Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

« 2015-08 | Page d'accueil | 2015-10 »

29 septembre 2015

Arnaud Balvay et Nicolas Cabos: Interview pour John Ford et les indiens

arnaud balvay,nicolas cabos,john ford et les indiens,navajos,interview,mandor

Connu pour avoir très mauvais caractère, le réalisateur de western, John Ford, ne s'est pas fait que des amis dans le métier. Il s'est cependant beaucoup attaché aux Indiens qu'il a employés dans une dizaine de ses films. Des Navajos pour l'essentiel, qui l'ont accueilli à Monument Valley, leur vallée sacrée devenue l'un des endroits de prédilection du maître du western. Dans John Ford et les indiens, les deux cinéphiles, Arnaud Balvay et Nicolas Cabos, ont recueilli les témoignages des Navajos et de leurs descendants pour reconstituer un pan de l'histoire du septième art américain et pour brosser le portrait complexe d'un homme bourru. Le regard que porte le cinéaste irlandais sur les Indiens, qui ont longtemps été considérés comme des êtres stupides et alcooliques, a évolué au fil de ses longs-métrages. Après ce livre, on reverra différemment les westerns de ce géant du cinéma.

Le 9 juillet dernier, ces deux érudits, aux propos parfois mordants, sont venus me voir à l’agence pour évoquer ce livre. (Merci à Olivier Portnoi pour la suggestion et la mise en contact entre eux et moi).

arnaud balvay,nicolas cabos,john ford et les indiens,navajos,interview,mandor4e de couverture :

John Ford et les Indiens, c’est l’histoire d’une rencontre.

En 1938, alors qu’il est à la recherche d’un lieu pour tourner La Chevauchée fantastique, qui va relancer le western, John Ford découvre Monument Valley et ses habitants : les Indiens Navajos.

Après ce premier contact, Ford et les Navajos s’illustrent chacun de leur côté pendant la Seconde guerre mondiale avant de se retrouver en 1946 pour La Poursuite infernale. Jusqu’à la fin de sa vie, en 1973, John Ford tournera sept autres films avec les Navajos.

Au cours de ces trois décennies, le réalisateur et les Amérindiens ne cesseront de se découvrir mutuellement et noueront des liens forts et durables. Ces relations feront évoluer les conceptions de Ford au sujet des « Native Americans », modifieront sa façon de les filmer et amélioreront pour un temps la vie matérielle des Navajos.

En s’appuyant sur les archives du réalisateur et des témoignages inédits, le livre raconte cet âge d’or vu des « deux côtés de l’épopée » comme disait Ford.

Les auteurs : arnaud balvay,nicolas cabos,john ford et les indiens,navajos,interview,mandor

Arnaud Balvay est docteur en histoire, spécialiste de l’Amérique du Nord et des Amérindiens. Il a publié plusieurs articles et ouvrages spécialisés (L’Épée et la plume. Amérindiens et soldats des troupes de la marine en Louisiane et au Pays d’en Haut (1683-1763), Québec, 2006 ; La Révolte des Natchez, Paris, 2008). Depuis près de vingt ans, il entretient des relations avec des amis navajos vivant à Phœnix, Flagstaff ou Kayenta.

Nicolas Cabos est professeur de cinéma, chroniqueur, scénariste, auteur dramatique et metteur en scène. Professeur à l’École Supérieure de Gestion, il anime un cours de cinéphilie destiné à des étudiants en master de production audiovisuelle. Co-commissaire de l’exposition Le Cinéma à Saint-Cloud, le rêve et l’industrie, au Musée des Avelines de Saint-Cloud en 2012, il en a également co-signé le catalogue.

arnaud balvay,nicolas cabos,john ford et les indiens,navajos,interview,mandor

Arnaud Balvay et Nicolas Cabos (1er et 3eme à gauche) avec des Navajos à Monument Valley.

arnaud balvay,nicolas cabos,john ford et les indiens,navajos,interview,mandorInterview :

Est-ce que l’on peut dire que Nicolas Cabos est plus spécialisé sur John Ford et Arnaud Balvay sur les indiens d’Amérique du Nord ?

Nicolas Cabos : Le livre raconte la rencontre entre John Ford et les indiens. On peut dire que pour moi, c’était la rencontre avec la culture Navajo que je ne connaissais pas du tout et que pour Arnaud, c’était la rencontre avec John Ford. Il y a eu une complémentarité essentielle.

John Ford n’avait pas l’air d’être un homme facile à vivre.

Nicolas : En effet, c’était un vrai pitbull.

Arnaud Balvay : Il pouvait être aussi un gros con. Un peu raciste parfois.

Nicolas : Uniquement quand il s’était torché la veille, ce qu’il faisait régulièrement. Mais, il ne fallait pas du tout lui désobéir. Ford était extrêmement autoritaire envers tout le monde. Et bizarrement, il ne l’était pas envers les Navajos.

arnaud balvay,nicolas cabos,john ford et les indiens,navajos,interview,mandor

Pourquoi ?

Arnaud : Parce qu’il avait un profond respect pour leur culture très riche. Il était aussi impressionné par leur façon de s’en sortir dans des conditions de vie compliquées.Quand tu découvres une culture jusqu’alors inconnue, tu as souvent un apriori positif… et quand tu as des choses à reprocher à ta société d’origine tu vas projeter tes envies et tes fantasmes sur cette autre culture. Je crois que c’est ce qu’il s’est passé avec John Ford.

Nicolas : Et Ford avait beaucoup de choses à reprocher à sa société d’origine. En fait, plus qu’un sale con, c’était un râleur congénital. Il n’était jamais content de rien, y compris de lui-même. Avec les Navajos, il a trouvé le seul peuple qu’il ait complètement respecté. Avec John Ford, ils faisaient leur travail sérieusement en ne se prenant pas pour plus que ce qu’ils n’étaient. Ford en avait marre d’Hollywood et de tous les gens qui avaient un melon pas possible, donc être en compagnie de gens qui étaient naturels lui faisait du bien. Et puis, il y avait des aspects de la vie des Navajos qu’il enviait un peu.

Lesquels ?

Nicolas : La communion avec la nature.

Arnaud : La vie avec les chevaux et le respect des traditions.

arnaud balvay,nicolas cabos,john ford et les indiens,navajos,interview,mandor

Au début, John Ford leur faisait jouer des caricatures d’indiens. Il ne leur a d’ailleurs jamais fait jouer des Navajos (le plus souvent des Cheyennes) même si les danses et les chants filmés étaient authentiquement navajos.

Nicolas : C’est l’idée qu’il a voulu donner de ces indiens-là qui n’étaient pas complètement vrais. Il n’a pas caricaturé les indiens, il a caricaturé l’ensemble de l’ouest. Au départ, dans la manière de construire les narrations de ses films, les indiens, ce n’est pas ce qui l’intéressaient. Lui, ce qui l’intéressait, c’était l’ouest et son imagerie. Là où « La chevauchée fantastique » à une importance primordiale chez Ford, c’est qu’il va tomber amoureux de Monument Valley et donc tomber dans un amour esthétique pour les Navajos. A partir de là, il a commencé à s’intéresser à eux, puis à leur culture. Pour lui, les Navajos sont devenus l’ouest.

Arnaud, toi qui est défenseur des indiens d’Amérique du Nord, tu as été agacé parfois par les films de John Ford ?

