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05 janvier 2014

Henri Loevenbruck : interview pour Le Mystère Fulcanelli

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(Photo : Didier Cohen)

Comme l’année dernière, ma première mandorisation de l’année est consacrée à l’écrivain, chanteur, musicien, motard… et bien plus encore, Henri Loevenbruck. Je le rencontre une nouvelle fois (nos chemins se sont souvent croisés) à l’occasion de la sortie de son exaltant et prenant roman Le mystère Fulcanelli. Dans ma précédente mandorisation du monsieur, nous n’avions pas hésité à évoquer, sans langue de bois, tous les aspects de ses vies professionnelles. Je ne vous convie pas là à un bis repetita, mais à la poursuite d’une conversation laissée de côté il y a un an et qui s’est poursuivie le 2 décembre dernier. Henri Loevenbruck et moi avons toujours beaucoup de choses à nous dire…

henri loevenbruck,le mystère fulcanelli,interview,mandorAvant-propos :

Ce livre est un roman. Une fiction, qui fait avant tout la part belle à l'imaginaire.
Toutefois...

D'abord, l'affaire Fulcanelli - comme on pourrait l'appeler - est bien réelle, et la plupart des événements et des protagonistes que vous rencontrerez dans cette aventure le sont donc aussi. Tout ce qui concerne l'identité de Fulcanelli est authentique et vérifiable. Si vous désirez en découvrir davantage sur ce passionnant sujet, vous pouvez vous rendre sur le site Internet que nous avons créé à cette occasion, et sur lequel se trouvent photos, films et copies de nombreux documents : www.mystere-fulcanelli.com
Ensuite, ce roman est le résultat d'une enquête longue de plusieurs années, qui a débouché sur des découvertes inédites et très étonnantes au sujet de ce qui reste la plus grande énigme de l'ésotérisme moderne. Nous espérons qu'il ouvrira la voie à de nouvelles recherches, afin de confirmer, ou non, ce qui est ici avancé...

Propos de l’auteur :

En 1926 et 1930 paraissaient deux des plus mystérieux livres du vingtième siècle : Le Mystère des cathédrales et Les Demeures philosophales. Publiés sous l'étrange pseudonyme de Fulcanelli, ils sont devenus, avec le temps, les deux plus gros best-sellers de l'alchimie moderne. Ces ouvrages étonnants et le mystère qui entoure leur auteur m'ont fasciné toute ma vie et j'ai toujours su qu'un jour j'écrirais un roman sur le mystère Fulcanelli. Pourquoi ces livres avaient-ils eu, avec les années, autant de succès ? Quel incroyable secret révélaient-ils ? Qui était Fulcanelli, et pourquoi voulait-on à tout prix cacher son identité ? Quand je me suis enfin décidé à rédiger ce roman, troisième aventure du personnage Ari Mackenzie (héros du Rasoir d'Ockham), j'étais loin d'imaginer jusqu'où m'emmènerait la longue et passionnante enquête qui a alors commencé.

Documentaire réalisé par Henri Loevenbruck au sujet de l'enquête qui a permis la rédaction du Mystère Fulcanelli.

Trois années de recherches, de rencontres, de lectures, à fouiner dans les bibliothèques, à éplucher de vieilles revues, les journaux de l'époque, les registres d'état civil dans des mairies des quatre coins de France, des centaines de lieux à visiter, et, au bout du compte, une découverte, pour le moins inattendue. Une découverte qui, je l'espère, vous fascinera comme elle m'a fasciné.

L’auteur :

Henri Loevenbruck est un auteur de romans de fiction et de fantasy. Il est également musicien auteur-compositeur-interprète. Sa trilogie de La Moïra (publiée entre 2001 et 2003) a été un succès avec 300 000 exemplaires vendus. Il est membre de la Ligue de l'imaginaire, collectif d'auteurs dont Maxime Chattam, Bernard Werber ou Franck Tilliez sont membres.

henri loevenbruck,le mystère fulcanelli,interview,mandorInterview :

Dans le petit film que tu proposes à tes lecteurs, tu expliques en préambule que tu as découvert l’univers de l’Alchimie par Le mystère des Cathédrales de Fulcanelli, mais que très vite le mystère de l’identité de l’auteur t’a fasciné.

