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18 septembre 2014

Richard Gaitet : interview pour Découvrez Mykonos hors saison

Gabriel Robinson - crédit photo Blaise Arnold.jpg

(Photo : Blaise Arnold)

Crédit photo  Marie Planeille.jpgSon émission Nova book box est le juke-box littéraire de Radio Nova. « Une machine à lire qui balance des morceaux de littérature aussi variés, exigeants et inattendus que la playlist musicale de la station… » Du lundi au jeudi, de 22h à minuit, Richard Gaitet feuillète essais, romans, recueils de poèmes, BD et autres curiosités.

Il n’est pas qu’un excellent journaliste/animateur radio, il est également l’auteur de deux livres : Les heures pâles parues aux éditions Intervalles en septembre 2013 (sous le pseudonyme de Gabriel Robinson) et plus récemment, fidèle au même éditeur, Découvrez Mykonos hors saison.

Et c’est cette facette-là de sa vie professionnelle qui m’intéresse.

Richard Gaitet fait aussi parti d’un groupe de jeunes écrivains qui sont amis et qui se réunissent souvent. François Perrin, Bertrand Guillot, Guillaume Jan, Julien Blanc-Gras et Richard ne souhaitent pas former un groupe, ni une école, mais ils se trouvent des affinités littéraires et amicales. Et ils gèrent le Prix de la Page 111. Tous de bons vivants et de bons écrivains. Les noms importants de la littérature de demain. A mon avis.

Le 19 août dernier, Richard Gaitet est venu à l’agence pour une très longue interview.

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Mykonos, en Grèce.

Attirant chaque année près de 400 000 visiteurs, ce petit port paisible des Cyclades devient de mai à septembre un Eden touristique généreux en plaisirs universels (soleil, danse, fête, feta). Mais en mars ? Y-a-t-il seulement un club ouvert après minuit ?

Au hasard d’errances alcoolisées dans des rues blanches et désertes, deux pieds nickelés vont provoquer les dieux sans le savoir...

Entre fantaisie et comédie, cette épopée éthylique endiablée convoque aussi bien l’humour grand-guignolesque d’Hunter S. Thompson que l’art du mystère de la série Lost.

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Critiques :

Frédéric Beigbeder, Le Figaro Magazine :

 « Un pamphlet hilarant contre l’illusion hédoniste (...) Le passé pèse lourd, la crise économique n’en finit pas, seule la poésie nous venge de nos malheurs... et c’est ainsi qu’un séjour raté en mer Egée peut donner un petit bijou d’humour et de concision. »

Grazia :

« Un récit drôlissime (...) L’important quand on rate quelque chose, c’est de le faire en beauté. »

Libération :

« Un premier roman haletant où le lecteur aura toutes les peines du monde à démêler le vrai du faux et les visions d’ivrogne des véritables phénomènes surnaturels. » Sara Guillaume,

Daniel Fattore :

« Un anti-guide touristique (...) Amusant et plein de faconde hyperbolique (...) Atypique et rafraîchissant. »

François Perrin, TGV Magazine :

« Entre farce et thriller ésotérique, une passerelle est lancée. »

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Interview :

Raconte-moi ton parcours professionnel depuis que tu es arrivé à Paris.

Je suis arrivé en janvier 2004 à Paris pour travailler à Technikart. Ça a commencé par un stage de six mois qui s’est transformé en job de pigiste pendant deux ans et demi. Parallèlement, j’ai rencontré la journaliste qui a monté Standard, Magali Aubert. J’ai écrit deux papiers, puis elle m’a proposé de codiriger la rédaction. On a repensé ce trimestriel de culture et mode ensemble. Je me suis arrêté l’année dernière, mais j’ai fait ça pendant huit ans et demi. C’est le magazine à travers lequel s'est consolidée mon amitié pour François Perrin, Julien Blanc-Gras, Bertrand Guillot et Guillaume Jan. A Standard, j’ai compris mon rapport à l’information. Ça m’a aidé à me cultiver et à continuer à me nourrir de livres, de disques et de films. Comment bien en parler, aller en profondeur dans des dossiers thématiques ou de longues interviews… c’était une belle et très agréable éducation à l’information.