Arnaud : Ce n’était pas par rapport aux indiens. Moi, voir un mec à cheval tourner en rond pendant des heures, ça ne me passionne pas plus que ça.

Nicolas : Oui, mais ça correspond tout à fait à la narration du film. L’indien essaie d’aller d’un point A à un point B et il n’y arrive jamais.

Arnaud : Avant tout, chez Ford, c’est son pragmatisme qu’il faut noter. S’il faut caricaturer les indiens pour que le film marche, il n’hésite pas.

arnaud balvay,nicolas cabos,john ford et les indiens,navajos,interview,mandor

Vous aviez déjà une très grande connaissance de vos sujets respectifs. En vous rendant à Monument Valley pour interviewer les descendants de ces indiens Navajos, très franchement, vous avez appris beaucoup ?

Nicolas : On a appris plein de choses sur le fond, notamment sur la manière dont eux ressentaient John Ford et ce que sa venue leur a apporté. Il y a des anecdotes sur lui qui sont relayés dans tous les livres, dont on a appris qu’elles sont complètement fausses. Par exemple, le fait que les Navajos disent n’importe quoi en Navajo dans les films de Ford, c’est absolument faux.

Arnaud : Nous n’avons pas fait preuve de naïveté. Quand les indiens nous disaient quelque chose, nous vérifions les propos en recoupant les informations. Nous avons fait un vrai travail d’historien pour être au plus près de la vérité.

Il y a une certaine jubilation à casser des idées reçues ?

Arnaud : Moi, j’aime bien casser des mythes.

Nicolas : Quand j’ai rencontré Arnaud, il m’a dit « j’aime bien Monument Valley, mais Ford, ça me fait chier, je n’aime pas ses films ! » Il était sur la même ligne que Tarantino. Il pensait  que dans les films de Ford, les indiens étaient décérébrés et qu’ils tombaient comme des mouches au moindre coup de feu. Je pense que le mythe de Ford, réalisateur raciste est tombé chez Arnaud.

Arnaud : Mais toi,  tu idolâtrais Ford, j’ai réussi à amoindrir ton exaltation (rires).  

arnaud balvay,nicolas cabos,john ford et les indiens,navajos,interview,mandor

Pendant l'interview...

Votre livre est magnifique. Dans le fond comme dans la forme… et il semblerait qu’il soit bien reçu par les lecteurs.

Arnaud : Ce n’est pas le premier livre que je sors. A chaque fois, on envoie 150 exemplaires aux journalistes et je n’ai jamais eu plus de trois critiques. Là, on a fait des émissions de télé et de radio et on a eu beaucoup d’articles, souvent élogieux. Je remercie notre attachée de presse (sourire).

Nicolas : Quand je vois que notre livre est « coup de cœur » d’un libraire à Marseille, ça me fait infiniment plaisir. Et j’ai aussi remarqué que certains lecteurs qui n’y connaissaient rien au cinéma en général et sur Ford en particulier y ont trouvé du plaisir.

C’est dommage que vous n’ayez rien filmé.

Arnaud : Mais, on a filmé. Nous prévoyons de faire un documentaire à partir de ces images. Il y a un producteur qui est en train de chercher les financiers.

A mon avis, ce livre va devenir le livre référence sur John Ford.

Nicolas et Arnaud: Nous l’espérons.

arnaud balvay,nicolas cabos,john ford et les indiens,navajos,interview,mandor

Arnaud Balvay (à gauche) et Nicolas Cabos, après l'interview le 9 juillet 2015.

arnaud balvay,nicolas cabos,john ford et les indiens,navajos,interview,mandor

26 septembre 2015

Pic d'or 2015 : Bilan et photos!

pic d'or 2015, bilan, photos, mandor

Du 21 au 23 mai, Tarbes a fêté le 30e anniversaire du Pic d’Or. Je le répète depuis des années, mais c’est l’un des tremplins de chanson française, à mon sens, les plus exigeants et qualitatifs en France. Je suis membre du jury depuis maintenant quatre ans et c’est toujours un formidable moment musico-amical (mes amis du jury et de l'organisation deviennent très chers à mes yeux, d'année en année) que ces quatre jours annuels. Des artistes sélectionnés avec soin et une organisation dont il serait difficile de trouver quelque chose à dire de négatif. En tant que professionnel du monde de la musique depuis trente ans, j’avoue être très impressionné par ce concours musical-là.

Dans ce bilan 2015, que je dresse avec beaucoup de retard (pardon à tous!), je vais faire comme les trois années précédentes (voir là et ).

Pas de compte rendu stricto sensu (mais de nombreuses photos légendées et quelques vidéos).

En parlant, de photo, toutes celles non  signées (la plupart donc) sont l’œuvre de l'excellentissime Nöt Pixbynot (aussi humble que performant, c'est assez rare pour être signalé). 

J'ai décidé cette année de parcourir ces trois jours heure par heure.

Alors, commençons immédiatement.

Jeudi 21 mai : 21h00. Pour fêter les 30 ans du Pic d'Or, un concert exceptionnel a été organisé. En première partie, le musicien chanteur. JB Bullet, connu pour sa chanson mondialement médiatisé sur l'attentat à Charlie hebdo (et mandorisé là).

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

21h30 : La star de la soirée était Thomas Fersen (mandorisé là). Il tourne en ce moment en solo, lui, son piano et ses mots. S'il a toujours aimé varier les formats, cette expérience constitue une nouvelle aventure à part entière, qu'il situe comme une pierre angulaire dans son parcours, une nouvelle manière de partager son univers. Il la nourrit de "sketchs en vers", des textes inédits faits pour être dits, et de chansons qu'il reprend à la racine. C'est réussi. (Mais un chouia longuet quand même...)

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

Après l'effort, ce n'est pas encore fini. La rencontre plus "proximitive" avec le public. Signatures, selfies et compagnie. Il s'y prête de bonne grâce.

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

Vendredi 22 mai : 9h30 : quelques artistes sélectionnés et des membres de l'organisation pour une photo souvenir avant le début des auditions.

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

9h30: Début des auditions.

Marianne. Ce dont je me souviens, c'est qu'elle m'a paru sensible, voire fragile. Et que ses chansons étaient joliment troussées. 

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

Ti' Mano, un rappeur/slameur très agréable. Texte et flow intéressant, le tout sur un air d'accordéon d'une belle modernité. J'ai bien aimé.

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

Eskelina a grandi quelque part en Suède, coincée entre les grandes forêts scandinaves et la mer Baltique, et elle nous offre un album amoureux, féminin, libertin, rebelle et d’une simplicité déconcertante. J'aime beaucoup sa sensibilité... (d'ailleurs, elle avait été mandorisée bien avant que je sache que j'allais devoir la juger quelques mois plus tard. Cela dit, dans ce tremplin, cela m'arrive très souvent depuis des années). 

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

Le groupe Liz de Lux. Je n'ai pas grand chose à en dire. Je ne suis pas client de leur musique. Rien ne me parle. Bons musiciens, mais ça ne me touche absolument pas. 

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

10h : Le jury regarde les premiers candidats. L'occasion de vous les présenter...

