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08 décembre 2014

Rodrigue : interview pour #SpectaculaireDiffus

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(Photo : Nam Thai Lai)

rodrigue,#spectaculairediffus,interview,mandorAprès Le jour où je suis devenu fou et L'Entre-Mondes, le lillois Rodrigue sort son troisième album #SpectaculaireDiffus, dans lequel il adresse notamment une critique à la société du spectacle (et à la société tout court). Rodrigue est un nouveau fou chantant, qui met un sacré coup de pied dans la fourmilière chanson. À l'occasion de cette sortie, cet amoureux des mots est venu à l’agence le 20 octobre dernier pour une deuxième mandorisation (la première est ).

Argumentaire officiel :rodrigue,#spectaculairediffus,interview,mandor

Du rock français sans lipstick mais qui flirte insolemment avec la pop, parfois libertaire et
insouciante, souvent sombre et engagée.En solo ou en groupe, avec en sept ans, plus de300 concerts au compteur, trois albums, deux dvds et un livre de nouvelles, le projet a aujourd'huiatteint une maturité et une force sans précédent.Plume à la fois acide et passionnée, l'artiste est inclassable, créatif et survolté.Rodrigue tord les vers et efface les codes pour offrir en live un set qui n'a de cesse d'interpeller et de venir secouer les âmes pour les éprouver. #SpectaculaireDiffus, troisième album, interroge la vérité de l'information, des amours, des émotions. Il interroge aussi ce qu’entretient l’homme face à lui-même, à l’autre, à la société. la poésie et la sincérité comme sérums libérateurs.

C’est un album pop, en français, sans paillettes, ni cotillons, à la fois classe et animal, sensible comme un Boris Vian, désinvolte comme un vieux punk, explosif comme l’absinthe, avec ce petit quelque chose d’un film d’auteur façon Truffaut.

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(Photo : Pierre Urbaniak)

rodrigue,#spectaculairediffus,interview,mandorInterview :

Première constatation, #SpectaculaireDiffus est très bien produit.

D’album en album, je deviens de plus en plus exigeant et l’expérience aide à faire des progrès. Les musiciens qui m’accompagnent et moi « grandissons » aussi et donc, heureusement, nous nous améliorons.

C’est la première fois que tu fais un album avec les musiciens qui sont avec toi sur scène.

Sur mes précédents disques, quand j’avais un réalisateur, je me laissais parfois influencer par eux. Ils souhaitaient travailler avec tel ou tel musicien. Là, comme j’ai été plus indépendant, j’ai effectivement choisi mes musiciens de scène. On se connait pas mal puisque nous jouons ensemble depuis longtemps. On a pris le temps de bien faire les choses, car nous n’avions pas de contrainte de temps pour le studio.

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Rodrigue et ses musiciens. (Photo : Benoît Poix)

A l’écoute de ce troisième album, il me semble qu’il y a moins de folie que dans tes deux précédents, même s’il en reste encore une sacrée part. #Spectaculaire Diffus, n’est-il pas plus premier degré ?

Disons que les chansons sont plus calibrées pour être « grand public », avec de gros guillemets. Par rapport aux autres albums, la créativité se place autre part. Peut-être moins dans l’imaginaire et le fantastique que dans des positions philosophiques. Ce n’est pas un album moins fou. Des chansons comme « 1911 », « International » ou « Mi ange, mi démon » sont un peu borderline quand même.

J’adore « Un petit mot de travers ». Tu y attaques les médias et surtout l’uniformisation de l’information…

Ce sont des sujets qui me touchent, en tant qu’artiste et en tant qu’humain. Nous sommes dans un monde où on ne sait plus ce qui est vrai et ce qui n’est plus vrai. On rentre dans un monde où tout est devenu spectacle.

Clip de "Un petit mot de travers".

Tu chantes «la société du spectacle » de Debord, alors ?

Tu ne crois pas si bien dire.Ma chanson « Sa chatte » aussi est représentative de cette société-là. Mon nouvel album s’habille de ses plus belles parures, ce qui n’implique pas que je chante désormais des chansons mièvres et sans saveurs. C’est pour ça que mon disque se termine en poésie.

Il y a beaucoup de chansons qui n’ont pas de refrain.

Oui, tu as raison. Mais ça monte toujours crescendo. Et à aucun moment il n’y a de propos inutile. C’est un peu parlé-chanté au début et, petit à petit, il y a une explosion des instruments. J’aime casser le système habituel couplet/refrain, tout en restant pop.

Tu n’aimes pas les chansons construites de manière conventionnelles.

