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23 février 2015

Mission Control (groupe de David Hallyday): Interview pour la sortie de Alive

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J’ai toujours eu une certaine tendresse pour David Hallyday. Je trouve l’artiste talentueux et l’homme très sympathique. Je ne mégote jamais à aller le mandoriser (ici, la première fois en 2007 et là, la seconde en 2010). Pour cette troisième, il n’est plus seul. En effet, il est entouré du guitariste Olivier Freche et du bassiste Fabrice Ach. Ils forment le groupe pop rock electro, Mission Control.

J’ai rencontré ce beau monde le 12 janvier dernier dans les loges du Comédia (à Paris). Le soir même ils présentaient pour la première fois à leurs fans certains morceaux de ce premier album commun. La vidéo suivante en témoigne.

Making of Mission Control au Comédia le 12 janvier 2015.

david hallyday,olivier freche,fabrice ach,mission control,alive,the rising,interview,mandorArgumentaire officiel  (mais largement raccourcie):

Le nouveau projet de David Hallyday, sous le titre de Mission Control, est à la fois un nouveau pari, une nouvelle aventure, et le retour passionné du rêve de tout musicien : jouer dans un groupe. On connaît le David Hallyday chanteur et auteur-compositeur. Tout au long d'une carrière couronnée de disques d'or et de Golden Awards, il a su imposer une griffe mélodique aisément reconnaissable, qu'il écrive pour lui ou pour les autres. Mais on sait moins qu'au cours de ses pérégrinations artistiques, entre Los Angeles et Paris, il a fait partie de plusieurs groupes, Blind Fish et Novacaine, avec lesquels il a même enregistré des albums.

Retrouver le plaisir des débuts, reformer un groupe pour partir à nouveau sur les routes, l'idée a germé pendant que David préparait son nouvel album. Un album en anglais, un projet international que lui, l'artiste solo, a cette fois envie de partager avec des complices.

Dénicher des musiciens avec qui partager les mêmes émotions, humaines et artistiques. C'est chose david hallyday,olivier freche,fabrice ach,mission control,alive,the rising,interview,mandorfaite, avec le guitariste Olivier Freche, fondateur du groupe JADE et auteur d'un album adapté de "Hypérion", le best-seller de l'écrivain Dan Simmons. A la basse, son frère de gammes Fabrice Ach, surnommé "Le maître de l'harmonie", qui a travaillé entre autres avec Anggun, Mickael Miro et la célèbre blueswoman Anna Popovic.

Outre les compositions, le chant et 50% de la batterie, David se chargera de l'électronique et des claviers. Mission accomplie… en huit semaines de travail acharné et convivial,dans la plus grande liberté artistique. Le résultat, un disque d'électro-pop spatial, épique et mélodique. Onze titres convergeant tous autour du thème de la passion et de l'élévation.

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david hallyday,olivier freche,fabrice ach,mission control,alive,the rising,interview,mandorInterview :

Je vais commencer en m’adressant à Olivier et Fabrice. Comment David a-t-il fait appel à vous ?

Fabrice : Nous avons une amie commune qui est sa manageuse. Elle nous a fait jouer ensemble sans savoir ce que recherchait exactement David. Olivier et moi, nous nous connaissions déjà et avions travaillé dans moult projets communs. Il fallait que ce que nous faisions colle avec ce que souhaitais David.

En somme, vous vous êtes « essayés » avant de concrétiser le projet.

David : Il fallait savoir si artistiquement et humainement cela passait bien. Franchement, on a tout de suite sympathisé. Le fait d’enregistrer cet album pendant huit semaines juste entre nous, ça nous a permis de bien nous connaître. Nos femmes sont venues, nos enfants et nos potes aussi. On a vécu comme en famille au manoir de Loconville. L’énergie était démentielle entre nous. C’était comme si nous avions toujours joué ensemble.

Cette osmose est de l’ordre de la magie ?

David : De toute manière, quand les choses fonctionnent, ça devient toujours de la magie.

Olivier : Quand on a commencé à jouer ensemble, il y a eu un feeling immédiat et beaucoup d’énergie. Dans ce genre de situation, on ne sait jamais ce qu’il va se passer. Cela peut-être super ou catastrophique. On se découvre réellement au moment où on plante la première note. Nous nous sommes appropriés la musique que l’on a jouée et ça a fonctionné tout de suite.

Clip de "The Rising".

David, vous aviez besoin d’être avec de nouveaux musiciens pour continuer votredavid hallyday,olivier freche,fabrice ach,mission control,alive,the rising,interview,mandor parcours ?

David : Je voulais faire un projet artistique différent. Dans ma carrière, j’ai la hantise de toujours refaire la même chose. Récemment, je me suis demandé quel avait été le meilleur moment musical dans ma vie. La réponse était simple : c’était quand j’avais fait mes premiers groupes, Blind Fish et Novacaine. Ce sont les meilleurs souvenirs de ma carrière, alors que nous n’avons eu aucun tube. C’est cette naïveté et cette énergie que j’avais envie de retrouver. Dans ce climat musical très stérile, j’avais envie de faire quelque chose de beaucoup plus chaleureux et de retrouver une méthode plus ancienne, plus atypique par rapport à cette génération-là. Aller chercher l’énergie et les émotions à des endroits où on ne va pas les chercher habituellement. J’ai besoin de complicité, j’ai besoin de sentir qu’il y a mes potes, une famille autour de moi. J’ai appris la musique comme ça. En l’a partageant avec les copains. Cela me manquait beaucoup.

