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01 septembre 2014

Pierre Faa (Peppermoon): interview pour Gingko Biloba et Prismes

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© Wenpeng Lu. Pierre Faa devant une œuvre éphémère de Pierre Roy-Camille.

Pierre Faa écrit sur les autres, écrit aussi pour les autres, interviewe la planète chanson pour des magazines, réalise des pochettes de disques pour d’autres artistes, a fondé Peppermoon (duo pop élégant), et sort des albums sous son propre nom.

Pierre Faa mérite l’admiration de tous. Il a la mienne.

Pierre Faa m’impressionne, car il a l'intelligence, la culture et l'expérience d'un homme qui connaît la chanson, et de l’intérieur.

Étrange mosaïque sonore, tantôt acoustique, électro, lo-fi, lyrique ou intimiste, l’œuvre de cet artiste unique (et malheureusement encore trop méconnu) me touche, comme il devrait toucher un public féru de chansons pop élégantes et troublantes.

Homme sans emphase, sans théâtre. C’est rare. J’apprécie sa présence. Et j’ai aimé le recevoir à l’agence le 18 août dernier pour évoquer ses deux nouvelles sorties de disque : son deuxième album personnel, Gingko Biloba et le nouveau Peppermoon, Prismes.

pierre faa,peppermoon,gingko biloba,prismes,interview,mandorCe que Pierre Faa dit de lui et de son nouvel album, Ginkgo Biloba :

Suis un chanteur à voix douce, pas envahissant, plutôt rêveur… qui entend avoir le droit de partager cet univers-là, même s'il n'est pas le plus fédérateur du monde. Question de principe !

Comme le premier, ce deuxième album a pris son temps. Dans un contexte différent puisque je l'ai produit moi-même. Depuis que j'ai réalisé le premier Peppermoon en 2009, je n'ai pas cessé de travailler sur des chansons, et ça s'entend : il y a des textures sonores, des voyages, des rencontres qui sont passés par là.

Travailler avec Jay Alansky, avec Erica Buettner, Elsa Kopf, Iris de Peppermoon et Emmapierre faa,peppermoon,gingko biloba,prismes,interview,mandor Solal (ordre alphabétique) est à chaque fois un apprentissage. Sans fin. Il faut aller chercher des sons, des émotions différentes. Chacun vous apporte sa vision, ses richesses, ses fêlures aussi. Au plaisir du partage, je substitue cette fois le plaisir d'explorer en quasi solitaire, tout de même rejoint par quelques amis musiciens de passage : quelques guitares de Benoît Pillon et Christophe Héry, quelques percussions de Philippe Istria, quelques insectes électroniques semés par Yamori Kota... et une ou deux surprises...

Ceux qui me suivent sur scène connaissent certaines chansons, polies au fil des concerts (Parisienne, Ginkgo Biloba, La mer, la nuit) et deux autres créées par Buzy (Nébuleuse, Un mot pour ça), que je reprends dans des arrangements très différents. Il fallait que je les rassemble, un jour ou l'autre. C'est fait.

Je chante toujours feutré parce que c'est ce que j'aime entendre. Mais je crois pouvoir dire qu'il y a plus de nerf et de corps dans certains morceaux, des rythmiques autour desquelles je peux enrouler mes volutes.

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pierre faa,peppermoon,gingko biloba,prismes,interview,mandorInterview :

Je suis content de te recevoir, Pierre.

Je tiens à te remercier d’avoir passé du temps avec ma musique. Je ne pars jamais du principe que c’est un acquis ou un dû. Quand je réécoute mes chansons, je n’entends que les petits défauts, ce qui m’incite à vouloir être meilleur la fois suivante.

Un artiste n’est jamais objectif sur son propre travail. Es-tu d’accord ?

Il y a ceux qui sont fans d’eux-mêmes et il y a ceux qui, au contraire, se battent la coulpe. Pour ma part, j’espère juste pouvoir mesurer la part de progrès que je fais sur le son ou sur les textes. Je me dis que je peux éventuellement présenter mon travail et ne pas en avoir honte, parce que j’ai été au maximum de ce que je pouvais produire. En sachant que mes possibilités d’aujourd’hui sont, j’espère, moindres que celles de demain. Si on ne veut pas se présenter avec une marge de vulnérabilité et de choses critiquables, il ne faut pas faire ce métier.

Tu es également journaliste musical. Tu rencontres donc beaucoup d’artistes. Parfois, ce sont des chanteurs de variétés. Nous nous sommes croisés chez Patrick Bruel. C’est marrant parce que ce genre de chanteur est aux antipodes de ce que tu fais comme travail musical.

