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11 novembre 2014

Valentin Marceau : interview pour "Défendre Alice" et "Sybille Kill"

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La dernière fois que j’ai reçu Jérôme Attal, avant de me quitter, il me demande si je connais le jeune chanteur Valentin Marceau. Je réponds par l’affirmative. Je déballe même ma science infuse en lui ajoutant qu’il était le leader du groupe BoXon avant de se lancer en solo… mais qu’à part ça, je n’en sais pas plus.

Comme Jérôme a écrit pour lui pas mal de chansons pour son album à venir (dont les deux premiers singles, « Défendre Alice » et « Sybille Kill »), j’ai décidé de me pencher sur le cas de ce jeune artiste en devenir.

Ainsi, Valentin Marceau est venu à l’agence le 8 octobre dernier.

valentin marceau,sybill kill,défendre alice,interview,mandor,boxonBiographie officielle (légèrement écourtée) :

L’histoire de Valentin Marceau commence quand il est jeune avec l’inspiration. Celle de Bob Dylan et des grands du rock, qui lui transmettent l’amour du chant et de la guitare et marquent de leur influence folk et rock le paysage musical de Valentin.

Puis vient la passion des instruments alors que Valentin grandit : piano, ukulélé et guitare n’ont à ce jour plus aucun secret pour lui.

Valentin veut quelque chose de beau, de sincère et de vrai. La recherche de la mélodie et de l’harmonie pour la musique, un message à faire passer dans ses textes, Valentin a beaucoup travaillé avec Dominique Blanc-Francard, le réalisateur de son premier album, A nos amours, sorti en juin 2013. Valentin fait voyager et raconte avec poésie et romantisme des histoires auxquelles tout le monde peut s’identifier.

Et l’histoire continue de s’écrire aujourd’hui sur un nouvel album à paraître prochainement. Où rêve et réalité continuent de se mélanger pour conter des histoires. Où Valentin s’épanouit encore et raconte le film de la vie tel qu’il la conçoit aujourd’hui : entre doutes et espoirs, entre joies et peines, empreint du désir irrépressible d’en vivre pleinement chaque instant. Un album concocté entre Lille, Paris, Bruges, Biarritz et la Touraine dans lequel Valentin s’est entouré d’auteurs de talent comme Christian Vié ou Jérôme Attal, le tout réalisé par Tristan Salvati.

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valentin marceau,sybill kill,défendre alice,interview,mandor,boxonInterview :

Quand et comment as-tu commencé à jouer de la musique ?

Mon père est un vrai mélomane. Ma mère aussi, mais plus discrètement. J’ai donc grandi dans une maison où on écoutait beaucoup de musique, même si on n’en faisait pas. Par contre, mon père est dessinateur et ma mère travaille dans l’événementiel, j’ai donc quand même vécu dans un milieu artistique. Mes parents ont plein d’amis musiciens et un jour, l’un de leur pote a amené une guitare à la maison… c’est comme ça que j’ai commencé.

Très vite, tu t’es dirigé vers le rock.

J’ai même commencé avec le metal, parce que mes grands-cousins en écoutaient. A 11 ans, je chantais du hardcore aigu et j’avais les cheveux longs. Je faisais partie d’un groupe de rockers au collège. C’est un style vers lequel je me suis vite éloigné parce que je me suis rendu compte que ce n’était pas ce qui me plaisait. Très vite, j’ai découvert Nirvana et leur mélodie et leur sensibilité m’ont beaucoup plus parlé que ce que j’écoutais auparavant.

Le groupe auquel tu as appartenu, Boxon, n’était pas très rock, non ?

Ah bon ! Tu trouves ? On était quand même guitare-basse-batterie et on essayait de mettre le feu partout où l’on passait. Je suis d’accord avec toi sur le fait que ce n’était pas du grunge.

Je trouvais ça « pop » énergique.

Oui, ça me va aussi. J’ai toujours défini mon travail comme de la pop folk.

A l’époque de Boxon, écrivais-tu tes textes toi-même ?

Oui. Sur mon premier album, A nos amours, aussi d’ailleurs.

Pour toi, le contenu des propos est-il important ?