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

L'un des nouveaux jurés, Olivier Bas (deux fois mandorisés), et moi en pleine discussion. Ce découvreur de talents qui est aujourd’hui directeur de la Création au Studio des Variétés à Paris, est connu du grand public pour ses participations en tant que juré de la Nouvelle Star saisons 9 et 10 aux côtés de Maurane, Sinclair et André Manoukian sur D8. Mais avant cela, il a collaboré avec de nombreux artistes français et internationaux au cours de sa carrière dans l’industrie du disque, on peut notamment citer : Les Rita Mitsouko, Etienne Daho mais aussi Lenny Kravitz, Bryan Ferry, Peter Gabriel ou encore U2 (rien que ça!). C’est lorsqu’il dirigeait la collection FNAC Indétendances et lorsqu’il était directeur artistique de CD’Aujourd’hui sur France 2 (il était donc mon patron pendant deux ans) qu’il a accompagné les premiers pas ou fait découvrir de nombreux artistes (Jeanne Cherhal, Cali, Vincent Delerm, Olivia Ruiz). Il est également membre du Conseil d’Administration des Voix du Sud à Astaffort et fait partie de l’équipe du chantier des Francofolies de La Rochelle.

Olivier Bas et moi (je sais, on dirait les deux vieux du Muppet Show.)

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

 (Photo : Claude Fèvre)

A gauche, Jean-Pierre Pasqualini (mandorisé ici), qui vient pour la troisième fois. Directeur des programmes de TV Mélody et rédacteur en chef de Platine Magazine qui est devenu en 20 ans la référence en matière de chanson et de variété françaises. JPP présente depuis dix ans les grandes émissions de variété sur Télé Mélody. Il est membre du collège des Victoires de la Musiques depuis 1996 et de l’Académie Charles CROS depuis 2009. Bref, une sommité du journalisme musical français. J'ai une profonde admiration pour ce monsieur. A droite, Florent Dasque (mandorisé ici quelques semaines après le Pic d'Or 2015). Ce multi-instrumentiste (guitare, piano, trompette) se définit lui-même comme « capitaine chez Boulevard des Airs » le groupe tarbais qui vient de fêter ses 10 ans et de sortir son 3e album. Boulevard des airs a déjà écumé tous les plus grands festivals de France et d’Europe enchaînant les premières parties prestigieuses et des collaborations avec des artistes de premier plan comme Tryo ou Zaz. Rappelons que leur 1er album Paris-Buenos Aires a été disque d’or en 2011, qu’ils ont été nommés en 2013 aux Victoires de la Musique dans la catégorie « Révélation Scène » et ce, dès leur première tournée.

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

Les mêmes avec, au premier plan, l'immense Alain NavarroIl y a quinze ans, il crée l’association Arpèges et Trémolos dont il devient président, avant d’en être le directeur au bout de dix ans d’existence. L’association assure l’organisation et la programmation de Pause Guitare, un festival musical incontournable de l'été. (Voir mon bilan de celui de cette année). Pour moi, Alain Navarro, c'est Dieu le père. Je me prosterne devant son savoir-faire, sa gentillesse, son professionnalisme et son humanité. 

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

Le sage, Arnold Turboust. Notre président (du jury). Compositeur, auteur, chanteur, musicien (claviers), producteur de disques « Il y’a chez Arnold Turboust quelque chose de la fluidité de Trenet, du détachement de Gainsbourg, une sorte d’indulgence tendre pour autrui, exigeante pour lui-même, un humour sans cynisme et une diversité musicale des plus plaisants ». Ce mini-portrait émane tout simplement de la plume de Françoise Sagan. Le grand public le découvre en 1986 avec le tube "Adélaïde" (plusieurs semaines dans le Top 50) qu'il enregistre avec l’actrice Zabou Breitman. Pourtant dès 1980, il a participé au premier album de Marquis de Sade avant de rencontrer en 1981 Etienne Daho dont il a fait les musiques et les arrangements de plusieurs de ses tubes. Il a travaillé aussi pour, notamment, Sylvie Vartan,  Brigitte Fontaine et Jacno (arrangements, productions). N’oublions pas de signaler qu’il a parallèlement mené une carrière solo avec plusieurs albums à son actif. 

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

Thierry Cadet, un des plus brillants journalistes spécialisés dans la chanson français. Passionné de chanson dès l’enfance, il suit les cours des Ateliers d'Alice Dona, puis débute en 1998, comme animateur TV sur M6 Music, puis comme journaliste chez Platine Magazine. A la base du portail Internet Charts in France (devenu Pure Charts), il y travaille sept ans comme rédacteur en chef adjoint. Dans les dernières années, Thierry Cadet a été chroniqueur sur Sud Radio, sur la chaine Disco (CANALSAT). Il est actuellement rédacteur en chef du site musical Horscene, initiateur du collectif Les Marguerites contre Alzheimer et du Prix Georges Moustaki (voir un bilan de l'édition 2015 ici). Thierry anime Melody 90, où il propose de retrouver tous les clips des années 90 et aussi Melody 2 Tubes, où il propose de retrouver la version originale d’un tube des années 60, 70, 80 ou 90, et sa reprise dans les années 2000 ou 2010. Thierry Cadet écrit les articles d'actualités musicales du site Melody TV et vient de sortir un livre sur Kendji Girac intitulé La légende de Kendji (aux Éditions du Moment).

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

Le maire de Tarbes, Gérard Trémège, nous a rejoints quelques instants (à côté d'Arnold Turboust).

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

10h00: Suite des auditions.

Bastien Lucas. J'aime beaucoup la poésie de cet auteur-compositeur. Un petit quelque chose du monde de Mathieu Boogaerts qui aurait croisé celui des musiques élaborées d’un William Sheller.

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

Baptiste Daleman. Lui aussi, j'aime son travail. On dit que l'on reconnait une bonne chanson quand elle est efficace guitare-voix. Les chansons de ce chanteur basque sont d'une efficacité redoutable. Lui, je le suis de près.

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

Théophile Ardy. "Une superbe voix et un sens inné de la mélodie... c'est beau!" avais-je écrit sur mon blog quand je l'avais mandorisé. Quelque chose me touche chez ce type, mais je n'arrive pas à déterminer quoi exactement. Bref, j'aime.

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

Jeremy est un jeune chanteur à peine majeur. Mais bon sang! Une voix, une sensibilité, un charisme qui ne nous a pas laissés indifférent. Il est à l'âge où il ne peut que se perfectionner. Il peut devenir un grand artiste reconnu. Patience...

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

Emilie Marsh (mandorisée là). C'est sa deuxième participation au Pic d'Or. Bon dieu, quelle progression! Elle nous a impressionné (parce qu'elle était impressionnante). Des chansons énergiques, féministes, un peu provoc' (juste ce qu'il faut). "Poésie dans les mots, rock n’roll dans l’attitude. Sensible et sauvage. Emilie Marsh c’est la douceur d’une voix mêlée à l’énergie scénique d’une GuitarHeroin. Une chanson qui parcourt l’échine comme une décharge électrique et qui sait rendre hommage à ses icônes féminines (Virginia Woolf, Patti Smith…)". Pas mieux. Émilie Marsh est devenue une grande chanteuse de rock. (Elle est venue, comme la première fois, avec son complice musical, l'immense Étienne Champollion et par Quentin Rendreux)

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

Rosie Marie. C'est frais, léger, souvent entêtant. Elle a encore une marge de progression à atteindre (textuellement). Mais cette artiste a quelque chose d'intéressant. J'ai hâte de la voir dans un an ou deux. 

