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22 janvier 2015

Juliette : interview pour ses spectacles au Théâtre du Châtelet (notamment)

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Désormais habituée du Théâtre du Châtelet, Juliette y sera deux fois à l'honneur en 2015 : comme chanteuse le 23 janvier prochain,  puis comme compositrice de la comédie musicale Les Indiens sont à l'Ouest écrite pour le CREA d'Aulnay-sous-Bois du 2 au 4 avril 2015.

L’occasion était idéale de rencontrer Juliette (voir sa première mandorisation ici). Seul souci, nous nous sommes vus dans un bar parisien, au lendemain des attentats de Charlie Hebdo,  pendant que se déroulait la prise d’otages de l’Hyper Cacher, autant dire que le cœur n’y était pas tout à fait (d’autant qu’il y avait des téléviseurs bloqués sur BFMTV).Mais on a fait le boulot le mieux possible.

Nous avons donc évoqué ses deux spectacles au Théâtre du Châtelet, mais aussi son livre Bestioles de Théâtre, sa mise en scène récente de Madame Raymonde et enfin son second rôle dans la série télévisée CHEFS !.

jul.jpgJuliette au Théâtre du Châtelet le 23 janvier 2015:

Après les dingueries du « No parano Show » il y a trois ans, elle retrouve les planches de son cher théâtre parisien. Aujourd’hui en commissaire de roman noir entourée de ses inspecteurs musiciens, pour éclairer, de vraies chansons et de pseudo-enquêtes, quelques ombres de l’âme humaine.

« Bien loin d’être figée derrière son pied de micro, où elle pourrait se contenter de décliner son répertoire impeccable, entre créations, inédits et reprises, Juliette les détaille, les défrise, les distille, comme autant de contes de la folie ordinaire… Elle tisse la toile et les fils, électriques et lumineux, souterrains, politiques, familiaux, musicaux : une couturière sur mesure, la mesure du passé, avec le ton virevoltant d’une joie qui gouverne et éclaire l’avenir. »

Les indiens sont à l’ouest du 2 au 4 avril 2015 :Indiens_affiche.jpg

Trois représentations de la première comédie musicale de Juliette en tant que compositrice. Avec 65 jeunes interprètes du CREA d’Aulnay et un ensemble instrumental de 8 musiciens. Livret et paroles Christian Eymery - Arrangements :Franck Steckar.

« Passionné de cinéma, François, dont le rêve est de devenir réalisateur participe à un concours réservé aux adolescents. Les trois meilleurs films auront le privilège d’être projetés dans le cadre d’un prestigieux festival. Il choisit de raconter la résistance des Amérindiens face à l’invasion des colons blancs durant la seconde moitié du XIXe siècle. Un projet bien ambitieux pour un garçon de quinze ans... »

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juliette-4.jpgInterview :

Vous avez pas mal d’actualités… commençons par votre livre Bestioles de Théâtre sorti il y a quelques semaines. Vous vous êtes alliée à Pascale Bordet.

C’est surtout un livre de Pascale Bordet. C’est une des plus grandes costumières de théâtre. Elle est récipiendaire de deux Molières, mais surtout de 12 nominations. Elle a comme « vice » de peindre des aquarelles et de croquer à la fois les petits métiers du théâtre et également ses amis comédiens. Il y en a quelques-uns qui sont connus et d’autres qui le sont moins. Ce ne sont pas des caricatures comme peut le faire Morchoisne, mais elle peint de manière plus subjective. Je suis très amatrice de ses aquarelles.

Vous, vous avez écrit des textes.CVHD9782357201835.jpg

Qu’on ne se méprenne pas ! Mes textes évoquent le théâtre, mais je ne commente pas les dessins de Pascale Bordet. Il y a un conte principal qui s’appelle « La servante et le brigadier ». Je parle du théâtre, du lieu, de la boîte noire, de la mythologie qu’il y a autour, du petit peuple du théâtre, les gens des coulisses, justement, des couturières, des machinistes… je raconte beaucoup d’anecdotes et pose aussi des questions auxquelles j’apporte mes propres réponses. Pourquoi la couleur verte est-elle interdite au théâtre ? Vous ne le savez pas ? Eh bien, il faut lire ce livre (rires).