Non, c’est ça qui intéresse le plus les gens. Moi, c’est le contenu des livres de Fulcanelli qui me passionne. Maintenant, il y a un aspect ludique passionnant à rechercher l’identité de Fulcanelli. Pour moi, c’est « le masque de fer » du XXe siècle. Du coup, j’ai davantage axé mon livre sur l’identité de ce personnage mystérieux que sur ce qu’il raconte dans son ouvrage. J’ai quand même l’espoir que cela suscite assez la curiosité de mes lecteurs pour qu’ils s’intéressent aussi à ses écrits en profondeur. Ces textes sont difficiles d’accès, mais ils sont magnifiques. À moins d’être un fondu d’alchimie, il y a des passages incompréhensibles. C’est l'un des derniers textes romantiques de la littérature.

L’homme qui se cachait derrière Fulcanelli était-il un bon auteur ?

Sans conteste ! Sur le fond, c’est un peu particulier. Dans la partie qui est la plus accessible, il ne dit pas grand-chose de nouveau. C’est plus un type qui fait une très bonne synthèse de choses qui ont déjà été dites. L’idée selon laquelle la construction et la symbolique des cathédrales ne véhiculent pas qu’un message religieux, mais aussi un message hermétique mystique et ésotérique, cela faisait déjà deux siècles qu’il y avait beaucoup de textes sur ce sujet. Victor Hugo le disait déjà par exemple. C’est plus sur la forme qu’il est étonnant. Pour ce genre de livre, la langue est vraiment belle.

Lis-tu ce genre d’ouvrages depuis longtemps ?henri loevenbruck,le mystère fulcanelli,interview,mandor

La vraie histoire, c’est celle que j’ai racontée dans le livre. Quand Ari narre comment il a découvert Fulcanelli, c’est ce qui m’est arrivé. Pendant mes études en hypokhâgne, je lisais un livre de la collection Aventures et Mystère chez J’ai Lu dans un square. Un truc à la con sur les templiers. Soudain, un jardinier vient vers moi avec son râteau et sa besace et me dit que ce que je lis, c’est n’importe quoi. Il m’affirme que si je veux vraiment m’intéresser à l’ésotérisme, il faut que je lise un livre particulier. Et il sort de son sac Le mystère des cathédrales en éditions Pauvert. Il me le tend en me demandant de lui ramener la semaine suivante. J’ai halluciné, mais je l’ai lu le soir même. J’ai trouvé la façon dont on m’a suggéré de lire ce livre très « romantique » en soi.

Fulcanelli n’a écrit que deux livres, Le mystère des Cathédrales  (1926) et Les demeures philosophales (1930). Sont-ils importants ?

Les demeures philosophales est la suite du Mystère des Cathédrales. Au lieu de s’attarder sur quatre bâtiments religieux, il en aborde beaucoup plus, pas forcément les plus connus. La démarche est la même. Il analyse la symbolique hermétique de construction. Ce qu’il y a d’intéressant, c’est que certains des bâtiments dont il parle n’existent plus aujourd’hui. Dans Les demeures philosophales, livre beaucoup plus sombre et pessimiste que Le mystère des cathédrales, Fulcanelli s’attriste beaucoup plus de la disparition progressive des traces du passé.

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Pourquoi as-tu écrit ce livre seulement aujourd’hui, alors que tu as lu Le mystère des Cathédrales à l’âge de 19 ans ?

Un jour, j’ai fait travailler une généalogiste sur une famille qui est dans l’entourage supposée de Fulcanelli, la famille Fontaine-Solar, dont je parle dans le livre, parce que le nom est très étonnant. Fontaine-Solar, Fulcanelli… j’y ai trouvé des accointances. La généalogiste fait un énorme travail et elle m’annonce qu’elle ne trouve rien de ce côté-là. En revanche, elle me signale deux types qui réunissent beaucoup de points laissant supposer qu’ils pourraient être Fulcanelli. Je regarde ça de plus près et j’en trouve un dont je pense qu’il est le mystérieux écrivain alchimiste. En enquêtant sur lui, je tombe sur une série de coïncidences qui laissent très peu de place au doute. Je ne sais pas si j’ai bon, mais ce que je sais, c’est que depuis un siècle que les gens cherchent à savoir qui est Fulcanelli, il n’y en a aucun autre qui réponde à tous les critères.

Je ne donne pas le nom de cette personne ici, mais Henri Loevenbruck dévoile son identité à la fin de son livre.

