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04 décembre 2014

Charlie : interview pour Les fleurs sauvages

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Il y a quelques mois (le 7 avril 2014), la chanteuse Charlie a proposé au public son deuxième album, Les fleurs sauvages (AT(h)HOME). A cette occasion, le 16 octobre dernier, nous nous sommes donné rendez-vous dans un bar parisien.

Jolie rencontre pour joli album.

Biographie officielle (écourtée) :1441318_10152290960152457_151735812_n.jpg

La première fois qu’on l’a aperçue, il y a six ans, Charlie était invitée sur le disque de Mauss sur un duo, « Je recherche ». Depuis, Charlie s’est lancée seule sur la route avec un premier album éponyme, emmené par un tube pop « Le sapin ». Elle chantait des chansons enlevées, mais rêvait en secret de climats plus intimes et des formats miniatures. Sa rencontre avec Emmanuel Da Silva va précipiter le rêve en mélodies. Ensemble, ils ont monté un petit atelier de musiciens : Scaba Palotaï aux guitares, Baptiste Brondy derrière la batterie, Jeff Hallam en mode basse et Fréderic Fortuny préposé aux claviers… pour confectionner une dizaine de mini-métrages pop doux-amers.
Charlie voulait du grain, du relief dans le son et du confort dans les arrangements, entendre la noblesse des matières simples, organiser un petit voyage dans des contrées acoustiques ou tendrement électriques.
Emmanuel Da Silva lui a apporté les premiers titres et Charlie s’est glissée dans ces écrins de guitares dans l’écho ; elle a délicatement soufflé ses textes au fil de ces déambulations en apesanteur, épousé ces ballades dans de grands espaces au parfum d’Amérique.
Autour des ingrédients de base, des harmonicas, des pianos droits et quelques cordes vont intégrer la caravane sur la route.
Avec ses acolytes, Charlie s’autorise à parler ses mélodies, ose les cassures dans sa diction, et s’évader de l’orthodoxie pop pour dessiner des ciels changeants. Elle transporte The Kills au pays de Lewis Caroll (« Tout ce qui brille »), XX dans la prose française (« Les vents contraires », « Les pluies ») et rejoint Keren Ann ou Emily Loizeau sur les terres précieuses de la musique d’ici, décomplexée et décadenassée.

1146606_10152290980387457_46690622_n.jpgInterview :

Quelle a été votre première confrontation avec le monde de la musique ?

Avec un copain batteur, on a monté un groupe quand on était au lycée. Petit à petit, on a continué, chacun de notre côté. Je me suis mise à apprendre la guitare et j’ai commencé à créer mes chansons toute seule. Le fonctionnement en groupe ne me correspondait pas vraiment. J’ai appris sur le tas, au niveau de la voix, du chant et de la façon d’écrire. A cette époque-là, déjà, j’ai compris que je n’aimais pas les contraintes collectives.

Pourquoi avez-vous choisi de travailler avec Da Silva ?

J’aimais beaucoup ses albums. J’avais le sentiment que son univers correspondait parfaitement à celui que je voulais avoir. En plus, je savais qu’il avait l’habitude de réaliser des albums pour des artistes.

Il y avait aussi l’envie d’avoir un réalisateur pour ce deuxième album ?

Oui, je voulais être dirigée. Ce qui m’impressionne chez Emmanuel Da Silva, c’est qu’il arrive à se fondre dans l’univers de l’artiste pour lequel il travaille, mais en laissant sa patte et sa couleur. Il se met vraiment au service des artistes. Il a un côté caméléon impressionnant. Il a une grande intelligence de la musique.

"Sans commentaire" en duo avec Da Silva.