Pendant ce temps-là, tu as été aussi veilleur de nuit dans un hôtel deux étoiles du côté de la Madeleine.

Très peu de temps après, j’ai bossé à TPS Star. J’étais la « speakerine » de cette chaîne. Je présentais le film du soir pendant une minute trente. J’avais 100 % carte blanche. Je pouvais expliquer que le film n’était pas bien, mais qu’à un moment, il y avait une scène qui valait le coup.

Ensuite, tu as écrit deux ans pour le journal des abonnés de Canal+.

C’était très confortable parce que cela me demandait une semaine de travail par mois pour dire que le casting des films programmés était en béton armé et que la réalisation était virtuose. Ensuite, j’avais trois semaines avec un salaire assez confortable pour faire Standard.

Puis il y a l’aventure Nova...

Au printemps 2011, je reçois un coup de fil de cette radio qui cherchait de nouvelles voix masculines. Plusieurs personnes chez eux lisaient Standard et, par ailleurs, ils avaient eu vent de mon côté « cabot ». On m'a proposé de chroniquer des films. J’en ai fait quatre qui sont bien passées à l’antenne. Je suis ensuite parti avec eux couvrir le Festival de Cannes. Au retour, le directeur des programmes m’a dit qu’il avait bien aimé ce que j’avais fait. Il m’a proposé de lui suggérer de nouvelles idées d'émissions. Je lui ai soumis une dizaine de concepts qui ont tous été refusés. Et puis, un week-end à l'antenne, j'ai commencé à faire des parallèles entre la littérature et la musique. Si je dois désannoncer une chanson qui parle de rupture, est-ce que, dans ma bibliothèque, il y a une scène de rupture d'un livre que j’aime et dont je pourrais lire un paragraphe ou deux ? Après réflexion, le directeur des programmes m’a proposé d’animer du lundi au jeudi, de 22 heures à minuit, une sorte de "juke-box littéraire", qui est devenu la "Nova Book Box".

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C’est une sacrée belle école !

Je n'ai aucune obligation de suivre et de commenter l’actualité littéraire. Il faut que ce soit « le grand mix de Nova » adapté à la littérature, c’est-à-dire à toutes les époques,à tous les pays et à tous les styles, à partir du moment où ce que je lis à l'antenne correspond à Nova. Cette émission m’apporte un enrichissement extraordinaire. C’est une éducation personnelle et une formation intellectuelle permanente. Je poursuis ce que l’école ne m’a pas apporté à travers les films, les disques et les rencontres.

Te moques-tu parfois de certains auteurs ?

Non. Nous sommes dans une période de surproduction culturelle, il y a trop d’œuvres qui sortent. Quand il y a un livre-phénomène dont tout le monde parle qui me tombe des mains, je peux éventuellement en parler en des termes peu flatteurs, mais très rapidement, j’incite les auditeurs à lire autre chose. Les critiques négatives restent anecdotiques dans mon travail à Nova.

Quand on parle de livres tousles jours, qu’on est critique littéraire, est-ce que l’on flippe d’écrire et de publier des livres soi-même ?

Je ne suis pas critique littéraire. J’ai trop d’admiration pour ce travail. L'un des journalistes historiques de Nova, Rémy Kolpa Kopoul, grand passeur de musiques du monde, se définit comme « connexionneur ». Il établit des connexions entre les styles et les époques, entre autres. J’aime bien cette manière d’envisager son travail. Moi, je fais aussi des passerelles ou des collisions entre la musique et la littérature. J’aime lire des textes issus de « L’Anthologie de la subversion carabinée » de l’entarteur Noël Godin sur un instrumental hip hop de Talib Kweli, par exemple, ou essayer de déclamer en musique l’éloge funèbre d’un morpion par Théophile Gautier. Quand il y a un texte difficile, je m’amuse à trouver un moyen de le faire entendre de manière plus accessible. Mon travail est très ludique.