Il y a beaucoup de spécialistes qui se sont penchés sur cette question et beaucoup de noms ont été suggérés comme par exemple, Eugène Cancelier et son illustrateur Julien Champagne, Camille Flammarion, François Jollivet-Castelot, René Schwaller de Lubicz, Jules Violle, Paul Decoeur... Mais rien du tout sur ta découverte à toi. Comment expliques-tu que toi, simple auteur, tu détiendrais la vérité?

J’ai eu un coup de bol énorme. Je n’ai pas enquêté avec un regard de spécialiste, mais à travers un regard de flic. J’ai été beaucoup plus cartésien que les autres. Tous ceux qui ont écrit sur Fulcanelli et le mystère de son identité sont tous des férus d’ésotérisme, voire des ésotéristes, voire des alchimistes, mais jamais des universitaires.

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Reçois-tu du courrier de la part de spécialistes qui ne sont pas d’accord avec toi ?

La plupart me disent que mon hypothèse ne tient pas la route parce qu’un homme qui fait le métier que j’ai expliqué dans le livre ne ferait pas ça. Au contraire, moi, je pense que c’est fort probable. Un type comme Flammarion ou un alchimiste revendiqué, au bout d’un moment, il aurait avoué.

Le milieu ésotérique dont tu parles dans le livre existe-t-il vraiment encore aujourd’hui ?

Oui, il y a encore des sociétés secrètes, mais j’ai accentué leurs traits dans le livre. Ce qui est particulier avec le milieu de l’alchimie c’est qu’il y a beaucoup moins de tradition de la transmission du savoir en alchimie. Contrairement à une image assez populaire que l’on a, et qui vient des Compagnons du Devoir et des sociétés secrètes qui tournent autour de ces thématiques-là comme la Maçonnerie, un alchimiste est solitaire. Il n’a pas d’apprenti dans son laboratoire. C’est un travail très individuel, du coup les gens sont très fermés dans ce milieu. Pour mon enquête, je me suis fait pas mal claquer la porte au nez. J’ai dû appeler une bonne vingtaine de vrais alchimistes, des gens dont je sais qu’ils ont un atelier chez eux et qu’ils continuent à faire des travaux. Il y en a qu'un qui a accepté que je vienne le voir chez lui. Les autres disent non et raccrochent immédiatement.

Ces alchimistes font quoi d’autre pour gagner leur vie ?

Il y a de tout. Il y a notamment un boulanger et un électricien… ce sont des gens qui font ça le week-end au lieu de s’adonner à des activités plus banales.

henri loevenbruck,le mystère fulcanelli,interview,mandorIls cherchent toujours le secret de la pierre philosophale ?

Ils recherchent le secret de la matière. L’idée que depuis une matière pauvre on puisse faire une matière noble. Ça va du cliché du plomb changé en or jusqu’à l’Homme, c'est-à-dire améliorer l’Homme physiquement. 

Que penses-tu de ces gens-là, toi ?

J’ai un regard plutôt poétique et spirituel sur l’alchimie. Je n’adhère pas à l’aspect pratique, sauf qu’il n’est pas si farfelu que cela. Ça fait un siècle qu’on avance à grands pas sur la transformation de la matière. Maintenant, les techniques utilisées aujourd’hui par les alchimistes me paraissent complètement désuètes. Moi, c’est l’aspect romantique qui me plait là dedans. Ce sont plus les personnages, la vie de ces gens et le moteur de leur quête qui me fascinent. Ce sont des chemins qui mènent à une érudition assez belle.

Ton livre se lit très clairement. Comment as-tu procédé pour transformer ton enquête enhenri loevenbruck,le mystère fulcanelli,interview,mandor roman ?

Ça a été l’enfer total. La solution m’est venue avec les cahiers Moleskine du flic. J’étais obligé de résumer à mes lecteurs un siècle de recherche, mais je ne pouvais pas l’insérer dans le récit.

Donc, tu as inclus ces cahiers dans lesquels tu racontes la vie de tous les Fulcanisables.

C’est quand j’ai trouvé cette astuce-là que j’ai compris que mon roman était faisable. Mais c’était très dur de simplifier. C’est la première fois que mon héros Ari Mackenzie enquêtait sur un vrai mystère historique compliqué, qui a eu réellement lieu et sur lequel il y a eu déjà beaucoup d’écrits. C’était pour moi un grand défi.

As-tu connu des moments de découragements ?