Vous avez beaucoup discuté pour qu’il saisisse qui vous êtes ?1486821_10152082356397457_499266391_n.jpg

Tout à fait. On a parlé de ma vie, mais aussi de couleurs musicales, de choix d’instruments et même de choix de musiciens. Nous avons aussi beaucoup évoqué les chansons et leur relief. J’avais beaucoup de morceaux très calmes, du coup, on a co-écrit pour essayer d’avoir quelque chose de dentelé. On voulait éviter le plat et le lisse. Il m’a beaucoup apporté. Le fait d’avoir une vraie direction et une vraie réalisation, c’était nouveau pour moi. Je suis ravie du résultat parce que je n’avais pas envie que mon deuxième album ressemble au premier.

Vous semblez appréciez que les artistes français chantent dans leur langue. Pourquoi ?

La langue française, il faut l’apprivoiser. Plus que l’anglais en tout cas. On peut dire n’importe quoi en anglais, tout passe. Si on transpose n’importe quel tube de Michael Jackson en français, c’est une catastrophe. En anglais, on peut ne pas rechercher les effets de style.

Dans la chanson française, il faut la forme et le fond…

Ça fait beaucoup, mais c’est ce que je trouve intéressant.

"Si seulement si".

10177875_10152318715027457_1077689901_n.jpgEn matière de chanson française, quelles sont vos références ?

Il y a Murat, Daho, Bashung… tous ces grands noms. En artistes femmes, j’aime beaucoup Emily Loizeau et Émilie Simon. J’aime les gens qui ont des choses à proposer en termes d’imageries.

Musicalement, comment pourrait-on qualifier votre album ?

Mon idée de départ était qu’il soit folk, chanson aussi, mais il est devenu un peu pop.

Il y a des chansons quand même intimes… c’est compliqué de les partager ?

Je trouve que ce qui est intéressant dans l’écriture, c’est de raconter des choses personnelles, toujours un peu maquillées et métaphoriques. J’aime quand il faut gratter pour comprendre un texte.

Quand vous écrivez, vous vous dites quoi ?

Je me demande systématiquement quelle histoire j’aimerais que l’on me raconte. J’espère être sincère et moi-même au maximum. Il faut transmettre quelque chose d’immédiat et de spontanée. Quand j’écris, tout est évident. Ça reste un jeu que j’essaie de maîtriser en m’amusant.

Créer pour soi et faire en sorte que cela devienne universel, c’est un peu curieux, non ?

Si je suis vraiment sincère, je dois avouer que je fais d’abord de la musique pour moi. Il y a pas mal de périodes dans ma vie où je n’en joue pas. Quand je n’ai rien à dire ou que je n’ai pas envie, je reste silencieuse. Il faut de la ressource pour créer et des histoires à raconter. On ne peut pas toujours écrire des choses pertinentes et belles.

"Le naufrage".

Vocalement, vous avez une jolie voix, mais il me semble que vous n’êtes pas dans la charlie16.jpgperformance.

Par rapport au premier album, je voulais une interprétation plus simple. Être dans la performance ne me procure aucune émotion. J’essaie d’aller à l’essentiel et de chanter le plus simplement possible. La voix est un outil. Il y a une palette d’interprétations beaucoup plus vaste que sur une guitare et un piano. Je persiste à dire que la voix est plus riche qu’un instrument.

C’est compliqué de perdurer dans l’industrie du disque en 2014 ?

Il faut se battre. C’est une lutte de tous les instants. Il faut être créatif et savoir s’imposer. Rien n’est joué d’avance. Il y a aussi le facteur chance. Tu peux faire de la très bonne musique et ne jamais avoir un focus porté vers toi.

Si vous aimez la scène, est-ce parce que vous êtes une ancienne danseuse ?

Très certainement. Pendant 25 ans, j’ai fait du classique et du contemporain. La scène, c’est un peu chez moi, du coup, je ne peux concevoir ce métier sans ce passage.

Qu’est-ce qui vous inspire ?

L’amour, la simplicité, les voyages, l’introspection, un livre, un film, des images, une photo… Ce que je vis et ce que vit mon entourage aussi. Cela aboutit à des chansons… ou non.

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Après l'interview, le 16 octobre 2014.

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