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18 janvier 2014

DE CALM: Interview pour Amour Athlétic Club

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Après un premier disque paru en 2010, le duo DE CALM  composé de Mickaël Serrano etimage.jpg Guillaume Carayol continue de distiller avec talent ses chansons françaises baignées de douce mélancolie (avec une pointe d’accent méridional). Je n’ai qu’un souhait : que ce deuxième album, Amour Athlétic Club, à la fois sensible, simple et chaleureux, leur permette de franchir un palier et pourquoi pas, de devenir numéro un de la french pop. Ils le méritent.

Le 29 novembre dernier, Guillaume Carayol (seul) à quitté Saint-Baudille (Tarn) pour me rendre visite à l’agence (mais évidemment, il a rencontré plusieurs journalistes pendant son court séjour parisien.)

Biographie largement inspirée de l’officielle (et raccourcie) :

DE CALM, c’est le duo Mickaël Serrano et Guillaume Carayol. Le premier compose et joue, le second écrit et chante. L’alchimie opère ensuite en studio et sur scène, avec la contribution de musiciens qui se fondent dans le collectif.

155894_462275286282_867884_n.jpgDistingué par Les Inrocks lors d’un concours CQFD, DE CALM sort fin 2010, un premier album intitulé Le Film Définitif réalisé par Pierre Rougean (Statics, Cats on Trees).  « L’envie d’Écouter Miossec » et « L’idylle » connaissent une encourageante diffusion auprès des radios françaises et étrangères.

Relayés par les médias (France Inter, FIP en tête), ils effectuent un « Tour Métrage » où chaque soir, une trame narrative différente accompagne leurs chansons. Cette passerelle entre le cinéma et la musique n’est pas une lubie ou un effet de style. Guillaume, qui est aussi réalisateur, la déploie également à travers les clips qu’il réalise pour DE CALM et pour des artistes aussi divers que Le Prince Miiaou, Bertrand Betsch ou dans l’électro avec Sayem.

Leur second album Amour Athlétic Club rassemble onze chansons. On peut bien sûr y voir un1381966_10151692495296283_629922307_n.jpg clin d’œil aux années footballistiques de Guillaume au sein du Toulouse F.C. lorsque son entraîneur n’était autre qu’Élie Baup, l’actuel coach de l’OM. Mais si le sport affleure ici et là, il n’est qu’un prétexte pour des chansons d’amour. Il y a le premier amour (« Un Jour de Mai »), l’amour oublié (« En 601 »), l’amour cinéphile (« Le Film qui ne se fera jamais ») ou encore le désamour de soi (« Les Plongeoirs »)… Onze variations autour du seul thème qui sollicite en permanence nos aptitudes physiques et mentales.

Le disque a été réalisé avec Marc Denis (Bertrand Betsch) dans des conditions singulières, au milieu des machines et des ouvriers dans un immense atelier. Le batteur Philippe Entressangle et le bassiste Marcello Giuliani, qui forment l’habituelle section rythmique d’Étienne Daho, sont venus apporter de l’ampleur au projet. Un vernis pop qui dissimule un aspect plus sombre qu’il n’y parait. C’est plus charnel, plus direct. Les ambiances sont mélancoliques et pourtant enjouées, avec toujours cette volonté de proposer des chansons ambitieuses, sans s’adresser à une élite.

DSC08578.JPGInterview :

Comment as-tu rencontré Mickäel Serrano ?

Nos copines respectives se connaissaient. Nous étions les pièces rapportées. Lui, il composait. Il écoutait Jean-Jacques Goldman, moi j’étais dans la mouvance Miossec et Biolay.

Dans DE CALM, on reconnait plus ta mouvance que la sienne.

(Rire) J’ai réussi à le tordre, à le convertir.

Et tu as pris le dessus musicalement.

