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25 février 2014

Christian Olivier (Têtes Raides) : interview pour Les Terriens

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Lorsque l'on s'intéresse à la poésie et la chanson française engagée, il est impossible de ne pas évoquer les Têtes Raides. Les Terriens raconte qui nous sommes, avec nos qualités et nos travers universels. Rencontre avec la « tête pensante » du groupe, à La Niche (son antre), le 6 janvier dernier.

(Précédente mandorisation de Christian Olivier, ici).

Avant de lire l'interview, je vous propose ma mini chronique sur ce nouvel album, paru dans Le Magazine des Espaces Culturels Leclerc, daté du mois de février 2014.

 

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christian olivier,les têtes raides,les terriens,interviews,mandorInterview :

Vous sortez sensiblement un album tous les deux ans depuis 1988.

Nous sommes constants, mais nous avons toujours des choses à dire. Si on n’avait plus rien à dire, nous ferions autre chose. Il faut avoir de la matière pour raconter des histoires, mais il faut aussi avoir la flamme et l’envie de continuer. Une chanson peut être écrite en deux jours ou en six mois. Nous, on raconte toujours des histoires qui vont dans les profondeurs, tant au niveau du sens que de la forme. Têtes Raides, c’est plein de styles mélangés. De la chanson au rock par exemple. On ne se met aucun frein. Souvent, le rythme et la mélodie viennent au moment où j’écris le texte.

Ce sont les textes qui rythment la chanson ?

Un peu des deux. Sur Les Terriens, il y a eu au moins quatre titres qui sont partis de la musique. On a eu la volonté de travailler sur un son assez nouveau pour nous. On a pris un autre chemin. Par rapport à l’album précédent où il y avait un travail sur les cordes, violons, violoncelles et les cuivres, là on est sur un son et une rythmique plus électriques. On a trois guitares électriques. Si je dois schématiser, je dis que c’est un album blues rock. C’est même parfois rockabilly, par exemple dans « Moderato » et « Les Terriens ». Autant dire que Brian Setzer (ex leader des Stray Cats) est passé nous voir.

Teaser n°2.

Chantez-vous différemment selon la matière sonore que vous utilisez ?

Obligatoirement. Il y a un mouvement qui se fait naturellement. Je n’arrive pas à forcer dans le chant. Pour moi, il est l’aboutissement entre la matière sonore et l’harmonie. Au bout d’un moment, le chant se place tout seul. J’ai une manière de chanter un peu brute ou, disons... naturelle. Je la travaille et la cherche, mais je ne fais jamais d’effet. J’essaie de rester sur le ressenti et le sens. Je me demande constamment ce que cela peut procurer comme émotion. La voix, pour moi, c’est un instrument et une matière sonore. Selon l’harmonie, je vais toujours chercher la profondeur et l’émotion tout au fond de moi.

Selon les chansons, on ne chante pas de la même façon ?

Non, ça bouge. C’est un vrai instrument de musique. L’interprétation et la tonalité vont être différentes.

Vous êtes dans l’instinctif ?

Oui, mais on peut prendre du temps. Quand on rentre dans l’album, on est proche de ce que l’on aimerait avoir, mais pour aller un peu plus loin, le chemin peut être compliqué parce que l’on peut se perdre.

Teaser n°4.

Dans « Moderato » et « La Tache », vous évoquez le retour du fascisme en France. L’actualité abonde dans votre sens, non ?

Oui, et nous le déplorons. L’histoire nous amène à penser qu’il faut toujours rester sur ses gardes. Ce qui est le plus choquant, c’est l’histoire qui se répète et même qui s’aggrave parfois. L’histoire devrait servir à ne pas faire deux fois les mêmes conneries.

La chanson « Les Terriens » parle aussi du genre humain. Par contre, vous ne dites pas s’ils sont bons ou vauriens…

Les vauriens sont parfois de bons terriens, vous savez. Mes chansons, contrairement à ce que l’on pourrait penser, sont toujours positives. Les gens ont pu penser que non, mais si. Même si je ne chante pas des choses toujours drôles, il y a toujours une grosse lumière au bout.

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Vous êtes bien, vous, parmi les Terriens ?

Je suis bien parce que j’ai réussi à faire avancer un univers et que j’arrive à faire bouger des choses à mon niveau. Je suis bien, mais c’est un combat de tous les jours. Je n’apprends à personne que la vie est un combat perpétuel.

N’êtes vous jamais tenté d’aborder des thèmes un peu plus légers ?

Je ne choisis pas. Je ne suis pas quelqu’un qui construit les choses en essayant d’édulcorer, même si parfois il y a de l’humour. Quand j’évoque l’amour, je ne peux pas faire dans la légèreté, car c’est toujours compliqué. Je suis toujours dans la recherche d’une certaine beauté et d’une certaine grâce. 

Teaser n°5.

Travaillez-vous encore votre voix ?

Je la travaille quand j’écris des morceaux, quand je suis en train de répéter. Naguère, j’ai fait un an de cours de chant classique qui m’avait donné les bases fondamentales. La respiration, le ventre... pour moi le chant vient de là. Que l’on soit fatigué ou pas, il faut pouvoir chanter.

Êtes-vous satisfait de cet album maintenant qu’il est terminé et qu’il est bientôt à la disposition du public ?

Je suis super heureux de cet album. Dès que j’entends la première chanson, je trouve qu’il y a quelque chose de nouveau dedans. J’ai pris beaucoup de plaisir à l’enregistrer et surtout, je suis heureux du son nouveau qu’il contient.

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C’est quoi les Têtes Raides ?

Dans tout disque des Têtes Raides, il y a la musique, le texte, le sens et puis l’histoire humaine qui est là. L’album s’est enregistré en studio en live. C’est un animal à plusieurs têtes. On joue des chansons très lentes, mais à l’énergie toujours très forte. Dans nos textes, il y a des couches, des strates à gratter pour comprendre tout.

Il y a une chanson en anglais. Pourquoi ?

Généralement, les chansons en anglais sortent comme ça. Je suis très mauvais en anglais, mais en même temps, je suis très bon. L’un des premiers textes que j’ai écrit en anglais, c’est « Lesson number six ». L’anglais a un côté musical que le français n’a pas.

Il y a des thèmes majeurs dans votre œuvre.

J’écris beaucoup sur l’absence, l’attente et l’oubli. Dans mon écriture, il y a plusieurs niveaux. Quand je raconte une histoire, j’aime bien quand il y a une autre histoire qui est en train de se jouer. J’aime bien les couches et les strates.

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Après l'interview, le 6 janvier 2014.

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