969356_1386939588196567_1189811420_n.jpgMais ça ne répond pas à ma question. Écrire soi-même quand on parle des livres au quotidien, ça met de la pression ?

L’accouchement de mon premier livre, Les Heures pâles, a été long et un peu compliqué, alors, je n’ai pas eu le temps de penser à d’éventuelles comparaisons ou à des jugements. Ça m’est venu quinze jours avant et quinze jours après la sortie.

Tu as mis presque six ans à l’écrire parce que c’est une histoire à 90 % autobiographique.

C’est l’histoire de ma famille et, principalement, celle de mes parents. Il m’a donc fallu un temps fou pour m’autoriser à écrire dessus. J’ai senti qu’il y allait avoir une vertu cathartique, que ça allait me permettre d’aller mieux en creusant dans l’introspection et en acceptant cette histoire de double vie de mon père. Je me suis interrogé sur le fait qu’écrire sur ce sujet était une trahison envers mes parents. Et puis, j’ai compris que j’avais le droit de raconter notre histoire. Le livre est centré sur les personnages inspirés de mes parents, certes, mais il fallait que je trouve la bonne distance et le bon ton. Avec les années et les différentes versions, je crois y être parvenu. Ce livre a mis du temps à sortir pour de multiples  raisons que je n’ai pas envie de raconter, mais du coup, la trouille d’être jugé par mes confrères n’était que secondaire.

Je crois que tu as fait lire le manuscrit à tes parents avant qu’il ne soit publié.

Oui, je voulais en parler avec eux. Ils ne se sont pas opposés à sa publication et j’ai trouvé que c’était une merveilleuse preuve d’amour de leur part.

Tu n’épargnes pas ta maman dans ce livre.

Ni plus ni moins que les autres personnes qui ont inspiré les protagonistes de cette histoire...A aucun moment je n’ai souhaité que ce livre soit un règlement de comptes. Si la colère est présente, ce n’est pas ce qui anime mon écriture. J’ai surtout voulu comprendre comment une histoire d’amour pouvait s’organiser ainsi.

Revenons sur ce qu’a fait ton père.richard gaitet,gabriel robinson,découvrez myonos hors saison,les heures pâles,nova,nova book box,interview

Il a choisi pendant dix-huit ans de ne pas dire qu’il avait quelqu’un d’autre dans sa vie avec qui il a eu un enfant. De son côté, sa femme, ma mère, a fermé probablement les yeux là-dessus. Mais pourquoi ? Que préserve-t-on en ne disant rien comme ça ? J’ai considéré que l’œuvre en elle-même valait le coup uniquement si je restituais la vérité des sentiments qui m’animaient quand je les regardais tous les deux, y compris dans les sentiments qui étaient désagréables. J’ai l’impression que les œuvres d’art qui nous marquent, ce sont celles où l’auteur s’est vraiment mis en jeu. L’idéal artistique, c’est d’y aller à 100 %.

S’interroger sur ses parents, c’est tenter de se retrouver soi-même ?

J’ai exprimé exactement comment j’ai ressenti la situation. Comment je voyais mes parents avec le positif et le négatif.J’ai voulu aller au cœur même de la vérité des choses. Ça vaut le coup de prendre un stylo pour raconter les moments heureux et ceux qui le sont moins. On se déleste de poids que l’on traîne sur son dos. Ils m’ont élevé dans la tendresse et la confiance. Je le répète, c’était de bons parents et je ne les changerais pour rien au monde, mais ils ont fait des choix que je ne comprends pas et qui ont des conséquences sur la personne que je suis aujourd’hui. Au fond, je m’interroge sur qui sont ces parents qui m’ont élevé.

Ce livre a-t-il déclenché des choses dans ta famille ?

Ce serait prétentieux de ma part de supposer que ça a arrangé les choses, mais ça a fait circuler de la parole. Ça me paraît fondamental.

levin.jpgJ’ai trouvé une certaine forme de sagesse et de philosophie dans ce livre.

