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03 décembre 2014

Les Ogres de Barback : interview pour leur 20 ans de carrière

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(Photo : Pierre Wetzel)

les ogres de barback,fred,alice,interview,20 ans,mandorLes Ogres de Barback fêtent en fanfare (c’est le cas de le dire) leur 20 ans d’existence. Pour l’occasion ils se sont offert depuis le 24 octobre jusqu’au samedi 6 novembre prochain un «joyeux bordel» avec des invités et trois heures de concert tous les soirs.

Les Ogres n'ont pas leur pareil pour dénoncer l'intolérance et revendiquer la liberté. D'autant qu'ils le font avec un talent indéniable. Chansons sans frontières aux mots et aux mélodies suspendues à nos cœurs. Ils ont l’art de mettre en musique les réalités du quotidien qui les touchent, en mêlant poésie et humour. Pétri d’influences diverses, le groupe aime mettre en valeur ses différentes inspirations musicales. Elles vont de la chanson française (Brassens, Renaud…) à la musique du monde, notamment des pays de l’Est, en passant par la scène alternative.les ogres de barback,fred,alice,interview,20 ans,mandor

Pour les fans de la fratrie sort un coffret en édition limitée qui retrace en sons, images et objets inédits vingt ans d’histoire(s) au travers d’un double CD (inédits, collaborations avec d’autres artistes, morceaux live jamais édités…), la réédition de la toute première K7 audio, un 45 tours, les affiches, un portfolio… la totale, quoi !

Je suis allé à la rencontre de deux des quatre frères et sœurs : Fred et Alice, le 15 octobre dernier, à la Maison de la Radio.

les ogres de barback,fred,alice,interview,20 ans,mandorArgumentaire officiel :

20 ans ! Ce n’est même pas l’âge qu’avaient Alice, Mathilde, Sam ou Fred quand ils sont devenus Ogres.

20 ans d’une histoire foncièrement singulière et profondément marquée du sceau de la liberté, à tous niveaux. Une histoire si dense en projets et riches en expériences variées qu’on ne peut ici qu’en exposer les grandes lignes.

20 ans à défendre, sans aucune concession à « l’air du temps », leur conception de la chanson française : décloisonnée et ouverte sur le monde, qu’elle se fasse « classique » ou métissée, acoustique ou électrique, clin d’œil aux glorieux anciens ou directement en prise avec les sonorités du nouveau millénaire, poétique ou survoltée, amoureuse ou contestataire, pour les petits ou pour les grands ou pour les deux à la fois…

En trois phrases :

Télérama – Valérie Lehoux : « Formation culte, dont la longévité ne doit rien ni à la mode ni aux médias » 

Le Figaro – Bertrand Dicale : « En dehors de tous les circuits du show-business, une carrière au succès exemplaire » 

Aujourd’hui en France – Emmanuelle Marolle : « Bienvenue chez les Ogres de Barback, une histoire unique en France » 

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(Photo : Camille Simeray et Lionel Le Guen)

Interview d’Alice et Fred :

Fêter ses 20 ans d’existence, ça signifie quoi pour les Ogres ?

Alice : Ce qui est certain, c’est que nous n’avons pas vu le temps passer. Quand on a décidé de fêter nos 20 ans, on avait l’impression d’avoir fêté nos 10 ans récemment. Comme on a eu des milliards de projets et qu’on ne s’est jamais arrêté, du coup, c’est passé à la vitesse de la lumière.

Fred : Par contre, on a vu les kilomètres passer. On a fait une dizaine de disques, plus de 2000 concerts. Des concerts tous différents ! Assis, debout, calmes, rock'n'roll… On est des boulimiques de travail et de musique. On ne s'est jamais ennuyé.

Vous êtes toujours en évolution et dans l’action.

Alice : Concrètement, en tant que groupe indépendant, c’est difficile d’arrêter. Mais c’est aussi dans notre caractère. On a du mal à ne rien faire. Nous ne nous lassons pas de faire des disques, des concerts et avoir toutes sortes de projets. Quand on a une envie, il faut qu’elle aboutisse, sinon, cela nous frustre.

Retour rapide en images sur 20 ans d'une histoire marquée par la multiplicité et la diversité d'aventures humaines menées en toute indépendance.

On a l’impression que vous consacrez votre vie à la musique.

Fred : Oui, c’est un peu vrai, mais on a réussi à concilier cela avec une vie familiale.

Faut-il décrocher de ce métier parfois ?

