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25 août 2015

Frank Darcel : interview pour l'EP de Republik (et l'album Elements... à venir)

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(Photo : Philippe Boulben)

franck darcel,republik ep,elements,marquis de sade,mandorFranck Darcel (à gauche, au début des années 80, avec Etienne Daho et Arnold Turboust), je le connaissais comme le créateur et leader du groupe rennais Marquis de Sade et comme le réalisateur des deux premiers albums d’Etienne Daho. Je savais qu’il continuait à jouer de la musique à droite à gauche… mais pas grand-chose d’autre.

Un jour, j’ai reçu l’EP de Republik. Du rock à l’américaine des années 70. Pas ma musique de prédilection, mais il se dégage quelque chose de puissant et d’envoutant dans ces quatre morceaux. Puis je remarque que Franck Darcel est le créateur, leader et chanteur du groupe. Son attachée de presse (que j’apprécie beaucoup), Sissi Kessaï, me demande si je suis intéressé de le rencontrer en vue d’une mandorisation. On ne refuse pas un musicien qui a marqué le rock français. Et j’étais curieux de me retrouver face à cet homme qui me paraissait un peu rustre et peu enclin à répondre aux interviews. En réalité, le 3 juin dernier, c’est un homme à l’exact opposé à qui j’ai posé des questions (sacré à priori !)

Biographie : Les premiers éléments (par Antonio de Bragança) :

Ancien guitariste de Marquis de Sade et d’Octobre (qui avait comme lead vocal Pascal franck darcel,republik ep,elements,marquis de sade,mandorObispo... voir photo à droite), producteur entre autres d’albums d’Étienne Daho, d’Alan Stivell, GNR au Portugal ou très récemment de James Chance, Frank Darcel revient à ses premiers amours : la guitare électrique. Le nouveau Republik, groupe dans lequel Darcel assure maintenant également le chant, cite parfois l’errance des dowtown rockers d’une ville fruit qu’on imagine éternelle. Rien de nostalgique ici pourtant puisque le projet se nourrit autant des chutes de murs et autre changement de siècle et compte sur les mordants Stéphane Kerihuel à la guitare, Eva Montfort à la basse et Federico Climovich à la batterie.

franck darcel,republik ep,elements,marquis de sade,mandorÀ l’écoute de ces quatre titres annonçant l’album à venir de Republik, Elements, on pense à d’autres films, tournés en ocre et gris, avec des pointes de bleu, des films existant ou pas encore tournés.

« Saleen », balade aux accents faulknériens, frappe juste d’entrée avec ce soupçon d’electro et une mélodie imparable servie avec sensualité par la chaude voix du rocker rennais. Sur l’habité « Winter Of Love », ce n’est ni plus ni moins la section rythmique de Talking Heads et Tom Tom Club qui se mêle avec brio à la partie, quand Tina Weymouth officie à la basse et Chris Franz à la batterie. Dans cet hiver de l’amour qui évoque une ville qu’on ne peut quitter, Tina Weymouth prend aussi les chœurs en main avec son amie Wendy James. Vient ensuite « Reality », insolente saillie rock’n roll, imaginée par Darcel en hommage à son ami Jacno. Le quatre titres, pris d’une nostalgique et toute lisboète langueur, s’achève par le sombre et écorché « Move », serti par les claviers d’Adriano Cominotto.

Une des expériences les plus originales et excitantes du rock hexagonal et de ses extensions atlantiques.

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(Photo : Philippe Boulben)

franck darcel,republik ep,elements,marquis de sade,mandorInterview :

Qu’avez-vous fait ses dernières années avant de créer Republik ?

J’ai vécu une partie des années 90 au Portugal. Je me suis retrouvé là-bas à produire une artiste française au début des années 90, Arielle. J’ai découvert Lisbonne que je connaissais très peu et je suis tombé amoureux de la ville. Du coup, j’ai essayé de voir s’il n’y avait pas moyen de travailler pour des groupes portugais. L’opportunité m’en a été donnée en 1993. J’ai produit un groupe de cette ville et le titre que nous avons fait est devenu un très gros tube radio. C’est même devenu l’hymne des supporters du Benfica. C’est mon premier disque d’or portugais.

En 1995, vous décidez de vous installer là-bas.

Pour Sony, j’ai commencé à travailler avec un artiste qui s’appelle Paulo Gonzo. On a fait cinq albums ensemble. C’est un peu le Eros Ramazzoti portugais. Avec le deuxième album, nous avons été numéro un pendant six mois. J’ai vécu là-bas en famille et je suis rentré en 2000. Entre temps, j’ai fait un peu de musique capverdienne, du fado. J’ai travaillé aussi avec un groupe de Porto qui s’appelle GNR. Vu de France, il est logique que j’aie été porté disparu de la scène puisque je n’y étais plus.

franck darcel,republik ep,elements,marquis de sade,mandorQu’avez-vous fait en rentrant en France en 2000 ?

J’ai produit un album d’Alan Stivell, Back to Breizh. Ça m’a plu parce que c’était une manière assez sympa de revenir en Bretagne. Après, j’ai eu un petit accident d’oreille. Des acouphènes, à cause d’une sirène d’alarme. J’ai donc dû m’écarter des studios pendant quelques années. Je ne pouvais plus écouter fort. Je n’osais plus m’approcher d’une guitare parce que je savais que ça allait siffler un peu plus. A l’écart du monde musical, j’ai démarré une petite carrière de romancier avec un livre qui est sorti chez Flammarion, Le dériveur.

Ce n’était pas votre premier roman, il me semble.franck darcel,republik ep,elements,marquis de sade,mandor

En effet, j’avais écrit un roman à Lisbonne. Un ami, critique littéraire l’avait lu et trouvé pas mal. Il m’a mis en contact avec Flammarion. Je racontais ma vision de Lisbonne, c’était un peu mystique et, du coup, ça ne tenait pas vraiment debout. L’éditrice n’avait pas trop aimé, mais elle m’a demandé d’écrire quelque chose que je maîtrisais plus, comme par exemple, mon retour en Bretagne.  J’ai pris comme base la ville de Lorient et j’ai raconté l’histoire d’un ancien commando marine qui part en errance aux Etats-Unis. J’ai écrit ce livre en deux mois en demi et il a été publié. J’ai eu des bonnes critiques et on en a vendu un peu. Mon éditrice m’en a demandé un deuxième. A l’époque, je continuais à faire de l’édition musicale, ça m’évitait d’aller en studio, mais me permettait de rester en contact avec la musique. Je n’ai donc pas écrit de deuxième roman, mais j’ai proposé de retravailler mon premier roman portugais. Il a fini par sortir sous le titre L’ennemi de la chance, mais je pense que c’était une erreur de ma part de revenir sur ça.

franck darcel,republik ep,elements,marquis de sade,mandorParlez-moi de, Rok, l’anthologie du rock en Bretagne.

Je me suis dit qu’en Bretagne, il y avait quelque chose à raconter sur l’épopée du rock depuis le départ. La première vague rennaise vient du groupe dont je faisais partie, Marquis de Sade.  C’est autour de notre groupe que les Trans Musicales de Rennes se sont fondées. En discutant avec des musiciens du coin, je me suis rendu compte que des villes portuaires comme Brest et Saint-Nazaire avait eu une histoire très particulière avec le rock’n’roll. Saint-Nazaire, grâce à la base américaine qui était là. On a fait un vrai travail d’historien incluant des enquêtes universitaires. Ce projet complètement fou s’est avéré ne pas tenir en un tome. Le tome 1 est sorti en 2010 et raconte les années 60, 70 et 80. Le tome 2 est sorti il y a deux ans et raconte les années 90 à nos jours.

Vous qui avez été un agitateur musical de la scène rennaise, vous la suivez toujours de près ?

A Rennes, entre les anciens et la jeune vague, il y a très peu de liens. On ne fréquente pas les mêmes endroits, car il manque un endroit fédérateur où tout le monde pourrait se retrouver. Le fait que j’ai monté Republik depuis quelques mois a pour conséquence que nous nous retrouvons un peu en compétition.

Vous venez d’employer le mot compétition. C’est une compétition avec les autres groupes ?

Oui et c’est assez sain. Au début des années 80, il y avait beaucoup moins de groupes à Rennes, mais on se tirait un peu la bourre… ce qui était normal. Quelque chose a changé aujourd’hui. Comme les projets permettent moins aux jeunes de vivre de la musique, ils ont tendance à jouer dans plusieurs groupes. Ca complique énormément les choses au niveau des emplois du temps et à l’esprit de corps. Avant, quand on appartenait à un groupe, on le défendait à fond. Ça s’est un peu perdu. Quand on voit le même batteur ou le même guitariste dans trois groupes différents, on ne sait plus trop avec qui il joue.  

Selon vous, cela représente quoi Franck Darcel pour les jeunes musiciens rennais ? franck darcel,republik ep,elements,marquis de sade,mandor

Je sais que le groupe rennais Montgomery, dont je m’occupais et qui a sorti deux albums chez Naïve, était des grands fans de La Notte, la Notte d’Etienne Daho. Ils écoutaient souvent cet album et ils savaient que j’en étais le réalisateur. Je sentais qu’ils avaient du respect pour moi. Sinon, pendant les années 90, lors de ma période portugaise, quand je revenais à Rennes,  je crois que Marquis de Sade ne pesait plus grand-chose. C’est quand l’émission Les enfants du rock d’Antoine De Caunes a été mis sur YouTube en 2004 que les jeunes rennais ont pu voir ce que l’on représentait et ce que l’on faisait sur scène. Sans internet, je ne sais pas si le « mythe », entre guillemet, aurait pu durer longtemps.

franck darcel,republik ep,elements,marquis de sade,mandorMarquis de Sade a été un des premiers groupes de rock français important. Et pas qu’à Rennes !

