Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

« MTatiana : interview pour l'EP Psyché-Délice et pour sa participation à Rising Star | Page d'accueil | Ingrid Desjours (et un peu Myra Eljundir) : interview pour Tout pour plaire »

20 décembre 2014

Sandra Martineau : interview pour Les blessures du silence

sandra martineau,les blessures du silence,interview

Cela faisait trois années de suite que je rencontrais Sandra Martineau au Salon du livre de Provins. Elle y participait en tant qu’auteure et moi en tant qu’animateur. Il m’arrivait de l’interviewer, mais je n’avais jamais rien lu d’elle. Il fallait donc remédier à cela.

Elle m’a fait parvenir son dernier roman, Les blessures du silence. Un vrai bon thriller psychologique qui n’a rien à envier à bien des livres de romanciers à succès. Au fil des pages, le rythme ne laisse de répit ni aux lecteurs, ni aux protagonistes du livre. Sandra Martineau malmène tout le monde avec, on le sent, une certaine jubilation.

La jeune femme est venue à l'agence le 18 novembre dernier pour une première mandorisation.

sandra martineau,les blessures du silence,interviewRésumé de Les blessures du silence :

Yohann, jeune journaliste ambitieux à l’appétit sexuel grandissant, s’inquiète de ses migraines de plus en plus fréquentes et de ses cauchemars récurrents : il se noie.
Alice décide de quitter son petit ami volage Samuel et part chez sa mère à Lavernat. Elle n’arrivera jamais à destination et c’est Samuel qui fait part de sa disparition.
Antonia, inspectrice de police, enquête sur Florence Ouvrier retrouvée morte en forêt du côté de… Lavernat. Mort, disparition, les affaires sont-elles liées ?
Yohann, de son côté va voir un guérisseur pour ses maux de tête et celui-ci lui conseille de demander à sa mère s’il n’a pas eu un accident en relation avec l’eau. Tout en menant l’enquête pour comprendre ce qui le hante, il alimente le journal avec des révélations surprenantes sur la mort de Florence Ouvrier…
Sa quête personnelle, son enquête sur le meurtre et la disparition l’emmènent sur des routes non parcourues depuis très longtemps. Pourquoi ?

Biographie officielle :sandra martineau,les blessures du silence,interview

L’histoire démarre en Juin 1978 à St-Brieuc. Malgré un prix Louis Guilloux pour une nouvelle écrite au lycée, Sandra ne prend pas tout de suite conscience de l’importance qu’ont les mots dans sa vie. Au fil des années, le dessin, la photographie, les études supérieures viennent rythmer son existence sur un ton différent mais l’écriture n’est jamais bien loin.

1998, les projets s’allongent dans sa tête avec le besoin de les coucher sur papier. C’est le début des scénarii, solution intermédiaire entre les nouvelles et le roman. Un premier manuscrit tente de prendre forme. ¨Pas assez pertinent, elle veut frapper plus fort pour se démarquer des autres. C’est là, qu’un flash vient changer toute la donne : son personnage confronté à d’horribles scènes de crimes, sans jamais les voir, sans jamais prendre conscience du danger qu’il encoure. L’héroïne venait de perdre la vue en quelques secondes et cet élément apporterait de la consistance à son histoire. Entre sa vie de famille et la gestion d’une entreprise,  il lui faudra près de cinq ans, pour achever ce premier roman « Confiance Aveugle » sorti en avril 2010.

D’autres idées pour de futurs manuscrits viennent alourdir ses journées, ou plutôt ses soirées. Promotion en Enfer, verra le jour en mai 2012. Son troisième manuscrit, un roman policier, Les blessures du silence est sorti récemment.

sandra martineau,les blessures du silence,interview

sandra martineau,les blessures du silence,interviewInterview :

Les blessures du silence est ton troisième livre, te sens-tu auteure aujourd’hui ?

C’est difficile, car je ne suis jamais satisfaite complètement. Il va me falloir du temps pour m’estimer « auteure ». Quand mon deuxième livre est sorti, j’ai choisi délibérément une thématique différente du premier. Je suis partie sur du thriller au lieu d’écrire un autre polar. Je ne voulais pas que l’on compare les deux livres et, surtout, je souhaitais surprendre.

C’est un vaste sujet, mais la frontière est mince entre le thriller et le polar, non ?

Pour moi, un polar est une enquête policière et un thriller est plus une histoire à suspens.

Les blessures du silence, c’est quoi alors ?

Un thriller psychologique.

Depuis quand écris-tu ?

Depuis le collège. Quand la maîtresse nous faisait faire une rédaction, j’étais la seule contente. J’aimais déjà beaucoup écrire des histoires.

Comment as-tu commencé cette activité ?sandra martineau,les blessures du silence,interview

En écrivant quelques nouvelles, puis un scénario. J’ai vu que ça ne fonctionnerait pas pour moi dans ce registre. J’ai donc décidé d’attaquer un roman. Le cinéma me faisait un peu fantasmer, donc je me disais que mon livre pourrait être éventuellement adapté.

Te souviens-tu quand tu t’es lancée réellement ?

Quand j’étais enceinte de ma fille. J’ai donc accouché deux fois à peu de jours d’intervalle : d’un enfant et d’un livre.

