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18 juin 2015

Henri Lœvenbruck : interview pour Nous rêvions juste de liberté

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« La claque inattendue, sauvage, magistrale.
Ode à l'amitié, belle, pure, de celles qui transcendent, qui submergent, jusqu'à l'aveuglement parfois. Poème lyrique et furieux sur l'insoumission et le nomadisme. Etre affranchi de toute contrainte et ne plus faire qu'un avec le vent. Se gorger de liberté sans rien attendre en retour. Ne rien devoir à personne si ce n'est ses frères de route et surtout rester fidèle à cet adage biblique transmis entre initiés, LH&R: loyauté, honneur et respect. »

henri lœvenbruck,nous rêvions juste de liberté,interview,mandor,bikersJ’ai lu ce témoignage d’un lecteur sur le site Babélio. Je retranscris sans en changer une ligne parce que c’est tout à fait ça et c’est bien écrit.

Le nouveau Henri Lœvenbruck est un très grand livre. Que ceux que l'univers des bécanes et des bikers rebuteraient restent tout de même avec nous. Ce roman initiatique, souvent duraille, est à lire absolument. "Les aventures de ces gamins idéalistes et un peu paumés sont avant tout un hymne humaniste et splendide à la loyauté, à l'amitié, et bien sûr à la liberté", dixit une autre lectrice de Babelio, Laurence.

Pour cette troisième mandorisation, sans aucune langue de bois, ce n’est pas son genre (lire la première là et la seconde ici), l’auteur est de nouveau venu (en Harley Davidson) à l’agence. C’était le 5 mai dernier.

4e de couverture : henri lœvenbruck,nous rêvions juste de liberté,interview,mandor,bikers

« Nous avions à peine vingt ans et nous rêvions juste de liberté. » Ce rêve, la bande d’Hugo va l’exaucer en fuyant la petite ville de Providence pour traverser le pays à moto. Ensemble, ils vont former un clan où l’indépendance et l’amitié règnent en maîtres. Ensemble ils vont, pour le meilleur et pour le pire, découvrir que la liberté se paie cher.
Nous rêvions juste de liberté réussit le tour de force d’être à la fois un roman initiatique, une fable sur l’amitié en même temps que le récit d’une aventure. Avec ce livre d’un nouveau genre, Henri Lœvenbruck met toute la vitalité de son écriture au service de ce road-movie fraternel et exalté.

L’auteur :

Henri Lœvenbruck est un auteur de romans de fiction et de fantasy. Il est également musicien auteur-compositeur-interprète. Sa trilogie de La Moïra (publiée entre 2001 et 2003) a été un succès avec 300 000 exemplaires vendus. Il est membre de la Ligue de l'imaginaire, collectif d'auteurs dont Maxime Chattam, Bernard Werber et Franck Tilliez font partie.  

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henri lœvenbruck,nous rêvions juste de liberté,interview,mandor,bikersInterview :

Pourquoi n’y a-t-il aucune date et lieu précis dans ton roman ?

Parce que c’est un roman tellement personnel que je voulais le dépersonnaliser, l’universaliser et faire en sorte que tout le monde puisse se l’approprier. J’ai visiblement bien fait parce qu’il y a des gens de tous les milieux qui se sont reconnus dedans.

Ils ne se sont pas reconnus dans les actes commis par tes héros, quand même ?

Non, juste dans la fraternité, l’amitié, la frustration, la trahison…

Tu viens de me dire que c’est un roman très personnel. Mais tu ne racontes pas ta vie ?

A 80%, mais de manière super transposée. J’ai vraiment été dans une bande avec laquelle nous avons traversé le meilleur et le pire et avec laquelle nous avons monté un projet ensemble. Dans le livre, j’ai dit que c’était un bar, mais dans la vraie vie, c’était une autre affaire. Et cela s’est fini en catastrophe humaine. Freddy existe, Oscar est vraiment mort, Alex existe aussi et c’est un enculé…Je pense que les gens qui me connaissent ne lisent pas ce livre de la même manière que ceux qui ne me connaissent pas. Ils doivent même être un peu gênés.

Tu es issu d’un petit village un peu craignos comme celui que tu décris, avec des parents disons… très particuliers ?

Pas du tout. Moi, j’ai vécu dans le 12e arrondissement de Paris et j’ai eu une enfance normale… enfin, un peu élevé au martinet de papa. Je suis parti de chez mes parents à 15 ans pour vivre dans un petit taudis qui était à 500 mètres de chez mes parents, je l’ai transposé en roulotte dans le livre. Tout est imagé dans ce roman.

Nous rêvions juste de liberté est différent de ce que tu as l’habitude de nous proposer. henri lœvenbruck,nous rêvions juste de liberté,interview,mandor,bikersC’est ton livre le plus important ?

C’est en tout cas le livre dans lequel je me suis permis le plus de choses. Il est inattendu dans ma carrière par rapport à mes autres bouquins. J’ai vécu des trucs démentiels depuis sa sortie. Un jour un type de 40 balais et venu me voir, presque en larmes, en me disant : « Merci parce que votre livre raconte l’histoire de mon père. Il était comme votre héros, Hugo, dit Bohem. Je l’ai perdu quand j’avais 13 ans, il n’a donc jamais pu me raconter sa vie. Il y a un plein de trucs qu’il n’a jamais pu me dire et j’ai l’impression qu’il me les disait dans votre livre. »

Votre héros, Bohem, est le type le plus fidèle, honnête et droit de la Terre.