Moi, je n’étais pas ouvert à Goldman, mais lui était plus ouvert à la découverte. Ça doit s’expliquer comme cela. Il avait peut-être plus le sentiment de ne pas avoir écouté grand-chose jusqu’à présent. En tout cas, il n’avait écouté que des musiques qui venaient comme ça, par les médias. À partir du moment où j’ai commencé à lui donner des textes, il a ingurgité ce que je lui proposais rapidement. Mikäel a fait un travail de fou. Il a écouté plein de disques, il m’a demandé de lui envoyer des liens d’artistes et de chansons que j’aimais, bref, il a été très curieux et travailleur. Il a quand même rejeté certaines choses, mais du coup, dans la composition, il est allé vers beaucoup de subtilités. Il m’a réellement impressionné.

Clip de "Les plongeoirs".

Réalisation et montage : Guillaume Carayol
Images : Simon Barthes
Images additionnelles : Mickaël Serrano – Guillaume Carayol

548944_10151363956311283_2100352357_n.jpgToi, à l’origine, tu n’étais pas parti pour chanter.

J’avais juste la volonté d’écrire des textes. Je le soumettais à Mickäel et lui les chantait à la guitare pour se faire une idée. Et puis un jour, j’ai essayé de m’y mettre…

Ça m’intrigue toujours ça. Comment peut-on se dire « je vais devenir chanteur » ?

Je t’avoue que j’avais un peu envie d’y aller, avec le sentiment que je n’avais aucun sens du rythme, je ne savais pas trop ce que c’était que la justesse. Mickäel a été d’une patience extrême. J’ai commencé par du chanté-parlé, c’était donc jouable. On a fait écouter à quelques personnes ce qu’on avait commencé à enregistrer. Ils ont trouvé qu’il y avait un truc intéressant dans ma voix. « C’est faux, c’est à côté, mais c’est intéressant ». À ce moment-là, Mickäel a pris les choses en main pour que l’on bosse sérieusement. On est parti de très loin, je t’assure.

Très vite, vous êtes sélectionnés par Les Inrocks pour le concours CQFD.

On sortait vraiment de nulle part. Nous n’avions  fait aucun concert. On a envoyé un titre, assez inécoutable, pour participer à ce concours. Contre toute attente, on s’est retrouvé sur la compilation. Ça a déclenché des réflexions intimes. Nous aurions donc notre place et une légitimité. Cela nous a permis d’être reçus par pas mal de labels. Ça nous a aussi donné du courage pour monter sur scène. Enfin, nous avons commencé à travailler avec Pierre Rougean (qui a réalisé l’album de Cats on Trees) sur Toulouse. Un mec très subtil avec lequel nous avons appris à travailler un morceau, à construire, à structurer, à avoir une pensée pop élégante.

Vous êtes allés chaque semaine chez lui travailler vos morceaux, presque avec vos trousses et vos cahiers…

Oui, ça peut casser l’esprit rock’n’roll de savoir tout ça, mais Pierre Rougean est ainsi. Un laborieux. Pour nous, c’était super. On a tout appris. Il te donne des phrases, des indications et tu repars avec tes devoirs à la maison.

Entre 2006, date de la sortie de la compilation CQFD et 2010, date de la sortie de votrecqfdcd.jpg premier album, il s’est passé 4 ans. Vous avez pris votre temps pour apparaître.

L’une des raisons, c’est que je suis aussi réalisateur. C’est ma formation initiale. J’ai fait l’ESAV, l’école d’audiovisuel à Toulouse. Et Mickäel est instituteur. Ça nous a permis d’avoir un peu de recul et une certaine patience pour avancer. Il n’y avait aucune urgence financière par exemple. C’était confortable.

Dans le premier album Le film définitif, vous parliez beaucoup de cinéma… dans Amour Athlétic Club, il est plus question de sport et d’amour.

Il est toujours question de cinéma dans notre nouvel album, mais de manière plus dissimulée. Je ne voulais pas refaire un autre disque concept sur le cinéma, j’avais peur que nous soyons catalogués.

J’aime bien vos chansons, il y a des couches et des sous-couches qui leur donnent plusieurs sens.

J’adore l’idée que les auditeurs de nos chansons puissent interpréter différemment nos chansons. Pour moi, une chanson doit avoir une part de mystère. Si elle n’a pas une part de mystère, même infime, pour moi, elle est ratée. En même temps, la difficulté, c’est qu’il faut qu’elle soit accessible.

Clip de "Un jour de mai".