Mais quand on enregistre un album solo, il y a des musiciens quand même.

David : La différence quand tu fais un disque avec un groupe, c’est que tu vis avec. Les musiciens ne sont plus des musiciens. Ils deviennent une équipe de foot. Ils ne doivent pas jouer solo. L’union fait la force.

Fabrice : Ce n’est pas un travail différent pour nous, c’est une implication différente. Il nous arrive d’enregistrer des albums pour d’autres personnes. On est juste interprète de quelque chose. Dans ce projet, j’ai pu choisir l’instrument avec lequel j’allais enregistrer, j’ai pu m’approprier certaines parties des chansons. Chacun est là pour faire évoluer le groupe. Je pense que nous avons emmenés un son à David.

David : Tout à fait.

Olivier : Dans ce manoir, on a partagé à la fois le côté musical et le quotidien. Tout ce qui est autour de la musique ressoude et renforce. Quand tu joues, il faut savoir ressortir les atomes crochus que tu as avec les gens.

Fabrice : Il faut aussi de bonnes chansons. En l’occurrence, nous avions à notre disposition de très bonnes chansons. C’est la base de tout.

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Parlons du lieu. Vous avez enregistré au manoir de Loconville, un lieu d’enfance de David.

David : C'est même un endroit sacré pour moi. Mes parents, mes grands-parents, mes arrière-grands-parents y ont vécu. C’est une maison pleine de bonnes vibrations dans laquelle, tout gamin, je croisais Hendrix ou Dylan, venus pour une garden-party. Cette maison ne nous appartient plus depuis des années, mais la personne qui y vit est vraiment adorable. Elle a aimé notre projet et nous a laissé le manoir pendant huit semaines. Je ne la remercierai jamais assez.

Fabrice et Olivier, vous avez joué avec de très nombreux artistes, mais vous étiez un peu plus dans l’ombre. Avec Mission Control,  vous êtes mis plus en avant. Cela vous plait-il ?

Fabrice : Je vous arrête tout de suite, nous ne sommes pas des musiciens de studios. On a fait beaucoup de concerts, des disques aussi et on a plein de projets. C’est d’ailleurs très français ce truc de ne pas mettre les musiciens en avant. Les journalistes français s’adressent souvent au chanteur et très peu aux musiciens. Ce n’est visiblement pas votre cas, car vous avez commencé l’interview avec nous deux.

Olivier : Cela dit, c’est normal, on est dans la tradition de la chanson française. Il y a une différence culturelle parce qu’en France, il y a beaucoup d’artistes solos.

Fabrice : Du coup, pour nous deux, faire partie d’un groupe ou tout le monde est considéré d’égal à égal, c’est assez plaisant.

David : L’idée de faire ce groupe, c’était de jouer en bande et de passer les frontières. La question que tu viens de poser…

… n’est que française, c’est ça ?

David : Voilà ! Mais, ce n’est pas une mauvaise question. Dans notre esprit, on est tous au même niveau.

Olivier : Cette question pose bien la différence entre la France et le reste du monde.

Fabrice : Il faut dire aussi que le statut de David, en France, il ne peut pas y échapper. Ses parents sont si « historiques ».

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Je continue à jouer au journaliste franchouillard alors. Vous savez que les français, dont je fais partie, n’aiment pas quand un groupe français chante en anglais ?

David : Me concernant, j’ai parlé anglais avant de parler français, donc cette langue vient instinctivement dans la musique que je crée. C’est marrant ce que vous me dites, parce que je n’ai jamais eu ce sentiment-là, moi.

A vous, on pardonne parce que vous avez cette double nationalité et que les gens le savent.

David : En tout cas, je suis très fier de représenter deux cultures.

Fabrice : C’est vrai que pour David, ce n’est pas qu’on lui pardonne, mais on l’accepte plus. Nous savons bien que si c’était un autre chanteur français qui se lançait dans une telle expérience en langue anglaise, la pilule aurait été plus difficile à avaler.

Nouveau single "Reaching up" (écoute).

david hallyday,olivier freche,fabrice ach,mission control,alive,the rising,interview,mandorQuel est le point commun entre toutes les chansons de l’album.

David : Elles sont toutes épiques et rassembleuses. « Arrêtons d’écouter tout ce qu’on nous dit, prenons notre destin en main et fonçons en avant ». C’est le leitmotiv de ce disque.

David, vous n’avez pas choisi la facilité pour la poursuite de votre carrière. Êtes-vous confiant ?

David : Je sais que les métiers de la musique deviennent très compliqués. En plus, j’ai choisi une voie très compliquée. J’ai monté un groupe que les gens ne connaissent pas et que nous sommes en train de développer à l’international. J’ai pleine conscience que rien n’est gagné et que ce sera très difficile. En fait, on ne sait rien, juste que l’album est bon et que l’énergie est contagieuse.

L’incertitude fait-elle partie des joies du métier ?

Fabrice : Absolument.

David : Il y a beaucoup de gens qui nous disent que nous prenons des risques. Je ne suis pas d’accord. Pour moi, le risque c’est de ne rien faire ou de faire toujours la même chose. Après, que ça marche formidablement ou pas tellement ou pas du tout… la balle n’est plus dans notre camp. Il y a une notion qu’on oublie un peu dans ce métier, c’est la chance. Il faut aussi être là au bon moment… et être patient.

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Après l'interview le 12 janvier 2015.

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