On a dû un peu marquer l’époque, mais, en même temps, nous n’étions pas si nombreux que cela à faire ce genre de musique.

Mais, comment expliquez-vous que vous êtes devenus mythiques ?

Quand on s’arrête au bout de deux albums, en phase ascendante, il n’y a rien de mieux pour laisser un bon souvenir. Aujourd’hui, à Rennes, on reparle de nouveau de nous avec un certain respect.

Vous revenez avec Republik.  Ça n’a rien à voir avec Marquis de Sade, mais c’est un groupe tout de même très électrique, tendance années 70.

Depuis Marquis de Sade, en matière de rock, j’ai toujours été plus intéressé par ce qu’il se passait à New York que par ce qu’il se passait à Londres. J’avais la chance d’avoir un oncle d’Amérique qui vivait à New York. Dès 1975, j’ai commencé à aller là-bas. J’ai passé l’été 1978 à aller voir tous les groupes. J’ai été très influencé par eux. Richard Hell, Television, Talking Heads. Je reste dans cette mouvance-là.

Clip officiel de "Saleen".

Republik a changé plusieurs fois de formule.franck darcel,republik ep,elements,marquis de sade,mandor

Au départ, je ne me destinais pas au chant. J’avais peu d’expérience dans ce domaine, à part en tant que choriste. J’ai commencé à faire venir une section rythmique, puis on a répété et petit à petit, on est arrivé à une formule qui me paraissait intéressante. J’ai cherché un chanteur sur MySpace et on en a trouvé un. J’ai fait venir à la guitare Xavier Géronimi qui est un vieux compère, avec qui on a fait les premiers Daho, qui a été un guitariste de Bashung et qui est venu travailler avec moi au Portugal. Cette formule-là a trouvé ses limites assez rapidement. On a fait quelques concerts, dont un Nouveau Casino à Paris. Il y avait du monde, mais je crois que le groupe n’avait pas vraiment d’identité. Je l’ai donc mis en stand-by un moment. Comme le chanteur que nous avions jouait dans deux autres groupes, lorsque nous  voulions répéter plus, il n’était jamais là. Partager un batteur avec une autre formation, c’est faisable, mais partager son chanteur, ça devient plus compliqué. J’ai fini par me mettre à chanter.

Vous avez sorti un premier quatre titres, il y a trois ans.

Jean-Louis Brossard des Trans Musicales l’a écouté et nous a programmés en 2013. On n’avait plus de bassiste à l’époque. Le guitariste solo a invité Eva Monfort, une jeune fille qui joue très bien de la basse. Comme les Trans se sont bien passés, on s’est dit qu’on allait revenir dans cette configuration sérieusement.

franck darcel,republik ep,elements,marquis de sade,mandorDans ce deuxième EP, il y a des invités, notamment, Chris Franz et Tina Weymouth, la rythmique de Taking Heads.

Il y avait une espèce de légende urbaine qui disait que Tinaétait originaire du coin. Gilles Le Guen, qui a écrit dans le tome 2 de Rok, l’anthologie du rock en Bretagne, connaissait des gens qui connaissaient bien Tina et Chris. Il a envoyé un mail et un jour Tina a répondu qu’elle était bien originaire du coin. On s’est vu un été à Paimpol et nous sommes devenus très potes rapidement. J’ai été les voir eux Etats-Unis, puis eux sont venus nous voir en studio l’année dernière, alors que nous étions en plein enregistrement. Ils ont voulu écouter et ils ont trouvé que c’était vraiment bien. J’ai demandé à Chris s’ils joueraient sur un titre. Il nous a demandé de lui envoyer le titre en question. Début septembre j’ai reçu les sessions de« Winter of love ». En plus, Tina a fait des chœurs, ce que je ne lui avais pas demandé. J’ai trouvé ça génial. Avec les anglo-saxons, les choses se font naturellement.

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Pendant l'interview...

Cet EP est l’avant-première de l’album à venir, Elements.

On devrait le terminer incessamment. James Chance ou encore Yann Tiersen ont participé, eux aussi, à l’album, en plus des guitaristes Xavier Géronimi et Yann Le Ker. On prévoit qu’il soit dans les magasins vers la fin du mois d’octobre. On a sorti le clip en janvier, l’EP en juin et l’album sort en octobre. On fait avancer le projet Republik lentement, mais sûrement.

Vous êtes quelqu’un d’important dans le monde de la musique française et on a l’impression qu’avec ce projet, vous redémarrez à zéro, comme un débutant. Ce n’est pas un peu difficile parfois ?

Il y a toujours beaucoup de remises en questions. J’ai été dans des tas de projets. Certains ont marché, d’autres pas. J’évolue dans ce milieu de la musique toujours avec humilité. Je ne peux pas dire que je recommence tout à fait à zéro, car mon nom m’apporte tout de même quelques facilités, soyons honnête. Avoir Tina et Chris, par exemple, n’aurait pas été possible sans mon background. Accéder à quelques médias aussi, parce que je ne suis pas un inconnu. Il y a un effet de curiosité des journalistes. Comme vous par exemple.

Tout à fait. Avez-vous eu des premiers retours sur cet EP ?

Ce que j’ai lu ces dix derniers jours est en tout cas très encourageant. Ça bouge aussi en radio. C’est trop tôt pour être complètement optimiste…

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Pendant l'interview le 3 juin 2015, à l'agence.

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19 août 2015

Sollex : interview pour Chansons en roue libre.

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Romain Lefrançois, alias Sollex fait de la chanson en roue libre, un mélange séduisant de mélodies accrocheuses et de textes drôles et piquants. Il s’inscrit dans la lignée de Bénabar, Thomas Fersen (mandorisé là) ou Bobby Lapointe.

Il aime raconter des histoires, jouer avec les mots, camper des personnages hauts en couleur, embarquer les spectateurs dans son univers espiègle et décalé.

Le 24 juin dernier, nous nous sommes retrouvés dans un café parisien.

Biographie officielle (très largement écourtée):sollex,romain lefrançois,chansons en roue libre,interview,mandor

«Un adulte c’est un enfant qui a mal tourné.» Franquin.

Interprétées en solo, duo ou en trio, les chansons de Sollex interpellent l’enfant caché derrière la carapace de chaque adulte et ouvrent une parenthèse baroque, énergique et colorée vers un univers original.

En 2008, Romain sort des sentiers battus de l’open space où il travaille pour démarrer le projet SOLLEX. En souvenir d’un grand-père qui se rendait à l’usine de Bobigny en Solex et d’un père héritier du vélomoteur familial pour arpenter les rues de Paris, Romain reprend le flambeau 30 ans plus tard, mais lui rajoute deux « ailes » : deux ailes synonymes de liberté et d’évasion musicale.

sollex,romain lefrançois,chansons en roue libre,interview,mandorL’album :

Chansons en roue libre… est le premier album de Sollex. L’univers frais, espiègle, acide, grinçant et parfois déjanté de Romain qui s’adresse à des auditeurs de 4 à 104 ans appréciant la chanson dans ce qu’elle a de plus simple : des histoires, des émotions et de la fantaisie. Dans ce millefeuille musical, chaque chanson est une tranche de vie qui interpelle les grands comme les petits. Les textes qui dansent sur des rythmes variés, abordent la nostalgie, les rêves de gosses et les regrets d’adultes, l’amour, l’amitié, la mélancolie, la vie de bureau, la mer et les supers héros ! 

Dans cet album vous trouverez des sons et des bruits authentiques et insolites comme une « guitare baryton » (guitare désaccordée de 3 tons) en lieu et place d’une basse, une casserole, une sonnerie de four, un extrait de BFM dans la salle de bain de Laurent, des « frottements » sur un vieux jean de Romain pour imiter le bruit du train, plusieurs réveils matin et même le public du Trabendo lors du passage remarqué de Sollex entre les groupes Métal du Fallenfest… Vous découvrirez également la douce voix de Juliette Brousset sur « Coquillage et Nutella » et les diaboliques congas de Guilherme Alves sur « Batman ».

Chansons en roue libre… fixe pour l’éternité un ensemble de chansons qui ont leur propre histoire et leur origine autobiographique.

Ses chansons sont et.

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sollex,romain lefrançois,chansons en roue libre,interview,mandorInterview :

Tu as 34 ans. Tu chantes depuis combien de temps ?

J’ai commencé le piano à huit ans au conservatoire pour une raison bien précise. A la base, je voulais être danseur, avec et comme ma sœur. Mais la prof de danse m’a dit qu’elle ne prenait pas les garçons. Comme je suis très proche de ma sœur, j’ai voulu faire du piano dans le secret espoir de l’accompagner un jour. Pendant mes études de commerce, j’ai arrêté le piano pour me mettre à la guitare. C’est à ce moment que je me suis mis à chanter et à m’intéresser à la chanson.

Dans ta jeunesse, tes parents en écoutaient.

Oui, ça allait de Brassens à Barbara en passant par les deux Elvis, Presley et Costello. C’est marrant que l’on parle de ça, parce que j’ai en projet de faire des covers de gens qui m’ont marqué dans ma jeunesse. Des gens comme Vian, Higelin, Souchon. Je ne vais pas reprendre du Brassens, parce que, même si ça m’a marqué, ce n’est pas dans mon écriture, ni dans mon univers.