Si c’est vrai, c’est magnifique. J’ai trouvé le ton de mon livre en lisant John Fante, c’est d’ailleurs pour cela qu’il est encadré de deux de ses citations tirées du Vin de la jeunesse. Dans ce livre, il arrive à parler de son enfance misérable d’immigré italo-américain, fils de prolo. Cinq dans une petite maison, pas de chauffage, le père volage, la mère qui gueule. Il arrive à raconter ça avec un humour, un détachement, une vérité impressionnants. Ce n’est jamais pathos alors qu’il parle quand même de gens qui crèvent la dalle. J’ai voulu tout dire sur mon histoire familiale complexe, en gardant l’humour, en restant près des sensations, avec de la lumière.

Tout est une question de dosage dans l’écriture ?

Pour créer la vérité dans les sentiments, dans les situations et dans les dialogues, ce n’est que du dosage. Quel mot enlèves-tu ou ajoutes-tu ? Jusqu’où vas-tu avec les palettes d’émotions ? Est-ce que je dois être drôle, un peu, beaucoup, ou triste, un peu, beaucoup…

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Tu viens de sortir un livre complètement différent. Un livre de voyage-fantaisie surréaliste, Découvrez Mykonos hors saison.

Je précise que j’ai écrit Mykonos pendant que j’écrivais Les Heures pâles. Je me suis mis à raconter cette histoire en 2009, en revenant d’une semaine à  Mykonos, en mars, avec un pote. On a vécu grosso modo ce qui arrive aux deux protagonistes dans le livre. On pensait s’amuser beaucoup, rire, danser, s’éclater… mais tout était fermé à cette période-là. Il faisait mauvais en plus. Réflexe journalistique, j’ai décidé de poser des questions aux habitants, comme le patron de l’hôtel et celui du bar. Tous les lieux, les personnages évoqués, les propos tenus par les uns et par les autres sont vrais. J’étais tellement impatient de partager cette expérience et nos aventures rocambolesques que j’ai écrit ce petit livre en trois semaines. Je voulais juste le faire lire à mes potes pour les amuser. Puis, quand même, je me suis dit que cette histoire vécue était attrayante et assez drôle. J’avais envie d’un contraste. Le publier me permettrait de sortir de ce premier livre un peu lourd et élargir le spectre des possibles en racontant d’autres types d’histoires. De fil en aiguille, je corrige un peu le texte et je l’ai proposé à Armand de Saint Sauveur, mon éditeur. Il l’a accepté et l’a publié neuf mois après Les Heures pâles.Passer d’un drame familial à une comédie insulaire, je trouvais le contraste intéressant. Ces deux livres mélangés, c’est un peu ce que j’aimerais faire dans ma vie d’auteur.

Dans ce livre rythmé, il ne se passe pas grand-chose et pourtant, il se passe plein de trucs.

Je raconte comment on passe à côté de quelque chose et comment on espère que quelque chose va arriver.

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Tu as réellement pissé sur une église ?

Oui. Je n’en pouvais plus. J’avais trop bu.

Contrairement à ce qui arrive à tes héros, les dieux ne t’ont pas puni pour ce sacrilège.

 Pas encore, mais peut-être que la malédiction va s’abattre sur moi dans les jours prochains.

Tu crois en ces choses-là ?

Non, je suis agnostique.Je ne me reconnais dans aucune religion et dans aucun texte liturgique, mais je trouverais trop triste qu’il n’y ait que nous. J’aime bien supposer qu’il y a une couche supérieure qui nous échappe complètement. J’aime aussi l’idée que tout n’est pas qu’une succession de hasards et de coïncidences. C’est une hypothèse qui me plaît.

richard gaitet,gabriel robinson,découvrez myonos hors saison,les heures pâles,nova,nova book box,interviewTu te diriges vers où dans la littérature ?