Je ne vais jamais interviewer un artiste en tant qu’artiste, mais en tant que simple journaliste. D’ailleurs, je ne suis pas persuadé que Bruel et d’autres artistes sachent que je fais moi-même des chansons. Je ne me mets jamais en avant et je ne viens surtout pas pour parler de moi. Il est arrivé ponctuellement qu’au fil des années, il y ait des relations amicales qui se tissent avec tel ou tel artiste, alors, à ce moment-là, ça vient dans la conversation.


Pierre Faa : "Le nombre ne valide rien" (le 26 août 2014) par Europe1fr

Frédéric Taddéi : "Pierre Faa, vous êtes peut-être le chanteur le plus humble que j'ai recu jusqu'à présent au Europe 1 Social Club..."

Toi qui es un artiste exigeant, quand tu interviewes un chanteur qui interprète des pierre faa,peppermoon,gingko biloba,prismes,interview,mandor« bluettes », tu n’as pas envie de leur faire des remarques ?

Je suis exigeant pour moi-même. On a tous nos idées de ce qu’est l’endroit où on veut arriver avec une chanson, l’endroit où on voudrait emmener les gens. Ce ne sont pas les mêmes que ceux de certains autres artistes, même très doués comme Albin de la Simone ou Bertrand Belin. Nous avons chacun notre royaume secret et enfantin et je ne me permettrais jamais de critiquer celui d’un autre. De toute manière, les comparaisons n’ont pas lieu d’être. Je suis toujours épaté par le talent des autres. Il y a des talents très divers que je n’ai pas et quand je les vois chez les autres je sais les reconnaître. Faire de grandes chansons populaires qui attirent des gens dans les stades, je n’ai pas cette capacité-là.

Tu parles de royaume propre à chaque artiste, peux-tu me décrire le tien ?

Il est toujours en rapport avec l’enfance. Il y a toujours des rêveries d’enfance dans mes chansons. Ce sont des années où on a le temps de rêver. J’ai grandi dans des endroits où on s’ennuyait ferme. A posteriori, ce n’est pas si mal.

Tu as fait de la musique très vite dans ta jeunesse ?

Non, je n’ai pas été immédiatement dans l’action. Mes tous premiers souvenirs sont musicaux. À même pas un an, je me souviens avoir entendu Jacques Loussier Trio à la radio,  dans un décor très précis : un appartement dans lequel mon père et ma mère ne sont pas restés longtemps. La première fois que j’ai entendue « Comment te dire adieu » qu’interprétait Françoise Hardy est un souvenir marquant également. « La ballade de Johnny Jane » aussi. Quand j’étais petit, je voulais faire Jane Birkin comme métier.

pierre faa,peppermoon,gingko biloba,prismes,interview,mandorTu es fan d’elle ?

Parmi les premiers disques que j’ai achetés, il y a ceux de Jane dans les années 70.

Comme Gainsbourg l’a fait avec Jane Birkin et bien d’autres, toi aussi, tu travailles avec beaucoup de femmes ?

S’il y a quelque chose qui est comparable avec Gainsbourg, sans que cela soit présomptueux, c’est que l’on doit avoir une sensibilité féminine. On a plus de facilité à se connecter au pôle féminin.

Tu es à l’origine des albums d’Emma Solal, Elsa Kopf et quelques autres que, personnellement, je ne connaissais pas.

Ce n’est pas une posture de travailler avec des artistes femmes inconnues. Il y a tellement d’intermédiaires pour toucher un artiste réputé que ça m’épuise d’avance. En France, il y a des gens avec lesquels je trouverais intéressant de faire un jour un texte ou une musique. Pour les joindre, il faut remuer ciel et terre, je n’en ai pas envie. Je préfère donc aller à une forme de naturel, de simplicité. Travailler avec des gens qui ne se posent pas 36 000 questions.

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Peppermoon (Iris et Pierre).

Tu n’es pas très connu en France pour ton travail perso ou pour ton groupe Peppermoon, contrairement à certains autres endroits, comme l’Asie.

Pour Peppermoon seulement. Le nouveau disque est sorti d’abord en Corée et ensuite à Taïwan. L’Europe était ensuite le gouffre qui avalait ce qu’on avait durement gagné en Asie. Ici, tout coûte une fortune. Quand on gagne des yuans en chine et qu’ensuite on dépense des euros, on ne va pas loin.

Ça veut dire que dans ces pays là Peppermoon a une notoriété conséquence ?

Nous ne sommes pas des artistes grand public, « mainstream », et nous ne sommes pas pour autant des inconnus. Mais, réunir quelques centaines de personnes en Chine, il n’y a pas de quoi se vanter non plus. Il y a quand même une affection particulière autour de la façon dont j’aime prendre les voix, de façon assez proche, avec une certaine délicatesse. Mes chansons sont bien perçues là-bas parce qu’elles correspondent à ce que les Asiatiques se représentent de la chanson française, de l’héritage de Jane Birkin, de Françoise Hardy, mais aussi plus récemment de Keren Ann et de Carla Bruni.