Je crois savoir que Bénabar a été un élément déclencheur…

A l’époque, on l’entendait beaucoup, ainsi que –M-. J’ai eu comme un déclic en entendant les chansons réalistes et humoristiques de Bénabar. Je me suis un peu reconnu en lui. J’ai donc voulu écrire des histoires et les mettre en musique. J’ai commencé en écrivant des chansons très délirantes sur des champignons ou des slips par exemple… enfin, tout ce qui me passait par la tête. Là, aujourd’hui, j’ai réussi à catalyser mes histoires. Je suis un peu plus « raisonnable ». Et encore, je n’en suis pas si sûr.

C’est vrai que la comparaison avec Bénabar n’est pas exagérée.

J’ai le même second degré. Je prends souvent les choses graves à la dérision. Avec la petite pointe d’humour et la spontanéité du texte, tout passe. Je ne suis jamais dans la boutade pour la boutade, il faut que cela me vienne naturellement.

Clip de "Coquillage et Nutella".

sollex,romain lefrançois,chansons en roue libre,interview,mandorQu’est ce qui a fait qu’un jour, tu as décidé de faire chanteur comme métier ?

Avant de m’essayer à cette profession un peu casse-gueule, je faisais des études de commerce. J’étais destiné à faire du marketing. En travaillant dans ce monde-là, je me suis aperçu que je passais la moitié de mon temps à écrire des chansons. Chaque réflexion dans les openspaces me donnaient envie d’écrire une chanson sur le thème abordé. Je me suis dit que ça ne pouvait plus continuer ainsi. Il fallait que je fasse un choix. Mon entourage m’a incité à me lancer.

Alors, on se lance comment ?

On lâche le guidon et on y va. Je suis allé chanter dans les bars avec je ne sais quel tour de chant pas très cohérent. Comme je n’avais pas assez de chansons au départ, je faisais pas mal de reprises. J’essayais de comprendre comment les choses fonctionnaient. La première chose que j’ai faite professionnellement, c’est d’envoyer une démo pour Le Printemps de Bourges. C’était l’occasion de réaliser ma première maquette avec des chansons que je ne joue quasiment plus. Du coup, je me suis servi de cette maquette pour trouver des dates. Et voilà !

Ton truc, c’est la scène.

Les gens me le disent à chaque fois. Mes chansons et moi, nous prenons toute notre dimension sur une scène. On me croise, je ne paie pas de mine. Je suis un peu gringalet et j’ai la gueule du premier de la classe. Sur scène, je me sens vraiment moi.

J’adore ce genre de contraste chez les artistes.sollex,romain lefrançois,chansons en roue libre,interview,mandor

Je me transforme et je pars complètement en vrille.

Ce nom, Sollex, ce n’est pas hyper sexy !

Au départ, quand j’ai envoyé ma première maquette, je ne voulais pas le faire sous mon nom, Romain Lefrançois. Je voulais un nom d’artiste et Sollex est sorti tout seul. En réfléchissant sur le pourquoi du comment, je me suis souvenu que mon grand-père me parlait beaucoup du solex qu’il avait et que mon père lui aussi en avait hérité d’un. J’ai repris inconsciemment un truc familial, ce n’est pas plus compliqué que cela.

Avoir un pseudo permet de faire le distinguo entre sa vie normale et sa vie d’artiste ?

C’est un métier où l’on devient un peu schizophrène. Dans la vie civile, il y a forcément, par l’éducation, des barrières à ne pas franchir. On ne peut pas tout faire et dire. La scène, par contre, est un espace de liberté infini. Je pense même que pour préserver cette folie qu’on a sur scène, il faut savoir se contenir dans la vie pour pouvoir exploser devant le public. Si j’étais dans la vie comme je suis sur scène, complètement barré, ce serait fatiguant pour les autres.

"Yes, we can", extrait du live au festival "En attendant le jour J" à l'Espace Christian Dente. Son et images ACP Manufacture Chanson.

Ton album démarre de manière « chanson française traditionnelle », mais très vite, musicalement et textuellement, tu nous surprends.

Se surprendre soi-même et surprendre le public permet de ne pas s’ennuyer. Il y a quinze chansons et on aurait pu en avoir dix-neuf, mais pour une meilleure cohésion de l’album, on a fait le choix d’en retirer. Que ce soit sur l’album ou sur scène, j’aime faire des plages qui soient cohérentes, puis faire des contre-pieds. Il n’y a rien de pire que de ne pas être surpris à un concert. L’autoroute endort, les chemins de traverses stimulent. Dernièrement, j’ai regardé un concert de Brel, le maître de l’interprétation et du live, et j’ai remarqué qu’il utilisait tout le temps des contre-pieds. Il passait de chansons rigolotes à une chanson qui te mettait une énorme claque. Le contraste est primordial pour toucher les gens et ne pas les perdre en route.

L’humour et l’ironie que tu as sur scène, l’as-tu dans la vie ?

Oui. C’est beaucoup pour supporter la vie. Si on n’a pas d’humour, si on n’a aucun recul sur soi ou sur ce qu’il se passe autour, ça devient un peu difficile. L’humour, c’est aussi la capacité à savoir ne rien faire, se poser, prendre du recul et savoir s’ennuyer.

J’adore la chanson « Batman ». A la fin, il casse tout dans le studio.

C’est mon passage préféré sur le disque. Batman, le seul superhéros qui n’a aucun super pouvoir. Oui, mais il a beaucoup d’argent. Il s’achète de supers bagnoles et du super matos et il se débrouille avec tout ça. Cela dit, il se bat bien. Mais sa relation avec Robin est louche (rire).

Dans « Mamie », une chanson très drôle et tendre à la fois, ta mamie te fait danser sur de la tektonik. Est-ce bien raisonnable ?

Mon grand-père a fini ses jours dans une maison de retraite, j’étais vraiment à son chevet quand il est parti. J’ai trouvé ces lieux-là tristes et déprimants. Les vieux sont suivis, il y a un cadre, ne sont donc pas abandonnés, mais quand même. L’endroit est un peu glauque. Mais dans la chanson dont tu parles, je leur rends hommage d’une certaine façon. Je positive la vieillesse. J’aime les personnes âgées et cette chanson n’est pas faite pour se moquer d’eux, au contraire. J’ai voulu qu’elle leur donne de l’espoir.

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Que pense ta famille de ce que tu fais ?

Tout le monde me soutient, même si parfois, ils sont inquiets. Ils voient que je me démène et  constatent aussi que j’ai le feu sacré, la passion absolue pour ce métier. Pour la petite histoire, quand j’ai choisi de me lancer dedans, au bout d’un an, ma mère m’appelle pour savoir si j’avais fini mon année sabbatique. Elle n’avait pas compris que c’était sérieux. En vrai, si je ne crée pas, que ce soit de la chanson, du dessin ou d’autres choses, je suis malheureux. Je crois qu’aujourd’hui, mes parents ont compris que j’étais un artiste. Que je suis né comme ça. Etre artiste, c’est une façon d’être et beaucoup de travail.

Et que pensent-ils de l’album ?

Par rapport à d’où je suis parti, les premières maquettes qu’ils ont entendu, ils sont rassurés. Je leur ai fait écouter le disque complètement terminé. Ils ont été surpris et conquis du chemin accompli. Ils ont hâte de voir la suite.

Ils t’ont vu sur scène ?

Oui. Ils viennent le plus souvent possible. Quand ils me voient en concert, ils ne me reconnaissent pas. Ma sœur et mes parents ont l’impression de voir un autre frère, un autre fils. Ils voient Sollex et non Romain. Ils font la différence.

Il y a un peu de Thomas Fersen et d’Oldelaf (mandorisé ici) en toi, non ?

Tu viens de citer deux artistes que j’aime beaucoup. J’apprécie le compliment à sa juste valeur.

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Quels sont les jeunes d’aujourd’hui dont tu as remarqué le travail ?

J’aime bien un jeune artiste qui s’appelle Guillaume Farley. Il a une voix et des textes fantastiques. Je le trouve épatant. Il y a aussi le trio Orlando, dont je trouve le travail intéressant. J’aime leur univers, leur folie et leur professionnalisme sur scène. Ils en jettent immédiatement. Ils sont impressionnants. Sinon, j’écoute aussi beaucoup Karpatt que j’ai découvert quand j’ai commencé à écrire des chansons. Leur premier album, A l’ombre du ficus, est une pépite.

Chez les plus anciens, hormis, Brel, Brassens, Barbara ?

J’aime Dick Annegarn et Pierre Vassiliu. Le Gainsbourg du début aussi. Le côté acide du « Poinçonneur des Lilas » par exemple. Il y a un second degré au vitriol que j’apprécie beaucoup. Mais mon papa spirituel, celui qui a bercé mon enfance, c’est Jacques Higelin. Je me suis beaucoup penché sur son travail. C’est vraiment un artiste complet. Il a cette générosité sur scène que j’espère donner aussi un jour. Je tente déjà.

Tu travailles sur un prochain EP ? 

Oui. On va sur une énergie un peu plus rock et j’essaie d’aller toujours plus loin dans le second degré.

Tes chansons sont parfois autobiographiques ?

Oui, mais souvent très déguisées.

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Michel Kemper, sur le site de Nos Enchanteurs a dit de toi, de mémoire, que « tu ne faisais pas de la chanson engagée, mais engageante ». C’est une jolie formule qui te correspond parfaitement.

Oui. J’adore. Je penche plus du côté de Vian que de Zebda. Quelle subtilité quand Bris Vian écrit « Le déserteur ». Textes et mélodies magnifiques. L’ensemble est très élégant. La classe absolue.