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

Jane For Tea. Ce n'est pas du tout ma came. Malgré l'extrême sympathie que dégageait la chanteuse (enceinte jusqu'aux yeux), je n'ai jamais été touché par cette musique vintage entre chanson et jazz. C'est un goût personnel, certains autres membres du jury ont aimé. 

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

Les Akouphènes. Pas mal du tout. Un duo 100% féminin. Malory et Mispad ont deux univers différents mais n'ont qu'un leitmotiv : le rythme. Encore une fois, ce n'est pas la chanson que j'aime, mais je salue la performance.

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

Nehl Aëlin. Entre univers onirique et chanson néo réaliste. J'attendais beaucoup de cette chanteuse, dont la voix me rappelait un peu celle de Tori Amos (rien que ça), mais le charme n'est pas apparu. Peut-être aurait-il fallu que je la voie plus longuement. Je ne suis simplement pas rentré dans ce qu'elle a proposé.

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

Angèle. Textes et musiques exigeants, une présence remarquable et une voix belle et singulière (allez, disons le, pas aux antipodes de celle de la chanteuse L). Avec son répertoire, Angèle ne sera pas la reine des tremplins, mais peut toucher un public conséquent si elle sort des disques honorablement produits. Elle a tout. Charme et chansons. Deux atouts qu'il faudra que cette artiste sache faire fructifier.

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

Cyprès. J'ai remarqué cet artiste au Prix Georges Moustaki de cette année. A la suite de quoi, je l'ai mandorisé. Ce troubadour (qui ne se prend pas pour Jésus mais qui lui ressemble) me transporte avec ses chansons poétiques (dont je peux aussi comprendre qu'elles puissent agacer) et sensibles. Cyprès s'est trompé d'époque. Tant mieux. Ça fait du bien ce genre d'artiste "à part". Je le soutiens à fond. Il a un petit supplément d'âme que tout le monde n'a pas.

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

12h30 : Les membres du jury font un petit bilan de ce qu'ils ont vu le matin. Le choix n'est pas évident (comme d'habitude).

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

13h00 : Déjeuner (en paix). Les membres du jury et le journaliste du site Hexagone, le très sympathique Mick de Toulouse

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

Pendant ce temps dans les coulisses du Théâtre des Nouveautés... quelques artistes en pleine réflexion.

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

La nounou des concurrents, Florence Cortes, ici avec Emilie Marsh.

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

Bastien Lucas.

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

Attention! Il faut toujours écouter Florence Cortes, sinon la nounou se fâche. (C'est même pas vrai!)

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

Cyprès, si près.

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

Beaux gosses attitude... Jeremy et Cyprès.

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

14h30: L'un des membres du jury, Florent Dasque, donne une conférence de presse aux journalistes locaux pour évoquer le nouvel album de Boulevard des Airs (dont il est le capitaine de vaisseau et chanteur). Il était accompagné de Sylvain Duthu (le deuxième chanteur du groupe).

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

Petite vidéo tournée par la mairie de Tarbes ("Emmène-moi" en version acoustique).

Florent Dasque m'a demandé de rejoindre le groupe Boulevard des Airs en tant que chanteur principal. J'ai décliné. Evidemment. 

pic d'or 2015,bilan,photos,mandorDurant l'après midi les sélections ont continué. Elles se sont terminées avec un concert de la Pic d'Argent de l'année dernière, la sublissime et complètement dingue K. Je suis fan. 

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

20h00 : Les membres du jury choisissent les finalistes qui reviendront le lendemain.

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

Bibi et Arnold Turboust.

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

Florent Dasque, Jean-Pierre Pasqualini, Olivier Bas et Thierry Cadet.

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

Marie Aumoine, production et direction artistique du génial festival Chantons sous les pins. Elle a intégré le jury et elle est fort légitime. Elle est aussi une découvreuse de talents.

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

On rit, on réfléchit...

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

Alain Navarro.

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

Florent Dasque et quelques hommes troubles.

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

Jean-Pierre Pasqualini (JPP) pensif.

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

Florent Dasque.

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

Marie Aumoine.

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

Olivier Bas n'a pas l'air malheureux dans cette nouvelle aventure.

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

Thierry Cadet et moi, fascinés par maître Arnold Turboust... 

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

 21h00 : Proclamation des résultats de la première journée par Arnold Turboust.

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

21h30 : après les résultats. 

Deux artiste tarbais, JB Bullet et Florent Dasque, conversent (enfin, se regardent, pour être plus précis).

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

"Dors, je le veux"...

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

Samedi 23 mai 2015 :

11h00: Visite de l'atelier de création de chansons (Arnold Turboust) et de coaching vocal (Henri Gonzales).

On reconnait sur cette photo, un artiste qui se présente au Pic d'Or, Jeremy.

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

La journaliste du site Nos Enchanteurs, Claude Fèvre donne des conseils à Cyprès.

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

Même JB Bullet a participé en tant qu'élève à l'atelier de création de chansons.

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

A droite, Henri Gonzales et Arnold Turboust.

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

Attention, le jeune homme à la guitare, à droite, s'appelle Christophe Sabastia. Il est pétri de talent. J'ai eu l'opportunité d'écouter quelques morceaux et j'ai été impressionné. Surtout vocalement et musicalement. Mais, il ne croit pas son interlocuteur quand il lui fait des compliments sur ce qu'il crée. Il dit que ce n'est rien, alors pas question d'entreprendre la moindre démarche pour se faire connaître. Quelle erreur monumentale! Alors, aujourd'hui, je le dénonce. Point barre.

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

Et quand Christophe Sabastia chante, tout le monde l'écoute.

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

La séquence des spectateurs...

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

Arnold Turboust et JB Bullet.

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

13h00 : Nous avons quartier libre, alors petite visite à Lourdes avec Arnold Turboust, Jean-Pierre Pasqualini et Thierry Cadet.

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

Les quatre enfants de cœur, JPP, Arnold Turboust, Thierry Cadet et moi devant la grotte de Lourdes.

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

17h00: De retour de Lourdes, avec JPP, nous nous rendons au magasin de disques Discobuzz pour retrouver son ami Jean-Paul Carat, le compositeur de "L'oiseau et l'enfant", titre qui a permis à Marie Myriam de remporter l'Eurovision en 1977.

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

19h00 : Déjeuner à la Plancha (avant la finale).

Les deux complices Alain Navarro et JPP. Le second a initié le premier à la variété. Depuis, Alain Navarro programme Fréro Delavega et Yannick Noah (mandorisés ici) dans son festival, Pause Guitare. Bravo Jean-Pierre Pasqualini! Tu es très fort. 

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

Olivier Bas (mandorisés là)  et Pierre Guénard (mandorisé ici), le leader de Radio Elvis (qui jouera ce soir) en pleine conversation.

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

20h30 : La finale au Théâtre des Nouveautés, magnifique salle de spectacles.

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

Salle remplie.

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

Que le spectacle commence...

Les Akouphènes.

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

L'animateur du Pic d'Or, Eric Bentahar.

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

 Eskelina.

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

Bastien Lucas.

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

Cyprès.

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

Émilie Marsh.

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

Jeremy.