Qu’aiment-ils chez Peppermoon ?

Peppermoon, c’est du macaron musical. Nous sommes une boite de macaron Ladurée pour les oreilles. On fait quelque chose qui ne fait pas peur s’apparence, qui a un côté mignon, mais qui a une saveur qui n’est pas celle d’usine.

Tu regrettes ta situation en France ?

Oui, mais comme on était très occupé là-bas, ça nous a pris du temps et il y a certainement des efforts que je n’ai pas faits ici pendant ce temps. J’ai le projet de refaire un petit paquet de chansons de mon répertoire en piano-violoncelle. Il y en a certaines d’entre elles dont je continue à me dire qu’au fil des années, elles peuvent toucher un certain public. J’ai parfois l’impression de ne pas avoir pris le bon chemin. Et puis, j’ai beaucoup appris entre le son du premier album et celui d’aujourd’hui. Je n’ai pas arrêté de faire de la musique, de voyager, de voir des gens différents et, j’espère, de progresser. Je me suis énormément nourri d’apports extérieurs.

"Basse, batterie guitare", written & produced by Pierre Faa, taken from the album "Ginkgo Biloba" (2014)

(Première diffusion officielle du clip, chez Mandor. Merci à Pierre Faa de sa confiance!)

Es-tu curieux de ce que font les autres ?

Bien sûr. Je continue à acheter beaucoup de musique et à lire intensément. J’ai toujours envie d’explorer.

En écoutant tes textes, je sens aussi une nourriture spirituelle.

Il faut savoir que j’étais un drôle d’enfant qui faisait de l’astrologie. Depuis l’âge de neuf ans, je suis tombé là-dedans comme Obélix dans la potion magique. J’ai étudié cette science et je sais faire des thèmes. Ça te confronte à une part de mystère et d’étrange. J’ai toujours aimé la science-fiction et le fantastique. J’aime bien tout ce qui repousse les limites et tout ce qui nous ramène à une forme d’humilité par rapport à des forces et des mystères qui nous dépassent. Le mysticisme en fait partie. Je suis donc plus sensible aux manifestations made in Asia de ce sentiment-là. J’ai été très tôt en contact avec le Tao Te King ou Le Vrai Classique du vide parfait de Lie-tseu, deux grands jalons de la pensée d’Extrême-Orient. Le Shintoïsme m’intéresse beaucoup. J’en ai été imprégné.

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(photo © Dior Sa - live in Seoul with Peppermoon, 2013)

Écris-tu différemment quand tu écris pour toi ou pour Peppermoon ?

Pas pendant la création. Disons que ce que je fais pour Peppermoon, c’est plutôt bleu ciel et ce que je fais pour moi, c’est plutôt bleu nuit. Mais généralement, quand j’écris, je ne sais jamais à qui le texte sera adressé. C’est après que je décide à quelle voix ira le mieux la chanson. Je me mets au piano et je regarde ce qui tombe. Il n’y a jamais de projet au départ, tout est instinctif.

Tu parles comme si tu n’étais pas responsable de ton inspiration.

Disons que je perds un peu le contrôle à un moment. S’oublier, se perdre dans une suite d’accords, si ça ne m’arrive pas quand j’essaie de le faire, alors je ne peux pas prétendre que ça fasse rêver les gens ensuite. Il y a dans la création certains aspects de la méditation, mais je ne cherche pas à faire le vide dans mon esprit quand je compose. Au contraire, on appelle des images, on appelle une espèce d’effervescence.

Pourquoi n’écris-tu que pour les femmes ?

J’aimerais bien travailler avec un interprète masculin qui serait plus extraverti que moi et plus « chanteur » au sens traditionnel du terme. Pas un chanteur diseur comme moi.

C’est ce que tu penses de toi ?

Je ne suis pas un prince de la technique vocale.

Étienne Daho non plus, et pourtant…

Que l’on soit Daho, Sheller, Chamfort, ce qui est important, c’est de faire bien ce que l’on propose. C’est comme un peintre qui veut faire une toile en utilisant du gris et du bleu, on ne va pas forcément lui demander pourquoi il n’a pas mis de rouge et de jaune. À partir du moment où tu as choisi une certaine façon de présenter ta création et ta vision du monde.

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(Kyoto - 2014)

Tes « chanteuses » ont des voix très différentes.