Toi aussi, tu dis des choses. Sur l’enfance, la vieillesse, la société, le monde du travail, par exemple.

Si les gens veulent bien écouter les choses. Parfois, ils s’arrêtent au premier degré et si on s’arrête au premier degré on passe à côté de ce qu’est vraiment Sollex.

Es-tu confiant pour ton avenir musical ?

Je suis un pessimiste optimiste. Quand je vois le monde, je suis pessimiste et en même temps, j’ai une force de vie qui me rend optimiste, sinon, je ne ferais pas ce que je fais. Je suis confiant en mon avenir à partir du moment où on travaille, on réfléchit, on prend un peu de recul et on ne fonce pas tête baissée. Je ne veux pas m’enfermer et regarder mon nombril. Je veux m’ouvrir de plus en plus. Ce qui me donne confiance, aussi, c’est que je suis soutenu par ma femme et par mes deux petits enfants… et ça, c’est précieux. Mon petit garçon de cinq ans veut écrire des chansons avec moi. Ça me donne la niaque. 

sollex,romain lefrançois,chansons en roue libre,interview,mandorAprès l'interview, le 24 juin 2015, sur la terrasse d'un café parisien.

17 août 2015

Julien Blanc-Gras: interview pour In Utero et pour la version BD de Touriste

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Tout futur papa devrait posséder ce livre. Avec un style ironique, drôle, touchant et une rigueur d’observation impressionnante, Julien Blanc-Gras, tient le journal de la grossesse de sa femme, tel un aventurier des temps modernes. « Un voyage étrange… une expérience à travers les contrées sauvages et inexplorées menant à la paternité. »

Dans In utero, page après page, le lecteur partage les questionnements et les constats de l’auteur. Julien Blanc-Gras ne cherche d’ailleurs pas à être racoleur, c’est un livre simple et honnête, dans lequel tous les papas et les futurs se retrouveront. 

Les différentes étapes sont traitées avec une telle dérision qu’il vous sera très difficile de ne pas esquisser de sourire. « In utero » trouvera un écho particulier pour beaucoup d’hommes qui se sentent parfois exclus ou tout simplement pas à la hauteur de ce raz de marée sur le point de déferler et bousculer leur existence.

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« La paternité reste un truc pas viril », notait  Virginie Despentes (mandorisée là), auteure de Apocalypse bébé. L’injustice est réparée avec ce délicieux récit de Julien Blanc-Gras. A mettre absolument entre les mains de tous les futurs pères. Et aussi des mères pour mieux comprendre les questions existentielles qui traversent le géniteur apeuré.

Le 8 juillet dernier, ce papa désormais épanoui (mais un chouia fatigué par une nuit sans beaucoup de sommeil), est passé pour la seconde fois à l’agence pour sa troisième mandorisation. (La première là en 2008 et la seconde en 2013… et il y a un peu de lui aussi ici.) C’était sa première interview au sujet de ce livre.

julien blanc gras,in utero,touriste,bd,mademoiselle caroline,interview,mandor4 e de couverture :

« Il n'y a aucune raison de paniquer. Nous allons créer et accompagner une existence. C'est une formidable nouvelle, me dis-je en tapant vol aller simple Patagonie sur mon clavier. » Journal de grossesse d'un futur père, In utero relate cette aventure intime et universelle, avec ses joies, ses angoisses et ses questions fondamentales. Faut-il se reproduire dans un monde surpeuplé ? Comment faire rire une femme enceinte ? Et surtout, peut-on accoucher en chaussettes ?"

L’auteur :

Né en 1976 à Gap, Julien Blanc-Gras est journaliste de profession et voyageur par vocation. Il a publié trois romans au Diable vauvert, Gringoland, qui conte un périple latino-américain, lauréat en 2005 du festival du premier roman de Chambéry et « Talents à découvrir » des librairies Cultura ; Comment devenir un dieu vivant en 2008, une comédie apocalyptique déjantée ; et Touriste, un récit de voyage curieux, surprenant, malicieux. Il a séjourné aux îles Kiribati à l'automne 2011 pour réaliser son dernier livre, Paradis [avant liquidation].

julien blanc gras,in utero,touriste,bd,mademoiselle caroline,interview,mandorL’interview :

Devenir papa, c’est donc une aventure qui mérite qu’on écrive un livre sur le sujet ?

C’est un voyage vers la planète paternité. D’ailleurs, je suppose que tu as remarqué que dans le ton, le style, la forme, je le traite comme mes voyages de mes livres précédents. Au début, je n’avais pas l’intention d’écrire un livre sur la grossesse. J’ai commencé à écrire le soir même où on a appris qu’on allait être parents. J’étais bouleversé par la nouvelle, je me suis donc mis à écrire pour expulser mes émotions et mettre de l’ordre dans mes idées. J’ai continué les jours qui ont suivi sans savoir que j’allais le publier un jour. A la base, je voulais que ce soit un document destiné à mon fils… pour qu’il le lise plus tard. A un moment, je me suis dit que, comme j’étais écrivain, il était logique que j’écrive sur ce sujet « officiellement ».

Il y a très peu de livres sur l’état du père pendant la grossesse, à part ceux de John Fante et de Philippe Jaenada.

En effet. Par contre, on trouve beaucoup de livres pratiques du jeune papa. Il y a aussi beaucoup de récits de grossesse écrits par des femmes.

Ce n’est pas très sexy pour un homme d’évoquer ce sujet ?

Virginie Despentes explique que ça ne fait pas très viril. Moi, je ne trouve pas que ce soit dévirilisant d’écrire sur la paternité.

Ta femme, dans le livre, tu l’appelles « La femme ». Es-tu marié d’ailleurs ?

Figure toi que nous nous sommes pacsés il y a trois jours.

Félicitations ! Quand tu lui as appris que tu voulais écrire sur sa grossesse, qu’a-t-elle julien blanc gras,in utero,touriste,bd,mademoiselle caroline,interview,mandordit ?

Comme je l’ai expliqué dans In Utero, ma femme ne fait pas trop de cas de mes livres. Je lui ai soumis l’idée parce que je ne voulais pas écrire ce livre sans lui demander l’autorisation.  Elle est quand même le personnage principal et l’action se passe un peu dans son utérus. Elle m’a répondu qu’effectivement, ça pouvait être rigolo. Elle a été la première lectrice de ce livre.

Elle a aimé ?

Je crois que ça lui a plu, sinon, elle me l’aurait dit. Elle ne m’a pas censuré, c’est déjà pas mal.

Que ressent précisément l’homme qui va être papa ?

A la fois de l’exaltation et de la joie… et en même temps une terreur et une panique irrépressible. L’idée que l’on va avoir une nouvelle vie et que la précédente est perdue à jamais n’est pas facile à assimiler. Et puis, c’est la fin de l’insouciance et de l’égoïsme. Tout le livre repose sur la bascule entre la joie et la peur.

Tu dis que l’enfant entraîne une réduction considérable du niveau de liberté. Or, cette liberté est ton gagne-pain. L’annonce de l’arrivée de cet enfant a eu pour première conséquence d’une remise en question professionnelle. Tu as eu peur de la perte de la liberté ?

Ça traverse la tête de tous les futurs pères. Notre liberté se trouve réduite du fait que l’on devient responsable d’un petit être merveilleux. Dans mon cas, peut-être encore plus car je n’ai pas une vie réglée par le salariat. Mon métier est de voyager et d’écrire donc, ce processus-là, chez moi, était encore plus développé.  

Ce roman est universel. Tous les papas du monde entier vont se retrouver.

J’ai essayé de raconter mon expérience intime, mais aussi de prendre un peu de distance et de recul pour que ce ne soit pas que mon histoire, mon nombril et celui de « la femme ».

julien blanc gras,in utero,touriste,bd,mademoiselle caroline,interview,mandorTu donnes quelques références sur comment la grossesse se passe dans certains pays que tu as traversé. Là, on retrouve le Julien Blanc-Gras que l’on connait.

Il n’y a pas tant que ça des différences. On retrouve l’universalité de certains gestes et de certaines attitudes dans des cultures très différentes, parce que, finalement, cette expérience est partagée par tous les êtres sur Terre.

« Rétif à l’autorité, j’ai toujours refusé d’avoir un patron. Mon quotidien sera désormais régulé par un dictateur… Le bébé, ce nazi. » Tu n’y vas va pas un peu fort, là ?

Il s’agit évidemment d’humour. Je pense que les lecteurs saisiront le second degré. Cela dit, j’ai pu le vérifier depuis (rires).

Maintenant que l’enfant est là, trouves-tu des accointances entre tes écrits et la réalité ?

Sans dire que l’enfant est un nazi, il pratique en tout cas une forme de torture assez raffiné qui est « la privation de sommeil ». J’ai expérimenté cette torture encore cette nuit (rire). Le fait de savoir à quoi on s’attend et le fait de le vivre, c’est autre chose. Je dis cela, mais c’est l’expérience la plus merveilleuse qu’un homme puisse vivre.

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Tu racontes tous les incontournables des différentes étapes de la grossesse.

Le test de paternité, la première échographie, la deuxième, les angoisses par rapport à l’accouchement, les cours de préparation à l’accouchement qui sont un peu folklos et l’accouchement lui-même, qui est un moment assez intense. Tu te poses des questions du genre : « Est-ce que tout va bien chez l’enfant ? » ou « est-ce un garçon ou une fille ? » Ce que tu vis en tant que père est à la fois exaltant et terrifiant.