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

Jane For Tea.

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

L'animateur du Pic d'Or fait rire la chanteuse. Je respecte Eric Bentahar parce que je sais la difficulté d'animer ce genre de manifestation... 

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

Le public et le jury apprécient la soirée. 

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

 Ti-Mano.

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

Liz de Lux.

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

23h00 : Pendant que le jury délibère une dernière fois...

Mine de rien, nous prenons tous à cœur ce moment délicat. Choisir les lauréats en tentant d'être le plus juste possible. Evidemment, on peut toujours trouvé à y redire... le goût des autres...

La présidente du Pic d'or, attentive...

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

Ici JPP et Thierry Cadet.

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

Olivier Bas et moi.

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

Les conversations ne sont pas forcément houleuses.

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

Clic clac Kodak rime avec Corinne Labat (enfin presque.)

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

Arnold Turboust.

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

Mandor est dans la place.

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

Olivier Bas.

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

Délibérations sous l’œil avisé de la présidente du Pic d'Or, Corinne Labat

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

Belle complicité entre Marie Aumoine et Alain Navarro.

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

Les gagnants du Pic d'Or de l'année précédente, Radio Elvis, se prépare à monter sur scène. En un an, il est arrivé plein de belles choses pour ce groupe étincelant. 

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

S'accorder avec la technique...

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

Puis monter sur scène.

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

Quel charisme, ce Pierre Guénard!

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

Minuit : avant la proclamation des résultats.

Ce soir-là, le Concours Eurovision de la Chanson fêtait ses 30 ans. Jean-Paul Cara (voir plus haut) est l'auteur compositeur de nombreux titres primés à ce concours, dont le célèbre "L'oiseau et l'Enfant" interprété par Marie Myriam (1er prix Eurovision en 1977) et "1, 2, 3" chantée par Catherine Ferry (avec Daniel Balavoine dans les chœurs).

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

Radio Elvis, dans le public, attentif (et assoiffé). Rock'n'roll attitude!

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

Le moment tant attendu est arrivé. La proclamation des résultats. Mais, avant cela, petit discours de la présidente du Pic d'Or, Corinne Labat.

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

Ici avec le maire, Gérard Trémège.

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

Rapide discours d'Arnold Turboust, le président du jury depuis 5 ans.

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

Chaque membre du jury se présente.

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

La remise du Prix d'interprétation par Anne Toujas-Marchand (professeur agrégée d'éducation musicale,  compositrice de comédies musicales et de chansons pour les enfants et les adolescents. Également membre du comité de pré-sélection du Pic d'Or... maillon essentielle de la chaîne, donc) et JPP.

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

Et c'est Cyprès qui reçoit le Prix d'interprétation.

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

Les remerciements de Cyprès, sincèrement touché.

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

Alain Navarro et Marie Aumoine vont annoncer le nom du lauréat du Prix de la musique.

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

Il est décerné à Eskekina. A ce propos, une petite polémique est née. Beaucoup d'artistes présents ont pensé que c'était Christophe Bastien, le guitariste du groupe Debout sur le Zinc qui avait composé son premier album, Le matin du pélican. Après vérification, toutes les chansons sont déclarées officiellement co-composées par lui et Eskelina. Donc, prix mérité et fin de polémique.

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

Comme chaque année depuis quatre ans, je remets le Prix du texte...

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

...décerné cette année à l'excellent Ti-Mano...

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

...qui semble stupéfait de remporter la mise.

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

Le maire de Tarbes, Gérard Trémège va remettre le Prix du Public à...

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

Emilie Marsh. Il faut dire qu'elle a transporté les personnes présentes dans la salle à chaque apparition.

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

La bise à la gagnante.

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

Olivier Bas et Thierry Cadet vont remettre le Pic d'Argent à... (suspense insoutenable!)

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

(Re suspense insoutenable!)

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

Bastien Lucas.

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

J'adore ce type. Humainement et chansonfrançaisement.

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

Pour presque clore la soirée, Arnold Turboust va remettre le Pic d'Or 2015.

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

Il est attribué à Emilie Marsh, grande gagnante de la soirée. Deux prix à son actif... qu'elle n'a pas volés.

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

La radieuse Emilie Marsh et ses deux musiciens (Etienne Champollion et Quentin Rendreux) remercient le public et le jury.

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

Photo de tous les protagonistes de cette soirée. Artistes, organisateurs et jurés.

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

Une heure du matin: discussions et photos à la sortie.

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

Corinne Labat, la présidente du Pic d'or, avec Christophe Sabastia, un artiste qui n'a pas participé à ce tremplin. A tort (voir plus haut).

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

Corinne Labat et Arnold Turboust.... la classe internationale!

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

Quatre membres du jury entourent le prix de l'interprétation, Cyprès.

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

Ti-Mano s'entretient avec Arnold Turboust.

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

C'est beau de voir une chanteuse qui n'a rien gagné, Marie Chante, féliciter avec chaleur le Pic d'argent, Bastien Lucas.

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

Le prix d'interprétation, Cyprès, et le prix du texte, Ti-Mano, posent ensemble.

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

3h du mat : l'after... 

On y voit Émilie Marsh, Bastien Lucas et Radio Elvis.

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

La chaine de télévision Melody a consacré un mini reportage sur le Pic d'Or (je pense que Thierry Cadet n'y est pas pour rien...)

L'un des membres du jury, Jean-Pierre Pasqualini (dit JPP) a, comme chaque année, consacré deux pages au Pic d'Or dans le magazine de la variété, Platine (n°206) dont il est le directeur de publication et rédacteur en chef.

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

pic d'or 2015,bilan,photos,mandor

10 septembre 2015

Emmanuel Moire : interview pour La rencontre

emmanuel moire,la rencontre,interview,magazine des loisirs culturels auchan,mandor

Interview d'Emmanuel Moire réalisé pour Le magazine des Espace Culturel Leclerc (daté du mois de septembre 2015) à l'occasion de la sortie de son quatrième album, La rencontre. C'est de la variété classique et populaire, et dans le genre, c'est ce que l'on fait de mieux actuellement. Et le bonhomme est un vrai gentil. Bref, je l'aime bien.

emmanuel moire,la rencontre,interview,magazine des loisirs culturels auchan,mandor

L'intro en version plus lisible...

Deux ans après Le Chemin, Emmanuel Moire revient avecLa Rencontre. L’ancien premier rôle du Roi-Soleilse livre un peu plus à chaque chanson, comme si ce rendez-vous promis par le titre du disque était celui du chanteur avec lui-même.Voilà donc le temps du bilan, ou en tout cas de l’introspection. De l'attirance et ses premiers émois à la peur de l'usure du temps, toutes les saisons du cœur sont déclinées. Cette "rencontre" nouvelle avec Emmanuel Moire est un enchantement et certainement l'album de la résilience.

emmanuel moire,la rencontre,interview,magazine des loisirs culturels auchan,mandor

emmanuel moire,la rencontre,interview,magazine des loisirs culturels auchan,mandor

Clip de "Bienvenue" extrait de l'album La rencontre.