Je n’ai jamais été découragé, mais j’ai vraiment mis beaucoup de temps à trouver la solution idéale pour que ce livre ne soit pas indigeste.

Tu ne baisses jamais les bras ?

Non. Depuis l’âge de 25 ans, je me suis fait la promesse de ne plus jamais commencer un livre sans le finir. Entre 15 et 25 ans, j’ai commencé une centaine de romans que je n’ai jamais fini et aujourd’hui, je ne veux plus que ça m’arrive. C’est pour ça que j’ai toujours deux livres d’avance. Quand j’écris un livre, je ne travaille pas sur le prochain, mais encore celui d’après.

henri loevenbruck,le mystère fulcanelli,interview,mandorOn a parlé de société secrète tout à l’heure… La Ligue de l’Imaginaire dont tu fais partie, est-ce une société secrète ?

Non, c’est plutôt une société discrète. C’est un collectif d’auteurs au sein duquel l’amitié joue énormément. Cela implique le fait qu’on ne sera jamais cinquante. Au départ, nous étions cinq, aujourd’hui, nous sommes onze. On sera peut-être un peu plus, mais pas beaucoup, parce qu’on a peur que ça vire mal. Il y a beaucoup de gens qui nous reprochent d’être une société un peu fermée. On a juste envie d’être entre potes.

Vous avez créé cette ligue pour quoi ?

Il y a eu une époque où il y avait un vrai conflit entre le polar noir et politisé et le thriller. Nous nous en sommes pris plein la gueule sur des questions politiques qui n’étaient pas du tout légitimes. A priori, à l’époque, plus maintenant, un auteur de polar estimait que si tu écrivais des  thrillers, tu étais un mec de droite, voire d’extrême droite, ce qui est ridicule. Dans la Ligue de l’Imaginaire, on va de l’extrême gauche à la droite, mais pas du tout extrême droite. Les auteurs de polars ne comprenaient pas pourquoi, nous, auteurs de thrillers, on se plaignait du silence médiatique qu’il y avait, et qu’il y a encore, autour de nos livres. Un silence qui est démesuré par rapport au boulot que l’on fournit. Dans la Ligue, il y a de très gros best-sellers et des auteurs qui vendent très peu de livres. Notre combat n’est pas sur la vente des livres, mais sur la place médiatique de l’imaginaire.

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Quelques membres de La Ligue de l'Imaginaire: Franck Thilliez, Erik Wietzel, Maxime Chattam, Bernard Werber, Laurent Scalese, Olivier Descosse, Henri Loevenbruck et Eric Giacometti.

Es-tu concerné par le silence des médias ?

Le mystère Fulcanelli est sorti il y a deux mois, j’ai eu juste un papier dans la presse nationale, alors que pour L’apothicaire, qui était moins un livre de genre, mais un roman historique, j’ai eu des papiers partout. Des journalistes répondent aux attachées de presse qu’ils ne font jamais les thrillers.

Mais, par exemple Pierre Lemaitre, qui faisait de la littérature de genre, il vient d’avoir le Goncourt 2013. C’est encourageant pour l’avenir, non ?

C’est une super bonne nouvelle, au détail près qu’il a le Goncourt quand il passe à une couverture blanche. C’est très révélateur.

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Dans Le Mystère Fulcanelli, il y a une chose qui ne m’a pas échappé, c’est la défense des petits libraires.

C’est un combat qui me tient à cœur. L’année dernière, j’ai fait une tournée des libraires en moto. J’ai effectué le même trajet que les Compagnons du Devoir au moyen âge. C’était extraordinaire, mais il faudrait que l’on soit 10 à le faire et en permanence. Il faudrait même que ce soit des auteurs plus connus que moi comme Amélie Nothomb et Guillaume Musso qui prennent ce genre d’initiative.

Ça a été un coup d’épée dans l’eau ?

Pas du tout. D’un point de vue psychologique, ça a fait du bien aux libraires que l’on a rencontrés. Ils se sont rendu compte qu’il y avait des gens qui pensaient à eux. La Ligue de l’Imaginaire est elle aussi beaucoup intervenue dans la défense des librairies Chapitre.

Pourquoi en as-tu parlé dans ton roman ?