Souvent, tu expliques que tu t’es senti inutile pendant la grossesse.

Cette sensation d’inutilité, je crois que de nombreux futurs pères l’ont vécu aussi. Tu fais de ton mieux, mais tu ne peux pas faire grand-chose, si ce n’est soutenir ta femme et lui emmener des fraises quand elle le désire.

Tout ce que tu racontes, tu l’as vécu ?

Le fil du livre étant la grossesse de ma compagne, c’est donc très autobiographique, mais il y a une partie documentée que j’ai insérée dans le récit.

Je trouve que ton livre a comme vertu de rassurer les jeunes futurs papas.

Je n’ai pas pensé à l’effet que ce livre allait faire sur le lecteur, mais il est vrai que la trame narrative est une marche vers l’optimisme. Une fois qu’on a pris la décision d’être parent, il faut se forcer à être optimiste parce qu’on n’a pas le choix.

julien blanc gras,in utero,touriste,bd,mademoiselle caroline,interview,mandorTu dis même : « L’enfant, c’est un acte optimiste. Un pari sur l’éternité. »

On peut avoir un tempérament désabusé, voire pessimiste, ce qui est mon cas, il n’en reste pas moins que ça change ta façon d’envisager la vie.

Je te cite encore : « Le monde ne devient pas plus dangereux quand on devient père, mais notre rapport au danger se modifie ».

Je ne parlais pas pour ma propre personne, parce que je n’ai pas plus peur qu’avant. Je sais juste que si je meurs, les conséquences seront plus graves. Je suis désormais responsable d’un petit être qui n’est pas encore autonome. Moi, j’ai plus peur pour les autres. Pour ma compagne et pour mon enfant notamment.

As-tu perdu la liberté, finalement ?

La difficulté, c’est de trouver l’équilibre entre la responsabilité qui t’incombe et le niveau de liberté que tu peux garder. Pour l’instant, j’arrive à continuer à voyager et à faire ce qui me plait, tout en étant un père présent.

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Pendant l'interview...

As-tu changé depuis que tu es papa ?

Oui, bien sûr. Ça change un homme étant donné que les priorités changent.

Tu continues aussi souvent de partir en voyage ?julien blanc gras,in utero,touriste,bd,mademoiselle caroline,interview,mandor

Oui, mais je ne pars plus deux ou trois mois comme je le faisais avant. Je n’ai pas envie de rentrer et qu’un jour mon fils me dise : « bonjour monsieur ».

Ce livre est aussi une belle déclaration d’amour à « La femme »…

Oui, évidemment que c’est aussi ça.

Et il y a du fond dans ce livre… comme d’habitude.

J’essaie toujours de traiter des sujets sérieux avec légèreté. Dans In utero, je parle un peu du sens de la vie. Choisir de faire des enfants ou pas, c’est la question la plus importante à se poser dans la vie.

Pour conclure sur ce livre, tu dirais quoi ?

Que le fait d’être père est la chose la plus merveilleuse et la plus chiante qui me soit arrivé. Le côté dur est largement compensé par le bonheur que cela t’apporte.

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Julien Blanc-Gras et Mademoiselle Caroline.

julien blanc gras,in utero,touriste,bd,mademoiselle caroline,interview,mandorOn va parler de la bande dessinée tiré de ton livre, Touriste. Comment est née l’idée ?  

De manière très naturelle. J’ai rencontré Mademoiselle Caroline dans un salon du livre. Nous étions installés l’un à côté de l’autre et nous avons échangé nos ouvrages. J’aimais bien ses dessins et elle a bien aimé Touriste. Après quelques messages de félicitations réciproques, je lui ai proposé d’adapter mon livre en bande dessinée. Elle a répondu immédiatement que c’était une super idée. On a proposé le projet à son éditeur, Delcourt. Il a dit oui et voilà.

Le résultat est franchement remarquable.

Elle a fait un super boulot. Elle a beaucoup travaillé sur ce projet. Plus que moi. Je me suis contenté de faire l’adaptation scénaristique.

C’est du boulot quand même !

Oui, parce qu’il faut casser ce que tu as construit pour le reconstruire différemment avec d’autres contraintes. J’ai élagué un tiers du roman, sinon, la BD aurait fait 2000 pages. Caroline a adapté et réinterprété. C’est-à-dire qu’elle a mis sa personnalité graphique et pas que graphique. Cette BD, c’est aussi sa BD.

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J’ai reconnu nos amis communs, François Perrin, Philippe Jaenada (mandorisés ensemble là) et Richard Gaitet (mandorisé tout seul ici).

Oui, on s’est fait plaisir avec quelques clins d’œil. Ils n’ennuient pas le lecteur et ça fait plaisir aux potes en question. Et Caroline connait et apprécie beaucoup Philippe Jaenada, c’est aussi un hommage.

Et le Prix Goncourt décerné à Bertrand Guillot (mandorisé là) !

C’est prophétique, il l’aura un jour.

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Et ça fait quoi de devenir un personnage de BD ?

En termes d’ego trip, c’est formidable, non ? Ça fait bizarre parce que je suis très amateur de bandes dessinées. Mon père en a des milliers et j’en ai bouffé pendant toute mon enfance.

Et une version ciné ?

Ce serait le rêve. Mais ça couterait cher. S’il faut tourner dans quinze pays…

Quels sont tes projets ?

Je suis en train d’écrire un récit de voyage sur le Qatar où je suis allé au mois de décembre dernier. Il sortira au Diable Vauvert l’an prochain. J’y ai passé un mois. C’est un pays dont on parle beaucoup, mais que l’on connait assez peu de l’intérieur. Il y a plein de trucs rigolos et inattendus à raconter sur ce pays. Sinon, je pars prochainement au Groenland pendant trois semaines. Je pense que j’en tirerai également un récit de voyage.

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L'interview s'étant (évidemment) très mal passée, Julien Blanc-Gras s'est énervé...

16 août 2015

Gil Alma (de "Nos chers voisins") : interview pour son one-man-show, "La vie est belle"

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Vous le connaissez tous, Gil Alma est un des comédiens du programme court de TF1, Nos chers voisins. Il joue le rôle d’Alain Stuck. « Plutôt charmant, ce serveur dans l'hôtellerie a cependant une vision assez machiste de la vie. Légèrement misogyne et égocentrique, il est persuadé de faire preuve d'autorité chez lui mais est complètement manipulé par son beau-fils et sa compagne, Karine, qu'il aime passionnément. Il pense mériter l'admiration des femmes en général. Il a souvent de grandes théories sur la vie mais maîtrise assez mal l'art de l'argumentation. Sympathique, bon vivant et tolérant, il adore les gens et faire la fête… » (présentation du site de la série)

Le succès de Nos chers voisins accroît alors de manière signi­fi­ca­tive la noto­riété de l’ac­teur. Avec le cinéma (il a joué dans 11 films), la télé, le théâtre, la pub et même des clips, Gil Alma mène en paral­lèle une carrière d’hu­mo­riste. En 2012 naît son premier one-man show, baptisé Gil Alma Born to be a star ou presque et, tout récemment, un deuxième intitulé La vie est belle.

J’ai rencontré le comédien, le 28 juillet dernier, dans les coulisses du 18ème plateau Comedy Queen organisé par Give Your Talents et présenté par Boris Gasiorowski au Théâtre de Dix Heures. Il en était le parrain.

gil alma, nos chers voisins, la vie est belle, interviewInterview :

Tu es parrain du Comedy Queen, 18e du nom. Tu en attends quoi ?

J’attends d’apprendre des autres. Je suis sûr que parmi ces jeunes, il y en a des forts doués. Moi, je reste humble face à eux, même si je suis censé avoir plus d’expériences. Je ne pense pas donner de conseils particuliers. Chaque humoriste a son travail et je ne me vois pas juger un autre. Moi, je viens surtout découvrir de nouveaux talents.

En arrivant, je t’ai vu manger, converser avec les uns et les autres.

Il ne manquerait plus que je mette de la distance avec ceux qui débutent. Il n’y a aucune différence entre nous.

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Tu es connu pour ton rôle dans Nos chers voisins, mais tu as 11 films au cinéma à ton actif et de nombreux rôles dans des séries télés… j’imagine qu’on ne te parle que de ton rôle d’Alain Stuck.

C’est normal et ça me fait plaisir. Il faut savoir accepter l’étiquette qu’on te colle… sinon, tu deviens malheureux. J’accepte qu’on m’arrête dans la rue et qu’on m’appelle Alain ou minou. On me voit tous les jours à la télé dans ce rôle, je serais étonné du contraire. Ça devient une partie de moi.

Ça ouvre des portes ?

Oui. Mais ça en ferme aussi. En termes de boulot, on m’a oublié dans le genre « dramatique ». C’est pourtant ce que je faisais avant. Je ne vais pas me plaindre. Je travaille beaucoup en ce moment. Quand j’ai commencé le théâtre à l’âge de 19 ans, j’y suis allé parce que je faisais rire les copains.

Sur ton site internet officiel, il est indiqué : comédien-auteur-humoriste.

Ce sont mes trois activités. Le statut d’humoriste, je l’assume complètement parce que je fais du one-man-show. Je vais jouer mon nouveau spectacle La vie est belle à partir de janvier 2016. En ce moment, je le joue déjà, mais dans de toutes petites salles. Je le rode. Je vois ce qui marche, ce que je dois modifier, je change, je réécris… bref, je le fignole pour qu’il soit prêt au moment voulu.

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Rien à voir avec ton premier one-man-show, Gil Alma Born to be a star?