Il a le défaut de ne pas connaître en lui la trahison et donc, il a du mal à l’appréhender.

Je m’attendais à lire un road movie. Or, ce roman est bien plus que cela. Il est très dur et très très émouvant. J’ai versé deux trois fois ma larmichette.

Je me suis souvent interdit d’écrire des choses trop dures ou de faire des fins trop tristes. Là, je me suis lâché.

henri lœvenbruck,nous rêvions juste de liberté,interview,mandor,bikersTe sens-tu mieux après avoir écrit ce livre ?

Je vais être super honnête. Je l’ai écrit pour ça. Ça faisait six ans que je voulais l’écrire et j’ai toujours reculé l’échéance. Putain, j’ai l’impression d’être chez le psy avec toi ! Bref, c’est une histoire qui me fait cauchemarder une fois par semaine. Je suis un peu déçu parce que je pensais vraiment que j’irais mieux immédiatement, mais en fait non. Pas encore. La catharsis à laquelle je croyais en écrivant le bouquin n’a pas encore fonctionné.

Pourquoi as-tu, comme Bohem, ce besoin intense de te barrer dès que tu arrives quelque part ?

J’ai toujours envie de partir. J’ai des enfants que j’aime par-dessus tout, mais sinon, je serais à Paris, une semaine tous les deux mois, pas plus. Le reste du temps, je serais sur les routes. C’est une maladie, il faudrait que je consulte. Si je suis dans une soirée, au bout de deux heures, j’ai envie de me barrer. Au restau, je suis tout le temps le premier à vouloir partir.

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Pendant l'interview...

Quand tu pars sur la route, tu pars rarement seul. Tu emmènes des potes.henri lœvenbruck,nous rêvions juste de liberté,interview,mandor,bikers

Bohem dit à la fin du livre : « J’aime bien être seul, mais je n’aime pas être seul à être seul ». Ca résume tout.

Tu racontes la philosophie des bikers. D’ailleurs, tu en es un.

J’aime leur authenticité. C’est un milieu qui est très inspiré des sociétés initiatiques traditionnelles comme le compagnonnage ou la Franc-Maçonnerie. Tu as des grades dans les clubs, l’équivalent d’apprenti, compagnon ou maître. Tu sais, j’adore les loups. J’ai écrit six romans sur les loups. Pour moi, les bikers, ce sont des loups. Ils sont parfois violents, mais c’est le côté sauvage que je trouve magnifique.

Est-ce que certains bikers lisent ton livre ?

Oui, beaucoup. Ce qui leur plait, c’est qu’il n’est pas écrit par un non biker qui décide de faire un roman sur ce sujet en se disant que ce sera sympa. C’est quelqu’un de leur milieu qui l’a écrit. Ils savent que je ne triche pas. De plus, je leur donne un peu la parole. Je donne une image réaliste de la vie des clubs de bikers et c’est très rare dans les romans.

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Quand Henri Loevenbruck arrive à l'agence, c'est en Harley, quoi!

henri lœvenbruck,nous rêvions juste de liberté,interview,mandor,bikersCe livre prône la liberté. Te sens-tu libre, toi ?

Non, mais personne ne l’est réellement. Par contre je me bats pour l’être le plus possible au quotidien et c’est un combat perpétuel. On oublie le prix de la liberté et l’importance de la liberté… des gens sont morts pour elle, du coup, on devrait peut-être la chérir davantage. A ce propos, j’ai donné les dernières corrections de mon livre à mon éditeur au début du mois de janvier. Quelques jours plus tard, il y avait l’attentat de Charlie Hebdo. Comme tu le sais, je suis très proche de Sigolène (Sigolène Vinson, voir précédente mandorisation), et je n’ai pas pu m’empêcher de penser à mon livre et à son titre au moment où elle a vécu ça. Cette jeune femme a eu une Kalachnikov posé sur la tempe au nom de la liberté. Ce n’est rien d’autre que ça. La liberté de pouvoir dessiner le prophète de manière caricaturale dans un magazine. Le 7 janvier 2015, il y en a qui sont morts pour ça et nous on l’oublie dans notre quotidien.

Je sais que tu es sur ton prochain roman. Il parle de quoi ?

Je raconte l’histoire d’un homme qui a existé et qui a vécu un truc de malade. Un agent de la DGSE qui était agent clandestin pendant quatre ans. Il était payé par l’état français pour buter des gens à travers la planète, mais de manière complètement clandestine. Ca fait presque un an que je l’interviewe régulièrement. Ca donnera une biographie romancée qui, je pense, ne laissera personne indifférent.  

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Après l'interview, le 5 mai 2015.

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Commentaires

Salut !
Je suis également une lectrice de Babelio, et je découvre aujourd'hui par hasard (OK... un peu tard) un paragraphe très ressemblant à un extrait de ma propre critique sur Babelio au sein de la vôtre ci-dessus. S'il ne s'agit pas d'une incroyable coïncidence j'aurais adoré avoir droit aux "guillemets" de citation moi aussi ("Les aventures de ces gamins idéalistes et un peu paumés sont avant tout un hymne humaniste et splendide à la loyauté, à l'amitié, et bien sûr à la liberté")
Mais bon... Me répondrez-vous ?....
L

Écrit par : Laurence | 10 novembre 2015

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