Ça fait deux ans que je travaille sur un roman d’aventures maritimes, à la Jules Verne. Je raconte la première traversée transatlantique d’un jeune matelot belge, à notre époque, entre Anvers et Buenos Aires. Cette traversée va mal tourner. Il va être amené malgré lui à déjouer un complot international jusqu’en Antarctique. Je suis à peu près à la moitié du livre et je me demande si je vais arriver à mes fins (rires). Je sais où je vais. J’ai la structure en tête, je vois les enjeux, les motifs, le thème, mais comme c’est 100 % fictionnel, je peine un peu. Je n’ai jamais mis les pieds sur un cargo, je ne suis jamais allé en Antarctique, je ne connais rien à la mer. Je me documente donc beaucoup. Je restitue des sentiments que je connais au narrateur. Je mets un peu de moi chez lui pour alimenter le personnage. Il y a de la pantalonnade type Mykonos et progressivement, il y a un sous-texte entre le héros et sa famille qui noircit un peu l’ensemble. J’en suis à me demander si cela peut cohabiter. Je réfléchis là-dessus.Dans un livre, peut-il y avoir vraiment des scènes comiques et vraiment des scènes dramatiques ? Je me demande si je ne vais pas devoir faire des choix assez tranchés. En gros, j’aimerais écrire du Jules Verne en rigolo. Très légèrement scientifique et beaucoup humoristique et sexué.

Sexué ?

Ça m’étonne beaucoup, mais il n’y a pas de couilles dans Jules Verne. Cela dit, ça s’explique. Son éditeur lui demandait de fournir des romans très souvent et il souhaitait les vendre au plus grand nombre. Pour toucher toutes les tranches d’âge et en particulier les adolescents, au nom des bonnes mœurs, il n’y avait pas de scènes de sexe. Ce qui reste étonnant... dans un livre d'aventure.

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De gauche à droite : Richard Gaitet, Julien Blanc-Gras, Guillaume Jan, Bertrand Guillot et François Perrin. (Photographie : Marie Planeille)

Bon, on va parler de la bande que tu formes avec Bertrand Guillot, François Perrin, Guillaume Jan et Julien Blanc-Gras. Vous avez créé une école ?

Quand j’ai dit à Julien que je te voyais aujourd’hui, on a réfléchi. On s’est demandé quels étaient les points communs entre nous cinq. On a trouvé plusieurs choses. Déjà, il y a l’humour. Dans des livres aussi différents que Paradis avant liquidation de Julien et Bois sans soif de François, des livres qui n’ont rien à voir dans leur propos, il y a la couleur humoristique qui est intégrée. Il y a aussi toujours, en toile de fond, une vigilance à ne pas apparaître comme des donneur de leçons. On restitue un voyage au Congo, l’intérieur d’un bar, Mykonos vide, mais sans avoir l’air de dire que notre avis est plus important que les autres. Il y a également, il faut savoir le reconnaître, l’alcool comme moteur narratif éventuel, et une sérieuse parenté avec Philippe Jaenada qui est notre maître à tous. Notre grand samouraï. Nous tous, à des degrés divers, on se réclame de lui.

J’ajoute que je trouve cette bande d’une grande humanité.

C’est pour ça que je suis heureux de les avoir choisis comme copains et que ce soit réciproque. Depuis que je suis ami avec eux, je suis content de constater à quel point ils sont attentifs aux autres. Ils savent écouter et regarder. Il n’y a aucune compétition entre nous, juste une émulation. Moi je retiens des leçons des avancées des autres.

Pourquoi ne voulez-vous pas officialiser votre bande ?

Que des gens très renseignés comme toi se penchent dessus, essaient de trouver des points de convergence entre nous est déjà extraordinaire. Nous, on n’y a pas réfléchi. Je suis toujours un peu méfiant sur le côté : « Regardez comme notre mouvement qui n’en est pas un est original et brillant. » Mieux vaut continuer à écrire des livres et à être attentifs envers les uns et les autres, ainsi qu'au monde qui nous entoure.

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Après l'interview, le 19 août 2014.

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