Non, tout est nouveau. Entre temps, j’ai eu des enfants et c’est une sacrée source d’inspiration. J’ai évolué en tant que bonhomme et le spectacle évolue en fonction.

Quand tu as commencé le théâtre, c’était pour te lancer dans le one-man-show ?

Je ne savais pas trop. Pendant que je prenais mes cours, j’étais aussi poissonnier sur les marchés. Ma vie allait basculer entre ses deux métiers : poissonnier ou comédien. J’étais très mauvais en Français. Mes classiques, je ne les connaissais pas du tout, je suis donc arrivé là comme un cheveu sur la soupe. Au bout de trois ans, je me suis dit qu’il fallait que je monte tout seul sur scène. C’était comme une évidence.

Tu as pris des cours d’art dramatique.

Oui. Ce qui m’a obligé à lire les classiques que je n’avais jamais lu. C’était dur au début, mais ça m’a beaucoup plu. J’étais timide et passer sur scène devant des gens que je ne connaissais pas, c’était compliqué. Etre comédien, ça s’apprend. Donc, j’ai appris au fil des années. Beaucoup de gens m’ont fait confiance, ce qui me permet aujourd’hui de travailler.

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Quand les gens viennent vous voir, ils viennent applaudir Gil ou Alain ?

Honnêtement, c’était plutôt Alain, mais ils ne ressortent jamais déçus de Gil.

Il te ressemble un peu cet Alain ?

La comédie, c’est surligner les défauts. Tous les défauts qu’Alain a dans la série, je les ai, mais à un niveau moins important… sinon, je serais un cas grave (rire).

Quand tu as été pris dans ce rôle-là, tu t’es dit « pourquoi moi ? »

Non, j’étais content. J’avais déjà fait un programme court qui s’appelait « Tongs et paréo » sur M6 en 2008. On n’a fait qu’une saison, on s’est planté. L’écriture ne devait pas être assez ficelée. Je m’étais donc dit que, pour moi, le programme court humoristique, c’était fini. Quand j’ai été pris pour Nos chers voisins, j’ai pris ça comme une seconde chance.

Dans ton rôle d’Alain Stuck, tu as la possibilité de suggérer des choses ?

Il y a 35 auteurs sur cette série. La première saison, on a fait 1200 minutes. Je ne sais pas si tu t’imagines ce que cela représente. Ça fait 1200 sketchs. J’ai dû en faire 500. A la télé, c’est énorme. Parfois, j’essaie d’improviser, même de manière infime, mais tout est écrit, donc c’est délicat. On est assez strict.

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Vous tournez à quel rythme ?

On tourne trois mois et demi à l’année, tous les jours entre 9 heures et 18heures. Ce sont des heures de bureau. On fait de 6 à 10 sketchs par jour, donc nous avons 6 pages par jour à apprendre. Je te donne là des moyennes. On n’a pas beaucoup le temps de souffler, mais c’est stimulant.

Depuis 3 ans, tu dois apprécier cette popularité…

Oui, bien sûr, mais ce qui m’intéresse c’est de bosser et de faire des rencontres artistiques. Bon, c’est toujours sympa quand les gens nous sourient, nous accueillent à bras ouvert. Tu sais, je suis préparé au fait que ça puisse s’arrêter un jour. Et la série et la popularité. Le sens inverse arrive très vite. Je ne m’accroche donc pas trop à ça. Je relativise.

Tu te souhaites quoi dans ce métier ?

Je suis content de ce que j’ai et il faut savoir être content de ce que l’on a. J’aimerais évidemment que mon one-man-show prenne et que je m’amuse avec les gens. En télé, nous sommes en pourparlers pour faire un téléfilm qui débouchera surement sur un six fois cinquante-deux minutes de Nos chers voisins. Un peu comme la série Fais pas ci, fais pas ça. Ce serait sympa parce que l’on sortirait un peu des sketchs. Cela ferait évoluer les personnages et nous aussi. Pour finir, un peu de cinéma ne me déplairait pas.

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Pendant l'interview le 28 juillet 2015 au Théâtre de 10 heures.

Edit : 

Presque deux ans plus tard, le 15 avril 2017, j'assistais à sa dernière parisienne à l'Apollo Théâtre.

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15 août 2015

Florent Dasque de Boulevard des Airs : mini interview pour Bruxelles

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La formation Tarbaise, Boulevard des Airs, parcourt les routes depuis 10 ans. Après des centaines de concerts, un disque d’or, une nomination aux Victoires de la Musique, plus de 80 000 disques vendus, des millions de vues sur Youtube et de nombreuses rencontres, elle nous présente leur 3ème opus.On retrouve dans Bruxelles, le son qui a fait leur succès sur Cielo Ciego, leur précédent album et immense succès. Comme à l’accoutumée, ils ont conçu leur album tout seul. La gestation de ce disque a été nettement plus longue que pour le précédent, certainement parce que le groupe a composé deux fois plus de chansons. Treize titres ont été sélectionnés. Le groupe Boulevard des airs interprète des mélodies solaires, imparables avec une touche de modernité.

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J’ai fait la connaissance en mai dernier du capitaine du vaisseau BDA (comme on les appelle désormais). En effet, Florent Dasque était membre du jury du Pic d’Or, version 2015 (voir chronique à venir sur ce tremplin de chanson française la semaine prochaine). L’étant également (membre du jury), nous avons passé de nombreuses heures ensemble. Et j’ai découvert un type très sympathique et généreux. Je m’étais promis de le revoir dans sa ville pour le mandoriser. Ainsi fut fait le 14 juillet dernier. Nous nous sommes donné rendez-vous au Village du Tour de France (qui passait par Tarbes, ce jour précis).

florent dasque,boulevard des airs,bda,bruxelles,interview,mandorArgumentaire de « Bruxelles » :

« BRUXELLES » 3ème album et peut-être le meilleur ! La plume, toujours aussi honnête, s’est affûtée ; la simplicité se mêle à la dérision pour une écriture percutante. La chanson française « cuivrée » cohabite avec la fierté du flamenco, l’énergie des guitares saturées, l’efficacité des claviers et des machines. Ce disque est la parfaite synthèse de tout ce que le groupe est capable de faire et cela fonctionne ! Pour preuve on retrouve encore des invités croisés sur la route et qui ont été marqués par l’univers des BDA. «  «Pulpul » le chanteur de SKA-P et son engagement de toujours sur le titre « Quiero Soñar » et Zaz (mandorisée là) pose habilement sa voix sur « Demain de bon matin».

C’est une photographie d’un instant T de cette génération omnivore qui peut tout se permettre et leflorent dasque,boulevard des airs,bda,bruxelles,interview,mandor fait avec poésie. Les fans seront autant ravis que surpris par cet album et le public va encore s’élargir comme le laisse présager le succès que rencontre le 1er titre « Emmène-moi » (Virgin Radio, RTL 2, Hit West, Alouette etc.). On retrouvera évidement BDA sur les routes : en France, en Belgique, en Espagne, en Allemagne, en Amérique du sud ou ailleurs pour proposer à des spectateurs toujours plus nombreux, une musique qui s’aime autant avec le cœur qu’avec  la tête…

Voici leur biographie officielle et une présentation de chacun des membres.

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Les deux chanteurs de Boulevard des Airs, Sylvain Duthu et Florent Dasque.

florent dasque,boulevard des airs,bda,bruxelles,interview,mandorInterview :

Votre troisième album se vend très honorablement et vos concerts affichent complet partout. J’imagine que Boulevard des Airs est heureux.

On est super content. Ce qui nous fait particulièrement plaisir, c’est que notre premier single « Emmène-moi » a très bien fonctionné depuis février en média. C’est ce qui a permis de maintenir l’engouement sur la première semaine de sortie de l’album. Il a été 9e meilleure vente en France. C’est trop tôt pour parler de grands succès parce que l’album est sorti il y a un mois.

(Je rappelle que nous sommes le 14 juillet. L’album est sorti début juin).

Dans cet album, on retrouve votre côté « festif », mais il y a aussi des chansons complètement différentes de votre répertoire habituel. Y a-t-il eu une réflexion poussée pour faire évoluer votre travail ?

Pas plus que ça. Même dans les deux premiers disques, il y a toujours eu beaucoup de métissages musicaux et d’éclectisme. Il n’y a jamais eu dix titres qui se ressemblaient. A tel point que les médias n’ont jamais su dans quelle catégorie nous ranger. On a la chance d’être nos propres producteurs et de faire ce que l’on a envie artistiquement. Peut-être parfois faisons-nous des montagnes russes et que quelques personnes se perdent. Ce qui nous plait réellement, c’est de mélanger les genres et les styles. Nous avons une grande liberté et une seule contrainte : se faire plaisir.

Clip officiel de "Emmène-moi".

Vous enregistrez dans votre propre studio, vous prenez donc le temps qu’il faut… c’est confortable de travailler ainsi ?

Nous prenons un an ou deux pour composer, écrire et enregistrer. Nous n’avons aucune pression et c’est un luxe. Il y a des chansons qui naissent en deux jours, d’autres en deux ans. On jette beaucoup et on ne retient que ce que nous estimons être le meilleur. Nous sommes heureux de constater que les gens apprécient la spontanéité qui en résulte.

Votre succès a été local, puis à présent national, voire européen.

Les deux premiers albums, nous ne les avions joués qu’en France, un peu en Espagne et dans les pays francophones comme le Canada.  Ce troisième disque est sorti en Allemagne. A ce propose, nous jouions là-bas encore hier soir à Dusseldörf. Bruxelles sort en Argentine à la fin de l’année…  on fait de la musique aussi pour que le fruit de notre travail s’exporte.

