Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

« Yoanna : interview pour Princesse | Page d'accueil | Franck Calderon et Hervé de Moras : interview pour La prétendue innocence des fleurs »

06 mai 2015

Guillaume Musso : interview pour L'instant présent

guillaume musso, l'instant présent, le magazine des loisirs culturels auchan, interview, mandor

Voici ma troisième interview de Guillaume Musso. La première, c’était en 2004, à l’occasion de la sortie de son premier livre, Et après (je crois d’ailleurs avoir été l’un des premiers à l’avoir interviewé… ou alors ça fait partie de ma légende personnelle et je finis par y croire, je ne sais pas).

L’année dernière, le 20 mars 2014, à l’occasion de la sortie de Central Park, je suis allé lui poser des questions chez XO Éditions, déjà pour Le magazine des loisirs culturels Auchan (daté des mois d’avril-mai 2014).

Un an plus tard, le 31 mars dernier, bis repetita pour son nouveau roman L’instant présent, toujours chez XO Editions et toujours pour Le magazine des loisirs culturels Auchan (cette fois-ci daté des mois d’avril-mai 2015). Je me mets à espérer que nous aurons désormais un rendez-vous annuel, tant j’aime nos rencontres. Guillaume Musso donne ses interviews « au compte-goutte » et il me fait l’amitié d’accepter de faire partie des heureux élus dès que je le souhaite. Voici donc le résultat de notre entretien pour le magazine, puis vous pourrez lire le bonus mandorien.

Avant cela, voilà un résumé de son livre.

guillaume musso,l'instant présent,le magazine des loisirs culturels auchan,interview,mandor

L'interview :

guillaume musso, l'instant présent, le magazine des loisirs culturels auchan, interview, mandor

guillaume musso,l'instant présent,le magazine des loisirs culturels auchan,interview,mandor

guillaume musso, l'instant présent, le magazine des loisirs culturels auchan, interview, mandor

guillaume musso,l'instant présent,le magazine des loisirs culturels auchan,interview,mandorBonus mandorien :

Il y a quelques années, tu me disais que tu te moquais des critiques, tant que les lecteurs étaient là, ça n’avait pas d’importance.  Mais au final, quand les critiques sont bonnes, comme c’est le cas depuis tes deux derniers romans, tu es content, non ?

Évidemment, je suis humain. Tu sais, une bonne critique te fait plaisir cinq minutes, une mauvais t’ennuie cinq minutes, après, ça ne change ni ta vie, ni tes ventes. En avançant dans l’âge, tu apprends à te dépouiller un peu et à moins tenir compte de l’écume. A quarante ans, tu sais comment la vie fonctionne, tu te connais mieux avec tes points positifs, négatifs, tes failles, tes qualités, tes défauts. Tu as plus de distance et de recul. Moi, je ne veux plus que ma vie soit polluée par des pensées trop négatives. Ma devise est : « Ne fréquente pas la médiocrité, c’est une maladie contagieuse ».

Ce n’est pas innocent si le roman s’intitule L’instant présent ?

Vivons l’instant et arrêtons d’avoir nos vies saccagées par les regrets et les remords liés au passé ou aux projections, les plans sur la comète que tu peux faire par rapport au futur. Il faut savoir saisir sa chance quand elle se présente. Il faut bouger, ne pas attendre, être actif, c’est ainsi que les choses finissent par arriver.

C’est marrant que tu dises cela parce que dans tes romans, il y a toujours cette idée de mouvement.

J’ai toujours peur de lasser. Dans mes romans, à la Hitchcock, il y a toujours des personnages ordinaires qui sont pris dans des évènements qui les dépassent. Souvent, ils sont la tête dans le guidon parce que leur vie bouge trop vite.

guillaume musso,l'instant présent,le magazine des loisirs culturels auchan,interview,mandor

Finalement, tes livres sont tout le temps des enquêtes sur les personnages eux-mêmes,guillaume musso,l'instant présent,le magazine des loisirs culturels auchan,interview,mandor non ?

C’est Jean-Christophe Grangé qui me disait : « qu’est-ce qu’un thriller sinon une enquête sur soi-même ? » Le danger et l’inconnu servent de révélateurs de personnalité. Ce n’est jamais l’intrigue proprement dite qui m’intéresse, ce sont plutôt les personnages qui vont apprendre qui ils sont vraiment.

Parlons un peu de ta vie privée, mais cela à un rapport direct avec ton nouveau roman. Ta femme te reproche-t-elle d’être trop souvent coupé du monde et de ne pas passer suffisamment de temps avec elle et votre enfant ?

Quand je l’ai connu, je lui ai expliqué que lorsque j’écrivais, j’avais des rituels, que ça me prenait beaucoup de temps, parfois quinze heures par jour. Elle a rapidement constaté que c’était vrai et un jour elle m’a dit : « Tu te rends compte que tu passes quinze heures avec des personnages de papier dans un univers imaginaire ? Tu te rends compte que c’est pathologique, au minimum un peu singulier ?». Elle me reprochait gentiment de passer plus de temps avec un univers chimérique qu’avec elle ou qu’avec ma famille. Depuis, c’est resté en moi et je lui ai répondu en écrivant un livre, La fille de papier. Moi, contrairement à ce que tout le monde croit parce que je sors un livre par an depuis dix ans, je n’écris pas vite. Je travaille très lentement, mais je travaille tous les jours. J’ai besoin de passer du temps à écrire, à faire des recherches, à polir mes dialogues…

Tu n’es donc pas comme Bernard Werber qui est l’exact opposé de toi à ce niveau-là.

Effectivement, quand j’ouvre le robinet, ça ne coule pas forcément. L’écriture est une activité qui structure ma vie. Je suis même un peu monomaniaque. Je n’arrive jamais à appuyer sur le bouton « off ». Même quand on part en vacances, pour moi, c’est un terrain de jeu pour trouver des idées pour le roman suivant.

Tu dis dans le livre qu’un roman « est presque toujours autobiographique puisque l’auteur raconte son histoire à travers le prisme de ses sentiments et de sa sensibilité ».

Ça, c’est un débat sans fin. A partir du moment où c’est vous qui écrivez, ça passe à travers le filtre de votre personnalité. L’instant présent est mon livre le plus personnel, mais n’est pas du tout autobiographique.

Tu fais le parallèle entre une histoire d’amour et un roman…

Une histoire d’amour réussie c’est « rencontrer la bonne personne au bon moment » et un roman réussi c’est « la bonne histoire, mais racontée à un moment où vous êtes capable vous-même de développer les thèmes et les exploiter le mieux possible. »

Faut-il écrire un livre, à chaque fois, comme si c’était le dernier ?

D’abord, il ne faut pas écrire un livre pour rien. Il faut écrire des livres qui ont du sens dans ta vie d’homme et ta vie d’auteur. Il faut toujours être fier de son nouveau roman. J’ai besoin d’être convaincu que, si je terminais ma vie avec le dernier livre écrit, je puisse en être fier.

guillaume musso,l'instant présent,le magazine des loisirs culturels auchan,interview,mandor

Après l'interview, le 31 mars dernier.

Les commentaires sont fermés.