Primordial. C’est impossible pour moi de défendre une chanson à laquelle je ne crois pas. Je l’ai déjà fait sur mon premier album et je peux te certifier que ça ne marche pas. Aujourd’hui, on est dans une ère où la pop ne privilégie pas les paroles, je trouve ça dommage. L’essence d’une musique est ce que l’on raconte. Le fond et le style sont importants. C’est pour ça que travailler avec quelqu'un de la trempe de Jérôme Attal est riche d’enseignements.

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Pendant l'interview.

Pourquoi as-tu décidé soudain de laisser le soin à d’autres d’écrire pour toi ?

Ça s’est fait tout seul. Un jour, j’ai moins écrit. Je suis arrivé à une période de ma vie où je n’ai plus eu d’inspiration. J’ai toujours mis plus de temps à écrire un texte qu’une musique. Pour moi, composer est beaucoup plus intuitif. Quand j’ai rencontré Jérôme, j’ai vu sa facilité et son talent, ça m’a calmé (rires).

Vous vous êtes rencontrés comment avec Jérôme ?

Aux Rencontres d’Astaffort. Il m’impressionnait parce qu’il était capable d’écrire plusieurs textes par nuit. Il ne dormait et ne mangeait presque pas. Je considère que Jérôme est une machine de guerre. Ce qui m’a rapproché de lui, c’est que j’ai vite compris que, sans avoir son talent, j’écrivais des textes qui n’étaient pas aux antipodes des siens. J’avais une ambiance d’écriture poétique et de climat, un peu à la Noir Désir ou Bashung. Jérôme à l’art de mélanger ce climat avec quelque chose de plus défini et de plus construit. Il m’a apporté vraiment beaucoup. On travaille ensemble aussi pour d’autres artistes. Vraiment, j’espère que notre collaboration va perdurer. Avec lui, j’ai l’impression d’être un vrai groupe de rock (rires).

Vous n’êtes pourtant pas de la même génération.

Mais Jérôme, c’est un éternel jeune. J'ai l'impression qu'on a le même âge.

Tu vas sortir un album prochainement, la date n’est pas fixée, mais pour le moment, tu sors quelques singles.

J’insiste sur le fait que le but est de sortir l’album au bout. J’ai l’impression que les maisons de disque signent de plus en plus les artistes au single. Je trouve ça dommage, parce que pour découvrir un artiste, il faut aller en profondeur. J’imagine que les labels ne veulent plus prendre de risque en ces temps difficiles.

Clip officiel de "Défendre Alice" (texte de Jérôme Attal).

valentin marceau,sybill kill,défendre alice,interview,mandor,boxon« Défendre Alice » est un succès radio. C’est encourageant.

Il y a eu beaucoup d’engouement autour de cette chanson. Le clip sur internet a vraiment bien marché (note de Mandor : près de 500 000 vues) et j’ai fait pas mal de concerts et de plateaux grâce à ce titre.

Dans ton album, actuellement en cours d’enregistrement, il y a pas mal de ballades, je crois.

Oui, mais elles ne seront pas sirupeuses. La production qu’il y aura derrière va les booster. C’est un album que nous souhaitons assez rock.

Je sais que tu as déjà ton home studio.

Oui, il me permet de travailler continuellement sans me soucier de l’argent et du temps. Le luxe de la génération à laquelle j’appartiens, c’est que l’on a le MacBook et qu’on peut tout faire avec. Pour le disque qui arrive, j’ai fait toute la pré-production et ensuite, on est passé en studio avec Tristan Salvati qui m’aide à rendre les morceaux plus puissants et efficaces.

J’ai eu l’opportunité d’écouter certains de tes prochains titres. Tes chansons ne sont pas aussi lisses qu’elles en ont l’air. Je décèle derrière elles quelqu’un d’un peu torturé.

Je le suis complètement. Ma vie est une catastrophe, mais ce n’est pas grave, c’est ce qui m’aide à persévérer dans ce métier. J’ai envie de dire et sortir beaucoup de choses qui sont en moi. Je ne suis pas quelqu’un de super bien dans ma peau et en ce moment. Pour tout te dire, je suis en pleine période de doutes intenses. Je remets tout en question sur ce que je fais. Par exemple, hier, je suis resté chez moi, complètement contemplatif. Je n’ai rien fait à part réfléchir sur comment j’allais axer de manière la plus intelligente possible cet album.