Quand allez-vous écrire un vrai roman ?

Je ne pense pas en être capable. Je ne crois pas que ce soit ma forme d’expression. Je suis une chanteuse qui écrit des chansons. Je suis donc adepte des formats courts. Là où j’ai exercé l’écriture en prose, c’est dans la nouvelle. Dans Bestioles de Théâtre, ce sont des nouvelles. Je ne crois pas que je dépasserai cela.

Avez-vous déjà essayé ?

Non, c’est vrai, mais en même temps, je ne sais pas si j’aurais une idée qui tient la route, je ne sais pas si j’aurais le courage et surtout, si je saurais faire. Je le répète, je suis vraiment dans le format court. Les nouvelles, c’est une forme littéraire que j’affectionne particulièrement.

1625097-exclusif-anny-duperey-la-chanteuse-950x0-1.jpgPour Bestioles de théâtre, c’est Pascale Bordet qui a fait appel à vous ?

Oui. Nous avons travaillé ensemble il y a très longtemps. Nous sommes amies depuis des lustres. Je sais qu’elle fait régulièrement des livres épatants. Elle avait ses « bestioles » à publier. Un soir, alors que nous dinions ensemble, elle me dit qu’elle se demande à qui elle va proposer d’écrire les textes de ce nouvel ouvrage. Je lui ai répondu qu’elle n’avait qu’à me demander à moi.

Vous avez l’habitude de sortir des disques, mais voir votre nom sur la couverture d’un livre, ça vous émeut ?

Pas vraiment parce que j’ai déjà publié un recueil de nouvelles. Certes, dans une petite maison d’édition toulousaine assez confidentielle. Ce qui est amusant, c’est que c’était déjà un livre avec des illustrations. J’y tenais parce que j’ai appris à lire avec La comtesse de Ségur et dans les éditions d’autrefois, il y avait toujours des illustrations avec le texte. Moi, j’en avais un illustré par le génial Gustave Doré.

Parlons maintenant de Madame Raymonde incarnée par Denis D’Arcangelo, un spectacle d'an.jpgque vous avez mis en scène. Vous aimez diriger d’autres artistes ?

Ce n’est pas diriger que j’aime, mais c’est mettre mon grain de sel, mon imagination et ma vision de ces artistes. Je ne dis pas oui à tout le monde. Denis, je le connais depuis très longtemps, Madame Raymonde, son personnage, aussi. Ensemble, nous n’avons pas fait une mise en scène, mais une conception de spectacle. Lui arrive avec un répertoire de chansons. Il a des idées de construction de spectacle et on y travaille ensemble.

Madame Raymonde, au départ, c’est une chanteuse réaliste de rue.

Oui et quand il est arrivé sur des scènes plus officielles, il avait un récital de chansons tout ce qu’il y a de plus classique. Il chantait à chaque spectacle 95% de chansons nouvelles, mais comme il y avait deux grands moments un peu délirants que les gens reconnaissaient, cela donnait l’impression que c’était la même chose depuis dix ans. Il en avait un peu assez. Il voulait renouveler ça. Par rapport à ses gouts, à ce qu’il aime, à ce qu’il connait, je lui ai proposé d’envoyer madame Raymonde à Broadway. C’est ce que nous avons fait. Nous avons inventé une balade à New York. Denis connait parfaitement cette ville. Il a habité là-bas, alors ce qu’il chante est très touchant parce que c’est du vécu. Je suis contente parce que ça a été un gros succès.

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Parlons maintenant de votre concert du 23 janvier au Théâtre du Châtelet. A quoi doit-on s’attendre ?

Pas à un récital de chansons conventionnel en tout cas. Avec moi, il y a toujours un moment où ça part en sucette. J’explique dès la fin du premier titre que j’ai failli ne pas être chanteuse. Je raconte qu’à 18 ans, je ne savais pas ce que je voulais faire dans la vie. Comme mon grand-père était commissaire divisionnaire, j’avais l’intention de rentrer dans la police. Soudain, mon téléphone sonne, mon contrebassiste va répondre en disant « commissariat central, j’écoute ! », et on comprend que nous sommes dans un commissariat. Mais on est aussi et surtout dans un récital de chansons.