09 septembre 2015

Laurent Kebous et Napo Romero : interview pour Les Hurlements d'Léo chantent Mano Solo

les hurlements d'léo,les hurlements d'léo chantent mano solo,laurent kebous,napo romero,mano solo,interview,mandor

Mano Solo est au centre d'un album/hommage imaginé par le groupe Les Hurlements D'Léo avec une pléiade d'invités. Les Hurlements d'Léo chantent Mano Solo est une belle somme "dans l'esprit de..." qui rassemble autour du chanteur libertaire toute une famille de musiciens alternatifs. Ils ont puisé largement dans le répertoire des débuts (pas moins de dix titres sont extraits de son premier album) et des Frères Misère, son éphémère groupe de punk. Epaulés par les compagnons de route du sieur Solo – dont le guitariste de tous ses groupes, Napo Romero - et une belle brochette d'invités issus pour la plupart de la scène festive (Les Ogres de Barback (mandorisés là), Debout sur le Zinc, Babylon Circus, La Ruda…)

Le 25 juin dernier, j’ai pris un café en compagnie de Laurent Kebous (chanteur leader des Hurlements d'Léo) et de Napo Romero (guitariste des Gutter Rats, des Chihuahuas et des Frères Misère, les trois groupes qu'a emmené Mano Solo en marge des disques en son nom).

les hurlements d'léo,les hurlements d'léo chantent mano solo,laurent kebous,napo romero,mano solo,interview,mandorArgumentaire de presse :

Chanter Solo. A huit. Hurler sa rage, porter son énergie rock, distiller sa poésie héritée des plus grands auteurs français. Cela ne pouvait qu’être eux. Les Hurlements d’Léo s’attaquent à Mano, en petits frères de la même trempe. Celle qui noue le ventre et illumine les rires.

Celle qui rend la vie plus intense. Celle qui ne se résigne pas à voir les fascismes en tous genres ramper dans les cerveaux d’une France malade de ses peurs. Celle dont les colères se chantent haut et fort. Les Hurlements ne pouvant penser que collectif, l’idée d’enregistrer les chansons avec des invités fait rapidement son chemin. Sur des cuivres délicats, Nilda Fernandez (mandorisé ici)apporte une belle sensualité à « Allo Paris », la grande Francesca Solleville porte « Le monde entier » avec une tremblante intensité. Romain Humeau (Eiffel) dépose « Le limon » avec une grâce touchante.

les hurlements d'léo,les hurlements d'léo chantent mano solo,laurent kebous,napo romero,mano solo,interview,mandor

Ne pas se fier à leur ragga lent aux senteurs d’orient : les Toulousains de Zebda (mandorisé ici) regardent « Les habitants du feu rouge » avec la même fraternité déchirée. Et déchirante. La copine Mell (mandorisée là (« Y’a maldonne »), l’incandescente Melissmell (mandorisée ici) (« La rouille »), le compagnon de route bordelais Bertrand Cantat (« Allez viens »), les potes des Ogres de Barback (« Sacré cœur »), les copains de Debout sur le zinc (« Une image ») et les autres…

Derrière chacun dans le studio, les Hurlements épaulés de Napo Romero toujours, assurent une toile de fond à la couleur musicale commune donnant aussi au disque sa cohérence dans sa diversité.

les hurlements d'léo,les hurlements d'léo chantent mano solo,laurent kebous,napo romero,mano solo,interview,mandor

les hurlements d'léo,les hurlements d'léo chantent mano solo,laurent kebous,napo romero,mano solo,interview,mandorInterview :

Laurent, c’est toi qui es l’initiateur de ce projet. 

Laurent Kebous : J’ai eu cette idée dans un camion, à la fin de la tournée « Bordel de luxe ». J’ai lâché ça en ne sachant pas trop avec qui j’allais le faire, ni comment. Les autres membres du groupe m’ont dit qu’ils étaient bien chauds pour participer à l’aventure eux aussi. Ça m’a fait plaisir de monter ce projet avec cette famille-là. Au départ, je voulais enregistrer ce disque avec plein de gens de l’extérieur… mais c’est très bien que cela se soit déroulé ainsi.

Quand les Hurlements d’Léo ont dit qu’ils participaient, il a fallu mettre le projet en route.

Laurent : Le rendez-vous qui a été primordial, c’était celui avec Fatia. La manageuse de Mano Solo a été la clef qui a ouvert toutes les portes. On s’est donné rendez-vous à Paris et on a discuté pendant trois heures.

Tu voulais son accord ?

Laurent : Non, je voulais lui dire que l’on voulait faire ce projet, je voulais aussi lui parler du parcours des Hurlement d’Léo et pourquoi on en était arrivé là. Mais, elle a trouvé notre démarche intéressante et nous a promis de la soutenir. Cela dit, je tiens à préciser que le répertoire de Mano Solo ne nous appartient pas et que nous ne sommes pas les gardiens du temple. Tant mieux si un autre projet autour de Mano Solo voit le jour.

C’est Fatia qui t’a mis en contact avec Napo Romero, le guitariste de Mano Solo et de sesles hurlements d'léo,les hurlements d'léo chantent mano solo,laurent kebous,napo romero,mano solo,interview,mandor groupes.

Laurent : J’appelle Napo et on parle un long moment. Nous nous étions déjà croisé sur des festivals, mais sans plus. En parlant, on se rend compte que nous avons des idées et des idéologies communes.

Vous l’avez donc inclus dans le projet ?

Laurent : On a laissé faire les évènements et les choses se sont mises en place. Quand Napo est arrivé, le projet a pris vie avec tous les protagonistes et c’est devenu ce que tu connais aujourd’hui.

Napo, quand Laurent t’a parlé de ce projet, tu as pensé quoi ?

Napo Romero : A ce moment-là, j’avais dans l’idée de remonter les Frères Misère, l’un des groupes de Mano dont j’étais guitariste. Mano étant parti en 2010, j’estimais que le temps de deuil était passé et que c’était le moment de faire quelque chose pour lui rendre hommage. J’ai donc proposé à Laurent de créer des co-plateaux Hurlement d’Léo / Frères Misère. Mais très vite, je me suis rendu compte que Frères Misère, ce n’était pas pour demain et que son projet à lui était bien pour demain.  

Mano Solo reprend en public un titre de l'album des "Frères Misère", groupe dont il était la voix et le parolier. "Je me suis fait du mal" (Mano Solo / Frères Misère, Polygram, 1996).

Avec Mano Solo, vous vous êtes connus jeunes ?

Napo : On avait 17 ans. Nous avons eu de rapports assez spéciaux. De douleur, d’amour, de combat, de haine… on a tout connu, tout traversé. Je suis super content parce qu’avec ce projet, je retrouve un truc là où je l’ai laissé. Moi, j’ai travaillé pour les deux premiers albums de Mano et l’album des Frères Misère et, il se trouve que les Hurlement d’Léo, dans leur choix de morceaux, ont surtout choisi des morceaux de ces trois albums.

Laurent : Avec Erwan Naour, avec qui j’ai monté les Hurlements d’Léo,  nous avons appris à jouer sur des chansons de Mano Solo du premier album. C’est un peu lui qui nous a permis de nous décomplexer par rapport à l’écriture et à aller vers cette poésie crue, lucide et ancrée dans son temps. Les deux premiers disques et l’album des Frères Misère, c’est vraiment ce qu’on a préféré de cet artiste.

