ce jour-là, c’est devenu plus sérieux et moins confidentiel.

Video Rap: "Chez moi y a un Lama" (2010).

J’ai regardé pas mal de tes vidéos. On sent une âme de comédien.

J’aime bien jouer des scénettes humoristiques qui amènent quelque chose de plus sérieux derrière. J’aime jouer le passage du looser au brillant rappeur. Je suis un mix de ces deux personnages.

Dans tes vidéos et dans tes chansons, je sens de l'ironie et du second degré.

C’est sans doute une forme de pudeur. Je ne fonctionne pas en disant les choses frontalement.  Même dans le quotidien, quand quelque chose va mal, je suis plus du genre à lâcher la petite phrase cynique ou ironique qui parfois peut mettre mal à l’aise les gens… mais je suis comme ça.

Clip de "La grande évasion" (en duo avec Céo).

Dans « La grande évasion », sous couvert d’une chanson un peu délirante, le fond est triste.

On ne rigole jamais autant que quand c’est dramatique. Moi, j’aime bien aller carrément dans le burlesque. C’est le principe des films de Chaplin ou de Buster Keaton. Il y a toujours la notion de souffrance, mais avec le sourire.

Présente nous Céo.

C’est mon acolyte scénique. Je ne voulais plus être seul sur scène parce que je commençais à faire de gros concerts. Il est beatmaker, graphiste, rappeur entre autres. Sur « La grande évasion », c’est lui qui a fait l’instru.

Il y a des guests tel que Gaël Faye (mandorisé là) dans "Presque rien" par exemple.

Lui, il a la métaphore très facile. Je lui ai proposé le feat trois semaines avant qu’on l’enregistre et il a commencé à écrire sa partie dix jours avant. Il y a plein de belles images et de jeux de mots d’une finesse rare. Il écrit très bien et j’ai beaucoup d’admiration pour lui.

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 Gaël Faye et Hippocampe Fou.

Toi aussi tu joues avec les mots comme personne.

J’aime jouer sur différents lexiques, entrechoquer les mots, jongler avec. Je joue entre le sens et la forme.

Le son des mots, c’est un instrument de musique ?

Bien sûr. Je suis le fils d'un guitariste et compositeur colombien. Je l’ai vu travailler ses gammes et morceaux très longuement. Il avait des problèmes de vue, il ne pouvait pas lire les partitions, donc il devait mémoriser les morceaux en les jouant sans cesse. Il a voulu m’apprendre la guitare, mais ça m’ennuyait et ça me faisait mal aux doigts, j’ai donc refusé. Du coup, quand j’ai commencé à m’intéresser à la possibilité de raconter des histoires avec des mots qui peuvent groover, je me suis dit qu’il était possible de vivre en devenant conteur. Je savais que j’allais pouvoir faire sonner les mots, comme mon père pouvait faire sonner les cordes de sa guitare.

Le mot « conteur » te convient bien.

A ma disparition, j’aimerais bien que l’on place « conteur » sur ma tombe. Je trouve ce terme ultra classe.

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Que pense ton père de ton travail ?

Alors que je finissais mes études de cinéma, je suis parti en Colombie avec lui pour faire un documentaire sur sa personne. Je voulais faire un film sur la composition, la musique et l’exil. Pendant ce voyage, je lui ai fait écouter deux morceaux dont j’étais fier. Il m’a dit qu’il trouvait ça bien et m’a encouragé à en faire d’autres. Aujourd’hui, je vis de ma musique, je sors mon deuxième album et je suis très heureux.

Tu as commencé en animant des soirées slam.

C’était des années avec des hauts et des bas. Alors que je faisais deux heures de textes et d’impro, il m’arrivait, à la fin d’une soirée, de repartir avec une fortune. Deux euros (rire). Quand on a connu ce genre de galère, on est content quand une vingtaine de personnes, qui ne sont pas tes amis, se déplacent pour venir te voir à un concert. Aujourd’hui, j’alterne les gros festivals, les grosses scènes et des trucs plus intimes.

Tu fais aussi des ateliers d’écriture.

Je me retrouve face à dix jeunes qui ne me connaissent pas et qui ont leurs propres références. Je dois les convaincre avec un morceau qu’ils n’ont jamais écouté que ce que je fais est bien et que l’on va faire des trucs cools ensemble. J’ai une pression soudaine qui est plus grande que si j’étais devant 1000 personnes.

"Freestyle Céleste"

Il n’y a pas un clip de toi qui ressemble à un autre. Pourquoi ?

Je travaille toujours avec des gens différents qui ont des savoir-faire personnels. Je ne veux pas refaire deux fois le même clip. Je veux surprendre le public. Je cite souvent Kubrick et Lars Von Trier qui sont deux de mes réalisateurs cultes. Ils ont su se renouveler à chaque film et proposer une forme cinématographique différente. J’aime les gens qui savent se réinventer.

Chez les chanteurs, tu peux me donner des exemples ?

Oui, Camille. A chaque album, elle a su changer de style de manière inattendue.

Entre °°AQUATRIP°° et ☆ CÉLESTE ☆, il y a un monde ?

L’eau de mer s’est évaporée, ça a formé des petits nuages et moi, en tant que créature aquatique, j’ai sorti mes petites nageoires de l’eau, des petites pattes ont poussé et j’ai commencé à marcher sur la terre ferme et j’ai regardé les nuages. L’idée de cet album, ce n’est pas de partir dans les plus lointaines galaxies, c’est simplement l’envie d’aller au-delà des nuages. Il y a une envie de rêver éveillé en marchant sur les nuages avec l’auditeur.

Il y a différents niveaux de lectures dans tes textes.

Oui, je m’amuse un peu, mais j’ai quand même du mal à être trop abstrait. Il y a certains artistes que je ne saisis pas. Par exemple Christine and the Queens, il y a des chansons que j’aime beaucoup, mais je ne comprends pas toujours ce qu’elle veut dire. C’est un peu trop ésotérique pour moi. J’ai envie que les gens comprennent ce que je raconte et que l’image soit claire. J’aime emmener les gens dans mon univers, de temps en temps, au détour d’une phrase, les perdre et puis finir par les récupérer. J’aime déconcerter, mais en douceur. Si j’étais une œuvre, je serais plus au Louvre qu’au Palais de Tokyo.

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Pendant l'interview...

Tu as du mal à trouver tes rimes ou c’est plutôt facile ?

Je recherche les punchlines. Il faut que ça sonne au niveau des allitérations et des assonances et, en même temps, il ne faut pas que ce soit juste un jeu sonore, il faut que cela veuille dire quelque chose de bien. Comme je dis dans le freestyle « Céleste » : «quand j’écris, je réfléchis jusqu’à ce que je sue. » Je cherche toujours le juste mot.

A quel public t’adresses-tu ?

Mon but n’est pas d’être le plus technique des rappeurs, mais de raconter des .histoires dans lesquels un petit de 4 ans, quelqu’un de l’âge de mes parents ou une personne âgée puissent se retrouver à un moment… et reconnaître la poésie que j’y mets tout en restant fidèle à mes envies.  

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Après l'interview, dans la cour de l'agence, le 29 juillet 2015.

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