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02 février 2014

Jean-Philippe Rimbaud : interview pour le projet Retrouver Montcalm

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1378354_521631214582998_489568179_n.jpgRetrouver Montcalm est un projet de Jean-Philippe Rimbaud mêlant film, chansons et écriture, vidéo, cinéma, album, chanson, rock… il est ici question d'amour, de désir, de lassitude et de séparation. Sorte de journal intime, trop intime pour être compris, les textes se transforment en contes bruts à la fois abrupts et poétiques. Chaque auditeur pourra s'y voir, reflété comme dans un miroir déformant. Rimbaud impose son univers entre une certaine chanson française et une pop bricolée où se croisent ses fantasmes de guitares gitanes, de fanfares et d'électricité. Pour ce projet, l’artiste s'est entouré de musiciens de tous horizons pour ciseler des titres rêches, cousinant avec ses influences assumées telles que Dominique A, Bertrand Betsch, Miossec ou encore Pascal Comelade. Jean-Philippe Rimbaud joue avec ses musiciens, avec ses instruments et avec son habilité de réalisateur pour délivrer des chansons aux ambiances étrangement élégantes.

Ce qu'en dit Rock & Folk:

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J’ai reçu Jean-Philippe Rimbaud à l’agence le 13 novembre 2013.

Biographie par Jean Théfaine (CHORUS) :251174_129459920466798_7896259_n.jpg

En 2000, Rimbaud décide de s’y « mettre sérieusement ». Une année entière, pendant les  moments libres que lui laisse son service civil, il compose sur son PC ce qui sera son premier album, Que les jardins, un autoproduit paru en 2001.

Dans le même mouvement, il délaisse les pseudos, s’assume en tant que Rimbaud, participe au Chantier des Francos en 2003, enregistre Le jour de l’explosion, un deuxième opus sombre et angoissé. Un reflet, quasi autobiographique de la rupture sentimentale qui le secoue alors très fort. Cet album, il le défend en solo, avec guitare et sampler, sur une quarantaine de dates.

En parallèle, Trame, un collectif d’artistes transdisciplinaires (musique, vidéo, illustration, photo) se fonde à son initiative et porte dorénavant la réalisation de ses projets.

Les talents de Rimbaud lui même ne s’arrêtent pas à la musique ! Il est aussi vidéaste et concepteur de courts-métrages. Et ses savoir-faire, il les met au service de ses créations.

Ni même en Sibérie, sortie en mars 2008, marquera une étape supplémentaire dans la reconnaissance de la qualité de son travail. Il sera programmé dans des salles parisiennes ou des festivals de premier plan (Divan du monde, Scène Bastille, La Bellevilloise, Fiesta des Suds), et assurera de « belles premières parties » devant Cali, Bashung, The Do, et Ours.

La seule constante dans le travail de Jean-Philippe Rimbaud qui en devient sa marque de fabrique, c’est sa façon assez unique de transformer ses états d’âme en contes bruts de décoffrage foisonnant d’images, faussement bancals, délicatement empoisonnés, définitivement troublants.

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DSC08529.JPGInterview :

Ton projet réunissant film, chansons et livre est impressionnant.

Je ne sais plus quel artiste américain disait qu’il n’aurait jamais fait une œuvre aussi énorme si ses deux, trois premiers disques avaient marché. J’ai sorti un premier album, Le jour de l’explosion, sur un petit label en 2006. J’en ai vendu 270. Le label a continué à me porter en 2008, avec un autre album Ni même en Sibérie. J’en ai vendu plus et j’ai fait plein de premières parties. Mais, tout ça, c’était du faux parce que j’étais soutenu par des institutionnels. Quand tu es en région, les institutionnels jettent leur dévolu sur un ou deux artistes pendant une période assez courte de un ou deux ans. Ils les soutiennent à bout de bras. Fin 2007, j’étais « Découverte Printemps de Bourges » en région PACA et c’est cette région qui m’a soutenu pendant deux ans. J’ai reçu des subventions pour faire avancer le projet, il y a eu du lobbying qui m’a permis de faire les belles premières parties dont je viens de te parler. Mais, je n’ai pas franchi le cap national. Pas de presse, ni de télé ou passage en radio. Les portes étaient fermées.

En 2009, sentais-tu que c’était en train de redescendre ?

Oui. Ma compagne m’a dit qu’il fallait que je prenne le temps. J’ai donc décidé de créer tranquillement un projet énorme. Comme j’avais réalisé des clips et que j’aime manier la vidéo, l’idée m’est venue de faire un petit film lié aux chansons que j’écrivais. J’ai retrouvé des bouts de scénarios que j’avais faits trois ans auparavant et ça parlait de la même chose. Des histoires de séparations, de transformations et de retrouvailles.