Napo : Je voudrais ajouter qu’il y avait un grand intérêt pour moi de rencontrer une génération de musiciens que j’avais laissé échapper. Je connaissais Les Hurlements d’Léo, Les Ogres de Barback, toute cette mouvance, mais juste de nom. Avec ce projet, j’ai la chance de les connaître de l’intérieur. Cette génération-là est un peu héritière de Mano Solo ou de Renaud, des gens qui disaient des vraies choses et surtout rien d’inutile. Ils enlevaient leur pudeur pour pouvoir le faire.

Mano Solo chante "Trop de silence" en 1995 au Bataclan.

Laurent, tu as rencontré Mano Solo une fois, je crois ?

Laurent : Oui, c’était en 1997, à Vitrolles. Une salle de spectacle, Le Sous-Marin, a été fermée par le Front National dès qu’ils ont pris les clefs de la ville. Les associations militantes sur place se fédèrent. Elles louent un chapiteau et l’installent à la limite de la ville, juste devant le panneau Vitrolles. Ils organisent quatre jours de débats et de concerts. Mano est invité et nous aussi. On se croise et on discute dix minutes. Cet entretien a été très furtif.  Le gars n’était pas là pour rien et c’est de cela que nous avons parlé. Se servir de sa musique et de ses propos pour défendre ou combattre quelque chose, c’était son credo.

C’est le rôle de l’artiste ?

Napo : Oui, le rôle de l’artiste, c’est un rôle de journaliste. On écrit sur son temps et on parle de ce que l’on voit et de ce que l’on ressent.

On peut considérer que le reste peut exister ? Faire de la musique pour divertir ou détendre…

Laurent : Oui, ce n’est pas notre cas, comme tu le sais. On prend position pour ou contre des choses.

Napo : Les Hurlements d’Léo n’est pas un groupe engagé, c’est un groupe qui s’engage.

Laurent : On est impliqué. On vit notre temps et on voit ce qu’il se passe, donc on en parle. Parfois, ça fait un peu chier les gens, mais il n’y a pas que ça sur une heure et demie de concert. On a aussi de très belles chansons d’amour. Les mecs qui parlent de leur nombril toute la journée et qui envahissent les ondes, ils nous pourrissent les esgourdes, je suis désolé.

Napo : En ce moment, en France, on est avec des ennemis. Les fascistes sont des ennemis. Historiquement, ma famille a quitté l’Espagne avec Franco et moi, aujourd’hui, je me demande si je vais devoir quitter la France quand le FN sera au pouvoir. Merde ! Il y a un moment où tu ne peux pas ne rien dire. Toute ma vie, je me suis battu contre les fascistes et contre les Lepen. Quand je vois où nous en sommes aujourd’hui, je me dis qu’on a bien fait de combattre, sinon, ce serait encore pire. On ne peut pas ne rien dire. On ne peut pas venir chanter sa petite chanson d’amour à la télé ou à la radio. Il faut prendre la parole dès que c’est possible. Le peuple a besoin de parler et les artistes sont aussi les représentants du peuple.

As-tu l’impression que l’artiste est mal vu aujourd’hui dans la société?

Napo : Mais tu as vu le statut de l’artiste ? On est déconsidéré sur tous les points de vue. Nous, les intermittents du spectacle, nous sommes des profiteurs du système. Nous sommes devenus des bobos… Avec tous les gouvernements de droite successifs, on s’en est pris plein la gueule. Et tous les métiers de l’art, c’est comme ça. Je veux prendre la route et chanter des chansons d’amour et des chansons révolutionnaires. Je suis désolé, je ramène tout à ça, mais on n’en peut plus. J’ai envie de gueuler.

Laurent, tu es moins radical que Napo, il me semble ?

Laurent : Je le suis autant, mais pas de la même façon. Avec mon autre groupe, El Comunero, on fait des chants révolutionnaires espagnols. J’ai cette soupape pour gueuler au monde entier que ça va mal.

Napo : Je te parle de ça parce que, pour moi, Mano Solo, c’est aussi ça. C’est quelqu’un qui dit ce qu’il pense au moment où il le pense. J’ai l’impression que tout le monde fait des chichis et que personne ne dit la vérité. On enjolive tout, on fait gaffe de ne vexer personne. Un artiste n’a pas à se préserver pour conserver son public. On n’est pas artiste pour vendre des disques.

Teaser #1 de l'album Les Hurlements d'Léo chantent Mano Solo.

En tout cas, c’est bien de permettre que l’œuvre importante de Mano Solo soit connue d’une nouvelle génération.

Laurent : On voulait toucher le plus largement possible un auditoire qu’il n’avait plus beaucoup à la fin. C’est pour cela qu’il y a beaucoup d’invités. Mano, il a été plébiscité plus pour sa maladie que pour sa musique. Beaucoup de femmes adulaient ce mec dans les concerts. Il était beau, flamboyant et il criait à tout le monde qu’il était en train de crever, mais qu’il était plus vivant que tout le monde. Il donnait une énergie incroyable à ceux qu’il rencontrait et à ceux qui venaient le voir en concert. Il en avait ras le bol que les médias ne parlent que de son Sida et pas de ses chansons. A la fin, je crois que Mano Solo était boudé des ondes parce qu’il critiquait trop le système médiatique.

Napo : C’était un artiste difficile. Lui-même était un outsider dès le départ. Il était parfois un peu extrême.

Sur le disque, je ne m’attendais pas à trouver un groupe comme Zebda.

Laurent : On s’est connecté avec eux, on a discuté et on s’est aperçu que la femme d’Akim, un des chanteurs du groupe, aime beaucoup Mano Solo. Du coup, ils nous proposent de changer le morceau qui leur avait été attribué. Ce que nous avons accepté. Ils ont vraiment fusionné leur musique avec celle de Mano.

Napo : Quand tu entends un membre de Zebda dire qu’il a découvert un artiste et qu’il n’a pas fini de le découvrir, je trouve ça génial. Il pensait que toutes ses chansons parlaient de ses problèmes personnels. De leur côté, les Zebda ont découvert qu’il pouvait aussi chanter l’amour, la vie, la résurrection, la force, le combat.

Quand le projet a fait le tour de ce monde-là, est-ce que des artistes ont sonné à votre porte pour en être ?

Laurent : Il y en a qui ont pu agir ainsi, mais plus finement que tu ne poses la question. Tous les gens qui sont sur cet album sont des gens assez fins.

Napo : Ce n’est pas la bande à Renaud !

Laurent : Notre album est garanti 100% sans Enfoiré.  Il y en a qui, par des détours, nous ont dit qu’ils étaient intéressés et d’autres que nous sommes allés chercher. Certains ont accepté, d’autres pas.

Il y a eu des refus ?

Laurent : Juste un, parce qu’il ne se sentait pas défendre une chanson de Mano Solo. C’est un chanteur qu’on aime bien, issu de la scène française metal.

Dis-moi qui.

Après tout, ce n’est pas un secret d’état. C’est Renaud de Lofofora (mandorisé là). On lui a proposé un morceau des Frères Misère, il a écouté et il nous a dit que ça ne lui évoquait rien et qu’il refusait donc de participer. Mais il l’a dit très gentiment et c’est honnête de sa part. Sinon, je regrette la non-participation de Christian Olivier. Il était occupé à préparer une expo. Après, on a été au plus simple. Quand on avait trop d’entremetteurs pour toucher un artiste, on a botté en touche. On voulait rester sur la rencontre et sur l’humain.