En Allemagne, les gens ne comprennent pas les paroles, c’est donc votre musique qui les séduit ?

C’est trop tôt pour analyser, mais c’est aussi certainement l’énergie et la spontanéité que nous dégageons.  Tu sais, en Allemagne, Zaz fait un carton monumental et les personnes qui viennent la voir ne comprennent pas un mot de ce qu’elle dit. C’est bien la preuve que la musique est universelle et que les textes n’ont pas besoin d’être compris pour que l’ensemble soit communicatif… et ça nous arrange bien.

Teaser de l'album Bruxelles (14 extraits en 7 minutes 32).

Tu parles de Zaz. Elle chante avec vous dans « Demain de bon matin ». C’est une histoire de marketing ce duo ?

Mais, pas du tout. Qu’est-ce que tu racontes ? Nous ne sommes même pas dans la même maison de disque. Nous nous sommes rencontrés à la gare de Brest.  Le soir, elle nous a entendues jouer « Cielo Cioego », notre premier tube, et elle est montée spontanément sur scène pour finir ce titre avec nous. Ensuite, nous avons discuté avec elle et nous l’avons invité sur un festival d’été l’année dernière.  Elle a chanté « Demain de bon matin » sur scène, on a trouvé sympa l’idée qu’elle participe aussi à la version de l’album. Elle a dit oui alors qu’elle a un emploi du temps pas possible.

Il y a une voix féminine qui vous a rejoint cette année, celle de Mélissa Doya.florent dasque,boulevard des airs,bda,bruxelles,interview,mandor

Là encore, c’est une histoire de rencontre. Sur un festival de flamenco, j’ai fait la connaissance de  Mélissa. Dans la conversation, elle m’annonce qu’elle a joué du saxophone au conservatoire. On avait besoin de quelqu’un qui jouait de cet instrument, donc, elle fait désormais partie de l’aventure. On ne peut pas se priver d’un tel talent vocal et d’une telle musicienne. On est content parce que le public trouve qu’elle a une superbe voix. Ça nous conforte dans l’idée que nous avons bien fait de la faire venir parmi nous.

Cet été, vous n’arrêtez pas !

C’est un peu agité en effet. L’album vient de sortir donc, nous le présentons au public. C’est ce qu’on appelle la tournée de chauffe. La vraie  tournée en France démarre le 7 octobre et l’été prochain, nous ferons une grande tournée des festivals français.

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Pendant l'interview.

Tous les membres du groupe sont très simples et gentils. On a l’impression que le succès ne vous change pas.

Je ne sais pas, c’est dans notre caractère. Nous sommes conscients de la chance que nous avons, mais nous connaissons aussi le caractère éphémère d’une éventuelle carrière. On essaie de profiter au maximum de ce qu’il se passe en ce moment, sans se prendre la tête. Nous nous rendons disponible, parce que ça nous parait évident.

Vous serez au Trianon à Paris le 20 novembre prochain. C’est une date plus importante que les autres ?

Oui, parce que c’est là où les grands médias viendront nous voir, nous le savons. On est attendu à Paris. Beaucoup vont vouloir voir ce que ce groupe de province vaut (rire).

Tu n’es pas trop crevé ?

Un peu, mais je ne me plains pas. Ce n’est que du plaisir…

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Après l'interview, le 14 juillet 2015, au Village du Tour de France à Tarbes.

11 août 2015

Clément Bénech : interview pour Lève-toi et charme

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(Photo : Léa Crispi pour Flammarion)

Je persiste à croire que Clément Bénech est en train de s’imposer comme l’un des meilleurs écrivains de sa génération. J’ai déjà dit tout le bien que je pensais de lui dans sa première mandorisation, à l’occasion de la sortie de son premier roman, L’été Slovène (qui vient de sortir en poche). Voici la seconde pour son petit nouveau, Lève-toi et charme.

En cherchant ce qui a était dit sur lui et son nouveau livre, je suis tombé sur ce passage émanent du site Zone Critique : « Ce printemps, en publiant Lève-toi et charme, le jeune romancier continue de tracer « les contours d’une ombre humaine », la sienne propre, avec une retenue élégante et polie, une douceur infinie, une ironie déguisée, sans impatience, en contemplant l’action invisible des choses et des êtres sur lui, qui prend ses marques, en se recréant romanesquement sous les traits d’un jeune adulte qu’il ne prénomme toujours pas dans son second livre ».

Rien à ajouter. C’est tellement ce que je pense…

J’ai donné rendez-vous à Clément Bénech, une  fin d’après-midi caniculaire (le 1er juillet dernier) dans un bar parisien. Par rapport à notre première interview, je l’ai trouvé plus « pro », plus mûr, un peu plus sérieux… Peut-être a-t-il plus conscience de sa condition d’écrivain ? Je ne sais pas. Lui, peut-être n’aura pas vu son changement. Il n’en reste pas moins que ce moment/cette conversation était très agréable. (Et je ne suis pas prêt de le lâcher dans les années à venir).

tumblr_inline_nibspzriUe1r3t2kn.jpg4e de couverture :

Trop distrait par sa vie parisienne et sa petite amie Annabelle, un étudiant s'exile à Berlin pour finir sa thèse. Très vite, il se montre réceptif à tout ce qui peut différer le moment de s'adonner à la tâche. S'en remettant au hasard et au désir, notre jeune héros prend la vie comme elle vient, persuadé qu'il finit toujours par se passer quelque chose. Et, effectivement, grâce à son chat et à une laverie automatique, il va rencontrer Dora. "Pour se déplacer en ville, elle utilisait la marche. Pour tout le reste, Dora était invivable." Il cherchera à aller plus loin que ce déroutant constat, quitte à troubler sa relation avec Annabelle. Clément Bénech, avec ce deuxième livre, a écrit un singulier roman d'apprentissage, où les atermoiements amoureux et les déboires de la vie adulte ne sont pas des rites de passage mais plutôt des expériences parmi d'autres. Ce qui compte, c'est de rester curieux et de toujours se dire "Lève-toi et charme". Et le charme opère.

L’auteur :

Clément Bénech est cité par Télérama parmi les 10 écrivains à suivre sur Twitter.
À tout juste 24 ans, il collabore au journal Libération (lire son article « 
Booba, faim de reparties ») et publie un 2e roman chez Flammarion. Après  L’été Slovène, Lève-toi et charme fait déjà l’objet de nombreux articles enthousiastes dans la presse.

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(Photo : Olivier Steiner)

Clément-Bénech-vu-par-Olivier-Steiner-450x450.jpgInterview :

J’ai beaucoup aimé ton deuxième livre. J’avais peur d’être déçu.

Mes amis, eux, ont été plus mitigés sur celui-ci. Certains m’ont dit que ce livre était moins évident que le premier. L’été Slovène était pour eux plus cohérent.

Quand ils te disent cela, tu te mets à douter ?

Oui, forcément. Au moment où on me le dit, ça commence à ébrécher un truc. Cela dit, j’ai aussi des personnes autour de moi qui ont préféré Lève-toi et charme. De toute manière, quoique l’on dise de mes romans, je vais aller dans des directions de plus en plus singulières. Je suppose qu’il y aura de plus en plus de gens qui ne vont pas comprendre, voire ne pas aimer. Je pense qu’il faut que j’aille là où je le sens, sans me soucier des avis des uns et des autres. Par contre, je me dis que ceux qui aiment aimeront encore plus. C’est un peu ça mon pari.

Personnellement, je m’habitue à ta « patte ».

Je n’ai pas essayé de prendre le contre-pied de ce que j’avais fait auparavant. Je ne me sens pas très proche de ces auteurs qui veulent montrer qu’ils savent tout faire. Moi, je pense que je ne sais pas tout faire. Je suis ce que je me sens capable d’écrire… tout est très lié à ma personnalité.

As-tu l’impression d’avoir évolué stylistiquement entre tes deux romans ?

C’est un peu paradoxal. J’ai l’impression de réfléchir de manière plus profonde à ce que je fais et d’avoir une pensée de ce que j’écris, mais je ne suis pas sûr que cela serve mon style. Dans toute forme d’art, quelque part, la clairvoyance n’est pas toujours bénéfique. Il me semble que parfois, il vaut mieux laisser dans l’ombre certaines choses. Quand on commence à s’interroger sur certains mécanismes, ce n’est plus fluide, ni naturel. Je joue un peu de piano. Je sais que je joue d’autant mieux que je ne me pose pas la question de ce que je fais. Je ne veux pas que ce que je joue ou j’écris devienne mécanique.

Malgré ta belle écriture, ce que tu écris est simple, très abordable.hqdefault.jpg

Je ne cherche pas du tout à être incompris. Au contraire. S’il m’arrive de mettre un mot un peu plus compliqué que la moyenne, c’est juste par souci de précision. Je n’essaie jamais de faire écran entre le lecteur et moi. J’ai plutôt une préoccupation de transmission. C’est aussi pourquoi je réfléchis beaucoup à la forme. Il y a dans ce deuxième roman des photos, un « chat » Facebook, enfin des moyens de raconter qu’on ne voit pas d’habitude.

A quoi servent ces nouvelles formes ?

Elles ont pour but de correspondre exactement à ce que je veux exprimer. Toutes mes réflexions à propos de la littérature ont le lecteur pour centre… ou plutôt, pour point d’arrivée.

As-tu la volonté, même inconsciente, d’être original ?