Un roman, c’est un exercice compliqué pour toi ?

Tu es obligé de détailler énormément et de creuser au fond de toi-même. Je n’avais pas forcément envie de gratter. Il en est sorti Confiance aveugle. C’est un livre très violent. Je ne pouvais pas aller plus loin dans la violence, il me semble. La petite fille qui est égorgée au début du roman, c’était peut-être aussi tuer la petite fille qui est en moi.

sandra martineau,les blessures du silence,interviewTu n’as pas aimé ton enfance ?

Pas du tout. Ma scolarité a été très difficile, mais j’ai quand même réussi.

L’écriture, aujourd’hui, est-ce une forme de thérapie ?

Oui, je le reconnais. Après Confiance aveugle, du coup, j’avais envie d’autre chose que de violence. A la base, j’étais partie pour faire une longue thématique sur les tueurs en série, mais je me suis soudainement sentie vidée. Je n’avais plus ce désir de tuer, d’assassiner et de terroriser. J’ai donc décidé d’introduire plus de psychologie. On ne cherche plus à savoir comment et qui a tué, mais pourquoi. Je trouvais que c’était aussi intéressant d’emmener le lecteur sur une touche qui n’était pas sanguinaire.

Un de tes films cultes est Seven. Cela se ressent dans ton livre.

Oui, ça permet de comprendre vers quelle logique je vais. Pas vers Alice au pays des Merveilles, en tout cas.

Tu es quelqu’un d’avenant, on a du mal à s’imaginer que tu sois capable de sortir tant sandra martineau,les blessures du silence,interviewd’horreur.

A cause de mon image, plutôt douce et souriante, d’après ce que l’on me dit souvent, les gens pensent que j’écris des choses avec la sensibilité inscrite sur mon visage. Beaucoup s’imaginaient avant de me lire que j’avais un côté fleur bleue.

Au fond, pourquoi écrire ?

Parce que les idées foisonnent en moi. J’ai cinq-six carnets à la maison et dès que j’ai une idée, je l’inscris. J’ai toujours besoin d’évacuer ce qui est en moi. Je tire un peu la chasse d’eau à chaque fois que j’écris, c’est-à-dire que je me libère de ce que j’ai dans la tête. L’écriture, c’est un exutoire.

Quand écris-tu?

Je travaille avec mon mari dans son garage. On se voit toute la journée, donc le soir, je n’ai pas d’état d’âme à m’isoler pour écrire. Il sait que j’ai besoin de ces moments-là. Je suis capable d’écrire juste quatre lignes dans une soirée, mais le maximum, c’est une bonne page.

sandra martineau,les blessures du silence,interviewQuels sont tes modèles ?

En salon, je deviens comme une adolescente dès que je croise Franck Thilliez. Quand j’ai fini La chambre des morts, j’ai compris ce que je voulais produire comme émotion en matière de littérature. Avant cette lecture, je ne savais pas encore dans quoi j’allais me lancer. Ça a débloqué complétement ma situation littéraire.

Tu lui as dit ?

Oui, plusieurs fois. La première, il a été très touché… Aujourd’hui, j’essaie de m’émanciper et je pense avoir trouvé mon style, même si j’essaie de ne pas être trop éloignée de l’ambiance du « maître ».

Les personnages de Les blessures du silence sont tous attachants. Ils ne sont pas manichéens.

C’est ça qui m’intéresse. Je m'attache aujourd'hui à créer des personnages qui soient plutôt des anti-héros. Même les « gentils » peuvent avoir des défauts de la vie quotidienne... qui sont agaçants.

Pour le moment, tu es chez Sixto, une maison d’édition encore plutôt « confidentielle ». sandra martineau,les blessures du silence,interviewQuand tu es dans un salon, est-ce que tes collègues te le font ressentir ?

Au début, franchement, oui. Certains auteurs me faisaient comprendre que mes romans n’étaient tirés qu’à 1000 exemplaires. Après, ils ont compris que j'étais déterminée à faire mon trou. Je le fais gentiment. Je ne marche sur la tête de personne et j’avance petit à petit. Parfois, dans des salons, je vends plus que certains « grands » auteurs. J’en ai tiré une grande fierté parce que c’est grâce à une façon de communiquer avec les gens. Il faut les intéresser et les amener à vouloir découvrir ton univers.

Le monde du polar est quand même un monde très masculin, non ?

Oui, complètement. On m’appelait « la jeunette » parfois, avec une certaine condescendance. Il faut savoir se faire respecter. Tu es jeune, tu arrives timidement avec ton premier roman, tu es forcément un peu raillée. Dès le début, je ne me suis pas laissé faire. C’était le seul moyen pour qu’ils me respectent très vite.

Parle-moi de ton quatrième roman. Je sais que tu es en train de le terminer actuellement.

Il se déroule lors d’une croisière. C’est la croisière de la dernière chance pour mon personnage principal, un type dont on peut penser qu’il est parfait et gentil… et bien, on va vite se rendre compte que pas tant que ça. Il y a un enchaînement de péripéties qui indiquent que cette traversée va finir "en live".

sandra martineau,les blessures du silence,interview

Après l'interview le 18 novembre 2014.

Les commentaires sont fermés.