Napo : On n’a pas fait appel qu’à des gens connus. Je trouve ça très bien que ce disque serve à faire connaître de nouveaux artistes qui ont de très gros talents.

"Allez viens" par Bertrand Cantat.

J’ai entendu dire que Mano Solo n’aimait pas Bertrand Cantat, or, on le retrouve dans le disque. Cela m’a étonné.

Laurent : Mano Solo n’aimait pas Noir Désir, ce qui est tout à fait différent. Il n’a jamais rien dit d’autre. Ca coupe court à tout débat.

Napo : Cela dit, autant Melismell a transcendé « La rouille », autant lui n’a pas transcendé « Allez viens ! » Je le trouve trop serré, trop tendu.

Laurent : Ah bon ? Mais par rapport au texte, je le trouve super. C’est pour cela qu’il est dans ce registre-là, je pense. Cantat et ses copains Noir Désir ont inspiré certains jeunes gens qui commençaient à faire de la musique et ils ont insufflé une idée de comment se positionner par rapport à son rôle d’artiste. Utiliser certains médias, mais ne pas être tout le temps dans l’opportunisme de se montrer partout en faisant n’importe quoi.

Napo : Il a dit dans un film que l’on a fait pour un teaser : « Mano Solo, c’est comme moi. C’est de la drogue dure, c’est trop violent, c’est trop dangereux, il faut consommer avec modération ». Ce passage n’est pas dans le teaser, mais il a été filmé.

"La rouille" chantée par Melissmell.

Dans ce projet, il fallait garder une cohésion musicale.

Laurent : Comme Les Hurlements d’Léo jouent sur tous les morceaux, elle est là la cohésion musicale. En ce sens, ce disque n’est pas vraiment un « tribute ». Un « tribute » est fait par des gens qui enregistrent chacun de leur côté et qui rendent leur copie quand elle est terminée. Là, tous les artistes étaient invités dans notre studio. On a joué ces morceaux pendant 50 dates en live, je pense qu’on peut considérer qu’on les maitrise… Il y a notre son présent sur les 26 titres.

Il y a eu des fusions avec des groupes ?

Laurent : Bien sûr et heureusement. On parlait de Zebda tout à l’heure, mais il y a eu aussi Babylone Circus et Melissmel, par exemple.

Vous êtes sur ce projet depuis deux ans. Craignez-vous que cet album ne trouve pas son public ?

Laurent : On est heureux d’avoir porté ce projet jusqu’au bout. Ça n’a pas toujours été une entreprise très facile. On savait que l’on s’attaquait à un monument. Pour certains, Mano Solo est Dieu le père.

Napo : Il y a plein de gens qui ne pouvaient pas s’imaginer que l’on pouvait reprendre Mano Solo. Quand ils ont vu et entendu notre travail, ils n’ont pu que constater le respect de l’œuvre et de l’artiste.

Laurent : Il y avait des gens sceptiques qui se raccrochent aujourd’hui aux wagons parce qu’ils ont compris.

Il était impossible qu’il n’y ait qu’un chanteur qui s’attaque à ce répertoire…

Laurent : Tu as raison. Si on avait choisi une seule personne pour être le porte-voix de Mano Solo, le projet crevait dans l’œuf. Personne ne peut se prendre pour lui tant il était unique.

Fred des Ogres de Barback a accompagné les Hurlements d'Léo sur la tournée les Hurlements d'Léo chantent Mano Solo.

Chanter Mano Solo, ça ne doit pas être évident.

Napo : Pour moi, ce qui est important, c’est qu’il y ait une intensité dans le chant.

Laurent : Moi, je suis dans l’interprétation, mais on a un timbre, Mano Solo et moi, qui n’est pas aux antipodes.

Napo : On a essayé de ne pas dénaturer les lignes de chant.

Laurent : On n’a pas touché aux mots, ni aux mélodies vocales. Avec les arrangements, par contre, on n’y a pas été avec le dos de la cuillère. On voulait quand même que ça reste Les Hurlements d’Léo chantent Mano Solo.

Napo : Ce qui est chouette, c’est que l’on a la chance que ce ne soit pas le énième projet sur Mano Solo.

Oui, et il va falloir s’accrocher pour faire mieux.

Napo : Nous, on a fait ça avec une approche, une réflexion. Ce n’est pas tout le monde qui se donne ces moyens-là pour rendre hommage à un artiste.

Laurent : Mano Solo est l’un des auteurs majeurs de sa génération. Je pense même que c’est le meilleur. Il fallait être digne de lui.

les hurlements d'léo,les hurlements d'léo chantent mano solo,laurent kebous,napo romero,mano solo,interview,mandor

Après l'interview le 25 juin 2015, avec Laurent Kebous (à gauche) et Napo Romero (à droite) au bar La Fourmi (Pigalle).

01 septembre 2015

Carole Martinez : interview pour La Terre qui penche

MARTINEZ Carole photo avril 2015 C. Hélie - Gallimard 1692.jpg

(Photo Catherine Hélie)

Carole Martinez, pour notre plus grand plaisir nous ramène au domaine des Murmures, mais cette fois-ci, en 1361. Blanche est morte à l'âge de douze ans et pourtant c'est bien elle qui nous parle. Elle, ou plus exactement son âme, qui a vieilli par-delà la mort. L'enfance se raconte au présent et la vieillesse s'émerveille, s'étonne, s'effraie de s'enfoncer dans la forêt profonde, vers un avenir dont elle ignore absolument tout. Au bout du chemin, de l'autre côté de la forêt, se trouve cette terre qui penche, mais surtout la vie de femme qui l'attend.

Entre roman initiatique et fable onirique, Carole Martinez nous convie à sa propre table ronde, une légende toute personnelle où les femmes ont depuis bien longtemps remplacé les traditionnels chevaliers.

Pour Le magazine des Espaces Culturels Leclerc (daté du mois de septembre 2015), j’ai rencontré Carole Martinez, le 11 juin dernier, dans un bar parisien situé en face de sa maison d’édition, Gallimard. C’était la toute première interview qu’elle réalisait pour La Terre qui penche… et elle n’était pas tout à fait rassurée. Voici le fruit de cette rencontre.

Martinez.jpg

(Comme l'intro est écrite en tout petit, la voici en plus lisible. De rien!)

Le premier roman de Carole Martinez, Le Cœur cousu, a reçu neuf prix (dont le Prix Renaudot des Lycéens). Son second, Du domaine des Murmures, a été nommé pour le prix Goncourt et a finalement obtenu le prix Goncourt des lycéens. Dans La Terre qui penche, nous retrouvons son univers si singulier, où la magie et le songe côtoient la violence et la truculence charnelles. Ici, l'âme d'une vieille dame écoute celle d'une petite fille qui partage sa tombe, raconter son existence au XVIe siècle, qui s'avère en réalité être celui de sa propre enfance.

Martinez1.jpg

3305461975.JPG

Au Salon du Livre de Provins, le 11 mars 2012.

Martinez2.jpg

MARTINEZ Carole photo avril 2015 C. Hélie - Gallimard 1646.jpg

(Photo Catherine Hélie)

Martinez3.jpg

ccc.jpg

Après l'interview, le 11 juin 2015 (merci au patron de la taverne!).