Souvent, la chanson aide à sortir la tête de l’eau.valentin marceau,sybill kill,défendre alice,interview,mandor,boxon

Ça aide même un peu tout le monde. En cas de malheur, écouter une chanson peut-être une putain de thérapie incroyable. Quand tu écoutes une chanson et que tu as envie de pleurer, c’est une sensation curieusement agréable. Quand je chante, j’ai la même sensation, mais en encore plus fort. Bon, je n’ai pas envie de jouer les artistes maudits, parce que ce n’est pas ce que je suis non plus. J’ai ma vie, j’ai ma famille, j’ai mon entourage avec lesquels je suis bien.

Ce besoin d’être sur scène, c’est pour te prouver des choses ? Et pour prouver des choses aussi à ta famille ?

Il y a quelque chose de cet ordre-là, tu as complètement raison. C’est un métier où tu n’es jamais pris au sérieux, sauf si on te voit beaucoup à la télé. Ce qui n’est pas encore mon cas. C’est débile parce que ça ne change rien à notre qualité d’artiste et à ce que l’on fait, mais c’est comme ça.

Mais tes parents croient en toi ?

J’ai toujours été soutenu par ma famille. J’ai juste envie de leur prouver qu’ils ont eu raison. J’aimerais qu’ils soient fiers de moi. C’est important.

Clip officiel de "Sybille Kill" (texte de Jérôme Attal).

valentin marceau,sybill kill,défendre alice,interview,mandor,boxonJ’ai lu que Grand Corps Malade et Jean-Louis Aubert t’ont aidé à te faire connaître. Peux-tu m’expliquer comment ?

J’ai rencontré Jean-Louis Aubert chez Dominique Blanc-Francard, chez qui je faisais mon premier album. Il faisait le sien dans le studio voisin. Parfois, il venait écouter ce que l’on faisait. Plus tard, j’ai lu qu’il parlait de moi dans une interview comme sa dernière "découverte musicale". Bon, après les médias en ont fait tout un truc du genre « c’est le protégé de Jean-Louis Aubert »… en fait, ce n’est jamais allé si loin. Mais, je pense qu’en disant cela, il savait ce que ça allait engendrer derrière. Alors, je le remercie pour ce coup de pouce là.

Et Grand Corps Malade ?

Je l’ai rencontré comme Jérôme aux Rencontres d’Astaffort. On s’est bien entendu et on a beaucoup échangé. Il a accepté de parler pour mon EPK en disant des choses très sympas sur mon premier album et sur ma musique en général. Ce genre de soutien permet à un jeune artiste d’y croire et de continuer à rêver. C’est motivant, car on commence à percevoir une proximité avec ce milieu qui n’est pas facile d’accès. Bon, après, il ne faut pas se leurrer, l’évolution n’est pas radicale. J’avance petit à petit.

Lentement, mais sûrement, quoi !

 Il y a des artistes comme Zaz et Stromae qui ont fait « boum » sur un titre. Aujourd’hui, on est dans une conjoncture où tout le monde recherche son « boum ». Je trouve dommage qu’on oublie qu’il y a des artistes qui avancent progressivement. Moi, à 23 ans, je ne suis pas un artiste qui fait « boum ».

On ne laisse plus le temps aux jeunes artistes de se développer. Personnellement, je trouve cela déplorable.

J’ai quand même de la chance. J’ai un manager qui croit en moi depuis que j’ai 16 ans et qui ne me lâche pas malgré les hauts et les bas que j’ai traversés. C’est une sacrée chance. Et j’ai une maison de disque, Play On, qui est patiente avec moi. Ils ont sorti mon premier album qui n’a pas bien marché, mais ils ne me lâchent pas non plus. En ce moment, le succès de « Défendre Alice » et de "Sybill Kill" rassure tout le monde. Quant à la suite, personne ne la connait...

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Après l'interview, le 8 octobre 2014.

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