J’ai été très chanceux, j’ai pu exprimer des facettes très différentes. Donc aujourd’hui, j’aimerais avoir cette même complicité avec un jeune chanteur qui serait moins intériorisé que moi et qui serait moins émotif pour la scène. Je fais des mélodies pas faciles, c’est ça le pire. Si je faisais des musiques linéaires, ce serait plus simple à chanter. Pour moi, chanter mes chansons sur scène, c’est une conquête.

Je sais que tu aimes la difficulté dans la création de chanson.

Ça me rappelle la chanson de Sheller, « Un endroit pour vivre ». À un moment, il dit : « J’aimerais faire quelque chose, pas forcément facile. » Il a raison, pourquoi faudrait-il que tout soit forcément facile ?

Pourtant, parfois, tu as des mélodies simples, mais terriblement efficaces.

Si je ne vais pas toujours musicalement vers la simplicité, par contre, je n’ai pas peur de la simplicité mélodique. J’ai observé parfois chez certains artistes français, presque une peur et une sorte de snobisme autour des mélodies trop évidentes.  Il y a au moins un endroit, un moment, dans une proposition artistique, qui est directement compréhensible. Elle peut être dans l’interprétation ou dans la façon de balancer un texte. Ce n’est pas toujours cérébral à tous les étages. Il y a toujours un endroit où c’est physique. C’est important qu’à un moment, ça se connecte au plexus solaire. S’il y a toujours des métaphores dans mes chansons, je fais en sorte qu’il y ait toujours un endroit où les gens puissent passer sans difficulté.

Pierre Faa - je n'attends rien from pierre faa on Vimeo. Premier extrait de l'album Gingko Biloba.

Il y a une chanson qui s’intitule « Je n’attends rien ». C’est pour ça que tu es un solitaire dans la création ?

Oui, je fais tout moi-même sauf la guitare. Je ne suis pas bon avec cet instrument. Je le regrette d’ailleurs. Mais si je fais tout tout seul, c’est aussi par défaut. Quand j’ai commencé Peppermoon avec Iris, je cherchais quelqu’un pour produire l’album. J’ai rencontré quelques personnes qui étaient éventuellement intéressées, mais à chaque fois, venait sur la table la question du financement. À cette époque-là, il n’y avait pas d’Ulule ou autres, j’étais pris au piège. Je n’avais pas les sommes qu’ils me demandaient, je me suis donc retrouvé à faire les choses moi-même. Au départ, j’en ai beaucoup souffert, car je ne me considérais pas du tout comme arrangeur. J’étais très mal à l’aise avec les machines, j’ai donc réellement appris.

Aujourd’hui, tu y trouves du plaisir ?

Oui. Ça m’a pris trois ans pour que je commence à apprécier ce travail.

pierre faa,peppermoon,gingko biloba,prismes,interview,mandorSur ton premier album, tu as travaillé avec Jay Alanski. Ce n’est pas rien.

J’ai adoré ma collaboration avec lui. D’ailleurs j’ai fait une chanson qui l’évoque dans mon deuxième album, « Song for Jay ». Je voulais lui dire que j’aurais aimé que notre travail ensemble soit plus aimé. Je veux me mettre de côté. Jay m’a donné énormément. De son temps, de son énergie, de son affection. Il faut apprécier les gens, pour passer des mois sur des chansons de quelqu’un d’autre. Il n’a pas souvent été juste arrangeur pour un album, donc vraiment, il m’a fait un cadeau très généreux. J’ai été hyper touché et je continue à l’être.

Il t’a appris beaucoup ?

Bien sûr. Il m’a appris la liberté sonore. J’avais des idées reçues sur la façon de faire les choses, sur comment ça doit sonner… Il m’a expliqué parfois le contraire de ce dont j’étais certain et ça a marché à chaque fois. Pour ce qui est de bousculer les idées reçues. Il m’a permis de pousser mon sens de l’exploration.

Il a écouté ton nouvel album ?

Oui, il y a des choses qu’il aime beaucoup et il y a des choses avec lesquelles il est moins en phase. C’est normal.

Avec ton album solo, je considère que tu n’es pas à l’abri d’un succès tellement je le trouve excellent.

À force d’avoir du mal à m’intégrer au système du disque en France, j’en ai développé une notion du succès très différente. Si cela t’arrive à vingt ans, tu vends des disques et tout va bien. Tu es un peu sur un tapis volant. Tu te laisses porter, les choses sont faciles et tu ne vois pas forcément la suite. Donc, le succès est à l’extérieur. Moi, ma vision du succès, je l’ai intériorisée. Mon succès, c’est mon progrès.

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Avec Pierre Faa, après l'interview, le 18 août 2014.

Pour terminer, sachez que Pierre Faa sera en concert en double plateau avec Sarah Jeanne Ziegler le vendredi 26 septembre à 20h00 à La Dame de Canton, à Paris.

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