Et cela depuis mon adolescence. C’est pour ça que j’écoutais beaucoup de metal. Dans le metal, les groupes ont l’habitude de faire des chansons qui durent cinq minutes et qui finissent par avoir des ruptures assez brutales.

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Peux-tu m’en dire plus sur la chanson « Ta chatte », un chouia provocatrice ?

Ce n’est pas une chanson sexuelle. C’est une chanson sur la société du spectacle. J’explique que, quand on a trouvé un concept, on l’utilise à fond jusqu’à le galvauder. A la base, le concept publicitaire, il est beau. A la base, une femme, c’est beau. Mais, ce qu’on en fait, c’est du spectacle. Je t’avoue que la première fois que j’ai interprété cette chanson sur scène, j’ai pris mon pied. Je savais ce que j’allais faire et je me demandais comment le public allait réagir. Il y a des gens qui avaient le sourire et qui ont commencé à rigoler, d’autres qui me semblaient un peu choqués. J’adore parce que j’ai l’impression de faire quelque chose d’inconvenant.

Je n’aime pas poser cette question, mais dans ce cas, elle s’impose. Pourquoi as-tu appelé ton album #SpectaculaireDiffus ?

Je joue avec le fait que cet album sera pesé, soupesé, comparé, jugé dans un océan de sorties.

As-tu besoin d’être rassuré de la qualité de tes dernières chansons ?

Mais qui n’a pas besoin de l’être ? Je suis comme tout le monde. Quand, toi-même, tu m’as dit tout le bien que tu pensais de l’album, ça m’a rassuré. Quand j’ai vu que des gens m’ont aidé à financer l’album grâce à Ulule, ça m’a rassuré. Je me dis que je ne suis pas si seul dans mon petit monde. Il y en a qui l’apprécie.

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(Photo : Benoît Poix)

rodrigue,#spectaculairediffus,interview,mandorPourquoi prends-tu ton temps entre deux albums ?

Je suis incapable d’en sortir tous les ans. Tous les trois ans, ça me parait bien. Il y a beaucoup de scènes entre deux disques, tu sais.

Ta fan base est fidèle et patiente, alors.

Ceux qui sont là depuis le début sont encore présents aujourd’hui… et ils le sont encore à fond. Cela ne cesse de m’étonner.

Cet album contient aussi pas mal de chansons d’amour. Tu n’en parles ni de manière classique, encore moins de manière positive. Les chansons « Stone » et « La tâche » en témoignent.

Je traite ce sujet universel en choisissant des angles bien particuliers. Dans « Stone », c’est quelqu’un qui se parle à lui-même. C’est un peu schizophrénique. Il parle à sa deuxième facette.  Dans « La tâche », ce sont des questionnements d’amour adultes. Mais l’imaginaire est toujours sous-jacent.

Teaser présentation en live et en clips de Rodrigue...

Dans « La route », j’ai l’impression qu’à la fin, tu te demandes si tu ne t’es pas trompé de chemin, si dans ta vie tu n’as pas blessé des gens, si tu n’as pas été injuste avec telle ou telle personne. Une sorte de chanson mea culpa.

C’est une chanson qui compte beaucoup pour moi, sur l’amour filial.

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(Photo : Benoît Poix)

Sur la pochette, on voit un zèbre et sur tes nouvelles photos « promo », tu es maquillé en zèbre. Pourquoi ?

C’est un animal qui a beaucoup de contradictions. Il ne voulait pas choisir entre le blanc et le noir, il s’est dit qu’il allait prendre les deux (rires). Nous sommes tous un peu rayés. On ne sait pas choisir entre deux directions. On peut être un zèbre avec une crête et être habillé en costard avec une cravate à pois. C’est un peu moi.

Ce que j’apprécie dans ton œuvre, c’est qu’elle n’est pas démagogique…

Elle a pu parfois l’être au début, mais je fais désormais très attention. Je préfère faire des chansons plus sophistiquées et suggérer plutôt que montrer.

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Après l'interview, le 20 octobre 2014. (Notez le petit démon derrière nous...)

Commentaires

Excellent article... fan base fidèle patiente et extrêmement fière ;)

Écrit par : cadet | 12 décembre 2014

Bon article avec des questions pertinentes...Chacun des thèmes que tu abordes devraient être des sujets de philo au baccalauréat. ..bonne continuation. ..bises.

Écrit par : urbaniak | 12 décembre 2014

Très belle interview très complète, en adéquation avec l'album...

Écrit par : sté | 12 décembre 2014

Les commentaires sont fermés.