Je travaillais sur Le mystère Fulcanelli pendant cette « tournée », c’était donc au centre de mes préoccupations. Et mon héroïne Lola, qui est présente depuis le premier Ari Mackenzie,  est une libraire… je ne pouvais pas ne pas parler des difficultés que cette corporation traverse.

henri loevenbruck,le mystère fulcanelli,interview,mandorTon prochain livre ne ressemble à rien de ce que tu as fait jusqu’à aujourd’hui, m’as-tu confié tout à l’heure en off.

C’est un roman d’aventures doublé d’un roman initiatique. C’est l’histoire de cinq ados qui sont dans des situations difficiles et qui pètent les plombs. Ils quittent leur lycée et leur famille et traversent le pays à moto pendant trois ans. Ça commence très bien, puis ça se complique. C’est un livre sur l’amitié et surtout, sur la quête de la liberté. Il va s’appeler Nous rêvions juste de liberté.

Toi, tu es un assoiffé de liberté.

On est dans un monde où nos libertés se réduisent de plus en plus. Il se règlemente de plus en plus. Et moi, je suis terrifié par les règlements.

Tu dois être malheureux, alors…

À l’école déjà, je n’étais pas heureux de l’encadrement, même si parfois un prof provoquait une étincelle en me laissant un espace de liberté. Je m’y engouffrais immédiatement. Mon premier groupe de rock, c’est grâce à mon lycée que j’ai pu le faire. Le directeur m’avait promis que si j’avais la moyenne à la fin de l’année, il allait me filer l’auditorium pour que je fasse un concert dedans. Aujourd’hui, je suis un peu malheureux parce que les obligations d’adulte me pèsent vraiment. Je ne supporte pas de répondre aux courriers administratifs, par exemple.

Du coup, tu te plonges dans tes mondes imaginaires ou tu fais de la moto.

Tu as raison. Je suis un mec qui m’enfuie en permanence.

Tu organises bientôt un festival de musique et de motos à Gérardmer.

Oui, c’est un gros festival qui s’appelle le Showtime Festival de Gérardmer. La première édition aura lieu du 23 au 25 mai 2014. Au programme, de belles motos, de belles voitures, du bon son (dont notre guest star, Johnny Gallagher).

Et Sérum… la première saison à cartonné. Quand arrive la seconde ?henri loevenbruck,le mystère fulcanelli,interview,mandor

Avec Fabrice Mazza, nous sommes en train de bosser dessus. Il va probablement y avoir un spin off entre la saison 1 et la saison 2 pour faire patienter les gens, parce qu’on a beaucoup plus de boulot que l’on pensait pour conclure la saison 2. On ne veut pas qu’il y ait la moindre frustration parce que toutes les intrigues n’ont pas été bouclées. Du coup, ça va nous demander encore un an… c’est un problème, car je suis harcelé tous les jours sur le sujet.

Abordons la chanson maintenant. La dernière fois que je t’ai mandorisé, tu te lançais sérieusement avec la sortie d’un EP.

J’ai un peu arrêté mes chansons à moi. Je me suis un peu fatigué à faire ce métier le plus professionnellement possible et je n’avais plus trop de temps à y consacrer. Mais par hasard, et pour le plaisir, je suis rentré dans un groupe de rock, The Road to Freedom, dans lequel je découvre le plaisir de ne pas être le leader. Je suis juste clavier et c’est génial. C’est la première fois de ma vie que je ne suis pas le leader d’un groupe et c’est un vrai bonheur.

Ça t’apporte quoi ?

Ça m’apporte de jouer devant un public devant lequel je n’aurais jamais joué avec mes propres chansons. En juillet, on a fait un concert devant plus de 6000 personnes.

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Le public sait-il qu’il y a un auteur qui joue dans le groupe ?

Non, pas vraiment. J’aime bien que les gens me rencontrent juste parce que je suis musicien. C’est plutôt agréable.

Finalement, un écrivain, c’est solitaire, mais ça a besoin de voir du monde…

Tu sais, j’ai fait ton métier avant d’être écrivain. J’avais donc une vie dans laquelle je rencontrais des gens tous les jours. Je faisais comme toi, je passais mon temps à faire des interviews. Avant encore, j’étais prof, donc j’étais toujours confronté à des élèves. Depuis que je suis devenu écrivain à plein temps, je ressens un vrai besoin de nourrir ma vie sociale. Surtout que j’aime les gens… Je suis content d’avoir des enfants et des amis. Je ne suis pas du tout un solitaire.

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Écrit par : keystone | 11 janvier 2014

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