Bande Annonce de retrouver Montcalm. Un film court de Jean-Philippe Rimbaud (29 min)

255166_132241603521963_7516212_n.jpgJ’ai vu ton film, ça fait très Nouvelle vague, dans la forme narrative et aussi parce qu’il y a de nombreux flashbacks. Ça fait très Godard période A bout de souffle ou Truffaut période Les quatre cents coups.

Oui, peut-être. Moi, je suis plus inspiré par quelqu’un comme Alain Guiraudie (note de Mandor : réalisateur tarnais, dont le film L’inconnu du lac est nommé aux César 2014, notamment dans les catégories de meilleur réalisateur, meilleur film, meilleur espoir masculin, meilleur acteur dans un second rôle). Le scénario de mon film est devenu une carte avec des séquences qui répondaient ou qui allaient plus loin que mes chansons. Après, j’en ai fait un film.

Tu as fait un blog pour expliquer le projet.

Le nerf de la guerre, c’est la communication. J’avais beaucoup aimé les livres de la collection « La machine aux cailloux ». Ces ouvrages invitent les musiciens à réfléchir et à écrire sur la création artistique et son processus. Il y a avait par exemple Dominique A, Bertrand Betsch, Mathieu Boogaerts, Bastien Lallemant ou encore Bertrand Belin. Je me suis retrouvé dans ce que je commençais à écrire sur mon blog.

Sur ta bio officielle, tu parles plus facilement de Miossec, Dominique A ou Bertrand Betsch, que de Daniel Balavoine ou Dalida. La variété a pourtant traversé ta vie.

Les premiers ont plus influencé ma musique que les seconds…  J’ai trouvé dans ces artistes-là ce que je voulais faire. Cela dit, il y a ce que l’on veut faire, ce que l’on croit faire et ce que l’on fait réellement. Il y a des distorsions énormes. Pour en revenir à ma période variété, elle est plus liée à l’enfance.

"Montcalm" extrait de Retrouver Montcalm. Réalisé par Jean-Philippe Rimbaud et mixé par Gilles Martin

Tu as enregistré ta première cassette en 1993.

Ma musique était très inspirée des riffs de Nirvana. C’est ce groupe qui m’a donné envie de faire de la musique. Je chantais du rock, mais en langue française. D’ailleurs, c’est une période où j’ai commencé à écouter Noir Désir. Pour moi, l’album Tostaki, c’est le grunge français.

Miossec, en 1994 a aussi déclenché quelque chose chez toi.

Il faisait du rock, mais avec deux guitares sèches. Avec une guitare folk, j’ai joué des morceaux dans l’esprit de ce qu’il faisait. Pour moi, être rock, c’est plus un esprit qu’un monde sonore.

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À la fin du film, tu dis : « Un album, un film… qu’est-ce que je cherche ? » Que jean-philippe rimbaud,retrouver montcalm,interview,mandorcherches-tu toi, parce qu’il n’y a pas la réponse dans le livre.

Je ne sais pas. Je suis un gamin, quelque part, je crois que je cherche l’amour. L’amour du public notamment. C’est peut-être égocentrique, mais j’ai besoin de créer. Et faire dans le vent, ça ne me suffit pas.

Tu n’as pas envie de devenir un artiste maudit, quoi !

J’en prends le chemin (rires). Il faut que mon projet soit vu et entendu.

C’est dur ?

J’avais une maison de disque, mais elle a coulé. Mon nouveau disque est une autoproduction. Dans mon livre, je l’explique, je cherche la bonne personne pour m’aider à faire connaître mon travail et à le développer. Ça peut être un manager, un tourneur, quelqu’un d’influent ou d’investi qui arrivera à mettre le projecteur sur ma musique.

Tu aimerais te faire remarquer par quel genre de maison de disque ?

L’idéal serait par des labels comme Cinq7 ou tôt Ou tard. Pour jouer et faire de belles dates, il faut un disque qui s’est fait remarquer, pour avoir un retentissement, il faut un label, et pour avoir un label, il faut avoir eu un petit retentissement. Ce sont des marches que tu dois monter… j’ai dû en louper une. Je cherche un moyen de continuer et de monter mon spectacle qui inclut musique et vidéos de manière sereine.

Extraits du spectacle "retrouver Montcalm" de Jean-Philippe Rimbaud

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Après l'interview, le 13 novembre 2013.

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