Fred : On ne décroche jamais parce que, lorsque nous sommes à la maison, nous préparons le projet d’après. On a choisi un chemin qui est plus fourni que si une maison de disque s’occupait de nous. Nous faisons des réunions pour décider de la pochette,  du livret, de la sortie. On a toujours du boulot. Et je ne parle même pas  de ce qui est administratif.

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Est-ce que votre situation est confortable ?

Fred : Oui. Par chance, ça marche bien pour nous. On arrive à ramener beaucoup de monde dans les salles où nous nous produisons. Je ne vous cache pas qu’avec la chute du disque, on a commencé à avoir peur. Mais on se dit que tant qu’il y a du monde à nos concerts, nous continuons.

Vous avez beaucoup de fans qui vous suivent depuis le début. Ils sont d’une fidélité exemplaire.

Fred : Depuis deux ans et principalement sur cette tournée des 20 ans, on commence à avoir des gens qui nous ont écoutés adolescents. Ils ont arrêté parce qu’ils sont passés à autre chose, puis nous ont redécouvert avec Pitt’Ocha et enfin, reviennent nous voir en concert avec leurs enfants. Vous savez, nous faisons des concerts en essayant de ne pas nous foutre de la gueule des gens. On s’applique et on se donne le plus possible. Quand certaines personnes nous disent que c’est leur 20e concert qu’ils voient de nous, c’est notre récompense.

Pour cette tournée anniversaire, les Ogres se sont acoquinés avec la Fanfare Eyo'nlé, du Bénin.
Retour sur la création de ce spectacle, et premières images de live !

Quand on joue depuis 20 ans, est-ce que la principale difficulté est de savoir se renouveler ?

Alice : On essaie de faire en sorte que les gens qui viennent nous voir tous les deux ans depuis 20 ans n’assistent pas au même concert. La grande question systématique c’est : qu’avons-nous déjà fait et que peut-on bien faire de nouveau.

Pour votre tournée 2014, vous êtes partis avec Eyo’nlé, fanfare béninoise rencontrée il y a quelques années. C’est ça aussi se renouveler ?

Fred : Si on fait le bilan, on a accompagné l’ex chanteur des VRP, Néry, pendant 6 mois. Avec les Hurlements d’Léo, on a tourné pendant deux ans, puis on est parti sur les routes avec une fanfare belge, la fanfare du belgistan, pendant deux ans encore. Entre tous ses projets, nous faisions des concerts un an ou deux seuls. Toutes ces expériences nous ont permis d’aller sur d’autres terrains musicaux et de ne pas s’enliser. Nous, à la base, c’était quatre instruments et de la chanson française traditionnelle.

Et les voyages vous ont apporté beaucoup.

Fred : S’il n’y avait pas eu les voyages, nous ne serions sans doute plus là. Nous avons besoin de nous intéresser à d’autres cultures. Par exemple, la musique du monde est arrivée bien après nos deux premières influences, la chanson française et le rock punk. Ce sont les voyages qui nous ont donné le goût prononcé pour ce genre musical.

Etape 13 - St Etienne - 28.11.14
avec Pierre Perret, Les Tit' Nassels, Reno Bistan, la fanfare Eyo'nlé, et Nico Quintin à la batterie.

Quand vous entendez quelqu’un comme Pierre Perret vous prendre comme exemple de ce qui se fait de mieux dans la chanson d’aujourd’hui, ça vous fait quoi ?

Fred : Je ne sais pas. Je ne comprends pas trop l’importance musicale qu’on nous trouve. J’ai conscience qu’on a rien révolutionné à ce niveau-là. Je sais qu’il y a des gens qui écoutent de la techno, du punk, du hard et qui font référence aux Ogres de Barback. Nous sommes depuis le début sans concession aucune sur notre carrière. Indépendants du début à la fin, donc libres de faire ce que nous souhaitons… et c’est ça qui doit impressionner pas mal de monde.

Vous avez fait le choix de ne pas vous exposer. Pourquoi ?

Alice : On cultive notre non starification. A la fin des concerts, on va voir les gens, on discute avec eux, on peut aller dans un bar avec certains. Nous sommes abordables.

Fred : On ne nous reconnait pas dans la rue et ça nous va très bien. Personnellement, on m’a reconnu trois fois dans la rue en 20 ans de carrière. Ne pas accepter les invitations à la télé et ne pas mettre nos tronches sur les photos… cela nous préserve.

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Après l'interview, le 15 octobre 2014, avec Fred, Alice et quatre membres de la fanfare béninoises Eyo'nlé. 

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