C’est un hommage à la police ?

Non, surtout que la police n’a pas besoin de moi pour qu’on leur rende hommage en ce moment. Ce spectacle me permet surtout de faire beaucoup de références littéraires et télévisuelles.

Je crois savoir qu’il y aura pas mal de monde avec vous.

Il y a une partie de ce concert où je serai avec 35 policiers. C’est la musique de la police de Paris.

jj.JPGIl y aura aussi bien les musiques des Cinq dernières minutes que celles des Experts. C’est un voyage intemporel.

Pour ce spectacle, j’ai voulu une image hors temps. Le décalage temporel permet beaucoup de choses et j’ai choisi un cadre de rêverie… parfois un peu nostalgique.

Évoquons à présent la comédie musicale Les indiens sont à l’ouest qui se déroulera du 2 au 4 avril au Théâtre du Châtelet. Vous en êtes la compositrice. Là, il y a carrément 65 personnes sur scène.

Ce sont des mômes et des amateurs et le résultat est monstrueux. Ils chantent, jouent la comédie de manière formidable. Ils sont tout simplement impressionnants.

Comment on compose pour une comédie musicale dont on n’a pas écrit les textes ?

C’est Christian Eymery qui a écrit les textes. Il m’a livré les paroles. Nous avons discuté ensemble de la dramaturgie. J’étais un peu perdue au départ parce que les 65 jeunes interprètes du CREA d’Aulnay avaient l’habitude de chanter sur des musiques très savantes, alors que moi, je ne fais que de la chanson. Alors, je me suis dit que j’allais faire comme pour moi. Ce n’était pas la peine de faire croire que j’étais autre chose que ce que je suis. Le résultat semble être apprécié par tout le monde. Je vous prie de croire que je suis rassurée.

Terminons avec votre participation à la série télévisée Chef !, que l’on devrait voir surchef.jpg France 2 en février. Vous y tenez un très joli second rôle.

J’ai un rôle sur quatre épisodes. Je suis agent probatoire. L’histoire est celle d’un jeune homme qui a fait des bêtises assez sérieuses. L’agent probatoire que je suis lui propose d’aller bosser pour qu’il parvienne à se réinsérer. Elle est en cheville avec un chef de cuisine qui est joué par Clovis Cornillac. On comprend vite que, lui-même, étant jeune, a aussi un peu déconné et que c’est pour ça qu’il est sensible à cette démarche-là. Comme je tourne dans le premier, le deuxième, le cinquième et sixième, je n’ai pas reçu les scénarios du milieu alors, je ne peux pas vous en dire plus (rires).

Jouer la comédie, ça vous plait ?

L’expérience a été remarquable pour moi. Arnaud Malherbe qui réalise est quelqu’un de très exigeant. C’est plaisant et à la fois un peu dérangeant parce que c’est quelqu’un qui ne s’embarrasse pas de formules diplomatiques pour te dire que ça ne va pas quand tu joues. Il n’était pas d’accord avec ma lecture du personnage que je voyais truculent, grande gueule et drôle. Il m’a poussé vers quelque chose de beaucoup plus grave. Il a eu raison, évidemment. Il n’empêche que c’est un peu déstabilisant, parce que je suis toujours toute seule habituellement. Je suis toujours la patronne, c’est moi qui décide… alors quand quelqu’un me dirige avec véhémence, ça me fait bizarre. Mais je ne suis pas une ennemie du travail. Arnaud m’a donc fait travailler avec un coach. J’ai adoré ça parce que ça m’a appris plein de choses. Cette expérience est un cadeau du ciel pour moi…

Pour finir, y-a-t-il un nouveau disque à l’horizon ?

Pas tout de suite. Je vais me faire appeler Désirée. J’ai une logique de travail depuis des années qui est : je sors un disque, je fais de la scène, je sors un disque, je fais de la scène… Il n’y a pas de break, donc pas de renouvellement. Peut-être que je vais profiter d’une saison ou deux pour faire autre chose que de la pure chanson.

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Le 8 janvier 2015... évidemment, encore sous le choc.

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