Oui, c’est sûr. Là où il y a une distinction qui me semble importante, c’est que je tiens à être original  de manière naturel. Pas forcé. Il y a un critique d’art américain que j’aime bien, Clément Greenberg, qui dit : « une innovation organisée au lieu d’être sentie n’est pas une innovation véritable. »

Puisqu’on parle des photos qu’il y a dans ton livre, à un moment, après une de tes saillies bien senties, tu ajoutes (voir photo). Or, il n’y en a pas.

C’est une blague. C’est drôle que tu m’en parles parce qu’il y a eu un papier dans « Le Monde du Livre » sur le roman dans lequel Éric Chevillard a parlé de ce passage. Il explique que c’est bien dans l’humour du roman et que c’est cruel. Je ne te cache pas que ce procédé est une allusion à Desproges. Un simple clin d’œil.

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(Photo : Léa Crispi pour Flammarion)

Le lecteur que je suis sent que tu t’amuses en écrivant.

L’écriture est une grande source de joie pour moi. Je n’adhère pas du tout à ce mythe de l’écrivain torturé, bien que j’aie un rapport au monde qui n’est pas évident. L’humour est mon regard constant sur le monde, même si j’ai le sentiment et la lucidité de savoir que le réel est assez dur. Le moment de l’écriture est pour moi un moment d’apaisement. Chevillard parle d’un ressaisissement du réel, c’est exactement ce que je ressens. 

Il n’y pas que du rire dans ton roman.

Ce livre est une espèce d’électro-encéphalogramme. Il représente l’état de mon esprit à un moment ou à une période. Il ne peut pas y avoir que du rire dans ce que j’écris. Il y a des moments où j’essaie d’exprimer des idées plus profondes et complexes. Après, je tente de faire quelque chose d’homogène. Mélanger le tout pour faire sens et style au final.

Le pitch de ton livre se tient en une ligne : « un étudiant va à Berlin pour essayer de finir sa thèse de géographie. Il y rencontre une jeune femme. » C’est une histoire banale que tu finis par transcender.

Ce n’est pas faux. J’aime bien aborder la banalité du réel. Il n’y a rien d’extraordinaire dans mes histoires, mais il y a plusieurs raisons à cela. La première, la plus fondamentale, c’est que je ne crois pas que la littérature puisse parler aujourd’hui de choses monumentales. Il me semble que la littérature, par ses moyens qui sont très minimes, très économes, est plus capable d’aborder les choses minimes de la vie et ce qu’elle a de plus minutieuse. Il me semble que la littérature a un pouvoir moindre que celui du cinéma. Si tu lui proposes des desseins qui la dépassent, il ne va rien se passer au sein du livre. J’ai l’air d’en dire du mal, mais cette modestie de la littérature, on en a besoin et elle est absolument irremplaçable.

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En interview dans La Quinzaine Littéraire de ce mois d'août 2015.

Écrire la banalité incite le lecteur à penser que ce que tu écris est vrai finalement.

C’est tout à fait ça et je te remercie de le remarquer. J’aime profondément cette idée. Aujourd’hui, ça pourrait sembler à contre-pied parce que les auteurs adorent se désolidariser de leur texte en disant que tout est imaginé et que ce n’est que de la création fictive. Moi, j’ai tendance à dire « tout est vrai », alors qu’au fond, c’est de la fiction. J’ai juste envie qu’en lisant, on se dise que toutes ces aventures ont été vécues.

Berlin est un lieu que tu connais ?

Un peu oui. J’y suis allé faire un Erasmus en master. Je devais vaguement écrire un mémoire, mais j’ai fait autre chose.

Je n’ai pas compris si tu étais bienveillant avec cette ville.

C’est une bonne question. Le rapport à la ville m’intéresse pas mal. Que peut-on transmettre d’une ville dans un roman ? A un moment, le narrateur, à Berlin, dit qu’il n’a pas le sentiment d’être à Berlin. Ça m’est arrivé aussi. Je me méfie toujours des gens qui disent que dans tel pays, les gens sont comme ci ou comme ça. J’aime bien me frotter à ce qu’il y a de complexes dans le réel. La certitude fige trop les choses. Les clichés ont quelque chose d’assez plaisants.

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Berlin.

Bon, Berlin, tu as aimé ?moving_to_berlin.jpg

A Berlin, j’ai vécu des choses belles et des choses décevantes, mais j’aurais du mal à lui donner une identité qui lui soit propre. L’identité d’une ville correspond à ce qu’on lui apporte. En clair, Berlin, je ne me sens pas légitime pour donner un avis sur elle.

Dis donc, c’est moi où tes narrateurs sont attirés par des chieuses ?

Non, tu as raison. Dans mes deux livres, c’est le cas. Mes narrateurs sont un peu loosers avec les nanas. Ils se laissent embarquer. Ils sont prêts à tout pour avoir un peu d’intimité avec elles, mais ça ne fonctionne  jamais. Moi, personnellement, je n’aime pas les chieuses, je préfère que tout se passe bien, mais c’est un motif littéraire intéressant, parce que ça crée une altérité et un dialogue.

Tu m’as dit tout à l’heure en aparté que tu voulais te lancer dans l’édition jeunesse. Raconte-moi ça.

Depuis deux ans, je m’intéresse beaucoup à tout ce qui est lien entre textes et images. La littérature jeunesse est historiquement liée à l’image. J’ai été bercé dans mon enfance par Roald Dahl et quand j’étais ado, j’ai fait un peu de bande dessinée.

10599279_10152585022945622_547662795172982265_n.jpgTu es très actif sur les réseaux sociaux, mais il y a quelque chose que j’aime bien sur Facebook, ce sont les échanges entre François-Henri Désérable (voir photo à gauche), Arthur Dreyfus et toi.

Tous les trois, on utilise Facebook de manière humoristique et ludique. Ce sont des amitiés assez fertiles. Au début, Arthur m’a donné des conseils sur mes nouvelles de façons ferme et fructueuse. Ce que j’en ai tiré me semble aujourd’hui palpable, du moins mesurable.

Vous passez des soirées à parler littérature ?

Arthur est assez déconneur, donc pas tout le temps. Mais je parle beaucoup littérature avec François-Henri. On évoque des livres qu’on a lus et des auteurs qu’on aime. On admire tous les deux Éric Chevillard. C’est le seul auteur qu’on admire en commun. Lui est plus dans une veine héritière du grand roman français comme Dumas ou Hugo. Moi, je m’intéresse plus à une forme de modernité contemporaine.

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Pendant l'interview.

Récemment, tu es devenu pigiste à Libération.

Oui, mais je n’ai pas encore de périodicité de publication.

C’est quoi l’idée ? Un jeune écrivain exprime ses idées.

Jusqu’à présent, c’était un peu le cas. Avec le temps, je vais prendre une tournure plus journalistique.

sdscv-380x175.jpgIl y a un article qui a fait parler de toi. Celui sur le rappeur Booba.

On m’avait sollicité pour parler de son disque.

Et l’imitateur Laurent Gerra s’est foutu de toi en direct sur RTL à une heure de grande écoute.

Ça m’a un peu énervé parce que Gerra est un type que j’aimais bien. Bon, il n’aime pas le rap et ne me connait pas, donc j’ai réussi à relativiser. Il a pris la voix de Lucchini pour me citer. Ce qui m’a gêné,  ce sont ses insinuations sur Charlie Hebdo. Il a dit que j’en n’avais rien à foutre de la mort de Wolinski ou de Cabu. Ça m’as tué. Ça m’a fait mal parce que ce sont des types que j’adorais. J’ai toujours lu Le Canard Enchainé ou Charlie Hebdo bien avant les attentats. Quand j’entends dire Gerra « il en a rien à foutre le Bénech de la mort des dessinateurs », ça m’a gravement heurté.

Tu écris ton prochain roman en ce moment ?

Oui, je n’ai pas encore le titre, mais je vais te donner un scoop. Ça se passera à New York et c’est une histoire d’amour entre un roumain et une française. Cet été, je vais lire tout Cioran, afin de m’imprégner de l’esprit roumain.

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Après l'interview, le 1er juillet 2015.

10 août 2015

Radio Elvis : interview pour Platine "notre rapport à la variété"

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1554548_1610620372543084_5360841798847029610_n.jpgAprès Dominique A (dont les propos ne sont pas passés inaperçus), Juliette, Didier Wampas, Christophe Mali (de Tryo) et Ben l’Oncle Soul , c’est au tour du jeune groupe Radio Elvis (mélange de rock et de chansons poético-universelles) de répondre à mes questions au sujet de la variété (pour le magazine Platine, meilleur ambassadeur pour ce genre musical). Je suis ce trio depuis le début de sa formation (le chanteur Pierre Guénard à même été mandorisé en avril 2014) et regarde leur progression aussi magistrale que rapide avec beaucoup d’intérêt et de curiosité. Pour tout dire, je suis très amateur de ce que font ces trois garçons et je ne peux qu’espérer qu'ils aillent très loin. Il ne faut pas être devin pour constater que c'est déjà bien parti pour Radio Elvis. Le label [PIAS] (un des meilleurs de France), des concerts en pagaille, un album à venir (après deux EP)... la route sera longue et belle.

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Voici le nouveau clip de Radio Elvis, "Au Loin Les Pyramides", premier extrait du nouvel EP « Les Moissons » paru ce 10 juillet.

Voici quelques photos de l'après interview, le 24 juin 2015, sur la terrasse d'un café de Chatelet. Pierre Guénard et Colin Russel se prêtent (volontiers?) au jeu des clichés mandoriens.

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