Réalisation : Guillaume Carayol
Images : Mickaël Serrano – Guillaume Carayol

Tu ne racontes pas beaucoup ta vie.

Parfois, on peut retrouver des histoires un peu personnelles, mais je suis plus dans l’observation de ce qu’il se passe à côté. Je ne suis pas persuadé qu’un chanteur ait beaucoup de choses à dire sur sa propre existence. C’est facile de mettre à la première personne des histoires qui arrivent aux autres. Cet artifice d’auteur amène de la puissance aux chansons.

Es-tu très méticuleux dans l’écriture d’un texte ?

Le secret, c’est d’avoir une bonne corbeille et de ne pas hésiter à y jeter beaucoup de choses. J’ai une propension à ne pas être satisfait de mes écrits. Il faut pourtant conserver la fraîcheur d’écriture de ce qui arrive spontanément, mais ce n’est pas facile pour moi.

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Mickäel a-t-il son mot à dire sur les textes ?

Son mot, il le dit plus sur les structures, et c’est très confortable pour moi. Quand j’écris un texte, je ne sais pas forcément qu’elles seront les parties qui feront office de couplet ou de refrain… et lui le sait rapidement. Ça me permet de terminer plus facilement une chanson.

Et toi, donnes-tu ton avis sur les arrangements et sur la composition ?

Ça m’arrive. On communique et on échange beaucoup, c’est normal. On se dit les choses avec délicatesse, en tout cas.

Vous avez enregistré ce deuxième album dans un grand hangar avec des machines et des ouvriers. Quelle curieuse idée ?

Oui, on a enregistré dans un immense atelier dans lequel j’avais tourné un clip. On a trouvé l’acoustique originale, alors, même en sachant que ça allait être casse bonbon, on a décidé de tenter le truc. On a eu de la chance parce que le projet a plu au batteur Philippe Entressangle et au bassiste Marcello Giuliani, qui sont habitués aux plus grands studios parisiens. Ils étaient extrêmement motivés de se retrouver en difficulté dans un lieu inhabituel. Bon, on avait une super table de mixage. Nous n’avions pas lésiné sur le matos. Ils se sont éclatés.

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201301221587.jpgLes critiques de ce deuxième album sont dithyrambiques. On dit de vous que vous êtes le renouveau de la pop française. Mazette !

Ça fait plaisir. Après, on a travaillé comme des chiens pour en arriver là. (Rires) Avec Mickäel, on a vraiment envie de construire une carrière sur la durée. Nous ne sommes pas à la recherche du succès fulgurant. Pour nous, l’idéal, ce serait de parvenir à s’ancrer quelque part dans la chanson française. Notre but serait de pouvoir continuer à enregistrer d’autres albums, à notre rythme, en artisan, en conservant un niveau d’exigence élevé.

Le fond, vous l’avez… mais aussi la forme. L’image est importante pour vous.

Je trouve qu’il faut aussi prendre le temps sur les visuels, les pochettes des disques, les clips. Je ne comprends pas les artistes qui se moquent de tout ça. Dans mes créations, de par ma formation audiovisuelle, ça m’a toujours intéressé de mettre une cohérence, des explications et du sens dans tout mon travail artistique.

Même quand tu réalises des clips pour d’autres artistes ?

Oui, j’essaie de glisser des petites passerelles avec l’œuvre de DE CALM, même très discrètes.

Le nouveau clip de Bertrand Betsch "Je voudrais que tu me dises" réalisé par Guillaume Carayol.

Tu diras à Mickäel que je le félicite pour les mélodies très efficaces qu’il compose.

C’est son côté Goldman. Très efficace et en même temps, subtil. Mickaël a une culture populaire et commerciale qu’il ne renie pas. Il sait donc trouver des airs que l’on retient sans difficulté.

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Avec Guillaume Carayol, le 29 novembre 2013, après l'interview.

Commentaires

Je n'ai jamais entendu parler de ce groupe. Mais en lisant cet article, je pense que ce nouvel album connaîtra un grand succès. Un premier album c'est déjà quelque chose!

Écrit par : Julie | 20 janvier 2014

bonne rythmique, très agréable à écouter...continuez....succès assuré !!!!

Écrit par : bobier | 20 janvier 2014

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